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Full text of "Bulletins d'arboriculture, de culture potagère et de floriculture"

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BULLETINS 

D'ARBORICULTURE 

DE , PLORICULTUEE 

DE CÛLTUfiÊ POTAGÈRE 

; I^éblGés PAR • ' 

Fr. Barvemtsh, Éd. iPynaert, Em. Bodiga«, H. J. Van Huile 

*,,*■*• » 

1 Pi'ofmsears à TÉcole d'hortlcaitore de r|)ta^ 

anoexée an Jardin JMtaoique de l^Uaivers^té d^ Gaud 



ORGANE DU 

CERCLE D'ARBORICULTURE DE BELGIttUE 

FONDÉ EN 1864 



1$79 



0AND 
AU SBCI^ÉTARIAT DU CERCLE D'ARBORICULTURE 






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BULLETINS 

D'ARBORICULTURE, DE FLORICULTURE 



CULTURE POTAGÈRE 



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DÉPOSÉ' CONFORMÉMENT A LA LOI 



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BULLETINS 
D'ARBORICULTURE 

DE FLORICULTURE 

KT 

DE CULTURE POTAGÈRE 

RÉDloés PAR 

Fr. Barvenicli, Éd. Pynaert, Ém. Bodigas, H. J. Van Halle 

Professenrs à TÉcole d'Horticnltiire de l'État 
annexée an Jardin botanique de TUniversité de Gand 



ORGANE DU 

CERCLE D'ARBORICULTURE 

DE BELGIQUE 

FONDÉ EN 1864 



1879 



GAND 
IMPRIMBRIB ET LITHOGRAPHIE C. ANNOOT-BRA.BCEMAN 



"':■. ;v." ■ 

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CONSEIL D'ADMINISTRATION 



DU CERCLE D'ARBORICULTURE DE BELGIQUE. 



Prfyident: 
Vice-Présidents : 
Secrétaire général : 
Secrétaire adjoint : 
Trésorier : 
Bibliothécaire : 
Conseillers : 



Année 1879. 
MM. 

LB Comte de Ebrchove de Dbntbrghem. 
H. J. Van Hulle et Victor Biebxjyck. 
Ëm. Rodigas. 
Ch. Devis. 
Fr. Burvbnich. 
Ed. Pynaert. 

H. Berohgraght-de Rabve, L. Boddabrt, 
P. Crépin, Osw. de Kerchove de Dbn- 

TERGHBM, J. DE POORTER, J. M. De 

Smet, Victor Hage, J. N. Hordebise, 
Ad. Wiringer. 



COMITE CENTRAL. 



MM. 



Président : Oswald de Kerchove de Denterghem, à Mons. 
Membres : Pr. Burvbnich, à Gendbrugge ; 

Éd. Pynaert, rue de Bruxelles, 142, à Gand; 

ËM. Rodigas, quai des Moines, 51S à Gand; 

H. J* Van Hulle, au Jardin botanique, à Gand. 



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BEURRE GIFFARD. 

P De PaTineraae"ker pmx.et Chromolith Gand, 



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BULLETINS 

D'ARBORICULTURE, DE FLORICULTURE 



KT DE 



CULTURE POTAGÈRE. 



Foire Beurré Oiffard. 

La maturité extrêmement hâtive de cette variété nous a 
surtout engagé à en publier une planche coloriée et une 
description. • 

Nous ne savons pas pourquoi ce nom a été et est encore si 
généralement mai orthographié dans les catalogues des pépi- 
niéristes — y compris le mien. — - C'est bien Beurré GUffard 
et non Gif art qu'il faut écrire. 

Les opinions sont partagées aussi quant à la vigueur de cette 
variété. Tandis que MM. Simon-Louis entr*autres la disent 
un arbre peu vigoureux, à greffer sur franc et demandant 
spécialement un sol frais, profond et riche, nous en obtenons 
de très beaux résultats en la greffant sur coignassier dans nos 
pépinières qui sont établies dans un sol léger, pas riche du tout. 
Le Beurré Gifard greffé rez-terre sur coignassier s'élève très 
bien à demi tige. 

Ce qu'on peut en dire de défavorable, c'est que cette variété 
est peu fertile dans la jeunesse et est d'une fructification rebelle 
lorsque les arbres sont soumis à une taille régulière. Aussi la 
véritable bonne culture est à haut vent greffé sur franc ou en 
demi tige sur coignassier, dans les petits jardins. 



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— 6 — 

Le Beurré Qifard qui est à bois contourné et à longs rameaux 
pleureurs, ne convient nullement pour la forme de pyramide, 
et nous nous étonnons de trouver dans le Dictionnaire de pomo" 
logie, cette mention : il forme des pyramides assez jolies et 
assez régulières. 

Le Beurré Cfifard est, comme le plus grand nombre des 
bonnes poires françaises, originaire de l'Anjou. Il y a plusieurs 
versions sur son obtention. On Ta dit trouvé par basard en 
1840 dans un semis, par Rousseau, horticulteur à Angers, 
tandis qu*une autre version le fait naître spontanément chez 
Giffârd, horticulteur dans la même ville. 

Mais ces deux versions sont fausses et voici, d'après André 
Lbroy, l'acte de naissance authentique. La poire Beurré Cri fard 
a été rencontrée en 1825 sur un sauvageon par Nicolas 
GiFFARD, cultivateur aux Fonassières près la Garenne St 
Nicolas, paroisse St Jacques, à Angers. Elle fut décrite pour la 
première fois dans les Bulletins du comice horticole d'Angers 
par M. Millet, son président. • 

Les rameaux du Beurré Gifard sont d'un pourpre brun 
foncé, à lenticelles blanches, clair semées ; les yeux sont bien 
prononcés ; les feuilles sont grandes^ d'un vert foncé, à grandes 
dentelures ; elles sont peu nombreuses^ ce qui donne à l'arbre 
un aspect maigre et dégarni. Les fruits sont pyriformes, tur- 
bines, jaune olive> à joue rouge sanguin parsemé de points 
nombreux^ d'une teinte très vive ; la chair est blanche, très 
âne, très juteuse, relevée d'un arôme agréable. L'œil est 
fermé, peu enfoncé : le pédoncule est assez long et ligneux, ce 
qui fait que le fruit tient très bien à l'arbre ; le fruit se garde 
longtemps en maturité pour une poire d'été. En somme, comme 
fruit précoce, aucune variété de cette saison ne peut rivaliser 
avec le Beurré Qifard qui joint d'excellentes qualités à un 
aspect des plus appétissants. 

F. Burvenich. 



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— 7 — 



Les grandes et les petites formes de la Vigne. 

Ceux qui s'occupent de la culture de la Vigne, semblent croire 
généralement que les petites formes sont préférables aux 
grandes; on s'imagine que si les grappes sont moins nom- 
breuses sur le même pied dans les petites formes» ces grappes 
seront nécessairement plus grandes et plus belles. Je suis 
d'avis que c'est là une erreur; en effet, puisque la partie souter- 
raine de la plante est toujours en rapport avec la partie aérienne, 
le système radiculaire d'une vigne qui occupe dix mètres carrés 
de surface doit être au moins cinq fois plus considérable que celui 
d'une vigne qui ne couvre qu'une superficie de deux mètres. 

On sait que pour la Vigne la production est proportionnelle à 
la vigueur de la végétation et que pour obtenir des grappes d'un 
volume extraordinaire, on doit aussi se trouver en présence d'une 
vigueur extraordinaire. On sait aussi que plus on contrarie une 
plante dans sa tendance naturelle, plus on l'affaiblit, et plus tôt 
on la fait vieillir et mourir. Il suffit de prendre comme exemple 
quelques jeunes plants de Hêtre, d'en employer une partie 
pour en former une haie et de laisser les autres se développer 
librement et devenir des arbres : après une vingtaine d'années 
nous verrons ces derniers avoir déjà Taspect de beaux arbres, 
tandis que les premiers ne se seront guère développés en 
grosseur et auront déjà l'aspect de vieilles plantes. Il n'est 
pas rare de rencontrer des hêtres séculaires dans une santé 
parfaite ; une haie de hêtres en bon état et comptant cent années 
d'existence, ne se voit pas tous les jours. 

Ce qui est vrai pour le Hêtre^ s'applique également à la 
Vigne : en la cultivant en cordon et en plantant les sujets à 
I m. de distance, nous en formons en quelque sorte une haie, 
Ne contraignons-nous pas de la sorte la Vigne à demeurer naine 
alors que la nature l'invite à grandir? Aucun de nos arbres 
fruitiers ne possède une croissance aussi vigoureuiSe que la Vigne 
et nous la contrarions directement dans son essence même. 



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— 8 — 

J*eus roccasion de visiter dernièrement une serre dans 
laquelle on cultivait autrefois seize cordons de Vigne qui 
ne produisaient plus que de petites grappes et qui avaient 
l'air rabougris. Il j a quatre ans^ on essaya, sur la moitié de 
la serre, d*enlever alternativement un cep et on abandonna à 
quatre plantes Tespace garni naguère par huit pieds. Je fus 
étonné de voir la différence existant entre ces quatre vignes 
et les huit ceps auxquels on n*avait pas touché : les premières 
semblaient rajeunies et présentaient des grappes de 600 à 
700 grammes, tandis que les derniers semblaient entièrement 
exténués et c'est à peine si Ton pouvait y trouver une grappe 
de 200 grammes. Et cependant toutes les plantes avaient reçu 
la même fumure et le bois à fruit avait subi la même taille ; les 
premières seules avaient pu s'allonger. 

Un de mes amis a une serre de 40 mètres de surface. Vingt 
mètres sont garnis par deux vignes ; l'autre moitié est occupée 
par sept. Bien que toutes les vignes subissent le même traite- 
ment, les deux premières donnent toujours les grappes les 
plus grandes et les plus belles, leur végétation est la plus 
vigoureuse ; leur bois est au moins trois fois plus épais que chez 
les autres. D'ailleurs ne voit-on pas ordinairement la Vigne 
donner les plus beaux fruits et gagner en vigueur aussi long- 
temps que les prolongements se développent, et s'affaiblir dès 
qu'elle a garni l'espace dans lequel elle est confinée. 

Par la culture en cordon et le rapprochement des pieds à 
1 m., l'espace se trouve garni plus promptement et l'on obtient 
plus vite une grande quantité de fruits. Rien n'empêche d'agir 
ainsi, à la condition toutefois de ménager deux ou trois plantes 
pour de grandes formes appropriées à l'étendue de la serre ; en 
attendant, on laisse les autres plants occuper Tespace et porter 
des fruits ; dans la suite, on les enlève à mesure que les autres 
acquièrent leur développement. 

L'amateur qui tiendrait à posséder une collection, peut au 
moyen du greffage réunir plusieurs variétés sur un même pied 
en prenant la précaution de ne grouper ensemble que des 



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— 9 — 

variétés de même vigueur ou bien de greffer les plus faibles 
aux extrémités. Je connais des vignes qui portent ainsi 6 ou 
7 variétés et qui produisent des fruits excellents. 

Non content de cultiver la Vigne sous des petites formes, 
on taille encore le bois à fruits sur deux ou trois yeux^ 
même sur un œil et sur empâtement ; pendant Tété, on continue 
la taille, on enlève les bourgeons superflus aussitôt qu'ils sont 
saisissables et on applique le pincement répété. Quand je 
réfléchis à tout cela, je suis étonné que la Vigne donne encore 
tant de fruits et qu'elle résiste aussi longtemps aux mutilations 
qu'elle doit subir. Il serait sage de lui accorder un peu plus 
d'espace partout où la chose est possible et de ne pas être aussi 
prompt pour procéder à la taille en vert et au pincement ; on ne 
pincerait que deux fois tout au plus, on donnerait un peu plus 
de liberté à la croissance et on taillerait les bourgeons à fruits 
sur 6 ou 7 jeux. Je suis convaincu qu'on obtiendrait de la sorte 
des grappes bien plus grandes. Quand on examine attentivement 
une vigne, ne semble-t-elle pas nous dire : donnez- moi de 
l'espace et laissez-moi me développer librement ? 

Â. Siappaerts, 



CERCLE D'ARBORICULTURE DE BELGIQUE. 



Admissions. 

3"* Série. — Membres protecteurs. 

MM. 
Audent (Honoré), juge de paix, à Pâturages ; présenté par 

M. Van Huile. 
Blanchard (Léon), jardinier, àWasmes; présenta par M.Pjnaert. 
Boileau (Aug.), 17, Clarksand street, à New- York (citj) ; 

présenté par M. Pynaert. 



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— 10 — 

Cambron (Alph.), jardinier, à Hornu ; présenté par M. Pynaert. 
Cuypers (Jean), libraire-éditeur, à Bruges ; présenté par 

M. Van HuUe. 
Daubresse (Mad"® Ernest), propriétaire, à Wasmes; présentée 

par M. Ghin. 
de Lausnay de Papejans de Moerchoven, propriétaire, à Lokeren; 

présenté par M. Burvenich. 
De Muynck-Delcroix, négociant, 11, rue S* Georges, à Gand ; 

présenté par M. Van Huile. 
Dubois (Nicolas), jardinier chez M. Lammine, Bois d'Avroy, 

à Liège ; présenté par M. Beaujean. 
Dufour (Désiré), horticulteur, à Legorgue (Nord-France); 

présenté par M. Pynaert. 
Dusart (Martial), bureau restant à Erquelinnes ; présenté par 

M. Burvenich. 
Galoppin, professeur à TUniversi té, Gour du Prince, à Gand; 

présenté par M. Kickx. 
Grégoire (Emile), arboriculteur, à Fayt-lez-Manage ; présenté 

par M. Burvenich. . 
Killan (A.), architecte de jardins, 12, rue de Brissac, à Angers ; 

présenté par M, Rpdigas. 
Loseaux (fils), négociant, à Gilly (Quatre Bras); présenté par 

M. Burvenich. 
Poulet, propriétaire, à Galvaux, par Chanzy (Loir et Cher, 

France); présenté par M. Van Huile. 
Schaetsaert (Léonce), propriétaire, à Lokeren; présenté par 

M. Burvenich. 
Stappaerts (Victor), sous-chef de culture chez M. Piedbœuf, à 

Aix-la-Chapelle, présenté par M. A. Stappaerts. 
Swinnen (H.), instituteur, à Walt-Wilder, par Bilsen; présenté 

par M. Burvenich. 
Van Beeck (Ch.), avocat, à Esschen (Anvers); présenté par 

M. Burvenich. 



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— 11 — 
Cornets et porte-fleurs. 

L'art de confectionner les bouquets a pris de nos jours un 
développement considérable et atteint un degré de perfection en 
rapport avec les exigences de la société et les prix très rému- 
nérateurs que nos fleuristes retirent de leur riante industrie . 
Il serait injuste de ne pas reconnaître cependant que la plupart 
d'entre eux sont aidés puissamment par le fabricant de papier 
dentelle. Le fleuriste qui veut convenablement écouler ses 
produits, est obligé de recourir à ces nombreux accessoires dont 
la mode pare aujourd'hui le moindre bouquet et que les amateurs 
d'esthétique pourraient nommer un mal nécessaire. Certes, il y 
aura toujours des personnes d'un goût exquis, pour qui quelques 
jolies fleurs groupées sans apprêt auront bien plus de charmes 
que ces bouquets façonnés même avec un art réel, fussent-ils 
enveloppés dans de véritables dentelles de prix. Mais il en est 
d'autres aussi, et le nombre en est grand, qui, étant admis 
le bouquet artistique, veulent que les accessoires soient en 
harmonie avec l'arrangement des fleurs mêmes et aident à faire 
ressortir la grâce de celles-ci. Naturellement ces personnes 
applaudissent de grand cœur aux progrès très marquants 
réalisés par une branche considérable de l'industrie du papier. 

Tout le monde connaît le classique cornet servant d'enve- 
loppe aux bouquets de nos fleuristes. Peu de nos lecteurs se 
doutent de l'immense variété que présente aujourd'hui ce 
fabricat ; quelques-uns se souviennent peut-être de la grande 
quantité de produits de ce genre présentés à l'avant dernière 
Exposition quinquennale de Gand par l'importante maison 
B. Fadderjahn (l) de Berlin. 

Voici comment s'exprimèrent à ce sujet les auteurs du 
Rapport publié sur cette Exposition (2) : « Le public s'arrêtait 



(1) Le propriétaire actuel est M. Fr. Siegleb, Ritterstrasse, 16, Berlia. 

(2) Bulletins d'Arboriculture, etc. ; année 1873, p. 127. 



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— 12 — 

volontiers auprès des cornets de papier pour bouquets qui ont 
valu à M. Fadderjahn, de Berlin, une médaille de vermeil 
hors concours. Ces produits étaient certainement gracieux ; 
mais quelques-uns, par leur coloris éclatant, nous semblent 
devoir nuire aux fleurs mêmes. Il y a là, disait une charmante 
visiteuse de l'Exposition, une énorme faute de goût, et le cornet 
de papier le plus simple et le plus blanc restera toujours, et 
quoi qu'on fasse, celui que préféreront les personnes qui, au 
culte des fleurs, joignent le respect des harmonies. » 



Fig. 1.— Cornet à rebord gaufré. 

En reproduisant cette appréciation, nous la faisons nôtre et 
nous partageons cette manière de voir. Cependant il sera bon 
de tenir compte de la couleur même des fleurs et du milieu 
auquel elles sont destinées. En outre, la richesse n'exclut 



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— 13 — 

ni la simplicité ni Télégance. Le rebord droit, modeste et fort 
simple qui simule une dentelle ordinaire, sera-t-il nécessaire- 
ment plus gracieux que le cornet gaufré, aux becs recourbés 
(fig. 1)? Nous ne contesterons pas davantage Télégance de la 
charmante composition à découpures en feuille de Fougère 



Fig. 2. — Cornet à feailles de Foagôre. 

(fig. 2) ou celle en arabesques blanches (fig. 3) ou même 
coloriées (fig. 4), et bien d'autres dont nous aurions pu 
reproduire Timage. 

En effet, la maison Fadderjahn, bien connue des fleuristes, 
fabrique d'après tous les dessins imaginables et sur toutes les 
dimensions. Ses modèles se comptent par centaines. 



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— 14 — 

Tous ces produits joignent à leur élégance, Tavantage de la 
modicité des prix. Lorsque les dentelles blanches sont en 
carton postal, elles coûtent le double du papier. Que les cornets 



Fig. 3. — Coroet avec arabesqaes et fleurs. 

soient plats, ouverts et collés, ou disposés en entonnoir, le prix 
est le même. 



Fig. 4 — Rebord dentelle et chromolithographie. Pig. 5. ^ Corboille à deotelie double et colorée. 

Aux cornets de dentelles qui servent à entourer, nous allions 
dire à cacher heureusement la charpente fort laide des bouquets 
actuellement à la mode, il convient de rattacher ces gracieuses 



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— 15 — 

corbeilles dans lesquelles, sur un peu de mousse, chacun peut 
disposer les fleurs à sa guise. Ces corbeilles en carton sont très 
jolies ; elles ont peut-être quelquefois le tort d'être trop riches ; 
en effet, la dentelle est blanche, ou argentée ou dorée. Un genre 
de ces petits paniers extrêmement bien soignés portent sur la 
dentelle des dessins chromolithographies, comme Tindique la 
fig. 5. Ces couleurs brillantes feraient certainement du tort à la 
beauté des fleurs; mais en ce cas, on recommande particulière- 
ment de n'employer que des fleurs d'une seule nuance^ des 
Roses rouges ou blanches, des Myosotis bleu tendre, etc. : 
lensemble revêt alors un cachet très harmonie«iBc. 
{Sera continué.) Ém. Rodigas, 



L'établissement hortLoole et pomologique de 
M. Grégoire à St Nicolas. 

Nous avons appris récemment une nouvelle que tous les 
amis des jardins déploreront avec nous ; la retraite de M. le 
Colonel Grégoire de la vie horticole et la vente du bel établis- 
sement qu*il avait créé à St Nicolas. Tous les amateurs du pays 
connaissent au moins de nom le zélé fondateur de la Société 
d'Horticulture de cette ville, nom déjà illustré par un autre 
vétéran de la poniologie nationale, M. Grégoire-Nélis, de 
Jodoigne ; beaucoup d'entre eux se rappelleront peut-être Téloge 
bien mérité que nous avons fait de ses cultures dans ces Bulle- 
tins; ses vignes sous verre, ses pêchers en pots ont été admirés 
par la plupart des spécialistes. 

Après une longue et honorable carrière consacrée au service 
du pays, M. Grégoire a voulu suivre l'exemple du Major 
EsPEREN, rheureux obtenteur du Soldat Laboureur et d'une 
série d'autres fruits méritants : il a fait de l'arboriculture 
fruitière et de l'horticulture, en simple amateur d'abord, 
mais petit à petit il a donné une telle extension à ses serres, 
à ses espaliers et à ses diverses plantations, qu'il a fini par 



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— lè- 
se laisser déborder par les soins d'eatretien que ces cultures 
sollicitent incessamment de la part d*un amateur passionné 
de Fart des jardins. Aujourd'hui que ce travail est devenu 
trop lourd pour lui eu égard à son âge, il préfère se 
retirer en une fois complètement plutôt que de vouloir aban- 
donner à des mains mercenaires ce qu'il a créé. 

L'Établissement formé par M. Grégoire sera donc à vendre 
sous peu. Il convient surtout à l'amateur qui recherche dans les 
jouissances immédiates d'une culture intelligemment établie, 
le calme après une vie active, passée dans le commerce ou 
l'industrie. Il convient également à l'homme expérimenté, au 
courant du commerce horticole, qui trouverait là toute formée 
une collection épurée des variétés les plus recommandables et 
des cultures déjà complètement productives. 

ÉA, Pynaert. 



Gare à l'humidité. 

Si pendant la saison végétative, Tête, l'eau est l'auxiliaire 
indispensable de toute culture, pendant la saison morte, l'hiver, 
rien n'est plus à craindre que l'excès d'humidité. L'excès est 
toujours nuisible, nous répondra-t-on. D'accord ; mais ce qu'on 
perd généralement de vue, c'est que pendant l'hiver cet excès 
existe presque partout et toujours sans qu'on s'en doute et ne se 
trahit, malheureusement, que lorsqu'il est trop tard. 

Sans parler des locaux où on hiverne certaines plantes (oran- 
geries, serres et bâches), combien l'excès d'humidité n'est-il pas 
à craindre, surtout à présent que les eaux du ciel nous inondent 
sans cesse, dans les cultures des jardins, en pleine terre ! A peine 
voit-on le soleil une heure par semaine, un temps pluvieux, un 
air brumeux constamment, tout ce qui n'a pu s'aoûter suffisam- 
ment pourrit sur place ; les légumes à moitié blanchis, se gâtent 
avant d'être à point ; rien ne se conserve comme on le désirerait. 
Et le moyen contre l'excès d'humidité dans l'air ? Mal- 



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~ 17 — 

peureusement nous n'en connaissons pas d'artificiel. Une heure 
de soleil, une journée de vent valent plus que toutes les peines 
qu'on pourrait se donner pendant quinze jours consécutifs. 
L'essentiel est donc d'admettre autant que possible le soleil et 
le vent. Chose ajssez étrange : ces deux agents qu'on redoute 
plus ou moins pendant la végétation, sont précisément ceux 
qu'on recherche le plus pendant le phase léthargique de la 
plante. 

Ce qui est plus à redouter cependant, c'est l'excès d'humidité 
dans le sol. Et quelle est la terre quelque peu abandonnée à elle- 
même qui ne soit pas complètement saturée d'eau à cette saison ? 
Heureusement ici le mal peut être plus efficacement combattu. 
En efiet, à moins que le terrain ne soit situé par trop bas et 
n'ait dès lors à subir toutes les inondations hivernales, rien 
n'est plus facile et rien ne devrait être moins négligé que 
de se débarrasser des eaux surabondantes. Sans parler du 
drainage, il suffira le plus souvent d'établir un rigolage à ciel 
ouvert bien dirigé. En commençant à creuser une simple 
petite tranchée au point le plus bas du jardin, là où l'eau en 
excès trouvera à s'évacuer dans un fossé ou cours d'eau, et en 
remontant ainsi vers les points plus élevés avec la rigole-mère 



Fig. 6. — Terr&io mis eo billous. 

dans laquelle au besoin on fera déboucher des rigoles secon- 
daires, on arrivera à un résultat très satisfaisant. Le terrain 
ainsi travaillé se présentera suivant la coupe C D, tandis 
qu'auparavant il était plat, suivant la coupe A B et par 
conséquent pour ainsi dire dans l'impossibilité de se dessécher 
de tout l'hiver. 

Mais, hâtons-nous de le dire, n'attendez pas de prendre ces 
mesures que les eaux aient déjà envahi votre terrain. On 



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— 18 — 

sait d'avance que tous les hivers, sans exception, les eaux sont 
à craindre. Et quand bien naême Thiver, au lieu d*être pluvieux, 
neigeux, serait au contraire sec et constamment à la gelée, alors 
encore la pénurie d'eau ne sera jamais à craindre, alors encore 
le rigolage 'dont nous venons de parler ne pourra être que 
tout ce qu'il y a d'avantageux. 

Aussi insistons-nous pour que jamais on né néglige de rigoler, 
de billonner son terrain dès les mois d'octobre et novembre, 
non seulement le terrain vide, mais aussi celui occupé par 
n'importe quelle culture permettant quelque peu le billonnage. 
L'eût-on négligé, ne perdons plus un jour : rigolons dans les 
limites du possible et en procédant comme nous venons de 
l'indiquer. 

Remarquons-le bien : un terrain non assaini restera au prin- 
temps un mois, six semaines plus longtemps humide et en même 
temps froid et par conséquent impropre à être mis en culture. 
Nous ne saurions assez le dire et Vedire, tout ce qu'on cultivera 
dans un tel terrain ne réussira point ou languira longtemps. 
Nul terrain, fût-il des plus nutritifs, ne peut convenir aux cul- 
tures ordinaires, s'il n'est suffisamment ressuyé, égoutté, aéré, 
chaufië. Or qu'arrive-t-il le plus souvent ? C'est qu'on oublie 
ce précepte, si jamais on l'a su, et que, parce que la saison est 
là et parce qu'on voit son voisin, qui a peut-être une autre 
nature de terrain ou a mieux drainé celui-ci, mettre la main à 
l'œuvre, on fait comme lui. Eh bien, on peut être persuadé qu'on 
fait alors une archimauvaise besogne : mieux vaudrait attendre. 

Nous avons été amené à écrire cet article parce que trop 
souvent nous entendons des gens qui prétendent qu'il faut 
autant que possible planter de bonne heure. Oui certes, il y a des 
cas et beaucoup même où il est préférable de planter tôt ; nous 
nous occuperons une autre fois de cette question. Mais il n'y a 
pas mal de cas non plus où il est beaucoup plus avantageux, 
absolument nécessaire même, de planter au contraire le plus tard 
possible. Non seulement les essences à planter doivent nous 
guider, mais surtout l'état du sol doit nous préoccuper. Dès à 



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— 19 — 

présent et en termes généraux nous donnons le conseil de ne 
jamais planter dans un sol trop humide encore ; les plaies faites 
inévitablement aux racines au lieu de se cicatriser, gangrène- 
ront et la plante ne reprendra pas bien. 

Nous avons encore été conduit à écrire ces lignes par 
la hausse formidable des eaux, qui nous menacent d'une 
inondation générale des champs et des jardins. Nous le 
savons, en cas d'inondation quasi générale, le rigolage ne nous 
sauvera pas du fléau ; mais qu'on ne l'oublie pas, ce dernier aura 
plus vite disparu et ses suites funestes seront bien moins redou- 
tables quand la baisse des eaux peut s'effectuer rapidement, 
grâce à des tranchées bien dirigées et faites en temps utile, c'est 
à dire avant l'iiiver, que si le terrain était resté plat, vague et 
abandonné à lui-même, comme cela a lieu malheureusement 
par trop souvent dans les cultures. 

Enfin cette considération encore nous a fait prendre la plume. 
C'est assez l'habitude — et elle n'est pas mauvaise — de faire le.s 
trous où on veut planter des arbres, quelque temps d'avance ; 
mais il arrive alors qu'au moment de planter, ces puits sont à 
moitié remplis d'eau. Qu'on se garde bien de tripoter dans cette 
boue ; tout ce qu'on y mettrait ne prospérera pas. Non ; commen- 
cez par attendre que l'eau des puits se soit retirée spontanément et 
d ordinaire cela aura lieu bientôt, à moins que le terrain ne soit 
fort bas, dans lequel cas il faudra absolument remetti*e la plan- 
tation à beaucoup plus tard. Le terrain n'est-il pas si bas et 
est-on très pressé de planter, faites des rigoles plus profondes 
que les trous mêmes : l'eau s'y rendra petit à petit et s'écoulera, 
la terre des puits s'égouttera, s'assainira et bientôt on pourra 
planter avec toute la certitude d'une bonne réussite. Toutefois, 
même dans ce cas, nous donnons le conseil de ne jeter sur les 
racines que de la terre tenue en réserve et qui soit bien meuble, 
sèche même si possible. Gare à l'humidité ! 

H, J, Van HulU. 



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20 — 



Honneur au travail! 

Peu de sociétés sont aussi directement utiles que la Société 
d'Horticulture de Brème. Elle a le bonheur d'avoir à sa tête 
des hommes de cœur et d'intelligence qui ont su donner à ses 
travaux une impulsion considérable assurant ainsi la prospérité 
croissante de leur association. 

Nous avons sous les yeux le rapport annuel pour 1877, dû à la 
plume féconde de notre confrère et ami M. H. Ortgies, un des 
administrateurs les plus actifs et les plus instruits de la Société 
Brêmoise. Cet annuaire résume les travaux accomplis dans 
Tannée et fournit ainsi aux nombreux associés un durable souve- 
nir. La Société de Brème ne se contente pas d'organiser des 
expositions et de mettre à profit dans l'organisation de celles- 
ci, les améliorations importantes réalisées ailleurs, mais encore 
elle honore la mémoire de ceux qui se dévouent à la chose publi- 
que et elle stimule de la sorte la génération présente par 
l'exemple des hommes marquants qui l'ont précédée. En outre, 
durant toute la période hivernale, depuis novembre jusqu'en 
avril, la Société convie ses membres à des soirées de lecture, 
dans lesquelles sont analysés, commentés, résumés ou traduits, 
les principaux articles des publications horticoles de l'Allemagne 
et de l'étranger. Par ce moyen, les sociétaires sont tenus au 
courant des faits nouveaux signalés dans le monde de l'horti- 
culture. Ils apprennent à connaître les nouveaux légumes, les 
nouvelles plantes vivaces, les nouveaux arbustes, les nouveaux 
procèdes de culture, les plantes de serre, et même les nouveaux 
ouvrages traitant d'horticulture. 

Le rapport de cette année mentionne surtout l'exposition 
extraordinaire tenue à l'occasion de l'inauguration du monu- 
ment élevé à IsAAO Herman Albert Altmann, qui naquit à 
Brème, il y a un siècle, le 15 août 1777, et qui transforma avec 
un rare talent les sombres remparts de la ville en promenade 



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— 21 — 

magnifique faisant aujourd'hui les délices de toute la population. 

L'inauguratioa du monument d'ÀLTMANN fut accompagnée de 
festivités auxquelles prirent part les horticulteurs et les jardi- 
niers de Brème et des environs, ainsi que les autorités locales. 
Le sénat de Brème eut à cœur de s'unir à ceux qui avaient voulu 
honorer le travail en la personne de celui qui fut pendant de 
longues années le jardinier en chef et Tarchitecte des prome- 
nades publiques de la ville. 

En reproduisant ici les traits d'ALTMANN, nous n^avons pas 
seulement voulu donner une preuve de cordiale sympathie à la 



Fig. 7. — Portrait de J. Altmanw. 

commission organisatrice de la manifestation, et tendre une main 
amie à la Société d'Horticulture de Brème pour qui notre Cercle 
d'Arboriculture et nos Bulletins sont déjà de vieilles connais- 
sances ; mais nous avons voulu également montrer à nos lecteurs 
comment le travail est honoré en Allemagne. 

Suivant l'expression du D' Olbers Focke, président de la 
Commission, qui remit le monument au Magistrat de la ville, 



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— 22 — 

Altmann fut vraiment Thomme de son époque. Il conçut un 
plan vaste et beau et, laissant de côté le goût douteux de ces 
temps difficiles, il traça les promenades dans le style paysager 
alors encore très peu en vogue. Doué d'une prodigieuse activité, 
il sut venir à bout de tous les obstacles, évitant sans cesse les 
dépenses exagérées et eut le bonheur de léguer à ses conci- 
toyens une œuvre complètement achevée. C'est au milieu même 
de ces promenades que le buste d'ALTMANN a été placé et 
qu'il rappellera le souvenir de leur habile créateur. 

Altmann traça également le parc public de Hambourg et 
obtint le titre de citoyen honoraire de cette ville. Il mourut le 
13 décembre 1837. Ém, Rodigas. 



La pomologie à FExposition Universelle, 
le r'^ octobre. 

Les Bulletins contiennent déjà un article de notre collègue 
M. Em. Rodigas sur la pomologie à l'Exposition le 16 sep- 
tembre (1), et nos lecteurs y trouveront des détails très inté- 
ressants et très utiles. Mais la grande lutte, la vraie lutte sur 
le terrain pomologique ne devait avoir lieu que le 1 octobre. 
Ayant eu Thonneur d'être délégué par notre Gouvernement avec 
M. GiLLEKENS, directeur de TÉcole d'Horticulture de Vilvorde, 
pour participer aux travaux du Jury chargé du jugement des 
apports de fruits, je crois devoir donner à mon tour quelques 
renseignements sur cette colossale exhibition. Colossale est le 
mot, et on se fera une idée du nombre et de l'étendue des collec- 
tions lorsqu'on saura que leur inspection seule a pris quatre 
jours de deux séances et a exigé en somme un travail de 18 à 
20 heures I 

Disons aussi que l'ensemble de l'exposition pomologique cou- 
vrait une surface de près de mille mètres carrés. Ce mode de distri- 

(1) Voir Bulletins Î878, page 314. 



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— 23 — 

bution adopté dans toutes les expositions universelles entraîne à 
des longueurs inévitables et ne saurait être pratiqué dans une 
exposition locale ou nationale, même la plus importante et dont 
la durée n'est que de quelques jours. 

C'est ainsi que lors du concours organisé par notre Cercle, dans 
les salons du Casino, à Toccasion du Congrès pomologique tenu 
à Gand en 1876, et dont les lots comprenaient ensemble plus de 
onze mille assiettes, le travail du Jurj, s'il n'avait pas été 
convenablement réparti et dirigé, se serait prolongé pendant 
une semaine au moins, comme le supposèrent M. Mas et 
plusieurs membres du Congrès lorsqu'ils pénétrèrent dans la 
salle. Et pourtant, grâce aux miesures prises, le travail du Jury 
commencé à 10 heures du matin était terminé avant l'ouverture 
des salons ûxée à 1 heure, et le même jour la liste des récom- 
penses était imprimée ! 

Mais à l'Exposition universelle de Paris, le mode de jugement 
adopté pour la pomologie comme pour l'horticulture ne devait 
pas différer de celui qui a été préconisé pour les produits du 
commerce et de l'industrie ; c'est le mobile qui a dirigé sans 
aucun doute les membres effectifs du Jury de la pomologie, 
composé en dehors des délégués belges et de M. Van Lennep, 
délégué du Gouvernement néerlandais, de MM. J. Decaisne, le 
savant auteur du Jardin fruitier du Muséum; Th. Buchetet, 
l'auteur des meilleures reproductions plastiques de fruits que 
Ton soit parvenu à faire jusqu'ici ; Michelin, le consciencieux 
secrétaire de la commission de pomologie de la Société centrale 
d'Horticulture de Paris, et enfin Coulombier, de Vitry sur Seine, 
un des pépiniéristes les plus éompétents des environs de Paris. 

Je crois qu'il n'est pas inutile de faire connaître ici le mode 
suivi pour l'appréciation des différents lots. De concours propre- 
ment dit, il n'y en a pas. Il n'y a pas de lutte entre les collec- 
tions similaires et elles ne sont pas jugées par comparaison. 
Chacune d'elles est appréciée isolément et le Jury tient compte de 
certaines circonstan es dont habituellement il n'a pas à 
connaître. 



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- 24 — 

A l'Exposition universelle, le Jury se met en rapport avec 
Texposant ou avec son représentant et semble lui savoir gré 
des efforts qu'il a faits pour attirer son attention et mériter ses 
suffrages. Personne ne se fait faute d'étaler ses titres sur de 
grandes pancartes et de mettre en œuvre tous les moyens propres 
à faire valoir ses mérites. Ce système a du bon, étant donnée l'im- 
partialité indiscutable du Jury. Dans les concours ordinaires, 
il donnerait lieu le plus souvent à des récriminations et à des dis- 
cussions personnelles désobligeantes. C'est pourquoi à notre avis 
il est bon que les noms des concurrents soient ignorés des juges 
aussi longtemps que tous les concours ne sont pas jugés. Au 
moins dans le cas d'erreur manifeste — ce qui est toujours 
possible — ne peut- on pas mettre en doute l'honorabilité des 
juges. Errare humanum est ! 

On me pardonnera, je l'espère, ces quelques considérations 
générales sur le fonctionnement du Jury à l'Exposition univer- 
selle. Aussi bien que moi-même, beaucoup d'exposants ignoraient 
le moyen d'enlever un grand prix. On verra un peu plus loin, 
comment il fallait s'y prendre. 

Je dois ajouter que la marche adoptée par le Jury de l'Expo- 
sition était à peu près la seule possible, eu égard au grand nombre 
de participants; voici comment il a procédé. Chaque exposant 
avait groupé toutes ses collections, celles-ci étaient examinées 
une à une et en détail, après quoi il était attribué à chacune 
d'elles un nombre de points proportionné à leur mérite. 

Le nombre 20 étant considéré comme la plus haute expression 
d'un ensemble de qualités, voici l'échelle de gradation adoptée : 

De 1 à 3 points, néant. 

4 à 7 » mention honorable. 
8 à 11 » troisième prix. 
12 à 15 » deuxième prix. 
16 à 20 » premier prix. 

Toutefois l'attribution d'un certain nombre de points à une 
collection ne déterminait pas d'une façon définitive la valeur de 
la récompense et l'exposant qui obtenait plusieurs nominations 



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- 25 — 

dans une série de concours n'avait droit qu'à une seule médaille. 
Celle-ci était décernée par la Commission centrale. 

La liste des récompenses a figuré dans toutes les publications 
horticoles; je puis donc me contenter d'esquisser à grands traits 
les caractères des principales collections françaises, je dirai 
quelques mots des collections étrangères, pour m'étendre un peu 
plus sur les collections belges. Je n'éprouve aucune difficulté à 
déclarer que ce sont celles devant lesquelles je me suis arrêté 
avec le plus de complaisance. 

n paraît que la Direction avait ^été tant soit peu prise au 
dépourvu et qu'on n'avait pas compté sur une participation aussi 
considérable de la part des cultivateurs tant français qu'étran- 
gers. Au dernier moment, il a fallu établir des tables et des 
gradins sous l'auvent latéral du Palais du Champ de Mars, où 
plusieurs milliers d'assiettes de fruits ont trouvé place sur une 
loi^ueur d'un kilomètre au moins. C'est ici que se trouvaient 
réunis la plupart des apports étrangers. Les collections fran- 
çaises étaient disposées en grande partie dans les locaux où 
avaient eu lieu les précédents concours horticoles. 

Je dois dire que malgré l'inconvénient que présente la dissé- 
mination de ces diverses collections sur une vaste étendue, celles- 
ci étaient partout parfaitement disposées pour l'étude. 

Je répète ici, et je le fais à regret, une observation que j'ai 
déjà faite dans un premier article consacré à la partie horticole 
de l'Exposition, c'est que nulle part, à aucun moment, je n'ai 
remarqué trop d'encombrement devant les tables qui présentaient 
les plus beaux fruité que l'on ait jamais vus réunis sur la terre. 
C'est égal, on ne m'ôtera pas de l'idée que nous avons, nous en 
Belgique, beaucoup plus de curiosité pour les choses du jardi- 
nage. Autre étonuement. Il me semble que la France, qui est 
un si grand pays, aurait dû fournir un plus grand nombre 
de lots collectifs formés par les sociétés d'Horticulture. La 
puissance est aujourd'hui au principe de l'aasociation. On verra 
tout à l'heure ce que ce principe a produit en Belgique. 

Tout au plus une dizaine de ces sociétés étaient-elles digne- 



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— 26 -^ 

ment représentées. Il me faut observer toutefois qu'un premier 
concours avait déjà eu lieu le 15 septembre et que les régions 
tempéréesde la France y avaient coopéré pour la plus grande part. 

Le lot de la Société d'Horticulture de Nancy était remar- 
quable par le nombre de variétés de poires et de pommes ; il y 
en avait près de mille. Seulement presque toutes étaient 
représentées par un exemplaire unique, ce qui donnait à l'en- 
semble un aspect peu apparent. 

La Société d'Horticulture et de Botanique du Centre de la 
Normandie avait une belle collection, soigneusement étiquetée. 
Les étiquettes présentaient sur une formule imprimée le nom, 
les synonymes, le lieu de production, la position de l'arbre, 
l'époque de la maturité et la qualité du fruit. C'est la première 
fois que nous avons vu ce mode d'étiquetage, qui nous semble 
parfait pour les collections d'étude. 

Un beau lot d'ensemble est exposé par la Société d'Horticul- 
ture d'Orléans et du Loiret et par le Cercle Horticole du Nord • 
Signalons dans celui-ci la Poire Joséphim de MaJines à fruits 
admirablement panachés. 

L'École d'Arboriculture de St Mandé (directeur M. Dubreuil) 
avait exposé, à côté de diverses vues de l'Établissement, des 
collections de Poires, de Prunes et de Raisins, classés par caté- 
gories suivant leurs propriétés. 

Parmi les exposants particuliers, il faut citer l'Établissement 
des Enfants d' André Leroy, celui de MM. Croux et fils, celui 
de Madame V* Durand et celui de M. A. Roy; leurs collections 
comprenaient toutes de 400 à 500 variétés de Poires, Pommes et 
Raisins. Un lot de M. Ferdinand Jamin, l'auteur, si je ne me 
trompe, d'un excellent petit livre intitulé Zes meilleurs fruits, 
était comme la démonstration pratique de son ouvrage ; il né 
comprenait que les fruits les plus méritants. 

M. Eugène Fouquet, de Corbeil, a également droit à une 
mention pour 120 variétés de poires et de pommes de choix. A côté 
des grandes collections qui montrent à l'état vivant une sorte de 
statistique des variétés cultivées et doiit la valeur au point de 



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— 27 — 

vue scientifique est considérable, il est utile de voir de temps 
en temps des collections restreintes, d'un mérite reconnu et où 
Tamateur débutant est certain de trouver sans recherches ni 
difficultés des renseignements précis et sûrs. 

Il nous faut citer aussi les 230 variétés de Raisins venus en 
plein air, aux portes, de Paris, à Argenteuil, dans les cultures de 
M. Loms Lhérault ; les pèches extra belles de M. Chevalier et 
de M. Lepbre qui avait aussi un lot splendide, unique, de 
Pommes de CatvUîe d'hiver et de Reinette Hanche de Canada. 

Ces dernières concouraient pour les fruits de marché. Ceux-ci 
avaient une place importante dans Texposition française. Les 
corbeilles de Doyenné d'hiver ^ de /J* Germain, de Duchesse, de 
Beurré Clairgeau, de Beurré Diél, de Bergamotte Esperen, de 
Beurré gris de Luçon et de Triomphe de Jodoigne reléguaient 
loin à l'arrière plan les collections générales de la plus belle 
venue. 

Dans la section éti'angère, la palme était aux fruits variés et 
nombreux d'Italie, exposés par M. Fr. Cirio. Au premier aspect, 
on aurait cru avoir affaire à des fruits artificiels, tant les tons 
étaient chauds. Il y avait là environ 500 variétés de Poires, de 
Pommes, de Coings, de Pèches, de Brugnons, de Châtaignes et 
de Raisins. Parmi ces derniers, il y en avait qui m'ont paru 
dignes de la culture en serre. Les Pèches étaient généralement 
des Pavies, à chair jaune et ferme, qui supportent aisément le 
transport et qui arrivent déjà en grande quantité à Paris pour 
la vente au marché et le colportage — mais récoltées avant 
maturité elles deviennent rarement fondantes et même en ce cas 
sont très inférieures aux produits de Montreuil. 

L'exposition tyrolienne de M. Louis Wblponer de Botzen avait 
beaucoup de rapports au point de vue de l'aspect des fruits avec 
celle de l'Italie. Ils avaient les mêmes couleurs vives et sem- 
blaient avoir été rendus artificiellement luisants. On sait que 
certains exposants croient rendre leurs fruits plus apparents en 
les frottant au moyen d'un morceau de drap, sans se douter 
qu'en réalité ils enlèvent au fruit un de ses caractères. Que des 



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— 28 — 

marchands recourent à ce procédé pour rehausser l'éclat de leurs 
étalages, cela se comprend, mais dans un concours de pomologie 
on ne devrait pas l'autoriser. 

La Société Néerlandaise d'Horticulture et de Botanique 
d'Amsterdam qui avait réuni 221 variétés de Poires et un plus 
grand nombre de Fournies, a obtenu deux premiers prix avec 
18 points et aurait mérité mieux certainement si le Jury n'avait 
remarqué quelques doubles emplois sous des dénominations 
distinctes : ainsi Dwrondeau et Poire de Tongre, Aurore et Beurré 
Capiaumont. 

Des récompenses spéciales ont été accordées à des cultivateurs 
duWestland pour leurs beaux Raisins de Frankenthaler parvenus 
à maturité pour ainsi dire en plein air, au centre des Pays-Bas. 
Ce raisin s'exporte en grande quantité à Londres. Notre confrère 
M. Van Hulle, dans un de nos Bulletins, a fait connaître par 
quels procédés de culture on atteint ce résultat remarquable. 

Le Jury a eiLaminé avec intérêt les collections envoyées du 
Danemark et qui avaient subi un voyage de 12 jours. Les spéci- 
mens obtenus par un de nos amis, M. Stephen Nyeland qui 
en souvenir de l'enseignement horticole qu'il a reçu dans un des 
Établissements du gouvernement belge a donné le nom ai École 
d'horticulture de VUvorde à l'Institut qu'il a créé près de Copen- 
hague, ont obtenu un 2« prix. Les Poires et les Pommes présentées 
par M. Frank Wendt, de Set. Jorganb jerg Roskilt, étaient 
presque comparables aux meilleurs fruits français et belges. 

La Belgique n'a pas eu cette fois-ci seulement le prix du 
nombre. Nous avons le droit de dire que s'il y avait eu lutte 
dans le sens propre du mot, nous aurions battu tous nos concur- 
rents en gros et en détail. Nous occupions à nous seuls Belges le 
cinquième de tout l'espace réservé à la pomologie et le Cercle 
d'Arboriculture de Liège en prenait la majeure partie, en même 
temps que la Société centrale d'Arboriculture de Brabant, et dans 
des proportions plus « titanesques » encore, comme a dit im de 
nos confrères ; elle avait réuni le contingent le plus grandiose 
qui ait été apporté à l'Exposition. 



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— 29 — 

Il y avait peut-être bien quelques doubles emplois dans les lots 
collectifs de ces sociétés et cela est inévitable lorsque, comme 
c'était le cas ici, ils résument de grands efforts individuels. 

La collection exposée par le Cercle d'Arboriculture de Liège 
se composait de 560 variétés de Pommes et de 887 variétés de 
Poires, toutes représentées par 4 à 6 spécimens choisis. En 
dehors des deux premiers prix attribués par le Jury à ces 
lots exceptionnels, le Cercle a remporté des appréciations équi- 
valant chacune à un premier prix pour : 

12 pommes de premier choix avec 17 points. 
12 poires » » » » 16 » 

25 pommes » » » » 16 » 

25 poires » » » » 17 » 

50 pommes » » » » 18 » 

50 poires > » » > 20 » 

25 Calebasse monstre ( Van Marum) 16 » 
C'est pour l'ensemble de ces diverses récompenses juste- 
ment méritées que le Cercle d'Arboriculture de Liège a obtenu 
un des grands prix dont la Belgique a le droit d'être fière. 

Pour arriver à ce résultat, la Société liégoise qui est, comme 
on sait, une émanation du Cercle d'Arhorkultwre de Belgique et 
qui, sous l'inspiration vigoureuse de MM. Macorps et Galoppin, 
est devenue rapidement une association puissante, a fait ce que 
le Cercle avait fait lui-même à Gand en 1873 pour former le 
contingent qui provoqua une si grande sensation à Vienne, et ce 
qu'il aurait fait en 1878 si le Gouvernement lui avait accordé 
l'appui qu'il octroya à d'autres sociétés; il a ouvert une 
exposition préparatoire à laquelle ont pris part tous les amateurs 
du pays et où Ton vit rassemblés plus de huit mille assiettes 
de finiits. C'est dans cette collection déjà choisie que l'on fit le 
triage des divers lots envoyés à Paris. 

La Société Centrale avait fait appel à ses seuls membres. 
Quoique plus restreint, son apport était très remarquable, pas 
autant toutefois que celui réuni par la même Société à l'Exposi- 
tion universelle de Vienne. 



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— 30 — 

Les collections réunies par la Société S^ Dorothée, de Malines, 
et par le Cercle du progrès horticole et arboricole d'Ixelles 
étaient moins bien réussies. Dans le lot de cette dernière 
Société, le Jury a constaté avec regret et même avec étonnement 
des incorrections grossières dans les dénominations. 

Notre brave et digne semeur M. Xavier Grégoire de 
Jodoigne avait envoyé 140 variétés de Poires de ses gains, 
parmi lesquels 36 variétés déjà dénommées et répandues dans 
le commerce. Ces dernières seules ont pu être appréciées et ont 
valu une nouvelle récompense à leur heureux obtenteur. 

Pour terminer la revue des lots individuels, rappelons que 
notre compatriote M. Capeinick a obtenu une mention pour sa 
coHectfoit de^ Pcjninfis. 

Le Jury a pris deux autres deettidXk& auxquelles nous avons 
été heureux de nous associer. L'une concerne àm admirables 
imitations de fruits, qui sont généralement connues aujourcPkai 
et qui ont déjà trompé l'œil de plus d'un connaisseur émérite ; 
elles sortent des mains de M. Buchbtet. Le Jury a attribué un 
premier prix à la collection si belle et si complète exposée 
par la Société centrale d'Horticulture de Paris. 

La seconde avait pour but d'accorder une distinction aux 
arbres fruitiers de semis exposés par M. Tourasse. 

J'ai fait connaître dans les Bulletins (1), le système de 
M. Tourasse, tel qu'il avait été exposé par les publications 
françaises. Après avoir vu quelques-uns de ses arbres à 
l'Exposition, je n'ai rien à modifier à mon appréciation 
première. La force de croissance de ces arbres est comparable 
à celle des Peupliers du Canada plantés dans le sol le plus 
riche. Il est impossible de s'en faire une idée sans les avoir 
vus. Quelques pieds avaient été coupés pour permettre d'appré- 
cier exactement, par les couches annuelles du bois, l'â^e 
des jeunes sujets. Certaines de ces couches avaient une épais- 



(1) y OIT Bnlletins 1877, page 233. 



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— 31 — 

seur de 15 à 25 millimètres. Des troncs de 10 à 15 centimètrse 
de diamètre correspondaient à des arbres de 4 à 6 ans tout au 
plus. Je le répète, s'il y a quelque chose d'extraordinaire dans le 
système de M. Tourassb, ce n'est pas le procédé de semis, de 
repiquages ou de taille des racines, considérés en eux-mêmes, 
c'est le fait de la végétation exceptionnelle obtenue et c'est là 
ce que le Jury a voulu mettre en évidence. 

Il m'est impossible de clore ce compte-rendu trop long, je le 
sais, mais encore forcément écourté et qui n'a pas pu prendre 
place plus tôt dans ces Bulletins , par suite de circonstances in- 
dépendantes de ma volonté, sans donner ici un témoignage 
public de reconnaissance aux membres effectifs du Jury de 
l'Exposition, pour la courtoisie extrême avec laquelle no» col- 
lègues ont bien voulu nous traiter. Je smts certain que dans 
cette circonstance, M. Gill^œns voudra s'associer à l'hommage 
sincère que je leur rends ici. Éd. Pynaert. 



Plantes d'appartement. 

Les cinq derniers volumes des Bulletins contiennent des arti- 
cles mensuels sur la culture naturelle des plantes potagères, 
celle des arbres fruitiers, celle des légumes de primeurs, celle 
des plantes vivaces de pleine terre en enûn celle des plantes 
de serre, Nous nous proposons de traiter, cette année, pour 
autant que l'espace et le temps nous le permettent, de la cul- 
ture des plantes d'appartement. Nous ne pouvons mieux com- 
mencer que par une actualité, la Jacinthe. 

Un mode de culture simple et facile est la culture sur carafon 
que nos lecteurs n'auront pas oublié (1). Il est un autre procédé 
dérivé du précédent et qui ne manque pas de cachet à la fois 
gracieux et étrange. La ûgure ci-jointe que nous devons à 
l'obligeance de M. Heinemann, horticulteur à Erfart, fera 



(1) Voir 1871. Le Jardin d'agrément et le potagefyp, 81. 



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— 32 — 

comprendre immédiatement de quoi 
il s'agit et nous fournit l'occasion de 
répondre à deux membres de notre 
Cercle qui nous demandent des dé- 
tails sur ce genre de culture. 

Deux bulbes de fleurs choisies, de 
même nuance ou de couleurs variées, 
sont plantés ds^ns le yase a. Celui 
destiné à passeur dans le vase infé- 
rieur t est posé la pointe vers l'ori- 
fice inférieur du vase. Le point capital 
c'est que les deux bulbes appartien- 
nent à des variétés qui fleurissent au 
même moment. 
Après la plantation, l'appareil est 

^ placé dans un lieu obscur, à l'abri 
de la gelée. Lorsque les racines tapis- 
sent le verre tf , l'appareil est porté 
dans un appartement chauffé, aussi 
près du jour que possible. Si la Jacin- 
the supérieure se développe plus que 
l'autre, on recouvre celle-là d'un cor- 
net de papier jusqu'à ce que le déve- 
loppement soit égal. Il est bon aussi, 
pour obliger la fleur inférieure à se 
diriger tout droit au fond, d'envelop- 

^ per de papier les deux tiers de la 
hauteur de ce vase jusqu'à ce que le 
bouton ait dépassé les feuilles. Le 
vase inférieur est rempli d'eau ; cette 
eau est renouvelée si elle devient 
trouble. Il est bon de tourner de 
temps à autre le vase afin de main- 
tenir les bouquets bien droits. 

Fig. 8. — Culture antipode Ém. RoUgOS. 

de Jacinthes, 



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— 33 — 
Prune Fond's Seedling. 

Le fruit que nous publions dans cette livraison, n'est pas une 
friandise de dessert, mais une excellente variété pour l'usage 
culinaire, c a valuable mlinary flum, > dit le savant pomologue 
anglais M. Robert Hogq, dans son c Fruit ManuaL > Il faut 
connaître les nombreuses préparations, depuis les plus frugales 
jusqu'aux plus délicieuses auxquelles le fruit de certaines 
variétés de Pruniers se prête, pour apprécier combien il est 
avantageux de cultiver les bonnes variétés de prunes culi- 
naires. 

Comme le montre la belle planche coloriée qui accompagne 
ces lignes, planche nullement exagérée ni dans les proportions 
du dessin, ni dans le coloris de la peinture, la Prune Pond's 
Seedling est d'un très grand volume. 

Le pomologue allemand M. Dochnahl, dans son Systematische 
Beschreibunç aller Steinohsten, la met dans la catégorie des 
Quetsches et la nomme Pond's Kaiserzroetsche. On sait que les 
Quetsches sont par excellence les prunes rustiques de grand 
rapport et recherchées pour la conservation. 

Ce fruit a été obtenu en Angleterre en 1851 et porte le nom 
de son obtenteur M. Pond. Les étymologistes qui ont vu dans 
œ nom, lequel en flamand signifie une livre, une allusion au 
gros volume du fruit, se sont donc trompés. 

Le fruit est ovale, atténué vers le pédoncule ; Tépicarpe ou 
peau d'un beau rouge pourpre, est épaisse et contribue à là 
l<>Dgiie conservation du fruit. La chair est jaune, un peu veinée 
de blanc^ ferme, très douce, un peu adhérente au noyau ; sa 
maturité a lieu vers la mi-septembre, et le fruit peut se garder 
longtemps à la fruiterie. L'arbre est de bonne vigueur et d'une 
grande fertilité. 

Cette prune n'est que de deuxième qualité étant crue, mais 
elle est excellente cuite, séchée, en compote, et elle entre avan- 
tageusement dans la préparation des tartes aux prunes qui 

5 



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— 34 - 

font les délices du riche comme du petit bourgeois et de l'ouvrier 
dans nos provinces wallonnes. Une ducasse sans qu'on ait toute 
la maison remplie jusqu'au grenier de tariies aux prunes serait 
moins qu'une fête manquée. 

On peut cultiver le Prunier Pondes Seedling^ qui est une 
variété très rustique, en haute tige, en buisson ou en pyramide. 
Ce Prunier est une véritable plante d'ornement par son abon- 
dante floraison et ses beaux fruits. 

Fr. Buroenich. 



CERCLE D'ARBORICULTURE DE BELGIQUE. 



sxnt 

LA SITUATION ET LES TRAVAUX DU CERCLE 

EN 1878, 
PAR Émilb Rodigas, Secrétaire général. 

Messieurs, 

Depuis un quart de siècle, les différentes branches de Técono- 
mie rurale ont été, dans notre pays, l'objet d'études conscien- 
cieuses et suivies, de recherches multiples et d'investigations 
incessantes. Toutes ont eu leur enseignement et leurs maîtres ; 
aucune cependant n'a fait de progrès plus sensibles que l'arbori- 
culture fruitière. S'il est permis de dire que cette partie de 
l'agriculture était peut-être plus négligée que les autres et que, 
par suite, l'avancement réalisé semble être plus considérable, il 
faut convenir néanmoins qu'il a suffi d'appeler sur elle l'attention 
publique pour faire ressortir tout ce que la culture des arbres 
fruitiers mieux comprise pouvait produire encore. L'attrait 
qu'inspire par lui-même un travail appelé à retirer de l'oubli ce 



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— 35 — 

que la nature offre de plus agréable et de plus utile ; le plaisir 
qui résulte de la complication même des études à poursuivre; 
les obstacles que Thomme rencontre et qu'il veut vaincre quand 
il a la conviction qu'il le peut, tous ces motifs ont excité chez les 
travailleurs le noble désir d'observer et de connaître : de là est 
résulté Tavancement si rapide de l'arboriculture fruitière. 

Et nous ne craignons pas de Taffirn^er, le Cercle d'Arboricul- 
ture de Belgique, qui a surgi au milieu de ce mouvement général, 
a contribué pour une part considérable à la réalisation des 
progrès auxquels nous faisons allusion et qui sont réellement 
immenses. 

N'est-ce pas au sein de cette Société, dans laquelle sont venus 
se grouper successivement tous les hommes dévoués de cœur à 
Tagriculture, qu'ont été portées à la tribune publique les 
questions les plus intéressantes et les plus propres à développer 
chez tous cet esprit d'observation qui doit être le fondement de 
la vraie science? 

N'est-ce pas devant vous qu'on a débattu avec une compétence 
indéniable tous les problèmes de la taille et de la plantation des 
arbres fruitiers? et n'est-ce pas à ces discussions parfois telle- 
ment vives qu'elles auraient pu paraître violentes, qu'on peut 
attribuer à bon droit l'érection des systèmes aujourd'hui en 
vigueur et appujés, non sur l'empirisme ni sur la routine, 
mais sur l'expérience et la saine raison ? 

Ce sera une véritable gloire pour notre Cercle d'avoir contri- 
bué à ces généreux élans de l'école nouvelle, et lorsque notre 
institution appartiendra au domaine de l'histoire, la génération 
suivante reconnaîtra que le Cercle d'Arboriculture a compté 
parmi ses membres des hommes d'une activité inépuisable qui 
ofit vaillamment apporté leur pierre à l'édifice national ! 

Alors les Bulletins, qui ajoutent chaque année un volume à 
bien des bibliothèques, fourniront le témoignage des efforts 
individuels de savants modestes et de praticiens instruits qui 
seront arrivés par des voies différentes, celle de l'analyse et 
celle de la synthèse, à fixer les connaissances sur des points 



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— 36 — 

obscurs et à augmenter dans une large mesure la production 
du sol. 

Notre Cercle pourra revendiquer aussi le mérite d'avoir 
travaillé à fonder cette science moderne qu'on appelle pomo- 
logie. Celle-ci ne sera bientôt plus ce qu'elle était au commence- 
ment de ce siècle, alors qu'il suffisait de connaître les noms de 
six fruits pour être pomologue! La prodigieuse quantité de 
fruits aujourd'hui connus, les ressemblances fréquentes qui 
existent entre diverses variétés, dans leur aspect, dans les 
arbres, leur port, leur feuillage, tout cela complique le travail 
de l'observateur et expose à des erreurs parfois inévitables. Une 
connaissance vague est déjà devenue insuffisante; en effet, la 
vraie pomologie consiste dans l'étude approfondie et conscien- 
cieuse des caractères constants qui distinguent les variétés les 
unes des autres ; dans l'observation exacte de tout ce qu'elles 
ont de commun entre elles et de ce qu'elles présentent de parti- 
culier, enfin dans ce que chaque fruit offre d'intéressant au point 
de vue de la culture et de l'économie générale. 

Bientôt il ne sera plus permis à un écrivain, quelque spirituel 
qu'il jouisse être, de traiter un bon fruit « d'horrible végétal » ; 
il ne sera plus permis à un Nestor Roqueplan de dire que la 
Duchesse ffAngoulême ne serait » qu'un paquet de coton mouillé, 
une pelote de ficelle recouverte de peau de Suède, un produit 
pompeux, décoratif, indigeste, sorti de vergers qui méritent la 
grêle, la foudre et tous les projectiles célestes, en un mot un 
fruit abominable ! » De telles appréciations seront le privilège 
des ignorants qui seuls pourront les émettre. 

La série des bonnes variétés fruitières que le Cercle a fait 
connaître est déjà longue, et cette œuvre utile pourra se 
poursuivre longtemps encore; en les propageant dans nos 
provinces, il aura contribué à augmenter la richesse de la 
nation ; mais à cela seul ne se borne plus son infiuence. L'organe 
du Cercle, accueilli dans le monde entier, signale au loin les 
variétés reconnues comme réellement méritantes et celles-ci 
sont reçues avec une facilité extrême au milieu de leurs sœurs 



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— 37 — 

étrangères, parce qu'elles portent avec elles des lettres de 
recommandation qui ne trompent jamais. 

Les Bulletins^ permettez-moi de le constater, ont paru cette 
année avec une grande régularité, forcément interrompue un 
moment par l'Exposition universelle de Paris qui avait réclamé 
la présence de tous les rédacteurs ordinaires. 

Je constate également avec satisfaction que l'appel adressé 
Tannée dernière aux praticiens a été entendu par plusieurs et il 
me sera agréable de proclamer tout à l'heure le résultat du 
concours ouvert par le Cercle à tous ceux qui veulent soumettre 
à l'appréciation d'un public bienveillant les conclusions de leurs 
expériences ou de leurs observations. Quarante articles ont été 
fournis par divers auteurs : plusieurs sont très remarquables et 
la plupart ont excité l'intérêt à des points de vue différents. 
Toutefois, le Concours n'a pas répondu complètement à l'attente 
du Comité, en ce sens que celui-ci aurait désiré une participation 
plus active et l'examen de certaines questions appartenant plus 
directement au domaine de la pratique. Il m'est agréable d'an- 
noncer que le concours est maintenu pour Tannée prochaine et 
au nom du Comité j'exprime l'espoir que ce nouvel appel sera 
mieux entendu. 

Le Comité n'exige pas absolument du neuf. Toutefois, il 
accordera la préférence à la description de procédés nouveaux, 
à l'indication d'un mode de culture facile et pratique, à la 
désignation de variétés nouvelles, aux observations, aux expé- 
riences récentes, destinées à confirmer ou à modifier des prati- 
ques anciennes ; il est d'ailleurs des recommandations utiles, des 
méthodes trop peu connues, qu'il faut répéter souvent, afin de 
les faire admettre par les cultivateurs ; dans ce dernier cas, les 
articles doivent être écrits avec simplicité et offrir une lecture 
agréable. 

Pour concourir, il suffit d'être membre du Cercle et d'adresser 
àTun des membres du Comité de rédaction un travail original, 
d'une étendue de deux à six pages, sur un sujet quelconque de 
Tune des branches de l'horticulture, de la culture maraîchère» 
de la pomologie ou de l'arboriculture fruitière. 



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- 38 — 

Une notice sur un mode de culture spéciale, sur la destruction 
d'un insecte nuisible ; les mesures préventives ou curatives 
d^une maladie ; une étude pratique sur les meilleures variétés 
d'une espèce de plante utile ou ornementale : voilà quelques 
sujets d'articles qui seraient accueillis avec le plus de faveur. 

Le Cercle continue de recueillir des adhésions sympathiques 
dans toutes les classes de la société. Malheureusement la crise 
intense que nous traversons et qui pèse particulièrement sur la 
bourgeoisie et sur les travailleurs en général, semble avoir 
provoqué un chiffre de démissions plus grand que les années 
précédentes. Quelques-uns de nos confrères n'ont cessé de 
faire preuve de zèle et d'activité pour associer aux travaux de 
notre Cercle les hommes s'intéressant aux progrès de Thorti- 
culture, et il est juste de leur exprimer notre vive reconnais- 
sance; mais ne trouvez-vous pas, Messieurs, qu'il est bon aussi 
d'émettre l'espoir de voir cet exemple suivi par beaucoup 
d'autres ? 

Si un certain nombre de nos confrères étaient bien convaincus 
de l'utilité qu'il j a de répandre dans toutes nos provinces les 
connaissances de l'arboriculture, au mojen de l'organe de notre 
Cercle, ils uniraient leurs efforts aux nôtres et ils amèneraient 
parmi nous tous les amis d'un art à la fois utile et agréable. 

A côté des adhésions sympathiques des particuliers, le Cercle 
a continué de mériter le concours bienveillant de l'État» Je suis 
heureux de pouvoir annoncer à l'assemblée que le Gouverne^ 
ment, reconnaissant l'importance de notre institution et de nos 
travaux a bien voulu promettre d'augmenter le subside qu'il 
alloue annuellement à notre Cercle. Je suis convaincu de 
répondre aux vœux de l'assemblée en offrant au pouvoir 
l'expression publique de notre gratitude. L'encouragement qui 
nous vient de l'administration supérieure doit nous engager à 
poursuivre avec ardeur l'œuvre de notre Cercle et à étendre 
encore son influence par des moyens nouveaux. 

Dans ce but, votre Conseil s'est spécialement préoccupé de 
la réalisation de certains projets qu'il a étudiés et qu'il compte 



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— 39 — 

mettre à exécution. D'après le premier projet, notre Cercle, 
qui s'est intéressé depuis des années déjà à Pavancement de 
la culture maraîchère, distribuerait à ses membres des graines 
de plantes potagères d'un mérite reconnu. Ainsi serait conti- 
nuée une mesure que le Gouvernement lui-même accomplis- 
sait il y a un quart de siècle et qui, à cette époque, a donné 
lieu à des résultats très appréciables. Grâce à cette distribu- 
tion, on appellera Tattention du cultivateur sur des cultures 
améliorées et des variétés dont il ignore souvent Texistence. 

Un deuxième projet se rattacherait au précédent. Le Cercle 
allouerait des encouragements aux Sociétés locales qui appel- 
leront à leurs expositions les variétés fruitières et potagères 
répandues par Tintermédiaire de notre association. Cette 
mesure, il j a lieu de le croire, aurait Theureuse conséquence 
de faire connaître par voie de comparaison le mérite réel des 
plantes recommandées. 

Enân vous connaissez, Messieurs, le troisième projet qui est 
à Tordre du jour de cette assemblée nnême, celui du concours que 
le Cercle désire ouvrir entre les jardins fruitiers et les vergers 
de la Belgique. L'exécution de ces divers projets aurait, on peut 
en être convaincu, une influence durable sur la propagation des 
meilleurs procédés de culture et sur l'admission des bonnes 
variétés. Le jury qui aura à apprécier les cultures ne pourra 
pas se borner à une simple inspection ; dans bien des cas, il fera 
ce que firent les juges du Concours de vergers des Flandres et 
ceux du Concours des jardins d'instituteurs de la province de 
Namur : il distribuera en maintes circonstances de sages avis 
et d'utiles conseils ; et comme conséquence finale de ces efforts, 
notre institution elle-même recueillera un nouvel accroissement 
de sympathie. 

Celle-ci va du reste grandissant; nous en avons eu une preuve 
nouvelle lors de la grande Exposition quinquennale du Casino 
en 1878. Le 3 avril de. cette année, en effet, comptera parmi nos 
journées mémorables. Le Comité rédacteur des Bulletins uni 
à celui de la Revue de V HorticfuUure belge avait convié à un 



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- 40 — 

banquet fraternel les nombreux représentants des publications 
horticoles périodiques, accourus à Gand pour assister à nos 
floralies. Les principaux organes de la presse horticole nationale 
et étrangère nous envoyèrent leurs délégués : FAUemagne^ 
TAngleterre, la France, la Hollande et même la Russie se 
joignirent à nous en un pacifique concert et nous exprimèrent 
les sentiments de la plus franche et de la plus cordiale 
sympathie. Ce sentiment de confraternité a sans doute inspiré la 
presse quand elle a exprimé ses regrets de Tabsence de notre 
Cercle à Paris. Nous partageons ce regret concernant la non 
participation de notre Société à TExposition universelle, car 
nous savons ce que le Cercle aurait pu faire s'il s'était mis 
à Tœuvre. Notre contingent à TExposition de Vienne, notre 
Exposition organisée au Casino en 1875 et qui n'a pas encore 
eu son égale jusqu'aujourd'hui, étaient là pour offrir la garantie 
de nouveaux succès. Mais votre Comité a dû se conformer à 
la décision prise par l'Assemblée générale de 1878 et n'ayant 
pu obtenir l'assurance du concours éventuel de l'État, il 
s'est arrêté à la sage mesure de s'abstenir et de laisser 
à d'autres le soin de représenter la pomologie belge à Paris. 
Il m'est agréable de relater que le Cercle d'Arboriculture de 
Liège, une émanation du nôtre, et la Société centrale d'Ar- 
boriculture du Brabant, aidés par le Gouvernement, se sont 
dignement acquittés de leur mission. 

Cette abstention de notre part a eu d'ailleurs un résultat qui 
est de nature à adoucir nos regrets, celui d'avoir permis de 
réduire d'une façon notable le déficit signalé dans mes rapports 
antérieurs. Si le Cercle n'a pu coopérer à des œuvres qui eussent 
compromis ses finances, par contre chaque fois que sa participa- 
tion n a exigé que des dévouements personnels, elle s'est pro- 
duite spontanément partout où elle était nécessaire. Ainsi notre 
association a été représentée à la manifestation qui eut lieu à 
Bruxelles au mois de mai dernier, en l'honneur du vétéran 
des botanistes belges. Et quand Barthélémy Du Mortier, 
peu de semaines plus tard, disparut soudain de la scène où il 



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— 41 - 

avait déployé sa prodigieuse activité, notre Cercle délégua 
encore une députation à ses funérailles pour honorer la mémoire 
du pomologue, de l'auteur de la Pomone tournaisienne. Nous 
avions cru devoir également nous associer personnellement à 
ceux qui veulent lui ériger un monument dans sa ville natale. 
Seulement si, dans notre tentative, nous n'avons pas rencontré 
l'appui auquel nous sommes habitués, c^est sans doute que 
plusieurs auront cru que la manifestation qui eut lieu au Jardin 
botanique de Bruxelles pouvait suffire à glorifier sa mémoire ; 
c'est que, en outre^ quand il s'iagit d'un homme d'état, il est 
difficile de faire abstraction de Télément politique. 

L'idée d'élever un monument à la mémoire de Louis Van 
HouTTE fut bien mieux accueillie partout, parce qu'il s'agissait 
d'honorer en lui uniquement l'homme qui contribua pour une 
lai^e part au développement de l'horticulture nationale. A ce 
propos, nous pouvons faire connaître que ce monument est en 
voie d'exécution. Le modèle exposé à Bruxelles a réuni les 
suffrages de tous les connaisseurs. L'œuvre de M. De Vigne 
sera digne de la réputation de cet artiste, comme de celui dont 
on veut glorifier la mémoire. 

En somme. Messieurs, notre Cercle continue de marcher 
dans la voie que ses fondateurs lui ont assignée. Pour vous tous 
qui prenez part à ses travaux, ce doit être une vive satisfaction 
que d'applaudir à cet encourageant spectacle et de pouvoir vous 
dire que vous contribuez ensemble à conserver à notre terre sa 
fécondité et à lui assurer cette jeunesse éternelle qui lui permet 
de donner tout ce qu'elle peut produire pour le bien-être de 
notre chère patrie ! 



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— 42 — 
De la conservation des fruits. 

Il y a peu de problèmes qui aient plus attiré Fattention des 
horticulteurs que celui de la conservation de leurs récoltes. C'est 
que, en efifet, il n'est pas de produits qui augmentent autant de 
valeur dans un court espace de temps. Ainsi, des raisins qui 
se vendent 1 franc le 1/2 kilog. en octobre, se débitent cou- 
ramment à 3 francs en février, à 5 francs en mars, à 6 et 
8 francs en avril. Peut-on citer un produit dont la valeur 
progressive égale celui-là ? 

Et cependant, quand on examine les moyens si simples 
employés à Thomery et ailleurs, on ne peut que regretter qu'ils 
ne soient pas plus connus dans beaucoup de pays : on suspend 
les raisins par des crochets en fil de fer, après avoir enlevé les 
grains douteux, ou on les étend dans des tiroirs ou sur des 
planches garnies de mousse sèche, de sciure de bois, de sable 
fin,. etc. Depuis le modeste et excellent fruitier recommandé et 
décrit par Mathieu de Dombaslb dans le « Calendrier du Bon 
Cultivateur, > on a employé mille moyens de conservation : 
on a préconisé tour à tour : le sel, Talcool, la dessication, 
l'enrobage par la gélatine ou le sucre, la compression, les 
atmosphères artificielles, azote ou acide carbonique, etc. Si 
Ton veut bien se rappeler quelques lois physiques élémentaires, 
on verra que les procédés de conservation sont tous plus 
ou moins efficaces suivant qu'ils satisfont plus ou moins à ces 
lois. Elles se résument en ces quelques mots : endormir le 
fruit, le chloroformiser, arrêter ses transformations chimiques à 
un certain moment de son existence, en d'autres termes, le 
mettre dans un milieu où il soit le plus possible à l'abri des trois 
agents principaux qui activent la vie végétale ; la lumière, 
la chaleur et l'humidité, — tout est là. Inutile de rappeler ici 
les moyens si variés employés dans ce but : cueillette faite au 
moment convenable, température égaie de 4 à 6 degrés centi- 
grades, doubles murs, doubles fenêtres, obscurité, etc. Je ne 



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— 43 — 

parle ici, bien entendu, que des fruits à Fétat frais : quant aux 
conserves proprement dites, elles font Tobjet d'une industrie 
immense qui sort du cadre de cette note. 

Disons en terminant, quelques mots des modes divers d'em- 
ballage et d'expédition des fruits ; c'est Tobjet en France d'une 
industrie considérable pour les fruits et les légumes du Midi, 
expëdiés aux Halles de Paris d'où on les exporte partout. En 
général, pour mieux leur faire supporter le voyage, on cueille 
les fruits avant leur maturité, et, en somme, cela donne de 
pauvres résultats. 

Le pays où l'expédition des fruits au loin a lieu sur une 
échelle immense, est l'Amérique du Nord. C'est par centaines 
de mille que les barils de pommes sont dirigés sur l'Angleterre, 
tout simplement en pressant suffisamment le fruit pour qu'il ne 
ballotte pas et en perçant les barils de trous nombreux. C'est 
aussi le moyen reconnu le plus efficace pour envoyer les fruits 
d'Algérie à Paris. 

Quant aux variétés délicates, il est un moyen employé uni- 
versellement aux États-Unis et trop peu appliqué ici, c'est le 
froià sec dans des boites à glace ou des wagons à comparti- 
ments disposés avec des réfrigérateurs convenables. 

Le jour où nos Compagnies de chemins de fer voudront 
employer ces moyens si pratiques et si efficaces, notre Midi, 
si favorisé du ciel, pourra alimenter les marchés du Nord, 
non pas avec des primeurs sans goût et sans parfum, mais par 
de véritables fruits. Il y a là une industrie considérable et des 
débouchés sans limite à la disposition des horticulteurs in- 
telligents. 

Ch, Joly, 



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— 44 — 
Asperges forcées. 

Il existe plusieurs procédés pour obtenir des asperges durant 
ITiiver. Celui qui me réussit le mieux, consiste à établir une 
toiture au-dessus de deux planches et de faire le forçage au 
moyen d'un foyer. 

Voici comment je procède. On plante deux planches d'asperges 
à 1 m. de distance; chaque planche al m. de large et 15 m. de 
long et porte trois rangées de plants. Je plante au niveau du sol 
et emploie de préférence du plant de deux ans de la variété 
hâtive d'Argenteuil. Pour ce qui est de la plantation et de la 
préparation du sol, je renvoie le lecteur à l'opuscule de 
M. BuRVENicH, Aspersien overal en voor iedereen. Mieux les 
plants d'asperges seront soignés et meilleure sera la production. 
Dès que les plantes sont assez vigoureuses pour^tre forcées, ce 
qui a lieu d'ordinaire le troisième hiver après la plantation, on 
bêche un puits au milieu en face des deux planches, afin d'y 
établir un fourneau. J'emploie des fourneaux* en fer de fonte, 
faciles à déplacer. Entre les deux planches et suivant leur 
longueur, on creuse une tranchée dans laquelle on place . la 
cheminée de façon que non loin du fourneau elle se trouve sous 
le sol et de l'autre côté au-dessus. Là on la dresse verticalement 
à 2 m. de hauteur afin d'activer le tirage. Pour cette cheminée 
j'emploie des cylindres en terre cuite. 

Au moyen du trident on relève prudemment et quelque peu 
le sol dans les planches et on donne une bonne fumure. 
J'emploie de préférence du purin et du sel. 

Le long et suivant le bord de chaque planche, on enfonce 
une rangée de piquets, le premier à 0™50 du commencement et 
le dernier à 0"*50 du bout; ces piquets ont une hauteur de 0°»80 
à 1 mètre au-dessus du sol. Au-dessus de ceux-ci on cloue deux 
poutrelles. Du bord extérieur des planches et sur ces poutrelles 
on pose des perches à 0"*50 l'une de l'autre ; on en dépose égale- 
ment au milieu entre les deux planches en les appuyant sur les 
deux poutrelles, de façon à avoir une plate forme entre les deux 



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- 45 — 

versants de la toiture. Ceci empêche les feuilles de s'abaisser 
sous le poids de la neige. En travers des perches on attache 
quelques baguettes et on y étend une légère couche de paille en 
recouvrant le tout d'une couche de feuilles à l'épaisseur de 
0™30. Les parties antérieure et postérieure du toit ainsi que les 




Fig. 9. — Porcerie d'asperges (1). 

Longueur 15™. — Largeur 3™ 20. 

extrémités sont établies obliquement. Sur le devant on ménage 
une ouverture par où l'on puisse pénétrer pour récolter les 
asperges. Une porte en paille ferme cette ouverture. 

Dans cette bâche en feuilles, on maintient une chaleur de 12<* à 
15® centigrades et cette chaleur se conserve sans qu'il faille 
chauffer beaucoup, parce que le tout est bien fermé. 

Les asperges n'étant pas exposées à la lumière, on les laisse 
pousser au dessus du sol et on les cueille à la main. Le plus 
souvent on récolte les premiers turions après trois semaines de 
chauffage; la récolte dure communément deux mois. Après ce 
temps, on enlève la toiture . Les feuilles peuvent encore être 
utilisées pour établir des couches de dernière saison, de melons, 
haricots, etc., ou pour préparer du terreau de feuilles. La boi- 



(I) A et B, les deux planches d'asperges. C, le sentier actuellement 
couvert en plateforme avec porte en paille au midi. 



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~ 46 — 

série, le fourneau et les cylindres en terre sont remisés jusqu'à 
l'hiver suivant ; on donne de nouveau une bonne fumure aux 
planches et on a soin de les tenir propres de toute mauvaise 
herbe durant l'été. 

Il est préférable de ne chauffer les mêmes plantes que tous les 
deux ans; cependant j'ai forcé les mêmes planches trois années 
de suite avec un égal succès. Je commence à chauffer vers le 
10 décembre pour une première saison ; je chauffe une deuxième 
série vers le milieu de février et je produis de la sorte, depuis les 
premiers jours de janvier jusqu'à la fin d'avril, de 6 à Tkilog. 
d'asperges par semaine. 

Les asperges obtenues de cette manière sont aussi grosses qu'à 
la saison ordinaire; j'en ai obtenu beaucoup ayant 0™12 de 
circonférence. Les plantes étant soustraites aux intempéries, la 
pousse est plus rapide et les asperges sont tendres jusqu'au 
bout. 

Une fois le forçage en activité, si le froid n'est pas trop 
rigoureux, j'entretiens le feu du matin jusqu'à midi seulement. 

Lorsque les planches sont bien entretenues, elles peuvent 
être soumises pendant longtemps au forçage. Beaucoup de jardi- 
niers des environs d'Anvers appliquent ce procédé et le trou- 
vent le plus avantageux. A, Stappaerts. 



Vraies et fausses merveilles. 

Il n'y a pas longtemps, en jetant un coup d'œil sur une 
publication horticole hebdomadaire éditée en Néerlande, nous 
fûmes étonné de voir signalée, au milieu des merveilles de la 
nature, une plante dont le seul nom est déjà une dérision. 
Ce journal annonçait comme une vérité scientifique ce qui 
n'a jamais pu être qu'une mystification. La nature, la nature 
végétale surtout, renferme assez de choses merveilleuses pour 
qu'il soit inutile de faire passer pour vrais des phénomènes 
que le moindre examen réduit à néant. Le recueil auquel il 



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_ 47 — 

est fait allusion, parle en eflfet d'une plante appelée Phytolacca 
electrica et raconte que « lorsqu'on en coupe une branche, on 
doit éprouver un choc comme d'une batterie de Rumkorff. 
Son influence se fait sentir sur la boussole à une distance de 7 à 
8 pas. La déclinaison augmente à mesure 'qu'on se rapproche, et 
si l'on place la boussole au milieu de la plante, l'aiguille décrit 
un mouvement rotatoire. > 

Hélas ! Pauvres savants, vous moquez-vous de vos lecteurs 
ou bien tenez- vous à faire preuve d'une crédule ignorance ? 

Pourquoi n'avoir pas ajouté une autre découverte non moins 
merveilleuse, annoncée avec le même bruit par les journaux 
politiques du monde entier, en novembre 1877 ? Cette fois il 
s'agissait, non pas d'une plante électrique, mais d'un arbre 
anthropophage, trouvé, disait-on, dans l'île de Madagascar. 
C5et arbre, digne rival du fameux Mancenillier, qui lui aussi 
est inconnu à Madagascar, était signalé comme pouvant saisir 
et absorber de grands animaux, tels que des singes, et même 
des hommes et des femmes, quand ils s'aventurent à esca- 
lader ses branches et à monter jusqu'à son sommet! Puis, 
après la description d'un peuple de race primitive, vivant 
dans un lieu géographiquement indéterminé, suit la descrip- 
tion pompeuse, mais nullement botanique, de l'arbre en ques- 
tion, qui est un immense Ananas, sans aucune feuille et pro- 
bablement aussi. dur que le fer! Du sommet de ce cône tronqué 
s'échappent huit feuilles qui tombent jusqu'à terre comme des 
portes et ressemblent beaucoup à l'Agave d'Amérique. Ces 
feuilles ont deux pieds d'épaisseur et ressemblent à l'écorce du 
Chêne. Le sommet du cône porte, non pas une fieur, mais une 
sorte de réceptacle destiné à recevoir un liquide clair, visqueux, 
ayant la saveur du miel et possédant au plus haut degré des 
propriétés enivrantes et soporifiques. 

Sous les rebords de ce réceptacle, se trouve une série de reje- 
tons, chevelus et verts, de 7 à 8 pieds de long et terminés en 
pointe comme une baguette aiguë .de fer. Au dessus de ces reje- 
tons six scions blancs s'élancent vers le ciel, s'agitant et se 
tordant incessamment avec une agilité merveilleuse. 



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— 48 - 

Et pour couronner ces stupéfiants détails, le correspondant 
du journal politique ajoutait le récit d'un sacrifice humain 
accompli sous ses yeux par la peuplade précitée et au moyen de 
cet arbre miraculeux. 

Que les feuilles politiques servent parfois de pareils canards 
à leurs lecteurs, cela peut paraître plus ou moins excusable : ils 
ont eu le mérite de prêter à rire ; mais qu'un organe sérieux, 
devant écrire au nom de la science même et s'adressant à des 
lecteurs désireux de s'instruire, qu'un tel recueil admette et 
répande de semblables erreurs, cela est au moins fort regrettable. 

Les lecteurs des Bulletins se rappellent sans doute que(l) 
nous les avons mis en garde contre ces nouvelles à sensation, à 
propos de la malheureuse plante dont la feuille d'Outre Moerdijk 
a parlé sérieusement. Nous le répétons, la nature est trop riche 
en faits sollicitant notre admiration, pour que nous ayons 
besoin de chercher dans un monde imaginaire des inventions 
qui ne respirent que l'insanité. Que de choses la vie d'une seule 
plante ne renferme-t-elle pas I Nous passons froidement à côté 
des faits les plus remarquables auxquels nous sommes habitués 
depuis notre enfance. La cellule qui est l'élément organique, sa 
multiplication prodigieuse, ses transformations à l'infini, la 
variété immense des organes aériens et même des organes radi- 
culaires des végétaux, la puissance de ces organes, les fleurs 
avec leurs tissus délicats et leurs enveloppes protectrices, leurs 
couleurs, leurs formes variées, leurs appendices étranges ; la fé- 
condation, la fructification ; le mouvement(2) de certains organes, 
le repos de certains autres ; tout cela est digne de fixer l'atten- 
tion de celui qui aime à étudier la nature dans ce qu'elle a de 
varié, de grand, d'éternellement beau. Ém, Rodigas, 



(1) Bulletin d^arboriculture, année 18^7, page 275. 

(2) Nous relevons encore une petite erreur contenue dans le recueil 
auquel nous avons fait allusion. D'après lui, la foliole moyenne de 
VHedysarum gyram n'aurait rien de particulier si ce n'est que le soir elle 
s'applique contre son support; cependant la pointe de cette foliole 
décrit un véritable mouvement gyratoire, tandis que les deux autres 
s'abaissent et remontent constamment avec une incroyable activité. 



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— 49 - 

SUR LE 

Concours de rédaction ouvert en 1878 

PAR 

LE CERCLE D'ARBORICULTURE 

DE BELGIQUE. 

Le Comité de rédaction des Bulletins a reçu communication 
d'une série d'articles qu'il a examinés avec soin et dont la plupart 
ontétéadmisà ia publicité. Ces articles émanent de MM. Ch. 
Baggio, E. Bordeaux, Jules Burvenich, Octave Burvknich, 
Dblrub-Schrevens, J. M. De Smet, A. Goetghebuer, A. Pot- 
TiBR, p. J. RoNSMANs, A. Stappaerts, S. Velleman et J. K. 
WiTTB. La Commission, après une appréciation approfondie, 
tenant compte de l'importance des communications, de leur éten- 
due, de leur forme et de leurs mérites divers, a décerné à 
l'unanimité une médaille de vermeil à 

MM. Octave Burvenich, de Gendbrugge; 
AuG. Stappaerts, de Dongelberg; 
Delrue-Schrevens, de Tournai ; 
Jules Burvenich, de Gendbrugge. 
lia décerné une médaille d'argent à 
MM. Ch. Baggio, de Carvin (France) ; 
J. K. WiTTB, de Leide ; 
J. M. De Smet, de Maldeghem ; 
SiLvio Velleman, de Sleidinge. 
Il a décerné une médaille de bronze à 

MM. E. Bordeaux, de Vaudreuil (Eure) France ; 
AuG. Goetghebuer, de Gand ; 
P. J. RoNSMANS, de Humbeeck ; 
Arsène Pottibr, de Ledeberg. 
Le Comité est convaincu que toutes ces décisions seront rati- 



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— 50 — 

fiées par les lecteurs des Bulletins et par les auteurs eux- 
mêmes dont, nous devons le dire, quelques-uns n'ont pas eu . 
l'intention de prendre part au concours et que le Comité a 
voulu néanmoins honorer d'une récompense. 

Le Comité voulant reconnaître également les services rendus 
à la pomologie par un des membres du Conseil, qui a publié et 
distribué gratuitement une brochure sur les Poires et les Pommes 
à préférer, travaiHl) primitivement destiné aux Bulletins mais 
trop étendu pour cette publication, a décerné à son auteur une 
médaille spéciale. Déjà notre confrère, dont nous connaissons 
tous le zèle, a été l'objet de distinctions flatteuses : la Société 
centrale d'Arboriculture de Bruxelles l'a nommé membre hono- 
raire en remplacement de B. C. Du Mortier ; le Cercle d'Arbo- 
riculture de Liège l'a nommé membre correspondant pour ser- 
vices rendus à la Pomologie nationale. M. Victor Haoe ne s'est 
pas borné d'ailleurs à distribuer sa brochure, mais il a mis à 
la disposition de nos confrères du Cercle toutes les variétés de 
sa magnifique collection, il a distribué des greffons à tous ceux 
qui lui en ont fait la demande. Ce désintéressement justifie la 
décision unanime prise par le Comité qui a décerné à M. Victor 
Hagb, une médaille d'or. 

Le Comité a jugé convenable aussi de témoigner publiquement 
sa satisfaction à un autre de ses Qollaborateurs dont les œuvres 
artistement achevées viennent saluer chaque mois, de la façon 
la plus agréable, les nombreux lecteurs de nos Bulletins. Il a 
décerné une médaille de vermeil à M. De Pannemaeker. 

Pour le Comité : 

Le Secrétaire général, 

Ém. Roiigas 



(1) Reproduit en grande partie dans le Bulletin de la Société d'Horti- 
culture de l'arrondissement de S' Orner, 1878, p. 62. 



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-- 51 - 



Etude sur la cloque du Fêcber. 

Parmi toutes les maladies qui semblent conspirer contre 
Texistence du Pêcher, sous les climats du Nord, la cloque n'est 
pas la moins redoutable, ni la moins fréquente. 

Quoiqu'il n'y ait peut-être pas un amateur d'arbres fruitiers 
qui n'ait vu ses pêchers mortellement atteints par cette affec- 
tion morbide, nous pouvons affirmer que peu de personnes con- 
naissent la cloque dans son essence. 

Traiter ce sujet terre à terre, pour répéter en concert avec 
tous ceux qui ont écrit sur cette matière, que c la cloque est 
un boursouflement de la feuille causé par les brusques change- 
ments de température, > serait faire abus de l'hospitalité que les 
Bulletins du Cercle accordent aux jeunes publicistes horticoles 
pour faire leurs premières armes. 

Les longues veillées aidant et muni de quelques excellents 
documents, nous allons communiquer une étude quelque peu 
approfondie sur cette maladie. 

La cloque se manifeste surtout au printemps, lorsque la 
végétation* entre en pleine force et qu'elle est subitement 
entravée par un grand abaissement de température; elle con^ 
tinue ses ravages jusqu'au commencement de l'été en attaquant 
non seulement les feuilles les plus jeunes, mais toutes indistinc- 
tement, même les parties les plus herbacées du bourgeon lui- 
même se tuméûent. 

Les feuilles qui en sont atteintes, prennent d'abord une 
teinte jaunâtre, s'épaississent au point de devenir charnues, 
elles se recoquillent, se boursoufflent et passent ensuite à une 
teinte rougeâtre et tombent. 

Une observation que nous avons faite maintes fois pourtant, 
c'est que la cloque sévit beaucoup plus sur les pêchers malin- 
gres que sur les individus qui présentent une végétation 
vigoureuse. Des scions d'un an rabattus courts qui partant 



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— 52 — 

émettent des jets vigoureux, resteront épargnés de ce fléau à 
côté des mêmes jeunes arbres taillés longs et dont les bourgeons 
se développent par conséquent plus maigrement. Pour celui 
qui veut en connaître un peu plus long que le premier venu, 
il sera très intéressant de suivre un travail qui a été publié 
en Angleterre sur cette maladie, par le Oardeners' Chronicle 
dont la réputation n'est plus à faire comme publication horti- 
cole à la fois scientifique, pratique et commerciale, travail 
repris ensuite par le Florist and pomoloçisô, recueil rédigé 
par M. Thomas Moorb, Técrivain si favorablement connu dans 
ce pays et sur le continent, qu'on peut dire de lui que non- 
seulement à Toeuvre on reconnaît l'ouvrier, mais qu'au nom de 
l'ouvrier on peut augurer de quelle utilité doit être son œuvre. 
M. Th. Moorb m'a mis à même, par l'intervention de mon 
père, d'offrir aux lecteurs des Bulletins une splendide gravure 
représentant l'état morbide de la feuille du Pêcher et les détails 
vus au microscope. Voici ce que dit le Florist and pomoloçist : 
a Toutes les personnes qui ont quelques notions de la 
culture du Pêcher, doivent connaître la maladie des feuilles 
appelée cloque. Cette maladie qui déforme le Pêcher n'est pas 
propre à cet arbre seul, mais encore à l'Amandier et à d'autres 
plantes de la même famille ; elle se manifeste le plus au prin- 
temps et au commencement de l'été, sous forme de grandes 
ampoules recoquillées d'une couleur brun mordoré. Un Cham- 
pignon, connu sous le nom de Ascomyces ou Taphrima d^or- 
manSy accompagne fréquemment ce renflement rougeâtre de 
la feuille, généralement à la partie inférieure, mais assez 
souvent vers le haut. Il arrive que l'on cherche en vain le 
Champignon, et en effet, à en juger par notre propre expérience, 
l'ampoule est plus générale que le Champignon que l'on prétend 
être la cause de l'enflure. Ceci conduisit M. Smee, qui a fait des 
observations importantes sur un grand nombre de Pêchers, 
à dire que les feuilles gonflées sont le résultat des piqûres d'un 
AphiSy et il prend comme point de départ que l'Aphis est tou- 
jours présent, tandis qu'on y trouve rarement le Champignon. 



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— 53 — 

Récemment on a publié une opinion, d'une source faisant autant 
autorité que cette dernière, que le gonflement est dû aux gelées 
printanières qui détruisent les tissus, et que le Champignon 
vit sur les sucs épanchés. De Bary au contraire décrit et 
figure le Champignon dans un état primordial, vivant parmi 
les cellules et émergeant à la longue pour se parfaire à Tex- 
térieur. Ceci paraît juste, et expliquerait dans une certaine 
mesure la coloration des cellules de Tampoule, qui, dans son état 
maladif, change de vert en rouge vineux. Une même décolo- 
ration se produit parmi les cellules des feuilles de Pommes de 
terre, quand elles arrivent en contact avec les spores corrosives 
du Champignon qui cause la maladie. Dernièrement nous avons 
eu une bonne occasion d'examiner ce Champignon quand il 
était dans la meilleure condition possible, et nous en donnons 
une figure, qui représente ces Champignons vus au microscope . 
Pour montrer d'emblée le Champignon, nous avons gravé une 
feuille portant une ampoule de grandeur naturelle A avec le 
Champignon en B, qui est presque invisible à l'œil nu, et ne 
peut être distingué qu'à l'aide d'une bonne loupe, sous forme 
d'une petite couche blanche. Pour bien voir ce dévastateur, il 
faut couper une tranche transversale d'une ténuité extrême. Tout 
le monde ne pourrait y parvenir, mais avec la pratique et de la 
persévérance on surmonte enfin la diflSculté. Vers CC on voit 
une de ces couches transversales très fines d'une partie non ' 
attaquée de la feuille, et DD montre une coupe analogue mais 
enlevée de l'ampoule avec le parasite en tête ; CC et DD sont 
l'épaisseur de la feuille dans une partie saine et une partie 
malade, et ceci montre la petitesse du Champignon comparé à 
l'épaisseur de la feuille. Il est inutile de commenter la section 
de la partie entamée, un coup d'œil suflSt pour se rendre compte 
que les cellules de la partie malade se sont développées en taille 
et en nombre. Si la planche était coloriée, on pourrait voir des 
cellules saines d'une couleur verdâtre et les autres d'une couleur 
rouge cramoisi. Le Champignon est évidemment une cause qui 
excite la croissance morbide tant en nombre qu'en volume des 



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- 54 — 



Fig. 10. — La cloque do Pocher. 

Â. Feuille de Pocher. 

D. BoursouOInre. 

ce. Grossissement de la feuille saine, suivant l'épais- 
seur. 
DD. Grossissement de la feuille malade. 

E. Le Champignon. 



C 



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^ 55 - 

parties constituées. L'Ascomyces appartient au même ordre que 
la grande et délicieuse Morille et les espèces diverses de Peziza, 
comprenant à peu près les plus grands Champignons connus 
tandis que TAscomyces est à peu près le plus petit et, suivant 
l'assertion de Berkeley, la plus petite forme à laquelle on 
puisse réduire les Ascom jcètes. La couche pulvérulente, agran- 
die 200 fois, est vue telle qu'en E, et consiste en une base de 
filaments, d'où sortent les divers sacs ou tèques, mêlés d'orga- 
nismes en forme de colliers, qui plus tard donnent peut-être 
une seconde forme de spores. Les vraies sporides sont contenues 
dans les thèques, 8 dans chacune, et ce réceptacle membraneux 
projette plus tard, à un certain moment d'excitation, les spores 
par la vulve supérieure. Il y a d'autres espèces d'Ascomyces ; le 
Poirier, le Noyer, et même sur le continent le Prunier en sont 
infestés : le Champignon du Prunier n'a pas été remarqué ici. 

Ce qui précède forme la matière d'un écrit de M. W. G. Smith 
dans le Gardeiiers" Chronicle, qui a publié également la 
présente gravure. Que la maladie soit ou non la cause première 
de la cloque, ou que ce soient les intempéries qui sont favo- 
rables à son dévoloppemént, il n'y a pas à douter de sa présence. 
lies feuilles affectées doivent donc être enlevées et brûlées, pour 
détruire les germes du Champignon, comme on le fait du plus 
grand ennemi de la Pomme de terre, le Peranospora infestans. 
En cas de maladie, on devrait couper les tiges aussitôt que 
les plantes peuvent s'en passer, et en cas d'attaque contagieuse, 
on la couperait aussitôt que possible et on la brûlerait immé- 
diatement, i 

On ne doit pas classer dans la même catégorie que la cloque, 
les galles et boursouflures que portent les feuilles de Chêne, de 
Saule, etc., qui ne sont rien d'autre que les nodosités produites 
par la piqûre de certains insectes qui procurent ainsi un refuge 
pour l'éclosion et les métamorphoses de leur progéniture. 

Octave Burvenich. 
Chilweli, 10 janvier 1879. 



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- 56 — 
Nécrologie. — Le Prince Henri des Pays-Bas. 

Nous désirons nous associer à nos confrères de Néerlande 
pour rendre hommage à la mémoire d'un homme illustre que 
ses compatriotes en général et les horticulteurs en particulier 
pleureront encore longtemps. 

Le 13 janvier 1879, le Prince Henri des Pats-Bas, frère 
de S. M. le Roi de Hollande et lieutenant du Roi dans le 
Luxembourg, est mort à Tâge de 59 ans. 

Ce décès n'est pas celui d'un prince ordinaire. C'est un homme 
hors ligne, qui faisait le bien pour le bien lui-même, et cela 
avec une modestie excessive, que la mort vient d'enlever inopi- 
nément à ses nombreux admirateurs. 

Chacun sait combien le Prince Henri s'occupait avec prédi- 
lection d'horticulture! combien il appréciait cet art! combien il 
le protégeait ! Ceux de nos compatriotes qui ont visité l'Expo- 
sition internationale d'horticulture d'Amsterdam, en avril 1877, 
ont été témoins de toute la sollicitude du prince. Cette colossale 
entreprise, il l'a patronnée avant, durant et après sa mise à 
exécution ; il a travaillé moralement tant qu'il a pu à sa réussite. 

Il semble que, à cette occasion, il ait voulu prouver en 
quelque sorte, aux étrangers surtout, que pratiquement aussi 
il s'intéressait à l'horticulture? En effet, il adressa aux étran- 
gers une invitation pour aller ensemble passer une journée 
à son parc de Soestdijk et y examiner ses cultures. Faute de 
temps, nous n'avions pu accepter, mais ceux qui s'y sont 
rendus ont non seulement été reçus princièrement dans toute la 
force du terme, mais ils ont pu se convaincre en même temps que 
leur hôte royal s'occupait sérieusement d'horticulture. Nous 
avions déjà visité Soestdijk antérieurement ; nous avons rendu 
compte de notre visite d'alors dans le Bulletin de 1876, p. 121. 

Tel qu'on a trouvé le l^rince Henri à Soestdijk, c'est à dire 
entièrement dévoué à l'horticulture, tel il se montra partout où 
il pouvait lui être de quelque utilité. Dans plus d'une circonstance 



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— 57 — 

nous avons été personnellement en rapport avec cet homme 
d'élite et toujours nous lui avons trouvé la même affabilité, 
le même amour pour les plantes, le même désir de faire progres- 
ser les cultures. 

Rien d'étonnant dès lors à ce que sa mort a été un deuil 
national unanime et sincère. En Belgique même on y a été 
très sensible, non seulement parce que Thorticulture y ressen- 
tira le contre coup de cette perte, mais parce que depuis long- 
temps déjà les horticulteurs belges avaient appris à apprécier 
toutes les qualités qui distinguaient l'illustre défunt. 

E. J. Van Huile. 



Trois nouvelles variétés d'Ormes. 

Les trois nouvelles variétés d'Ormes sur lesquelles je me per- 
mets d'appeler l'attention des lecteurs de nos Bulletins, sont un 
exemple frappant de la grande variabilité qui se manifeste dans 
la génération d'une plante, une fois que la fixité inhérente à 
l'espèce a été ébranlée, et de la grande variété de formes et de 
coloris que l'on peut rencontrer dans le simple semis des graines 
d'une plante, sans intervention de pollen étranger. 

Ces variétés sont issues toutes trois de la variété d'Orme 
champêtre à feuilles purpurescentes (Ulmus campestris pur- 
purea) ; mais autant elles sont distinctes entre elles, autant elles 
diffèrent de leur ascendant. Leur coloration s'est accentuée 
davantage et elles me semblent aussi en général plus vigou- 
reuses. 

Dans la première de ces variétés nouvelles, les feuilles 
rappellent celles du Bouleau. C'est pourquoi je lui ^i donné le 
nom de Ulmus camp, betulaefolia nigrescens. Cette dernière 
qualification se justifie en ce que leur couleur est plus foncée et 
plus persistante que celle de l'ancien Orme pourpre. 

VUlmus camp, corylifolia purpurea est une autre forme 
bien distincte et très remarquable. Les feuilles larges et plus 



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— 58 - 

grandes que dans la variété précédente, ont au premier aspect 
l'apparence de celle du Noisetier pourpre. On sait que les 
feuilles de l'Orme pourpre verdissent ordinairement à Tarrière 
saison. Je puis assurer qu'ici le coloris pourpre persiste jusqu'en 
automne, principalement à l'extrémité des rameaux dont la 
végétation se prolonge du reste très tard. 

Je crois devoir répéter ici une observation que j'ai faite dans 
la Revue de VhorticuUure belge à propos de deux plantes à feuil- 
lage coloré, le Mhee alpinum pumilum aureum, et le Chamaecy- 
paris Boursieri pyramidalis alba. C'est que celles de ces plantes 
dont le caractère se maintient le mieux sont celles dont l'activité 
végétative se prolonge le plus longtemps. 

Pour se montrer dans toute leur beauté, les plantes à feuillage 
coloré — je ne parle pas de celles dont la coloration ou plutôt 
la décoloration est un signe de maladie — doivent pousser avec 
vigueur et en pleine lumière, au grand soleil. 

Cette observation justifie le fait signalé maintes fois que les 
plantes à feuilles dorées laissent à désirer la première année de 
la transplantation, à moins qu'on ne leur procure un terrain très 
fertile et des arrosements fréquents en vue d'exciter la vigueur 
de la végétation. Il en est exactement de même des plantes à 
feuilles pourpres. 

Une troisième variété a été également mise au commerce dans 
ces derniers temps. C'est VUlmus camp, latifolia niçncans. Cette 
variété dont l'origine est la même que celle des deux précédentes, 
sera, je pense, la plus méritante des trois. Sa vigueur est extra- 
ordinaire. Des greffes faites au printemps sur des sujets faibles 
et nouvellement transplantés, ont poussé la même année des 
prolongements de 1"20 à l^ôO de longueur. La feuille est 
large, très étoffée et d'une teinte sombre qui fera énormément 
d'effet dans les plantations pittoresques. Ce n'est pas encore 
tout à fait le coloris franc du Hêtre noir, je le reconnais, mais 
c'est incontestablement un grand progrès sur l'ancien Orme 
à feuilles pourpres. Même les feuilles anciennes, les premières 
feuilles, deviennent plus tard d'un vert noir. 



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-- 59 — 

En somme, ces nouvelles variétés seront les bien venues dans 
tous les jardins paysagers où elles contribueront avantageuse- 
ment à augmenter la richesse des nuances dans les divers 
feuillages, but auquel leur grande vigueur les rend particulière- 
ment propre. 

Êd, Pynaert. 



Question mise au Concours en Néerlande. 

Parmi les moyens mis en œuvre pour favoriser le progrès 
de rhorticnlture se trouve la mise au concours de Tétude^ 
de la solution de telle ou telle question d'intérêt général du 
domaine de l'horticulture. Plusieurs sociétés en Belgique et 
ailleurs, ont déjà eu recours à ce moyen et le conservent dans 
leur programme. C est ainsi encore que vient d'agir la Société 
néerlandaise c voor Tuinbouw en Plantkunde, » prouvant par 
là une fois de plus qu'elle ne veut laisser échapper aucune 
occasion de remplir dignement sa mission et d'ajouter un ser- 
vice à tous ceux dont on lui est déjà redevable. 

La t Nederl. Maats. voor Tuinbouw en Plantkunde » 
demande notamment une description avec jugements nets, si 
possible basés sur des expériences personnelles, des procédés de 
greffage (enter, oculer, etc.) de plantes de diverse nature, 
avec mention, en langues néerlandaise, flamande, allemande, 
française et anglaise, des termes propres employés à ce sujet. 
On devra y ajouter l'indication des familles; genres, espèces 
et variétés principales entre lesquelles ces greffages sont pra- 
tiqués sans perdre de vue les rameaux à greffer ou greffons 
et les sujets sur lesquels on les applique, de même que l'époque 
la plus favorable pour exécuter ces greffages et autres particu- 
larités y relatives. 



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— 60 — 

Cette description devra être accompagnée de figures (origi- 
nales ou bonnes copies). La Société accordera une médaille d'or 
de la valeur de deux cents florins P. B. au travail jugé le plus 
digne de cette récompense par une commission à nommer. Les 
réponses devront être écrites proprement et très lisiblement en 
langue néerlandaise et par une autre main que celle du con- 
current. Elles devront de plus être adressées, à Amsterdam, 
avant le 1 janvier 1881, à M. le Secrétaire général et être 
accompagnées d*un billet cacheté renfermant la même devise 
que portera la réponse, plus la profession et l'adresse du con- 
current. 

Le billet cacheté de l'ouvrage couronné sera ouvert publique- 
ment à rassemblée générale de 1881 et à cette même occasion 
on détruira, sans les ouvrir, ceux relatifs aux concurrents non 
couronnés. Aux uns comme aux autres on rendra leur travail, 
seulement le lauréat s'engage, si son travail est livré à Timpres- 
sion, à en céder gratuitement 25 exemplaires à la Société. 

Nos estimables confrères néerlandais n'ignorent nullement 
l'existence de l'excellent traité écrit sur la matière par notre 
ami M. Bâltet; ils connaissent sans doute également la tra- 
duction flamande que notre collègue M. Ptnaert a publiée de 
VArt deçrefer^ sous le nom de Entkunst; mais ils savent aussi 
que beaucoup de leurs nationaux ne sont pas suffisamment 
familiarisés avec ces deux langues. Ils veulent donc une édition 
néerlandaise, quelque chose de national. Espérons que leur 
appel sera entendu. 

H.J. Van Huile. 



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— 61 — 

Conférences publiques sur la culture et la taille 
des arbres fruitiers. 

PROGRAMME 

des matières qui doivent être enseignées dans les Conférences 
publiques sur V arboriculture fruitière autorisées par le 
Gouvernement belge. 

Suite (l). 



NEUVIÈME LEÇON. 

CULTURE ET TAILLE DES VIGNES, DES GROSEILLIERS, 
DES FRAMBOISIERS» ETC. 

Multiplication des vignes. 

Variétés de raisins les plus recommandables pour la culture 
en plein air. 

Plantation des vignes. 

Formes les plus avantageuses. 

Cordon horizontal, cordon vertical simple, cordon vertical 
double, cordon bisannuel. 

Traitement des ramifications destinées à porter fruit. 

Traitement des ramifications charpentières. 

Formation des cordons horizontaux. — Formation des cordons 
verticaux. 

Traitement des cordons bisannuels. 

Restauration des vignes. 

Engrais les plus recommandables. 

Maladies. — Animaux nuisibles. — Plantes parasites. 

Culture des vignes en serre. 

Variétés les plus recommandables pour la culture sous verre. 

Culture et taille des groseilliers à grappe, cassis et épineux. 

Multiplication des groseilliers. 

(l) Voir Bull, 1878, page 240. 



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— 62 - 

Variétés à préférer. 
Culture en buisson. 

» en fuseau. 

> en espalier et en contre-espalier. 
Restauration des groseilliers. 

Maladies. — Animaux nuisibles. — Plantes parasites. 
Engrais les plus convenables . 
Culture et taille des framboisiers. 
Multiplication des framboisiers. 

Variétés remontantes ou bifères et variétés non remontantes. 
Culture en ligne. 

t en buisson. 

» en espalier. 
Maladies. — Animaux nuisibles. — Plantes parasites. 
Façons à donner au sol occupé par les framboisiers. 
Engrais les plus recommandables. 

Généralités sur la culture du Figuier, du Coignassier, du 
Mûrier, du Cornouiller, du Noisetier, du Néflier, du Noyer et 
du Châtaignier. 

DIXIÈME LEÇON. 

Nomenclature des différentes opérations qui constituent la 
taille d^été. 

Ébourgeonnement, pincement, incisions, cassement, palis- 
sage d'été, taille en vert, suppression des fruits trop nombreux, 
effeuillement, cueillette des fruits. 

Ébourgeonnement. — But de cette opération. 

Ébourgeonnement sur les rameaux de prolongement des 
pêchers, abricotiers, pruniers, cerisiers, poiriers, pommiers 
et vignes. 

Ébourgeonnement sur les ramiflcations fruitières des pêchers 
et des vignes. Pincement des bourgeons qui accompagnent le» 
fruits sur les pêchers. 

Soins généraux à donner aux arbres fruitiers pendant l'été. 



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— 63 — 

ONZIÈME LEÇON. 

Du pincement en général. — But de cette opération. — 
Pincement des bourgeons à fruits des poiriers, des pommiers, 
des pêchers, des pruniers, des abricotiers, des cerisiers, des 
groseilliers et des vignes. 

DOUZIÈME LEÇON. 

Du palissage d'été appliqué aux bourgeons de prolongement 
de toutes les essences fruitières. 

Palissage des bourgeons à fruits des pêchers et des vignes. 
Taille en vert et cassement. 

Cueillette et conservation des poires et des pommes. 
Animaux insectivores. 



Bibliographie pomologique. 

Nous avons sous les jeux la première livraison d'un nouvel 
ouvrage illustré sur la pomologie, qui vient de paraître à Berlin, 
à la librairie de Wieoandt, Hempel et Parbt. C^est une 
pomologie allemande (l), publiée, sous les auspices de TAssocia- 
tion pomologique allemande, par M.W. Lauchb, inspecteur des 
Jardins royaux, professeur à llnstitut horticole de Potsdam, etc. 

Cet ouvrage comprendra, à côté de la figure chromolithogra- 
phiée, la description et le mode de culture des variétés de fruits 
à pépins et à noyau recommandés pour la culture générale en 
Allemagne par TAssociation pomologique allemande. Les va- 
piétés qui seront décrites sont au nombre de 200. 



(I ) Voici le titre complet de cet ouvrage : 

Deutsche Pomologie, Chromologische Abbitdung, Beschreibung und Kul- 
tur, Anweisung der empfehlensten Sorten Âepfel, Bimen, Kirschen, 
P/iaumen, Abrikosen^ Pfirsichen und Weinûrauben, Berlin, 1879. Verlag 
▼on Wiegandt, Hempel und Parey (Paul Pabey). 



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— 64 — 

Ce sont : 1** 50 variétés de pommes. 
2** 50 » • poires. 

S"" 25 » » cerises, bigarreaux, griottes» etc. 
4" 25 I » prunes. 
5** 25 » » pêches, nectarines et brugnons. 
6^ 10 I » abricots. 
7^ 15 » » raisins. 
L'ouvrage est publié par livraisons mensuelles contenant 
4 planches avec le texte correspondant, au prix de 2 mark = 
fr. 2 50. 

L'ouvrage sera terminé eu quatre années. 
Nous nous garderons d'émettre dès à présent un avis sur 
cette nouvelle publication. Ce que nous pouvons en dire, c'est que 
les modèles des fruits ont été admirablement rendus par la 
chromolithographie et que la partie typographique de l'œuvre est 
à la hauteur de la partie artistique. Si elle se termine dans les 
conditions où elle est commencée, et nous souhaitons sincè- 
rement qu'il en soit ainsi, ce sera non seulement un ouvrage 
utile, mais un véritable ouvrage de luxe. 

Éi. P. 



Monument Van Houtte. 

A la suite d'une démarche faite par le Comité auprès de M. le 
Ministre de l'Intérieur^ celui-ci a fait connaître que c en consi- 
dération du mérite exceptionnel du monument dont M. P. De 
ViGNB a préparé le modèle et qui est destiné à honorer la mé- 
moire de feu Van Houtte, l'État contribuera jusqu'à concur- 
rence d'une somme de 8,000 francs aux frais auxquels l'exécu- 
tion de cette œuvre d'art doit donner lieu. » 

Cette nouvelle est de nature à satisfaire les nombreux sous- 
cripteurs. 

Le monument pourra être inauguré cette année ; il sera digne 
de l'horticulteur distingué dont il rappellera le souvenir. 

Ze Cfmiti. 



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[ 



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— 65 



Poires japonaises. 

Nous représentons dans cette livraison les deux tjpes les plus 
intéressants d'une race de poires toute nouvelle, différant en 
beaucoup de points des variétés connues en Europe. Les poires 
japonaises doivent, selon toute apparence, appartenir aune souche 
autre que notre Poirier franc ^Pyrus communis), si Ton tient 
compte de leur mode de croissance et du degré de rusticité des 
arbres, ainsi que de la consistance et de la saveur toutes par* 
ticulières du fruit. 

Nous avons été à même de juger des principaux caractères 
des poires japonaises, dont nous donnons le portrait, parce que 
nous les avons multipliées dans nos pépinières, où elles n'ont 
toutefois pas encore fructifié. Les poires qui ont servi de modèle 
proviennent des arbres originaux introduits du pays natal et 
ont été récoltées au jardin de von Siebold à Leide. 

Ces arbres sont très vigoureux et ont des feuilles très amples, 
très longues et repliées en gouttière, munies d'un abondant 
duvet sojeux à la page inférieure du limbe. 

Les yeux sont allongés, d'un aspect particulier, tenant un peu 
de ceux du Sorbier des oiseleurs. 

Le bois est brun clair, piqueté de lenticelles serrées, très 
grandes et allongées. 

Le fruU de la variété Madame von Siebold est arrondi, à 
épicarpe brun fauve à reflet cuivré; le pédoncule est allongé, 
l'œil peu enfoncé. La chair est un peu vitreuse, tassée, à con- 
sistance de la succade. Jaunâtre comme dans les Poires Fortunée 
et Doyenné GoubauU; la saveur de la chair est très bonne, 
aigre-douce avec cet arôme particulier du fruit de Coignassier 
et du Choenomeles japomca. Le fruit n'est pas bon crû, mais il 
doit être excellent en compote, comme nous l'assure M. Ber- 
trand, un des élèves néerlandais de notre École d'Horticulture, 
qui a été employé à l'établissement d'introduction de von 

SiBBOLP. 

6 



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— 66 — 

La variété Siéboldi a une forme allongée et se conserve un 
peu plus longtemps que la première (jusqu'en décembre), mais 
elle partage tous les autres caractères de la variété que nous 
avons décrite. 

Sans rien vouloir réduire du mérite de von Siebold, nous 
ferons remarquer toutefois que, grâce à l'enthousiasme fiévreux 
dont ce célèbre voyageur était animé pour toutes ses trouvailles 
dans le champ de la riche flore japonaise, ces poires ont été 
beaucoup surfaites dans leur réputation. 

On peut en juger par )a notice de Ph. Fr. von Siebold, que 
MM. Simon Louis frères, pépiniéristes à Metz, ont reproduite 
dans leur excellent catalogue descriptif des fruits, et que nous 
mettons sous les yeux de nos lecteurs. 

« M. Ph. Fr. von Siebold, le célèbre introducteur de plantes 
dtt Japon, a rencontré dans ses voyages en ce pays, plusieurs 
variétés de Poirier appartenant à une espèce entièrement distincte 
de celles auxquelles se rattachent nos variétés fruitières. Elles 
diffèrent aussi beaucoup des variétés chinoises mentionnées 
ci-contre. Les arbres paraissent être beaucoup plus vigoureux 
et plus robustes; leurs feuilles sont énormes. Les fruits, dit 
M. VON Siebold, sont très gros, d'une forme particulière, et à 
pédoncules très longs ; ils seront précieux pour les usages culi- 
naires, par la douceur extraordinaire, la succulence de leur 
chair, qui est remarquablement sucrée. 

« M. VON Siebold ajoute : « Les envoyés de l'ancienne Com- 
pagnie Néerlandaise n'ont cessé d'admirer dans leurs voyages à 
la cour de Jeddo, les grandes poires exposées dans les magasins 
de fruits et parfaitement encore conservées au mois de juillet. 
Cette espèce qui est originaire de la Chine d'où elle fut importée 
au Japon, dans des temps reculés, supportera aussi bien le 
climat de l'Europe centrale que celui des tropiques. 

« Nous nous sommes procuré les quatre variétés suivantes que 
nous avons la satisfaction de pouvoir offrir à ceux de nos clients 
amateurs de curiosités rares » 

Notre avis est que les quatre variétés de poires japonaises 



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— 67 — 

Daïmyo^ Madame von Siebold, Mikado et Sieboldiy pourraient 
devenir des souches mères pour obtenir par le croisement avec 
nos variétés, des fruits d'un mérite particulier. 

Pour ce qui concerne les poires en elles-mêmes, auxquelles 
nous donnons la publicité pour leur valeur au point de vue 
scientifique, nous persistons à croire qu'elles n'auront pas grand 
succès. 

Quant aux variétés à fruit énorme que c les envoyés de Tan- 
cienne Compagnie Néerlandaise » n'ont cessé d'admirer, nous 
sommes porté à croire qu'elles auront le sort du Radis du Japon 
pour lequel il fallait deux ânes pour en porter un au marché.... 
et du Raisin bleu de ciel également du Japon,... et qu'elles seront 
restées sous la Tour de Jeddo. Fr. Burvenich, 



CERCLE D'ARBORICULTURE DE BELGIQUE. 



Assemblée générale 

TENUE LE 19 JANVIER 1879, 

au Jardin botanique de P Université de Qand. 

La séance est ouverte à midi. 

Prennent place au bureau : MM. H. J. Van Hulle, vice-pré- 
sident ff. de président ; Ém. Rodigas, secrétaire général ; 
J. M. De Smet, Ch. De Vis, Victor Hage, Éd. Pynaert, 
membres du Comité. 

Des membres des diverses sections assistent à la réunion. 

M. LE Président regrette que l'assistance soit moins nom- 
breuse que précédemment et remercie les membres présents, 
dont quelques-uns sont venus d'autres provinces, d'avoir 
répondu à l'invitation du Bureau. 



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1" Rapport du Secrétaire Général. 

M. LE Secrétaire Général fait rapport sur la situation et les 
travaux du Cercle en 1878. 

Ce rapport est approuvé (voir ci-dessus p. 34). 

2" Reddition des comptes. 

M Le Secrétaire Général, en l'absence du Trésorier, 
donne lecture des comptes de l'exercice 1878, tels qu'ils ont 
été approuvés par le Conseil. 

Voici le libellé de ces comptes. 

Comptes de 1878. 



Passif. 

1. Déficit au 31 décembre 1877 ..... fr. 643 20 

2. Frais d'encaissement, etc » 100 » 

3. Secrétariat » 800 » 

4. Médailles du concours de rédaction pour 1878 » 170 » 

5. Fédération et imprimés » 119 75 

Fr.~l7832 95 
Actif. 

1. Subside de l'État pour 1878. . . fr. 500 » 

2. Redevance des éditeurs des Bulle- 

tins sur 946 quittances perçues . » 946 » 1,446 » 
Déficit au 31 décembre 1878 . ~7^ . fr. 386 95 

M. le Secrétaire Général insiste sur la diminution du 
déficit; il rappelle que les pièces comptables et les livres sont 
déposés à l'inspection des membres et il fait connaître que les 
démarches faites auprès de M. le Ministre de l'Intérieur, à l'effet 
d'obtenir une augmentation de subside, auront très probablement 
un bon résultat. 



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— 69 — 

— L'approbation des comptes de 1878 est ratifiée par l'as- 
semblée. 

M. LB Secrétaire fait connaître ensuite les chiffres du budget 
proposés pour l'année 1879. 

Les dépenses présumées s'élèveront à . . fr. 2136 95 
Les recettes » » »... » 1960 » 

Il resterait donc encore un déficit de 176 95 

— L'Assemblée adopte les chiffres de ce budget. 

30 Projet de concours de jardins fruitiers, 

M. Pynaert explique le projet de ce concours qui pourra 
avoir une grande importance. Bien que les membres du Jury ne 
doivent s'attendre à aucune indemnité et que les frais de 
déplacement seuls seront pajés, néanmoins ces frais seront 
considérables, puisque le concours doit s'étendre à toutes les 
provinces de notre pays. Après avoir étudié les concours 
analogues qui ont eu lieu dans les deux Flandres et dans 
la province de Naraur, la commission provisoire a fait une 
démarche auprès de M le Ministre de l'Intérieur qui s'est montré 
extrêmement sympathique à notre projet etqui nous a engagés à 
préparer notre programme. L'avant projet de celui-ci a déjà été 
publié dans le Bulletin. Depuis lors, nous avons cru ne pas 
devoir nous restreindre aux jardins seuls; il sera utile d'y asso- 
cier les vergers. Et pour que ce concours ait un résultat plus 
efficace, il faudra le diviser et même le subdiviser d» manière à 
pouvoir récompenser les concurrents en raison de leur mérite. 

M. Van Hulle est d'avis que les vergers devraient être admis 
au concours. 

M. Hage appuie cette proposition et dit que notre Cercle doit 
pousser de toutes ses forces à l'avancement de la production 
fruitière. 

L'Assemblée décide que les vergers prendront part au con- 
cours. 

M. Pynaert propose de diviser les vergers en trois catégo- 
ries, d'après leur étendue. Cette proposition est approuvée. 



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- 70 — 

M. Van Hulle estime qu'il y aurait lieu d'établir des divi- 
sions par provinces. 

M. Pynaert ne partage pas cette opinion. D'après lui, tout 
dépend de l'appréciation du Jury qui, se conformant aux 
instructions du programme détaillé, pourra parfaitement tenir 
compte de toutes les conditions spéciales du terrain, de sa 
situation, etc. 

M* RoDiGAS appelle l'attention de l'Assemblée sur l'impor- 
tance de la participation des instituteurs qui ont presque tous 
des jardins. 

M. Van Hulle recommande de ne pas établir trop de sections 
de concurrents, afin d'éviter les trop grandes dépenses. 

— L'Assemblée, après un échange d'observations sur divers 
points du programme, laisse au Comité central le soin d'élaborer 
complètement celui-ci. 

4^ Projets â^ excursion, 

M. Van Hulle expose que le Comité présente deux projets 
d'excursion, sans vouloir préjuger ceux que l'Assemblée pour- 
rait présenter. Le Comité propose une visite aux cultures de 
Hollande, notamment de Boskoop et du Westland, ou bien une 
visite aux cultures de M. Warocqué, à Mariemont. 

Plusieurs membres appuient le premier projet. 

M. J. K. WiTTE explique que les cultures de Boskoop et du 
Westland pourraient être fort bien visitées en deux jours. Il ne 
craint pas d'aflSrmer que les Néerlandais seront très heureux de 
recevoir les membres du Cercle d'Arboriculture de Belgique et il 
fait connaître qu'une Société de Hollande se propose également 
de faire une excursion à Gand. 

M. Pynaert remercie M. Witte de ses bonnes paroles et il 
espère bien qu'à l'occasion de la visite des Néerlandais à Gand, 
le Cercle tiendra une séance extraordinaire. 

— L'Assemblée consultée décide à l'unanimité que le Cercle 
fera une excursion aux cultures de Boskoop et du Westland. 



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— 71 ^ 

5** Pawt'il élaguer les grands arbres qu'on transplante, 

M. J. M. De Smbt comprend combien il est difficile d^aborder 
une question dans laquelle on voit en présence une pratique et une 
théorie entièrement contraires. N'en est-il pas de même de la 
question de la sève, laquelle, on le sait aujourd'hui, ne circule 
pas? En outre, il lui semble que la question aurait pu être mieux 
posée. On est obligé d'élaguer les grands arbres à cause de leur 
volume même. Il convient également d'être fixé d'abord sur 
l'essence des arbres qu'on transplante. S'agit-il d'arbres fores- 
tiers, il faut les émonder, attendu que, ne pouvant être tuteurés, 
ils périraient par suite de l'ébranlement que les vents leur 
causeraient. S'agit-il au contraire d'arbres de valeur, du jardin 
fruitier ou du jardin d'agrément, il ne faut pas les élaguer lors 
de leur transplantation. En effet, le végétal n'est qu'une agglo- 
mération de cellules, ayant chacune sa vie propre et douées 
loutes de puissance créatrice : elles agissent là où le besoin de 
leur action se fait sentir. Elles concourent immédiatement à la 
formation des racines. Il ne faut donc pas enlever de branches, 
véritables magasins. de forces végétatives. 

A cette règle générale il y a des exceptions : on peut tailler, 
lops de la plantation, les poiriers greffés sur coignassier, et les 
pommiers greffés sur doucin, s'ils sont plantés dans de bonnes 
conditions et dans un bon sol, parce qu'ils y forment des racines 
adventices. On ^oîï tailler, lors de leur plantation, les vignes et 
les pêchers, parce qu'ils ne donnent les premières du fruit et 
les seconds des bifurcations que sur du bois de Tannée précé- 
dente. 

Enfin lorsque les arbres se trouvent dans une position pré- 
caire, il ne faut pas toucher à leur tête. 

M. RoDiGÂS appuie la théorie émise par M. De Smet. On doit 
en toute circonstance éviter de jeter le trouble dans les fonctions 
vitales de la plante. 

M. Van Hullb ne partage pas l'avis de M. De Smet. Il ré- 
pond affirmativement à la question ; le tout, dit-il, est d'élaguer 



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- 72 ^ 

convenab'ement. Presque toujours on est obligé d'écourter les 
branches. S'il ne s*agit que d'une transplantation d'un endroit 
du jardin à l'autre, si l'on peut soigner le transport, étançonner 
l'arbre transporté, alors je donne le conseil de tailler le nK)ins 
possible. Je suis d'avis que la question ne peut être résolue dans 
un sens absolu. Ainsi j'ai transplanté au Jardin botanique un 
grand Tilleul argenté ; j'ai été obligé de l'émonder au point de 
lui donner Taspect d'un porte manteau; eh bien, je déclare qu'il 
serait mort s'il n'avait subi ces mutilations, tandis qu'aujour- 
d'hui il a parfaitement repris. 

M. Struelens demande si M. Van Hulle applique la même 
règle aux arbres fruitiers et aux arbres d'ornement. 

M, Van Hulle n^établit de distinction que pour les arbres à 
bois dur et ceux à bois mou. Ces derniers peuvent être taillés 
impunément. 

M. Pynaert remercie M. De Smet d'avoir traité la question 
selon l'importance qui lui revient. M. Van Hulle a parlé en 
praticien. Je suis de Tavis, dit-il de l'un et de l'autre. 

Voulez-vous conserver les branches? En ce cas, il faut trans- 
planter avec tous les soins possibles et tenir compte du vent, 
c'est à dire garantir les arbres contre le ballottement^ sinon les 
radicelles cassent à mesure qu'elles se produisent. Voilà pour- 
quoi il faut parfois diminuer les couronnes, afin de donner 
moins de prise au vent. Je me rappelle avoir vu transplanter 
il y a une vingtaine d'années, dans un nouveau jardin près de 
Gand, une série de Cèdres du Liban; pour cette opération, on 
les avait transformés en véritables perches. Ces arbres étaient 
très laids dans le principe, mais aujourd'hui ils sont magnifiques. 

Je pense donc que M. De Smet a raison en théorie, mais cela 
ne m'empêchera pas d'élaguer complètement certains arbres 
comme le Peuplier, par exemple. Si vous ne l'élaguez pas, il 
boudera; si vous l'élaguez au contraire^ il repoussera avec 
vigueur. 

M. Pynaert cite l'exemple d'un Frêne pleureur transplanté 
avec toutes ses branches et demeuré dans le même état pendant 



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^ TS — 

deux ou trois ans. C'est à peine si, à l'extrémité de ses rameaux, 
se développaient tous les ans quelques feuilles. Il Ta fait émonder 
complètement ; Tarbre a immédiatement repoussé avec vigueur. 

En règle générale, il convient de conserver aux arbres autant 
de branches que possible. 

M. Van Hullb. — On craint d'éliminer une branche parce 
que, dit-on, on enlève en même temps les feuilles. Je soutiens 
que si Ton ne taille pas, ces feuilles ont à peine le dixième du 
développement qu'elles acquièrent sur un arbre élagué. Or, ne 
peut-on pas se demander si dix feuilles bien développées ne font 
pas autant que cent feuilles qui boudent. 

M. De Smet regrette que l'heure avancée ne lui permette pas 
de relever les objections qu'on lui a faites. Ces objections, 
dit-il, ne lui paraissent pas de nature à infirmer sa thèse. Il a 
reconnu que, dans certains cas, Télagage est indispensable, mais 
il maintient qu'en règle générale il ne faut pas tailler. Le fait 
cité par M. Van Hulle, du grand Tilleul du Jardin botanique 
a été provoqué par 1^ nature même du sol de ce jardin, Un tel 
terrain, très sec en été, n'aurait pu fournir à ce grand arbre 
l'eau cTévaparatim nécessaire sans laquelle les cellules non 
seulement ne peuvent entrer en action, mais ne peuvent pas 
même continuer de vivre. 

Quant aux Cèdres du Liban, réduits à de simples perches, 
comme Ta dit M. Ptnaert, s'ils ont daigné reprendre, ils ont été 
également pendant quinze ans un véritable scandale. D'ailleurs 
n'est^il pas universellement reconnu qu'on ne peut pas toucher 
aux branches. des Conifères lor^ de leur ti^psplantatiou ? N'ept-il 
pas reconnu qu'on agit fructueusement en ^e les t|ra,n$plantant 
que lorsqu'ils commenoent à faire des pousses nouvelles ? 

6° Communications diverses. 

M. RoDiOAS fait connaître que la Société libre d'Émulation, 
une des sociétés les plus actives et les plus importantes de 
Liège, célébrera le 29 avril prochain, le 100'*'"® anniversaire 

7 



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- 74 - 

de sa fondation. A cette occasion, le Comité d*agricalture et 
d'économie rarale de cette Société organise, de concert avec la 
Société agricole de TËst de la Belgique, un congrès agricole 
national. 

Le Comité nous a fait parvenir le règlement général et le 
programme de ce Congrès, lequel renferme une série de ques- 
tions d'économie rurale et de pomologie dont plusieurs ont déjà 
fait l'objet de discussions et d'études sérieuses au sein de notre 
Cercle; telles sont les suivantes : 

1^ Quels sont les meilleurs procédés d'élagage et d'échenillage ? 
2^ De l'enseignement forestier en Belgique. 
3^ Quel est le mode de culture des arbres fruitiers dans nos 
vergers qui nuit le moins au produit et au rendement des 
herbages? 
4? Quelles sont, parmi les variétés d'arbres fruitiers, celles qui 
peuvent être cultivées avec bénéfices en verger : a, comme 
fruits de table, b, comme fruits d'exportation, c, comme 
fruits servant à la fabrication du sirop ou à d'autres fabri- 
cations? 
5^ De la plantation des routes au moyen d'arbres fruitiers. 
6® Organisation de l'enseignement agricole à tous ses degrés. 

Voilà certes des questions dont l'Assemblée comprend toute 
l'importance. 

En même temps le Bureau de la Société libre d'Émulation 
nous a fait l'honneur de convier notre Cercle à se faire repré- 
senter officiellement au Congrès. Je demande à l'assemblée s'il 
lui convient d'j déléguer les membres du Comité central. 

— Assentiment unanime. 

M. Pynaert. — Je propose, en outre, qu^une adresse de 
félicitations soit envoyée par le Cercle à la Société libre d'Ému- 
lation de Liège. 

— Assentiment unanime. 

M. RoDiGAS distribue à l'assemblée des exemplaires du pro- 
spectus de la Pomoloçie générale d'AhPB, Mas. 11 rappelle que 
cette œuvre sera publiée par les soins de la digne veuve du 



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— 75 — 

célèbre pomologue et il engage les membres présents à recom- 
mander à leurs amis cette utile publication. 

Sur la proposition du Bureau, TAssemblée décide que le 
Cercle souscrit pour la Bibliothèque à cette publication, à titre 
d'hommage rendu à la mémoire de Tancien président de la 
Société pomologique de France. 

T*" Remise des médailles aux lauréats du concours de rédaction 
en 1878. 

M. LE Secrétaire Général donne lecture du rapport du jury 
de ce concours (voir ci-dessus, p. 49) et proclame les noms des 
lauréats. La plupart de ceux-ci viennent recevoir, aux applau- 
dissements de TAssemblée, les médailles qui leur ont été décer- 



8* Renouvellement d'un tiers du Conseil ^administration. 

Les membres sortants sont réélus aux acclamations de TAs- 
semblée. Ce sont : MM. le comte Charles de Eerghovb de 
DsNTBROHBM, président du Cercle; Fr. Burvenich, trésorier; 
Fr. Grépin, J. De Poorter et En. Ptnaert. 

La séance est levée à 2 heures. 

Le Secrétaire Général, Le Vice-PréBident, 

Ém. Bodiças. H. J. Van Huile. 



H. J. N. Hordebise, bien connu des membres de notre Cercle, 
depuis la visite faite par notre Société aux belles cultures du 
Val Benoît, vient d'ouvrir un établissement horticole, à Liège, 
avec commerce de graines et autres spécialités. Les connais- 
sances pratiques très étendues de notre confrère inspireront 
toute confiance et sont garantes de son succès. 



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— 76 -- 
Nouveau système de palmettes. 

Je viens proposer un noureau système de palmettes. Est-il 
vraiment nouveau ? Je n'en sais rien : Je ne l'ai rencontré dans 
aucun des nombreux traités d'arboriculture que j'ai lus. Est-il 
réellement bon ? Je n'en sais guère davantage» ne Tajantpas 
encore suffisamment essaye, mais les remarques qui vont suivre 
prouveront au moins qu'il est rationel. 

Quand on ététe (fig. 11) à quelques décimètres au-dessus de 
terre, la tige d'un jeune arbre sur trois yeux, deux inférieurs de 





Pig. 11. — JeanepIftDt 
à rabattre. 



Fig. 12. — Arhro obtenu par la tailie ordinaire 
du scioo. 



côté et un œil supérieur sur le devant, aux fins d'obtenir deux 
rameaux latéraux et un prolongement, il arrive, neuf l^ois ^r 
dix, que celui-ci s'emporte (fig. 12) aux dépens des deux autres. 
Il n*en peut être autrement. Plus on taille court, plus les yeux 
se développent d'une manière anormale : leur Végétation est 
d'autant plus énergique qu'ails occupent une position plus élevée 



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— 77 — 

les uns p^ rapport aux autres. Ou sait en outre que la plupart 
des arbres fruitiers répugnent aux formes naines : ils ont une 




Fig. is. — Paltnelle tioavelle À trois braucU«i». 

tendance naturelle à se former préalablement un tronc de deux 




Fig. H. — NoDTelle palmetle eaudélabre. 

à trois mètres avant de se créer une tête. Voyez combien est 



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— 78 — 

facile la formation de jeunes arbres pour le verger. Voilà pour- 
quoi, en contrecarrant cette tendance, on éprouve tant de peine 
à établir et à maintenir dans la suite les membres inférieurs des 
palmettes naines. On tâche d*j parvenir en taillant relativement 
courts les membres supérieurs, en pinçant et en repinçant le 
prolongement pendant Tété ; on se voit même quelquefois 
réduit, pour s'opposer à l'appauvrissement des membres infé- 
rieurs, à retarder d*un an rétablissement d*un nouvel étage. 

Eh bien, puisqu'il en est ainsi, pourquoi ne pas prendre le 
prolongement au-dessous de chaque paire de branches latérales 
(fig. 13) ? Il se maintiendrait d'autant plus faible vis à vis d'elles, 
qu'il serait placé plus bas, en A, B, C (fig. 14), sur Taxe qui 
les porte. 

Cette méthode peut s'appliquer à la formation des palmettes 
simples, doubles et en candélabre, comme aux arbres fruitiers à 
pépins et à noyaux. J. M. De Smet. 



Beurré Henri Couroelle. 

J'ai hésité quelque peu à recommander le Beurré Henri CùuT' 
eelhy à cause de sa dimension vraiment exiguë pour un fruit de 
collection. Le nombre des variétés de mérite réel, comme 
qualité de la chair, et possédant en même temps un volume 
tout au moins suffisant et un aspect agréable, est assez grand 
aujourd'hui pour qu'il soit utile d'augmenter encore le cata- 
logue des fruits recommandables pour notre pays. 

Mais le Beurré Henri Courcelle présente un mérite excep- 
tionnel. C*est pourquoi j'ai cru devoir me départir de la 
réserve dans laquelle je me suis tenu vis à vis de ce fruit 
depuis 1875. Il y a en effet trois ans que je connais ce gain de 
M. A. Sânnier, de Rouen, et que celui-ci a mis dans le com- 
merce en 1874. Le Bulletin a déjà fait mention de ce fruit (1) 

(1) Bulletin, 1975, p. 114 et 115. 



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— 79 — 

en 1875. «récrivis à cette époque (c^était au mois de février), 
après une première dégustation : 

c ... C'est un fruit délicieux. La chair est d'une finesse 
extrême, beurrée et fondante, sans la moindre trace de granu- 
lation au centre. Elle est abondamment juteuse^ très sucrée, 
légèrement et très agréablement acidulée, avec un arôme tout 
particulier.... » 

Et j'ajoutai plus loin : 

< .... Cette variété (la BergamotU Arsène Sannier, autre 
variété d'un certain mérite et à laquelle l'obtenteuv a donné son 
propre nom) et le Beurré ffenri Cotircelle rappellent un peu la 
BergamoUe Beperen dont ils sont issus tous les deux. Je n'hésite 
pas à dire après une première dégustation que le Beurré Henri 
Caurcelle est un perfectionnement incontestable, et s'il a toutes 
les autres qualités, notamment la fertilité et la rusticité, qui 
distinguent son ascendant, on peut s'attendre à un déclasse- 
ment de nos poires d'hiver les plus solidement réputées. Le 
Beurré ffenri Courcelle aura droit à une place privilégiée dans 
toutes les collections d'élite.... » 

Les dégustations ultérieures que j'ai faites de ce fruit, 
m'autorisent à ne rien retrancher de ces éloges. M. Sannibr a 
parfaitement le droit de dire que ce beurré est c peut-être la 
meilleure des poires connues. » Je reproduis ici la description 
de l'arbre, que M. Sannibr m'a communiquée : 

€ Arbre vigoureux, fertile, à branches moyennes, gris jau- 
nâtre, formant avec le tronc un angle assez ouvert ; rameaux 
longs, moyens, droits ou un peu divergents, jaunâtres parse- 
més de lentilles cendrées assez rares. 

€ Feuille moyenne ou petite, lancéolée, creusée en gouttière, 
vert clair, suture fine et serrée, pétiole court et rosé, stipule 
courte filiforme. Bois gris cendré et assez gros. Boutons coni- 
ques aigus, écartés du bois, parties assez fortes ; renflement du 
bouton à fruit qui est moyen, conique obtus, marron; écailles 
entrouvertes, t 

Le fruit est plutôt petit que moyen, de forme arrondie, à 



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- 80 -- 

peau d*aii vert ^ris s'éclairoissant en jaane sale vers la ma- 
turité. Le pédoncule est gros, court, bien attachée La chair est 
blanche, extra fine» compacte, tassée. La maturité se prolonge 
de mars en mai. Éd. Pfnaert, 



Conservation des Raisins. 

Dans un article inséré récemment au BullHin, M. Oh. 
JoLT a rappelé les grands profits que la conservation des 
raisins peut procurer aux producteurs pour la vente et la 
spéculation, et a résumé les précautions essentielles nécessaires 

pour réussir dans cette opéra- 
tion. Je vais, à Tnsage des ama- 
teurs, indiquer les moyens plus 
simples que j'emploie et qui 
m'ont satisfait Jusqu'ici. 

Je n'ai point de fruitier spé- 
cial à double mur, ni à doubles 
fenêtres, et j'utilise simple- 
ment des chambres ordinaires 
en veillant seulement à ce que 
la température ne s'y élève pas 
trop haut, et ne s'y abaisse 
pas au-dessous de 0®. J'y con- 
serve mes raisins en les pen- 
dant à des cadres. 

Pour opérer d'une manière 
commode, j'ai fait faire des 
cadres en bois de 0^80 de large 
sur 1°*80 de haut, munis sur 
les deux tringles verticales de 
pitons distants l'un de l'autre de 0^15, et sur chaque étage 
de pitons j'ai posé un fil de fer galvanisé n^ 20 analogue pour 
la grosseur (4""") et la disijosition aux veines des petits rideaux 









i 




à 




i 




 




& 




i-H 




r-t 




& 







Fig. 15. — Cadre poar les raisins. 

Section des tringles verticales : 4 S""" sar 
35™"". 

Section des tringles horizontales : 70'°<o 
snr SS"»". 



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- 81 — 

de fenetr^a. Au dessus et au milieu de la tringle horizon tiile 
supérieure» j'ai placé un piton, et j'y ai attaché un mince fil 
de fer galvanisé n^ 10, qui enroulé successivement autour 
de chaque petite verge horizontale, les maintient toutes dans 
leur position rigide malgré le poids des grappes. Cela fait, 
j'appuie chaque cadre en Tinclinant, contre le mur de la cham- 
bre, afin qu'après leur suspension les grappes ne se trouvent pas 
les unes au-dessus des autres, et que les grains gâtés des grappes 
supérieures n'entraînent pas la pourriture des grappes infé- 
rieures. J'ai aussi des cadres semblables réunis deux à deux par 
d«ax pentures à leur sommet, et par deux longs crochets à piton 
sur le côté à mi hauteur. Ils ont l'avantage de pouvoir être 
placés sans appui en tout point des appartements. Enfin, pour 
éviter la détérioration de mes planch<^rs par la chute des grains 
gâtés, j'étends à terre sous la projection des cadres une bande 
de toile cirée ou goudronnée. 

On pourrait également faire les cadres au moyen de deux ou 
de trois fers à T n^ 20, percés de trous à égales distances et 
vissés sur deux tringles de bois horizontales ou rivés sur deux 
cornières de 20 à 25 "™. 

Il serait mieux aussi de disposer au sommet de quelques 
cadres trois ou quatre intervalles à 0^20 pour les longues 
grappes, au lieu d'établir tous les intervalles à O^IB. 

Ceci disposé et ayant préparé avec du fil de fer galvanisé 
n«* 10 une provision de petits crochets en S de trois centimètres 
de long, bien ouverts à leurs deux côtés, j'ai tout ce qui m'est 
nécessaire pour suspendre les grappes et je puis commencer la 
cueillette et le travail de conservation. 

Pour le succès, l'égalité de la température pendant la durée 
de la conservation^ son maintien assez bas pour retarder la 
dessication, asse;; haut pour empêcher la congélation, sont sans 
doute des conditions nécessaires : mais le point capital réside, 
je pense, dans l'état du raisin au moment de sa mise en 
penderie. Pour qu'il présente à ce moment toutes les condi- 
tions de réussite, il faut : 1® qu'il ait subi en saison Téclairéie 
des grains ; 



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— 82 — 

2* qu*aa moyen d'un toit il ait été^ comme à Thomerj, dès 
son entrée en maturité, soustrait au contact des pluies de sep- 
tembre et d'octobre qui sans cela y introduisent la pourriture; 

3^ qu'il soit cueilli : a) avant d'avoir éprouvé Taction de la 
gelée et aussitôt qu'il est mûr ; (b) par un temps de vent sec 
qui lui a enlevé toute humidité extérieure ; (c) par une tempé- 
rature extérieure au moins égale et plutôt supérieure à celle de 
l'appartement où il va être pendu, de crainte qu'apporté sous 
une température inférieure à celle de l'appartement il ne s'y 
couvre à l'instant de rosée ; 

4^ enfin qu'il soit soigneusement débarrassé de tous les 
grains gâtés ou endommagés. 

En ce qui concerne les raisins de serre, comme vers le mois 
d'octobre l'atmosphère des serres devient très humide et par 
suite très nuisible à la conservation de la plupart des raisins, 
il est indispensable, malgré tout le plaisir que Ton éprouve à 
voir ces beaux raisins pendant aux vignes, de cueillir dès leur 
complète maturité tous ceux que l'on désire conserver et prin- 
cipalement les raisins qui recouverts d'une peau fine, sont très 
enclins à la pourriture. Avec cette précaution on peut conserver 
en parfait étatpendani plusieurs mois des raisins qui^ laissés en 
serre, y auraient rapidement pourri. J'ai ainsi conservé pendant 
longtemps des BucJdand Sweet water, des Gradiska, etc., 
et jusqu'au 20 février de cette année, c. à. d. pendant plus de 
quatre mois après leur cueillette, des Malvoisie de SUges, qui 
commençaient à se gâter en serre. 

A Thomery, on conserve la plupart des raisins étendus sur un 
lit de feuilles de Fougères dans des caisses larges et plates 
légèrement inclinées. J'ai essayé ce moyen, et sans trancher la 
question à l'égard de Thomery où les raisins, soit à raison de 
leur maturité plus sucrée, soit à raison de l'état plus sec de Tair^ 
peuvent s'en accommoder suffisamment, j'ai trouvé qu'ici les 
grains en contact avec le fond sont fort sujets à se gâter, et en 
second lieu que la surveillance est beaucoup moins aisée et 
moins rapide qu'avec les grappes suspendues, chaque grappe 



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-^ 83 — 

étalée en caisse devant être prise en main à chaque revue, et 
les grains gâtés» détachés des grappes et mêlés à la fougère 
devant être, ainsi que les parties humides de celle-ci, soigneuse- 
ment enlevés. 

TbX aussi essayé le mode qui consiste à cueillir la grappe avec 
la hranche coursonne et à plonger la partie inférieure de cette 
hranche dans une fiole d'eau mélangée de poussier de charhon 
de bois. J'y ai renoncé parce que je n'ai pas trouvé que les 
avantages du procédé fussent équivalents à la complication des 
opérations. On peut néanmoins y recourir par une faible partie 
pour les raisins que l'on destine à être consommés les derniers, 
vers la fin de février et le mois de mars. 

J'ai également tenté un procédé dont on .parle peu dans nos 
pays du Nord, le passe village ou la dessication. En l'appliquant 
avec modération, de façon à conserver aux raisins une bonne 
partie de leur suc, j'ai transformé des raisins médiocres tels que 
des Verdhelo, des Malingre venus en serre, plutôt aqueux et 
sucrés que savoureux, en un agréable dessert, des Muscats 
violets de la Meurthe venus à l'extérieur et de goût ordinaire en 
fruits d'excellent goût. Il m'a suffi pour cela de suspendre les 
grappes à des fils de fer tendus à la partie supérieure d'un panier 
treillissé, de les recouvrir d'une feuille de papier pour empê- 
cher le dépôt de la poussière et de suspendre le panier pendant 
un certain temps au plafond de ma cuisine où l'air chaud s'accu- 
mule naturellement. Aussitôt que les raisins ont atteint une 
certaine dessication et qu'ils ont acquis bonne saveur, on les 
enlève et on les étale dans des caisses plates. 

Enfin, dans toute culture un peu notable de raisin de treille, 
il se rencontre chaque année une certaine quantité de bas pro- 
duits composés de grapillons, de grappes endommagées par les 
oiseaux^ par les souris, les mouches ou la pourriture, qui ne 
valent pas la peine d'être conservés et qui font à table mauvaise 
figure. J'ai fait avec les bons grains triés de ces bas produits, 
après les avoir pressés, en mêlant le jus exprimé avec poids et 
demi de poires pelées et coupées en minces lames, demi kilo de 



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sucre par kilo de frait8(I), mojenaaat vingi-oiaq minuies 
d'ébulUtion, une excellente confiture de raisiné. C'est, je crois, 
un moyen très avantageux, surtout dans les années où la récolte 
des poires est abondante, de se procurer à bon marché un très 
bon con^plément de dessert. 

C%. Baggio. 



Quelques conseils sur la plantation des Asperges. 

La culture de l'Asperge est plus facile qu'on ne le croit géné- 
ralement. Cette plante s'accommode de tous les terrains cultiva- 
bles^ et ses produits ne sont pas moins délicats dans les terres 
un peu fortes que dans les sables les plus légers. 

L'insuccès qu*0H a obtenu fréquemment peut être attribué 
en grande partie à ce que l'on a imité dans les terres argileuses 
et humides, le mode de plantation qui réussit dans les terrains 
sablonneux et secs. Or, l'humidité est ce qu'il y a de plus nui- 
sible à cette plante. 

Je préconise donc deux modes de plantation, suivant le degré 
de perméabilité du sol, ou sa situation élevée ou basse. 

Aux amateurs eux-mêmes à décider s'ils préfèrent des produits 
volumineux, mais relativement peu abondants, à une récolte 
abondante d'asperges d'une belle grosseur ordinaire. 

L'Asperge est une plante très rustique et vivace : une plan- 
tation bien établie et convenablement entretenue peut avoir une 
durée de 12, 15 à 18 ans. Tous les engrais lui conviennent. On 
peut lui en donner même en excès. 

On plante les asperges au printemps, depuis le commencement 



(l) Jus de raisin . . 400 grammes. 

Chair de poires 600 n 

Sucre ♦ 500 » 

lk$P0 



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— 85 -^ 

dé mars judqu'en mai, suivant rétat du terrain. On retarde la 
plantation, si le temps est humide. 

On né doit pas mettre les griffes d'asperges en terre (en 
jauge), comme on lé fait pour les autres plantes, dont la planta- 
tion est différée pour une raison ou l'autre. Il faut lés placer au 
contraire à sec dans une remise ou sur un plancher. Elles con- 
servent ainsi leur vitalité, même durant plusieurs mois. 

La culture et la sélection ont produit diverses variétés ; 
celles-ci toutefois ne conservent leurs cahictères pritnitifs que 
lorsqu'elles sont cultivées dans des conditions anak>gues à celles 
qui les ont produites. Il est évident, par exemple, quêtes asper- 
ges gigantesques d'Argenteuil ne donneront pas des produits 
semblables dans une culture rapprochée (en planches) et dans fa 
culture en lignes espacées. 

La nature du tei*rain a une action prépondérante sur la qualité 
deé asperges. Les sols sablonneux sont ceux où ces plantes se 
développent le plus facilement «t où leurs produits sont les plus 
tendres. Mais les terres fortes, lorsqu'elles sont perméables, leur 
conviennent également* Pour y être moins blanches, un peu 
moins tendres peut-être, du moins sur toute leur longueur, 
les asperges ne sont pas moins délicates, bien au contraire 
parfois. 

Si la constitution du sol modifie, sous ce rapport, la saveur 
du produit, les autres qualités du plant peuvent également être 
altérées. Néanmoins, il en conserve toujours une notable partie ; 
ainsi la hâtivité, la productivité, la grosseur des tiges, etc., se 
transmettent par le semis. Ces caractères ne se perdent 
complètement à la longue que par une oulture inintelligente. 

Pour rage du plant, il n'a pas d'action sur la réussite de la 
plantation. Le mode d'élevage fait tout. Le plant de 3 ans est 
d'une reprise aussi certaine que celui d'un an, lorsqu'il n'a pas 
été semé trop dru. J'ai vu des plantations faites au moyen de 
griffes âgées de six ans réussir parfiaitement. A ctet effet, il faut 
que le pkmt ait été arraché avec tous les soins possibles, de 
façonà conserver ses racines intactes. Quand on est pressé de 



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— 86 — 

jouir, on peut donc prendre du plant de 2 et de 3 ans. On trouve 
rarement dans le commerce du plant plus âgé. 

Plantation bn lignes isolées. — Ce procédé est surtout 
recommandable lorsqu'on tient à obtenir de très grosses asperges. 
Il nécessite proportionnellement un espace beaucoup plus grand 
que dans la culture en planches. Il est vrai qu'on ne doit pas se 
laisser aller à Texagération. Un éoartement de I°^25 entre les 
lignes, et de 0'°50 à O^'OO sur les lignes suffit amplement, à 
moins qu'on ne veuille aller sur les brisées des cultivateurs 
d'Argenteuily où l'on voit des plants d'asperges espacés jusqu^à 
2"*50 les uns des autres. 

Après que le terrain a reçu un labour à un bon fer de bêche, 
ainsi qu'une fumure suffisante d'engrais consommé, on j tracera 
des sillons distants de I°'25. Ces sillons auront une profondeur 
de dix centimètres dans les terres humides, et de 20 centimètres 
dans les terres légères. On leur donnera une largeur de 30 à 
40 centimètres. La terre que Ton extrait des sillons est déposée 
sur l'espace réservé entre ceux-ci (A, A fig. 10). 

Dans les terres basses ou très humides, on fera même mieux 
de planter au niveau du sol. 



\r 



\-f 



Pig. 16. — Plantatio 



~\_r 

lignes isolées. 



\_/ 



Fig« 17. ~ Vne i toI d'oisaan d'nne aspergerie en lignes. 

On ne fait pas de trou pour j insérer les griffes d'asp«*ges. 
Les racines de celles-ci sont étalées en tous sens à la surface du 
sol dans la rigole et on les recouvre, j compris le collet, de 



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- 87 - 

quelques centimètres de terre meuble, lorsque le sol ne Test pas 
naturellement. 

Plantation en planches. — Aux personnes qui ne tiennnent 
pas aux asperges monstres ou qui ne peuvent j consacrer un 
terrain assez étendu pour une culture en lignes isolées, je con- 
seille la plantation en planches. Celles-ci comprennent trois 
rangées de plantes disposées en quinconce et espacées de 50 cen- 
timètres entre les rangs ainsi que sur les lignes (fig. 18). 

Dans les terres compactes, peu perméables ou exposées à 
l'humidité, on plantera, comme ci-dessus, au niveau du sol. 
Pour le buttage des planches, dans la suite, on fera des apports 
de terre légère qu'on mélangera avec celle qu'on retirera des 
sentiers. 

On pourra aussi utiliser à cet effet du sable, des cendres, 
du terreau, du vieux tan, etc. 






¥■ ¥■ 

¥■ 

¥- 
¥■ ¥■ 



Fig. 18. — Plantation en planches (vne à vol d^oisean). 

Dans les situations sèches et dans les terres très légères, on 
pourra creuser les planches à 20 centimètres (voir fig. 19). La 
ligne pointillée D E indique le niveau naturel du sol avant sa 
mise en rigoles. 



-q 



Fig. 1«. 



- Plantation en terrain a 



On évitera ainsi les trop grands apports de terre pour 
recouvrir les parcs les années suivantes. Mais on ne doit pas 
perdre de vue que les plantations profondes sont en général plus 
nuisibles que favorables. Éd. Pynaert. 



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~ 88 — 
Honneurs bien octroyés. 

Tout récemment notre excellent ami le D' L. Muldbr, lln- 
fatiguable rédacteur en chef du LarMotmcouratU, à La Haye, 
a été nommé chevalier de Tordre de Danebrog, par S. M. le Roi 
de Danemark. Ajoutons qu'au mois de novembre dernier, à la 
suite de L'Exposition universelle de Paris, à laquelle le D"* Mul^ 
DER a pris une part active conjme dél^ué de son Gouverne- 
ment, la croix de la Légion d'Honneur lui a été décernée égale»- 
ment. 

Voilà deux hautes distinctions auxquelles nous applaudissons 
de tout cœur, parce qu'elles récompensent toute une yie de 
travail et de dévouement aux intérêts culturaux. 

La croix de chevalier de la Légion d'Honneur a été octroyée 
aussi à la suite de TExposition universelle de 1878, à deux 
autres de nos amis, MM. H. Galesloot, d'Amsterdam, et 
Wàlbegk, de Loosduinen. Ceux-ci faisaient tous deux également 
partie de la Commission néerlandaise auprès de l'Exposition. 
On sait combien le premier s'est eâbrcé à faii*e valoir les pro- 
duits de l'horticulture de ses nationaux à Paris. Quant au 
second, il est moins connu des lecteurs des Bulletins, mais nous 
qui connaissons depuis de longues années déjà M. Waldeck, 
d'abord comme secrétaire adjoint, puis comme secrétaire 
effectif de la HoUandsche Maatschappif tan Landbouw, nou9 
savons qu'il est parfaitement digne de la haute distinction qu'il 
vient d'obtenir. 

Les trois décorés sont du reste depuis longtemps des membres 
de notre Cercle d'Arboriculture, qu'ils ont soutenu dans toutes 
les occasions, nous prouvant ainsi leur attachement au progrès 
des cultures à l'étranger comme dans leur propre pays. 

I^rmi les membres de notre Cercle, les Belges ont été m<»ns 
favorisés par le Gouvernement français. MM. Ronnbebg, direc* 
teur général de l'agriculture au Ministère de l'Intérieur et de 
Cannart d'HAMALE, pi^ésidcnt de la Fédération des Sociétés 



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- 89 — 

d'Horticulture de Belgique, déjà membres 'de la Légion 
d'Honneur , ont obtenu une promotion. 

Par contre, le Gouvernement belge a été excessivement 
large envers ses propres nationaux. On le sait,, le 23 février 
dernier, a eu lieu à Bruxelles, au palais de la Bourse et en 
présence de la Famille royale, la remise solennelle des 
récompenses aux lauréats belges à l'Exposition universelle 
de Paris en 1878. A cette occasion, environ cent croix de 
Tordre de Léopold ont été distribuées, dont une 10^ à des 
membres de notre Cercle décorés la plupart pour services 
rendus plus spécialement à Thorticulture. De ce nombre sont 
MM. Ch. Van Geert, horticulteur à Anvers, Gillekens, 
Directeur de TÉcole d'horticulture de TÉtat à Vilvorde ; Doucet, 
président des Jurys arboricoles ; Mathieu, amateur et promoteur 
distingué de l'agriculture. 

Nous applaudissons chaleureusement à ces distinctions pour 
la plupart méritées depuis longtemps. 

H. J. Van Huile, 



Une nouvelle chaudière 

Dans nos régions septentrionales, Thiver qui dure en réalité 
souvent plus de six mois, a depuis longtemps rendu les serres 
indispensables. Aussi le nombre de ces abris grandit chaque 
année et tout ce qui touche à leur perfectionnement mérite de 
fixer Tattention de ceux qui s'occupent d'horticulture. La ques- 
tion du chauffage est intimement liée à celle des serres et le 
thermosiphon est aujourd'hui le mode de chauffage préféré et 
presque le seul qui soit encore en usage. Parmi les chaudières 
de thermosiphons, il en est actuellement de toutes les formes : 

chacune de celles-ci est évidemment la meilleure pour Tin- 

venteur. 

Quelles sont les conditions que doit remplir un appareil de ce 
genre ? Voilà la question qu'il conviendrait d'abord de résoudre. 



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- 90 — 

Un bon thermosiphon doit fournir en peu de temps, une 
somme de chaleur donnée et ce calorique doit être obtenu de la 

manière la plus économi- 
que possible. 

Depuis quelque temps, les 
journaux horticoles anglais 
parlent fréquemment de 
la chaudière inventée par 
MM. Wright et C'% con- 
structeurs à Airdrie ; la 
plupart en font de très 
grands éloges. 

Ces éloges sont-ils tous 
justifiés ? Ceux de nos lec- 
teurs qui connaissent d au- 
* très systèmes de chauffage 
jugeront des qualités de 
celui-ci par voie de com- 
paraison. Les deux figu- 
res qui accompagnent ces 
lignes et dont nous devons 
l'obligeante communica- 
tion aux inventeurs eux- 
mêmes, pourront donner 
une idée du système à 
flamme continue (Endless 
Flame impact). La fig. 20 
présente une vue exté- 
rieure de l'appareil ; la 
coupe en est donnée par la 
fig. 21. 

Fig. îO. — Chaudière do Wright. Vae extérieure. Cc SJStème, il OSt aisé 

de s'en rendre compte, offre de sérieux avantages. Il n'exige 
aucune maçonnerie et par suite, l'appareil peut être déplacé à 
volonté, attendu qu'il est composé d'une série de pièces 



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— 91 — 

superposées et s'emboitant les unes dans les autres. Cette 
combinaison a une autre conséquence très importante : en cas 
d'usure ou d'ac- 
cident, la pièce 
détériorée peut 
être prompte - 
ment enlevée et 
la chaudière pro- 
visoirement ré- 
duite d'un étage 
en attendant que 
la pièce ôtée ait 
été remplacée. 
Ceux qui ont eu 
à réparer cer- 
taines chaudiè- 
res dans la ri- 
goureuse saison, 
comprendront la 
valeur de cette 
condition. 

La coupe ver- 
ticale donne une 
idée de la com- 
binaison de Tap- 
pareil et montre 
rimmense sur- 
face de chauffe 
que les flammes 
peuvent lécher : 
aucune partie de 
chaleur produite 
par le combus- 
tible n'est perdue dans des maçonneries : le tout agit directe- 
ment sur les plaques de la chaudière dans laquelle Teau est 



Fig. 81. — Coupe verticale de la chaadiàre de Wright. 



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- 92 - 

très rapidement chauffée et partant immédiatement mise en 
circulation dans les tuyaux. 

La théorie de la combustion est parfaitement connue aujour- 
d'hui de tous ceux qui ont fait des études scientifiques. Nous 
savons que les gaz inflammables sont combustibles seulement, 
suivant leur degré de combinaison avec Toxjgène de Tair. Les 
praticiens ne se préoccupent guère de cette importante loi, 
tandis que l'économie du charbon devrait être presque leur 
principal objectif. Dans la chaudière de Wright, la grande 
surface de chauffe que les gaz en combustion doivent lécher, le 
grand espace qu'ils doivent parcourir avant de se projeter au 
dehors, préviennent la perte d'une partie du pouvoir échauffant 
et donnent lieu par suite à une grande économie de chauffage. 
Or, le charbon de nos jours est de l'argent. 

La chaudière de Wright n'offrirait que ce seul avantage, que 
déjà elle mériterait une sérieuse attention. Il j a en outre les 
nombreux témoignages des praticiens qui doivent entrer en 
ligne de compte. Les horticulteurs en général, les propriétaires, 
les jardiniers sont unanimes à proclamer les bonnes qualités 
de ce système de chauffage. Ém, Rodigas, 



Frimeurs de Haricots. 

La culture forcée proprement dite du Haricot offre certaines 
diflScultés provenant de ce que la plante craint l'humidité, 
tandis qu'elle a impérieusement besoin de chaleur, d'air et de 
lumière surtout. Toutes ces exigences sont incompatibles avec 
le milieu que nous pouvons créer artificiellement pour ce légume 
tant recherché. En parlant de primeurs, nous n'entendons nul- 
lement entretenir nos lecteurs de la culture forcée, mais de la 
culture ordinaire hâtée. 

L'année dernière, nous avons publié, à la page 79 des 
Bulletins, un petit article sur le Haricot nain noir de Belgique 
pour en recommander avec instance l'introduction dans tous les 
potagers. Dans le but de soutenir cette propagande, le Comité 



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— 93 — 

du Cercle a porté cette variété sur la liste des graines à distri- 
buer aux membres. Cette variété, nous en répondons, acquerra 
droit de cité dans tous les potagers où elle sera introduite. Pour 
lui assurer sa place, nous allons indi quer le moyen d*en retirer 
le meilleur profit. 

Au commencement d'avril, on met à germer dans de petites 
caisses plates ou en terrines des grains de H, noir de Belgique; 
il serait plus parfait de les semer trois par trois dans des petits 
godets ou pots de 7 c. de diamètre remplis de terreau peu tassé 
ou de terre ordinaire de jardin, mêlée d'un peu de cendre fine de 
houille. Lorsque les plantules lèvent, en les habitue à l'air sans 
transition et 8 jours après la levée, on les repique en lignes 
distantes de 25 centimètres; les plants sont espacés de 10 c. 
sur la ligne et les touffes par trois de 20 c, sur plate bande bien 
exposée au soleil ou sur une planche de jardin élevée en ados. 

Quand le repiqu;age se fait à racine nue, il importe tout 
particulièrement de le faire quand le plant est tout jeune ; 
il ne peut paaavoir dépassé le degré d évo- 
lution de celui représenté parlafig. 22. 

Comme nous lavons fait connaître 
antérieurement, le H, noir d$ Belgique 
ne S6 distingue pas des autres variétés 
hâtives par une plus grande précocité, 
mais par sa rusticité relative qui permet 
de le confier plus tôt à la pleine terre où 
il se développe sans sourciller devant 
quelques rigueurs, du temps qui suffisent 
à faire grelotter et souvent succomber 
ses congénères en précocité, telles que le 
H, flageolet et ses nombreuses sous- 
variétés qui toutes sont très frileuses. 

Pour finir, un détail important. — On 
les mange en aiguilles vertes, cest à dire Fig. 22.^ PUntuie do Haricot. 
en petites gousses encore cylindriques ne portant extérieurement 
aucune marque delà présence du grain. F. Burvenieh, 



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— 94 — 
Fusion de deux journaux horticoles. 

Plusieurs fois déjà et depuis nombre d'années nous avons eu 
occasion de citer le Gartenfreund, journal mensuel publié par 
la Société impériale et royale d'horticulture de Vienne et rédigé 
par son zélé secrétaire M. Joseph Bermann. Cette publication, 
bien que riche en matières et bien soignée, avait cependant 
un inconvénient et un défaut : elle était d'abord imprimée 
en caractères gothiques, peu faciles à lire et en second liea, 
elle était quasi-vierge de figures. 

On vient d'j apporter des changements notables qui feront 
plaisir à tout le monde. Le format d'abord est modifié daus un 
sens favorable; le titre ensuite devient c Wiener lllustrirte 
Qarten ZeUunç > ce qui dit déjà assez que dorénavant les lecteurs 
peuvent compter sur des figures dans chaque livraison. Et en 
efiet dans les trois numéros que nous avons reçus, de jolies 
illustrations sont intercalées dans le texte. Celui-ci, imprimé sur 
deux colonnes, est en beaux caractères romains et se lit à 
présent avec toute la facilité désirable. 

Faisons remarquer encore que la rédaction est confiée 
à MM. A. C. RosENTHAL et Joseph Bbrmann, deux hom- 
mes auxquels il ne manque ni le talent ni l'activité nécessaires 
pour faire réussir la nouvelle entreprise. Au lieu de travailler 
isolément, le premier au ci-devant < Wiener Obst- und &arte% 
Zeitung, > le second au ci-devant a Gartenfreund, » ils vont 
réunir leurs forces et consacrer tout leur temps à une seule et 
unique publication. Une bonne inspiration. 

E.J.VanEulle. 



Le Comice agricole de Grammont vient d'instituer des con- 
férences. M. Jules Burvenich est chargé des leçons d'arbori- 
culture et M. ScHEiRLiNGK, Instituteur communal à Ophasselt» 
des leçons qui se rapportent directement à l'agriculture. 



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— 95 — 
Mélanges et nouvelles. 

Remède contre les chenilles. — Un praticien allemand, 
membre de notre Cercle d'Arboriculture, nous communique un 
remède qu'il a employé à plusieurs reprises contre l'invasion 
des chenilles, et toujours avec le plus grand succès. 

Il avait vainement épuisé un grand nombre de moyens, quand 
lui vint l'idée de faire usage de loques soufrées, moyen que 
cependant nous ne considérons pas comme nouveau. 

Des loques en laine et en toile furent placées par lui au fond 
d'un tonneau et assujetties au moyen de quelques bâtons fixés 
en travers. Il brûla ensuite du soufre dans un vase et renversa 
le tonneau au-dessus de celui-ci, de sorte que tous les gaz 
pénétrèrent dans les loques. Celles-ci furent ensuite distribuées 
à 1 m. de distance parmi une grande quantité de choux. Cette 
opération fut faite en juillet. Un mois plus tard elle fut répétée 
et lors de la récolte pas une feuille ne portait l'atteinte de ces 
terribles ravageurs. 

Ce remède fut employé l'année suivante et donna lieu au 
même résultat. 

Nous remercions notre correspondant de sa communication et 
nous engageons nos lecteurs à en faire l'essai. 

Der Obst-Oarten. — Sous ce titre, le Baron de Babo, direc- 
teur de l'Institut impérial œnologique de Klosterneuburg, fait 
paraître une feuille hebdomadaire traitant d'arboriculture 
fruitière et de pomologie. Le nouveau journal, qui sera à la 
fois théorique et pratique et qui s'efforcera de défendre tous les 
intérêts de l'arboriculture, est rédigé par M. R. Stoll, profes- 
seur de pomologie à l'Institut précité. Nous souhaitons la 
bienvenue à ce nouvel organe de la pomologie en Autriche, 

Expositions. — De toutes parts on signale les préparatifs 
qui sont faits en vue des prochaines luttes pacifiques auxquelles 
sont conviés les adeptes de Flore. Nous énumérons celles dont 
nous avons reçu les programmes. 

Anvers. — La Société royale d'Horticulture et d'Agriculture 



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— 96 - 

d'Anvers ouvrira une exposition le 6 avril au local d*hiver de 
la Société royale d'Harmonie. 

Brages. — La Société provinciale d'Horticulture et de 
Botanique ouvrira son exposition annuelle le 13 avril, au local 
des Halles. 

Saint Nicolas. — La Société d'Agriculture et de Botanique 
du Pays de Waes ouvrira le 13 avril son exposition au local 
de l'Académie. Tous les amateurs et horticulteurs sont admis 
à concourir. 

La Haye (Hollande). —La Société d'Horticulture de la Haye 
Çs Gravenhaagsche Tuinbouw- Fereeniging) conYieies horticul* 
teurs à une exposition de plantes, bulbes, bouquets, etc. qui 
sera ouverte le 18 avril au Géboim voor Kumten ; un grand 
nombre de médailles d'or sont attribuées à différents concours. 
Bruxelles. — Exposition du 20 avril par la Société royale de 
Flore. Elle aura lieu au Skating-Ring du Jardin Zoologique. 

Brème (Allemagne). — La Société d'Horticulture de Brème 
ouvrira une exposition spéciale de Roses auxquelles sont réser- 
vées 28 concours. 

Lille. — La ville de Lille inaugure le 22 juin prochain le 
palais Rameau. A cette occasion, elle ouvre une exposition inter- 
nationale d'horticulture et des industries qui s'y rattachent. Des 
médailles d'or en grand nombre sont affectées aux divers con- 
cours ; ainsi la meilleure fraise de semis, qui devra s'appeler 
fraise Rameau, obtiendra une médaille d'or. 

Oand. — La Société royale d'Agriculture et de Botanique 
ouvrira dans les magnifiques locaux du Casino, une exposition 
estivale le 27 juillet. Ceux qui n'aiment ni les Azalées, ni les 
Camellia, ni les Rhododendrons, ces grandes spécialités de 
l'horticulture gantoise, n'auront pas à se plaindre. Nos horti- 
culteurs leur teront voir les progrès qu'ils réalisent dans les 
autres genres. 

Tournai. — La Société d'Agriculture et d'Horticulture de 
Tournai ouvrira au mois d'août prochain une exposition jubi- 
laire, à l'occasion de l'inauguration de la nouvelle gare. 

Ém. Rodigas. 



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GcM 




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- 97 - 



La Pêche Albert Victor Nectarine. 

Le beau fruit dont nous donnons aujourd'hui le portrait, a été 
récolté dans les cultures de M. de Ghellinck de Walle, à 
Wondelgem, près de Gand, si parfaitement dirigées par notre con- 
û*ère M. B. Van Herzeele. Comme son nom l'indique, ce fruit 
appartient à la série des pèches anglaises dont on doit l'intro- 
duction à l'ancien président du Cercle d'Arboriculture de Belgique. 
En initiant les amateurs belges à la connaissance de ces variétés, 
obtenues en grande partie par M. Rivers, de Sawbridgeworth, 
M. de Ghellinck de Walle a rendu un immense service à 
l'arboriculture fruitière. 

Les Madeleines, Chartreuses, Chevreuses, Galandes, Mignon- 
nes et Admirables réussissent encore à donner des produits 
savoureux dans les situations favorisées sous le rapport du 
climat ; mais si les cultivateurs de Montreuil-aux-Péches, fai- 
sant abstraction à la fois des préjugés antiprogressistes et de ce 
chauvinisme mesquin, que d'aucuns préconisent comme une 
qualité nationale, mettaient côte à côte, dans des conditions 
identiques, leurs anciennes variétés et les variétés d'obtention 
récente et d'un mérite reconnu — comme l'atteste l'expérience 
qui en a été faite à Wondelgem — ils n'hésisteraient pas, nous 
en sommes convaincu, à abandonner les premières, car il est 
évident que si celles-ci offrent encore dans les localités excep- 
tionnellement privilégiées un grand mérite comme qualité , les 
nouvelles leur sont cependant préférables au point de vue de la 
régularité de la production et de la rusticité des arbres. Nous 
croyons que surtout dans notre climat, en présence de l'affaiblis- 
sement plus marqué d'année en année des anciennes variétés de 
pêchers, l'on doit tenir de plus en plus compte de la rusticité 
relative des arbres. Cette observation n'est pas nouvelle, mais les 
vérités les moins contestables gagnent à être fréquemment 
redites, 

9 



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— 98 — 

Nous avons conservé, peut-être à tort, à la, ^êche Albert Victor 
Nectarine le nom que lui a donné son obtenteur. On croit encore 
généralement que le mot anglais Nectarine a la même signification 
que le mot Brugnon. C'est une erreur. Les Anglais emploient la 
dénomination de Nectarine pour toutes les pêches à peau lisse, 
c'est à dire aussi bien pour les pêches lisses proprement dites, 
celles que Duhamel appelait violettes et qui sont à chair fon- 
dante, se séparant du noyau, que pour les vrais brugnons dont le 
noyau est adhérant à la chair. Cette confusion, beaucoup de 
pépiniéristes la font également. Pour eux, toutes les pêches à 
peau lisse sont des brugnons. C'est une erreur dans laquelle les 
hommes du métier ne doivent plus verser. 

C'est pourquoi nous avons cru nécessaire de la relever. 

Ainsi Albert Victor Nectarine n'est pas un brugnon ; c'est une 
pêche lisse. 

En voici la description d'après l'excellent Fruit Manual du 
D'HoGO : 

« Fruit gros, large de 65 millimètres sur 50 millim. de haut, 
arrondi, aplati au sommet, d'où part une suture marquée 
s'affaiblissant vers la queue. 

« Peau verte à l'ombre, marbrée de rouge vif du côté frappé 
du soleil. 

« Chair jaune verdâtre, assez ferme, très juteuse, avec une 
saveur relevée, très rouge autour du noyau, dont elle se sépare, 
à l'exception de quelques fibres adhérentes. 

€ Noyau grand, rugueux. 

« Pleurs petites. Glandes arrondies. 

« Fruit magnifique, mûrissant à la fin d'août sous verre et du 
milieu à la fin de septembre en plein air à l'espalier. Fré- 
quemment le fpuit se détache avant la maturité. » 

S^d. Pynaert. 



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-- 99 ~ 
Les essais en culture potagère. 

Il y a encore des gens qui de très bonne foi soutiennent, qu'on 
ne peut trouver mieux en fait de légumes que ceux qu'ils 
cultivent, et que les variétés qu'on a trouvées de tout temps dans 
nos potagers ne sont pas encore surpassées. 

Cette opinion si répandue encore, l'est malheureusement 
aussi parmi ceux qui pourraient efficacement concourir au 
progrès s'ils en comprenaient l'importance. 

Disons toutefois que chez un grand nombre, la confiance dans 
le vieil adage « les vieilles chansons sont les meilleures » perd 
considérablement de son énergie. Nous avons été heureux de 
constater ce pas vers le perfectionnement de la culture potagère 
si délaissée jusqu'ici ; en effet, l'offre de paquets d'échantillons de 
quelques variétés de légumes nouveaux et recommandables faite 
aux membres du Cercle d'Arboriculture a été accueillie avec un 
empressement et par un nombre de souscripteurs qui font bien 
augurer pour l'avenir. 

On confond malheureusement assez généralement essayer et 
adopter; on comprend que, dans ce cas, celui qui a lieu d'être 
satisfait de ce qu'il cultive, hésite à abandonner les variétés qui 
répondent assez bien à son but, par d'autres qui pour lui sont 
douteuses, parce qu'il ne les connaît pas et qu'il se retranche, 
comme tous ceux qui veulent se mettre à l'abri du raisonnement, 
derrière un autre proverbe : « Le mieux est l'ennemi du bien. » 

On ne doit pas admettre définitivement dans ses cultures une 
variété de légumes qu'on n'a pas essayée préalablement, sinon 
on s'expose à des mécomptes et on est porté à repousser plus tard 
systématiquement tout ce qui est nouveau, pour s'en tenir aux 
bonnes vieilles sortes du bon vieux temps. Et voilà comment 
à son tour « le bien devient l'ennemi du mieux. » 

Certes, il ne faut pas s'imaginer, qu'en soumettant à une 
culture d'essai vingt variétés de légun^es, on trouvera l'année 
suivante à éliminer un grand nombre de celles qu'on cultivait 
auparavant. 



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— 100 — 

Pour se mettre à l'abri de désappointements dans les essais, 
il faut semer ou planter peu de chaque variété et traiter les 
plantes ni mieux ni moins bien que les autres. Il faut aussi tenir 
compte des influences extérieures, afin de voir si la non réussite 
de Tune ou de Tautre variété ne peut pas être attribuée à des 
causes climatériques. 

Nous ne saurions assez engager les nombreux membres du 
Cercle, qui ont demandé en tout ou en partie la collection de 
graines, à tenir le Comité au courant des résultats. Ces ren- 
seignements réunis seront une excellente instruction pour tous, et 
nous permettront de juger quelles sont les variétés à adopter, 
à rejeter ou à soumettre à de nouvelles épreuves. Un grand 
nombre de membres du Cercle ont adressé au Comité de chaleu- 
reuses félicitations de la mesure essentiellement utile qu'il venait 
de prendre. Nous espérons aussi que tous voudront contribuer 
à amener cette œuvre à bonne fin. 

Comme le Cercle se propose de continuer à favoriser les cul- 
tures expérimentales, le Comité fait appel pour l'avenir à tous 
ses membres qui possèdent des variétés locales peu répandues en 
dehors d'un certain rayon ou des variétés méritantes à n'importe 
quel titre, et il leur demande de vouloir en adresser des échan- 
tillons de graines au Comité du Cercle, qui sera heureux de pou- 
voir en faire la propagande en étendant leur aire de dispersion. 

Déjà quelques amateurs ont spontanément promis pour l'an 
prochain l'envoi de graines de variétés peu connues afin de les 
mettre à la disposition des membres du Cercle ; le Comité recevra 
ces envois avec reconnaissance et en fera mention dans les 
Bulletins. 

Afin d'appeler plus spécialement l'attention des membres du 
Cercle sur les variétés qu'ils ont reçues récemment, nous faisons 
suivre quelques mots d'explication sur chaque variété offerte. 

Arroche verte de Lee, Plante précieuse comme épinard d'été, à 
feuilles franchement vertes, très amples et charnues, de beaucoup 
supérieure aux anciennes variétés cultivées dans les jardins sous 
les noms de Belle Dame ilonde et rouge. 



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— 101 — 

Betterave rouge 'plate d'Egypte. M divièié à racine ronde, très 
prompte à se faire, ne pouvant se semer que fin avril. Elle est 
particulièrement succulente et tendre lorsqu'on la butte de ma- 
nière à couvrir la racine de terre. 

Carotte rouge demi-longue hâtive de Luc. Excellente variété 
pour le premier semis en pleine terre. 

Carotte rouge de Carentan. Un peu plus longue que la Carotte 



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,.ff^ 




Fig. 23. — Carotte bàtive de Luc. Fig. 24. — Carotte plate deCareiilau. 

rouge hâtive de Hollande, cylindrique, obtuse, à collet fin, sans 
cœur, très bonne pour forcer. 

Carotte rouge longue de S^ Valérie, Très belle variété à racine 
un peu moins longue que la variété longue ordinaire et de 
meilleure qualité. 

Céleri UaTW à grosse côte. Ne pas confondre avec nos Céleris 
ordinaires du pot au feu qui sont à côtes creuses. Cette 
variété a de larges côtes pleines, charnues, croquantes; le cœnr 
en est plein et blanchit très facilement. C'est la meilleure variété 
pour être employée crue en salade et pour tous les autres usages 
culinaires. 



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— 102 ^ 

Céleri plein court Mtif. Variété à feuilles courtes qu'on peut 
planter en succession en juin-juillet en plein carré. 

Cerfeuil frisé mousse. Variété épurée du Cerfeuil frisé dou- 
ble ou en rosette. 

Chicorée JEridive bâtarde de Bordeaux. Nouvelle race, à 
grandes et larges feuilles légèrement découpées, tenant un peu 
des Scaroles et des Endives frisées. Très recommandable pour sa 
rusticité. 

Chicorée à grosse racine de Bruxelles (Witloof), L'excellent 
et beau légume d'hiver appelé Witloofesi dû à un procédé spé- 
cial de faire blanchir la Chicorée ; mais cependant, pour bien 
réussir dans cette culture, il faut avoir la vraie variété qui est 
une race améliorée de la Chicorée de Magdebourg. 

Chou de Milan de Pontoise. Excellente variété commerciale 
à grosse pomme, très tardive. Les Bulletins en ont déjà traité 
spécialement. 

Chou de Milan hâtif de Joulin. Le plus hâtif de tous les choux 
de Milan. 

Chou de Milan Victoria, Le chou le plus finement gaufré de 
toutes les variétés connues et à pomme très serrée. 



Fig. 25. — Choa de MiUn de Pontoise. 



Chou de Milan hâtif de Vienne. Belle et bonne variété hâtive. 
Choujleur Lenormand. Bonne race de choufleur la plus 
estimée par les jardiniers marchaùds. 

Choujleur géant d'automne. Variété nouvelle qu'il ne faut pas 



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~ 103 — 

confondre avec le Choufleur de Naples ou d'Italie. Partout la 
variété que nous avons distribuée, a été admirée. On en a vu des 
pommes pesant jusqu'à 5 kilos sans les feuilles. Semer tôt pour 
récolter à l'automne ; sa formation est longue à se parfaire. 

Cette variété est peu difficile sur la nature du terrain, mais 
elle exige beaucoup d'engrais azotés. 

Chou Tum pommé. Variétés très riches en formes et nuances, 
dont quelques-unes sont de véritables plantes d'ornement. 

Chou calms blanc hâtif d'J^rfurt. Bonne variété à pomme 
ronde, très dure, d'une formation prompte. 

Chou cabus rouge hati/d'Erfurt. C'est une variété bien méri- 
tante à cause de sa formation prompte. On peut la semer au 
printemps. Dans les bons sols, elle développe outre sa pomme 
principale, qui est rouge noirâtre, plusieurs petites pommes 
latérales, qui sont de très bonne qualité. 

Concombre Man of Kent. Vert long, variété à chair blanche 
pleine, de bonne saveur, à cultiver de préférence sur une an- 
cienne couche ou sur côtière. 

Courge à la moelle. Les Bulletins ont fait connaître antérieure- 
ment les qualités de ce légume. 

Fève de marais verte naine de Beck. Variété très naine, précoce, 
excellente pour primeurs, pour forceries et pour être cultivée en 
bordure. 

Haricot nain noir de Belgique. Voir les articles spéciaux que 
les Bulletins ont publiés sur cette variété. 

Haricot à rames beurre, cosse jaune, grain Jto^. Variété mange- 
tout dont les grandes cosses sont épaisses et très charnues. Très 
estimée en Allemagne. Trop peu connue ailleurs. 

Laitue Wheeler's Tom Thumh. Très bonne variété hâtive, à 
petite pomme, extrêmement prompte à se faire. 

MéUm ananas et Melon à ramss. La première variété réclame 
une bonne couche chaude, l'autre au contraire est remarquable 
par sa grande rusticité. 

Navet blanc plai à feuille entière. Bonne variété de navet à 
potage, très rustique, se développant en peu de temps. Cette 



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— 104 — 

variété offre même quelque intérêt comme produit agricole pour 
les semis tardifs. 

Oignon, Les trois variétés inscrites sur la liste des graines, 
présentent toutes un mérite différent. L'O. liane à la Reine est 
une variété à confire, TO. jaune de Danvers est une excellente 



Fig. 26. — OignoD jauue do Danvers. 

variété à bulbe rond, couleur paille ; VO, pyriforme est ovoïde, 
dur, d'une longue conservation. Il y a eu peu de demandes 
pour les graines de cette variété parce qu'on suppose à tort 
qu'un 0. pyriforme doit être une forme défectueuse d'une 
variété à bulbe rond ; c'est là une grave erreur encore très 
répandue. 

Poireau de Carentan. Variété géante du Poireau gros court de 
Rouen. 



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— 105 — 

jPois a écosser. Les trois variétés distribuées sont assez méri- 
tantes : la première sera conservée dans beaucoup de jardins, à 
cause de sa grande fertilité, la seconde comme variété de suc- 
cession. Nous ne pouvons encore rien annoncer de positif con- 
cernant le Pois de Bloksherg. 

Mhubarle MitcheWs royal Albert, Cette variété est peut-être 
la meilleure parmi les Rhubarbes potagères trop peu cultivées 
en Belgique où le nom de Rhubarbe reste inséparable de 
pharmacie. 

Tétragone. Espèce d'épinard à feuilles grosses dont les plantes 
s'étendent au loin grâce à leurs tiges traînantes. C'est parce 
que les opinions sont très divergentes sur le mérite de cette 
plante, que nous avons jugé utile de la faire soumettre à de 
nouveaux essais. On sème la graine sur couche et on repique 
les jeunes plants à 60 centim. de distance au moins. 

Fr. Buroenich. 



Faut-il élaguer les grands arbres qu'on trans- 
plante? 

J'éprouve une certaine appréhension à traiter cette question qui 
était à Tordre du jour de l'assemblée générale du Cercle d'Arbo- 
riculture de Belgique du 19 janvier 1879. Chaque fois qu'on 
rencontre des plantations nouvelles, on voit toujours la tête des 
arbres largement entamée ; quand on se prend à consulter les 
traités d'arboriculture, la plupart vous disent qu'il faut mettre 
la tête de l'arbre à replanter en harmonie avec ses racines. 

Ceux qui, comme moi, n'aiment pas cette pratique et 
n'adoptent pas cette théorie, sont encore en très petit nombre. 
Or, poser un barrage contre un courant établi — bien que, 
comme le Jourdain, il ne tardera guère à remonter vers sa 
source, je veux dire vers les vrais principes de la science 
moderne, — ce travail hydraulique, dis-je, ne laisse pas d'oflfrir 
quelques désagréments. Voyez où en est la question de la circu- 

9 



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— 106 — 

lation de la sève, si bien démolie aujourd'hui par les plus 
savants botanistes de TEurope : la Sève ascendante et la Sève 
descendante n'en continuent pas moins à circuler, si ce n'est 
plus dans les végétaux, au moins dans plus d'une tête humaine 4 

D'un autre côté, il me sembleque cettequestion ifatU-U élaguer 
les grands arbres qu'on transplante ? aurait pu être mieux posée. 
Pourquoi les grands arbres? Mais, certainement, il faut les, éla- 
guer pour la raison bien simple qu'on n'en peut faire autrement. 
Grand partisan de la non-taille et du non-élagage, j'ai dû pratiquer 
une larçe entaille à mes propres principes. L'automne dernier, 
j'avais un noyer d'une soixantaine de centimètres de circonférence 
à changer de place ; j'avais fait défense absolue de toucher à sa 
tête qui était superbe. Abattu avec des racines d'un mètre de 
rayon, quatre hommes ne purent enlever mon arbre : ce ne fut 
que lorsque j'eus fait ôter quelques grosses brauches, que six 
hommes en vinrent à bout. 

Ce n'est pas tout encore : il faut se fixer préalablement sur 
l'essence même des arbres qu'on transplante. S'agit-il d'arbres 
forestiers, il va de soi qu'il faut émonder leurs têtes, attendu 
qu'on ne peut songer à les tuteurer pour donner moins de prise 
aux vents. De plus, leur mode de transport économique exige, 
souvent qu'on en fasse ainsi. De deux maux il faut choisir le 
moindre : il vaut mieux que leur bonne reprise laisse un peu 
à désirer plutôt que de les voir périr par 1 ébranlement continuel 
de leurs tiges. Au demeurant, ces essences ont la vie dure : leur 
reprise est assurée, pourvu qu'elles aient reçu les soins les plus 
vulgaires. Les essences à bois mou sont si bons enfants à cet 
égard, qu'on peut impunément supprimer leurs pieds et réduire 
leurs têtes à l'état de perches. 

Je n'entends donc parler ici que des essences les plus pré- 
cieuses, des arbres d'ornement et des arbres fruitiers de moyenne 
grandeur, quelle que soit la forme qu'ils afiectent, et je dis : non, 
il ne faut pas élaguer, il ne faut pas tailler de tels arbres lors de 
leur transplantatimi. 

Pour le prouver, il me faut faire un tant soit peu de science. 



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— 107 — 

Ne sait-on pas à présent qu'un végétal n'est qu'une aggloméra- 
tion de cellules f ayant chacune sa vie propre, douées de puis- 
sance créatrice, contenant en quelque sorte le prototype de tous 
les éléments, de tous les organes de la plante qu'elles consti- 
tuent ? Ne voit-on pas sortir des racines et une tige, même d'une 
feuille qu'on bouture ? Ne voit-on pas les Acotjlées se repro- 
duire, même sans fécondation ? Eh bien, ces cellules travaillent 
ensemble et toutes concourent à faire naître les parties diverses 
du végétal. Mais c'est surtout là où le besoin s'en fait sentir 
qu'elles développent leur énergie : elles j envoient leur proto- 
plasme et les matières élaborées qu'elles contiennent, surtout 
pendant l'hiver, en si grande abondance. 

Voilà donc la cause physiologique, la cause primordiale, la 
cause vraie de la formation des radicelles avec leurs papilles 
radicales, et, par conséquent, de la reprise de l'arbre : force 
essentiellement vitale, intérieure, rayonnant du centre à la 
périphérie. Et si tout cela est devenu essentiellement incontes- 
table, pourquoi détruire dans l'arbre qu'on transplante une 
partie de ses forces vitales? Pourquoi lui enlever ces branches 
qui récèlent des milliards de cellules créatrices et des trésors 
de matières élaborées, et cela juste au moment où leur activité 
et leur intervention sont le plus nécessaires ? 

Je m'arrêterai peu aux objections. On se base le plus souvent 
pour les avancer, sur des expériences mal instituées ou sur des 
faits exceptionnels. On dit que l'arbre émondé pousse mieux. Cela 
est ainsi en apparence, mais, en réalité, il n'en est rien. Lorsque 
l'activité vitale s'exerce sur un petit nombre de branches cou- 
pées, il va sans dire que la pousse y doit être plus énergique que 
lorsque cette activité se déploie sur un nombre infinement plus 
grand de points, sur toute la couronne de Tarbre. Il en est de 
cette objection comme du fameux bourrelet résultant de la décor- 
tication annulaire pratiquée sur une branche que les partisans 
de la vieille sève opposent comme un écran à la lumière que la 
science moderne leur envoie. Evidemment ce n'est qu'à partir de 
la deuxième année qu'il convient de constater l'avantage du 



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-^ 108 — 

second procédé sur le premier. Ou bien on conserve l'immense 
avantage de maintenir son arbre tout formé, ou bien, s'il arrive 
alors qu'on doive l'élaguer ou le tailler, on obtiendra partout 
des rameaux vigoureux et Ton atteindra plus vite et mieux le 
but qu'on s'était proposé. 

Sauf les principes, je suis d'assez bonne composition sur la 
pratique à suivre d'après les diverses circonstances qui peuvent 
se présenter. 

Vous transplantez un arbre dans d'excellentes conditions : 
vous lui donnez un sol fertile ; vous avez pu lui conserver une 
motte volumineuse; certainement alors vous pouvez tailler, 
bien entendu toujours si la formation de votre arbre réclame 
cette opération. 

Dans les mêmes bonnes conditions, s'il s'agit de poiriers sur 
Coignassier, de pommiers sur Doucin, tiges d'un an, qu'on destine 
à devenir des pyramides, des quenouilles ou des palmettes, ou 
fera bien de se souvenir que ces essences forment immédiatement 
des racines adventices et qu'il convient dès lors de les enterrer 
jusqu'à la naissance {Je leurs greffes. On gagnera ainsi, en les 
taillant, une année dans la constitution de leurs têtes. 

Deux autres exceptions enfin s'appliquent à ma thèse. C'est le 
cas de la Vigne dont on veut avoir du fruit dès la seconde 
année, attendu qu'elle ne fructifie, en général, que sur des 
sarments de l'année précédente. C'est ensuite le cas du Pécher 
dont les yeux n'ont de force végétative que pendant une seule 
année. Il faut donc tailler leurs tiges d'un an lorsqu'on veut 
leur faire produire des bifurcations. Il est vrai que ces derniers 
sujets, pour peu qu'ils aient souffert autrement, meurent souvent 
par ce traitement aussi barbare que nécessaire. 

En résumé, si vous ne vous trouvez pas dans une des positions 
favorables ou nécessaires que j'ai indiquées plus haut, si vos 
arbres arrivent d'un long voyage, s'ils ont séjourné longtemps 
hors terre, s'ils ont souffert de la gelée, eh bien, après avoir 
pris toutes les autres précautions d'usage, gardez vous bien de 
toucher à leurs têtes. Jean Marie De Smet, 



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— 109 — 

Le Pêcher et POranger dans l'Amérique 
du Nord. 

Une statistique publiée par le Gouvernement des Etats-Unis 
contient des détails intéressants sur la culture du Pêcher et de 
rOranger dans TAmérique du Nord. Ces deux arbres donnent 
actuellement des produits abondants et d'aussi bonne qualité 
que ceux du midi de l'Europe. 

Le Pécher prospère admirablement en plein air dans les Etats 
de rUnion situés au sud du 42® degré de latitude nord et jusqu'à 
une altitude de 9,000 pieds au-dessus du niveau de la mer. 
Ce sont principalement les péninsules de Chesapeake et de 
Delaware qui, par leur sol et leur climat, paraissent le mieux 
convenir à la culture du Pécher. On évalue à 5 millions le nombre 
des pêchers plantés sur une superficie de 20,000 hectares, 
circonscrite par le Chesapeake, le Delaware et le cap Charles. 

Trois millions de paniers de pêches fraîches ont été exportés 
l'année dernière de cette région dans les diverses parties des 
Etats-Unis. Tous ces fruits ne sont pas consommés à l'état frais ; 
douze fabriques de conserves sont établies dans les Etats de 
Delaware et du Maryland. Il en est sorti en 1878 plus de un 
million de boîtes. On fabrique aussi avec ces pêches une eau- 
de-vie appelée « peach brandy. » 

Quant à l'Oranger, c'est dans la Floride qu'il réussit le mieux. 
Cet Etat, dont le coton est le principal produit agricole, a 
introduit depuis peu sur son sol la culture en grand de l'Oran- 
ger. Les résultats obtenus ont été particulièrement satisfaisants 
dans l'est de la Floride. Aux environs de Leesburg, il existe 
aujourd'hui 75,000 arbres produisant chacun une moyenne de 
800 oranges. On exporte ces fruits par bateaux dans des boîtes 
qui se payent jusqu'à 5 dollars pièce. Dans le sud de la Cali- 
fornie, les orangers sont maintenant si abondants qu'on s'est mis 
à en planter le long des routes. 0. Klipp. 



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— 110 — 
Repiquage en feuilles d'amande. 

Tous ceux qui se sont occupés de faire des semis d'arbres 
fruitiers, ont dû être frappés du développement que prend la 
première année le principal corps de racine ou pivot, développe- 
ment qui n'est nullement en rapport avec la partie aérienne 
de ces égrains, ni en harmonie avec le mode de traitement 
ultérieur qu'ils réclament dans nos cultures. 

Aussitôt que la graine commence à lever, même avant qu'elle 
se soit dépouillée de son enveloppe (fig. 27 /.), la radicule 
s'allonge et continue en se dirigeant verticalement dans le sol. 




Fig. 27. Les feailles d'Amande. 

sans émettre aucune racine secondaire. Aussi arrive-t-il assez 
fréquemment que le pivot atteint la première année le double 
de la longueur de la jeune tige. 

Pour remédier à l'imperfection d'un pareil système de racines, 
on est obligé de retrancher, lors du repiquage, un bon tiers de 



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— 111 - 

ce pivot, afin que la partie restante se transforme en racines 
fasciculées. 

On comprend sans peine l'effet désastreux que doivent pro- 
duire sur des plantes de semis âgées d*un an, les deux opérations 
appliquées simultanément, savoir la transplantation précédée du 
retranchement de la partie inférieure du pivot qui seule porte 
quelques petites racines. Aussi n'est-il pas surprenant qu'un 
carré de jeunes semis d'arbres repiqués présente la première 
année un aspect assez maigre. 

Pour obvier à l'inconvénient de voir bouder pendant toute 
une année les semis repiqués, nous avons déjà recommandé la 
coupe du pivot sur place au moyen d'une bêche bien tranchante 
avec la condition de ne repiquer les plants que l'année suivante. 
Ce procédé qui offre des avantages sérieux, ne peut être appliqué 
toutefois qu'au semis en rayon. 

Il y a longtemps qu'on a parlé de la marche suivie par les 
semeurs qui ont en vue l'obtention de variétés nouvelles. 

Dans ces derniers temps, l'attention de tous les arboriculteurs 
s'est fixée sur le système Tourasse qui est basé sur une suite de 
repiquages dont le premier a lieu immédiatement après la ger- 
mination, alors que les plants n'ont encore que leurs cotylédons. 

Tous les spécialistes qui ont visité l'Exposition de Paris ont 
dû admirer ces poiriers à la fois vigoureux et fertiles, élevés dans 
un laps de temps tellement court que, pour se convaincre de la 
réalité du fait, le jury s'est vu obligé de faire la section transver- 
sale d'un de ces arbres, afin de se rendre compte du nombre de 
zones d'accroissement. Le procédé suivi par les semeurs semblait 
devoir rester exclusivement applicable aux petites quantités et 
nullement à la production par milliers et millions de sauvageons, 
comme il s'en produit dans les établissements qui ont pour 
spécialité Ibl fabrication du plant des essences ligneuses. 

Il n'en est pas ainsi pourtant, car certains pépiniéristes font 
le repiquage de tous leurs semis de poiriers entre autres, dès 
que les cotylédons sont développés (fig. 27 g), c'est ce que les 
pépiniéristes appellent repiquage en feuilles d* amande. 



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— 112 — 

Quoique le plant soit dans son meilleur état pour être repiqué 
lorsqu'il est au degré de développement indiqué par la fig. 27 ^, 
il peut, sans préjudice, être déplanté à un degré d'accroisse- 
ment moindre (ûg. 27/) ou plus avancé (fig. 27 A). A ces trois 
degrés de germination les semis se repiquent sans difficulté et 
presque sans arrêt dans leur croissance et sans mortalité. Ce mode 
de repiquer présente beaucoup plus d'avantage qu'on ne serait 
porté à le croire au prime abord. 

Les graines (pépins ou noyaux) sont semées drues à tout 
touche comme disent les hommes qui connaissent mieux la 
pépinière que l'académie. Ce semis se fait sur une planche bien 
préparée sur du vieux terreau ou de la terre de feuilles usée. 

Les graines étant répandues sur un espace très restreint, on 
peut sans peine ni dépense en prendre les soins les plus minu- 
tieux, quant à la préparation du terreau, le paillage, l'arrosage, 
l'ombrage, et contre les dégâts des oiseaux et des rongeurs. 

Dans le semis sur place, il n'est pas possible de prendre toutes 
ces précautions. En outre, si la graine est bonne, dans le semis 
sur place le plant se trouve trop serré ; on est obligé d'éclaircir et 
le plant arraché est perdu. Lorsque la levée est mauvaise, la 
même surface de terrain se trouve employée comme si la ger- 
mination était régulière. 

Dans tout semis fait sur place et qui a été convenablement 
soigné, on trouve à l'automne trois catégories de plantes dont la 
plus mauvaise est sans valeur. 

Pour repiquer en feuillles d'amande, on lève le petit plant 
avant qu'il ait pu se nuire par un voisinage trop rapproché. 

Le repiquage se fait à 7 ou 8 centimètres de distance, au 
moyen d'un petit bâton pointu. Pour de petites quantités on 
pourrait, suivant les indications de M. Tourasse, pincer l'extré- 
mité de la radicule. Cette opération est trop minutieuse pour être 
appliquée en grand, mais généralement l'enlèvement du plant 
et le dérangement qu'éprouve la radicule suffisent pour faire 
ramifier celle-ci (fig. 27 h). 

Ceux qui sont peu familiarisés avec l'élève des plants d'arbres, 



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— 113 - 

pourraient craindre que la transplantation de semis à peine 
levés doive en faire perdre un grand nombre. Il est très 
nuisible de transplanter de jeunes arbres quand ils sont en 
feuilles, mais il ne faut pas appliquer cette règle à ceux dont 
toutes les parties sont encore herbacées ; ceux-là se transplantent 
aussi facilement que de véritables végétaux herbacés, tels que 
Choux, Endives, Quarantaines, Reines Marguerites, etc. 

Les personnes qui ont passé leurs années d'enfance à la cam- 
pagne, se rappelleront avoir déraciné tant bien que mal des petits 
plants d'arbres, semis du hasard, croissant sur la lisière des 
champs, pour les transporter dans le petit jardinet de la maison. 

Cette charmante occupation de Tenfance, ces plantations faites 
comme par instinct, ont été pour plus d'un et à leur insu le 
premier pas dans une carrière à laquelle ils consacrent leurs 
forces physiques et intellectuelles, leurs bras et leur tête. Ce 
beau souvenir de ces temps heureux ou tout était paix et 
bonheur, prouve encore une fois que le repiquage en feuille 
d'amande s'est pratiqué depuis longtemps et qu'il n'y a rien de 
neuf sous le soleil. jPr. Burvenkh. 



Le Laurier rose. 

Ceux de nos compatriotes qui ont visité Paris durant les mois 
d'août et de septembre et qui s'intéressent à l'horticulture, ont 
dû remarquer combien les Lauriers roses jouissent d'une grande 
préférence et sont employés partout à orner les entrées des 
maisons parisiennes. 

Mais d'un autre côté, le connaisseur en fait de culture a du être 
péniblement surpris de voir ces grandes plantes pour ainsi dire 
informes et trahissant le manque de soins les plus élémentaires. 
Et pourtant le Laurier rose {Nerium Oleander) est docile à la 
taille ; on peut presque le mutiler à volonté et lui faire prendre 
la forme que l'on désire. Ces grands exemplaires acquerraient 
par la taille une belle forme ronde ou pyramidale aussi facile- 
ment que le Laurier ordinaire {Laurus noUlis) ou le Laurier 



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.- 114 — 

Tin (Viburnum Tinus), ce qui ne les empêcherait pas de se 
couvrir, dans le courant de Tété, de leurs belles fleurs rouges, 
roses ou blanchâtres. 

Nous savons bien que, à part ces bonnes qualités, le Laurier 
rose a le défaut de perdre souvent trop de feuilles en hiver et de 
se dégarnir à la base. Mais le moindre jardinier sait aussi qu'il 
suffit d'un coup de serpette pour faire repercer les jeux sur le bois 
inférieur. Toutefois ce coup de serpette, on ne semble pas vouloir 
le donner et on a le tort d'abandonner la plante à la nature. 

Tandis que le Laurier rose est pour ainsi dire oublié dans les 
cultures gantoises, il est à Paris l'objet d'un commerce spécial, 
et il abonde sur les marchés. La culture en est trop facile pour 
qu'il soit nécessaire d'en parler longuement. Cette plante se 
plait dans du terreau mêlé à de la terre de feuilles. Durant l'été 
on l'arrose beaucoup, en se souvenant que la plante est originaire 
de lieux marécageux. L'arrosement avec de l'eau tiède en active 
la croissance et la floraison. On peut l'exposer impunément 
aux rayons solaires. En hiver l'orangerie lui suffit. La multi- 
plication a lieu par boutures à l'air libre. On peut même placer 
celles-ci dans l'eau où elles prennent parfaitement racine. 

M. Mortier. 



La viticulture anglaise. 

Les personnes qui ont vu l'exposition de fruits organisée, en 
1875, dans les salles du Casino de Gand, par le Cercle d'Arbori- 
culture de Belgique, se sont rappelé longtemps les immenses 
grappes de raisins exposées par MM. Lane, viticulteurs anglais. 
On s'arrêtait auprès de ces grappes gigantesques, on s'extasiait 
devant ces produits obtenus sous un ciel moins favorisé que le 
nôtre pour la culture de la Vigne sous verre. Ce ne sont donc 
pas des conditions exceptionnelles de climat et de situation qui 
concourent à donner ces beaux résultats. Tout est dû aux soins 
persévérants et aux détails du mode de culture. 

Je laisse aux spéculateurs de décider, si les prix qu'on 



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— 115 — 

obtiendrait en Belgique pour des produits aussi remarqua- 
bles que ceux des Anglais, seraient suffisamment rémuné- 
rateurs pour le marchand. Je n'oserais pas soutenir qu'une 
culture, telle que je vais la décrire en abrégé, serait 
lucrative au point de vue mercantile. Je suis toutefois disposé 
à croire que les résultats donneraient une réponse affirmative. 
Quant à Tamateur qui ne regarde pas à quelques frais lorsqu'il 
s'agit d'avoir du bon et du beau, à celui-là j'ose promettre des 
résultats qui le satisferont complètement. Quelques amateurs 
déjà se sont lancés dans cette voie. 11 j a deux ans, j'ai 
appelé l'attention des lecteurs du Bulletin sur les essais de 
M. PuLs, à Oand, qui a, depuis cette époque, triplé l'importance 
de ses cultures. 

Je ne crois pas nécessaire de discuter dans cette notice les 
divers procédés suivis dans différents systèmes de culture ; j e 
craindrais de porter de la confusion en multipliant les exemples 
et les arguments. Ce que je me propose, c'est de donner aux 
membres du Cercle l'exposé du mode de culture suivi à 
rétablissement Pearson, à Chilwell. Ce qui plaide beaucoup en 
faveur des procédés suivis ici, c'est que la maison est un 
établissement de commerce, spéculant sur la valeur des fruits ; 
de plus j'ai été à même d'apprécier suffisamment ces procédés 
de mes propres yeux; d'ailleurs ceux qui sont un peu au 
courant du monde horticole, savent que le nom de J. R. PeaRson 
est déjà une garantie sérieuse. 

Le mode le plus simple à suivre dans cet exposé sera de 
prendre comme modèle une bonne serre à vignes de l'établisse- 
ment Pearson, de donner les principes suivis pour la construc- 
tion, de décrire ce qu'on y a fait et ce qu'on y fera. Ce sera 
à peu près mon plan et pour m'y guider j'ai trouvé un grand 
secours dans les ouvrages de J. R. Pearson, publiés par les 
rédacteurs dix Journal qf horticulture. 

Si l'on construit une serre à vignes dans le but de simplement 
hâter et préserver les fruits, il est utile de l'avoir à toiture 
élevée et à deux pentes, dirigée du nord au sud, de façon à 



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- 116 — 

présenter un flanc à Test et Tautre à Touest. Les avantages des 
serres à deux versants sont assez appréciés pour que je 
m'abstienne de les mentionner. Quant à l'élévation, elle doit 
s'observer surtout en vue d'éviter les toits trop plats ; il est en 
effet nécessaire que l'eau s'écoule des serres avec facilité, sans 
quoi elle pénètre, par l'action du vent, dans l'intérieur du bâti- 
ment ; les gouttelettes qui tombent sur les grappes les avarient, 
et une humidité stagnante donne infailliblement la grise, cette 
lèpre indestructible des serres à vignes. 

Il faut absolument dans les serres un bon système d'aérage, 
car, sans cela, on en est toujours aux prises avec l'araignée 
rouge, ou la grise, et sous l'action d'un soleil ardent les feuilles 
et les baies brûlent. On a longtemps discuté la meilleure méthode 
d'aérage ; quelques personnes n'ont qu'une ventilation au bas de 
la serre, d'autres préfèrent donner de l'air par le haut. A l'éta- 
blissement ici on a des ventilateurs au haut et au bas des serres, 
et on peut le considérer à peu près comme une nécessité. L'aérage 
par le bas est toujours insuffisant, l'air suréchauffé se portant 
sans cesse vers le faîte du bâtiment. 

Pour la culture forcée, les serres adossées exposées au sud 
sont préférables. Ces serres se chauffent facilement et le refroi- 
dissement n'est pas aussi soudain; la perte de lumière est 
insignifiante, car au premier printemps le soleil est si bas que 
ce n'est que pendant quelques heures au milieu du jour que l'on 
peut compter sur son action. A cette époque, Taérage est pour 
ainsi dire inutile, et quelques fenêtres pratiquées, dans le mur 
de fond pourvoiront aisément à tous les besoins. 

Dans les serres à forcer, il faut un bon système de chauffage, 
mais dans une serre ordinaire où il ne s'agit en hiver que 
d'éoarter la gelée, on peut se contenter à la rigueur d'un conduit 
à fumée. Cependant le thermos jphon sera t(»ujours le meilleur ; 
il est, à la longue, le plus économique. 

Ce que je crois devoir recommander avec le plus d'insistance 
aux amateurs belges, c'est de donner à leurs vignes un meilleur 
compost lors de la plantation. C'est par une économie mal 



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— 117 — 

entendue que souvent on n'obtient que des produits médiocres 
et qu'on déploie en vain tout le talent, toute Tintelligence dans 
les détails minutieux de taille, de pincement, de palissage, etc. 
Cest à son vine border, bordure ou plate bande destinée à 
recevoir la vigne, que le jardinier anglais consacre tous ses 
soins, et c'est à cela qu'il doit en grande partie ses merveilleux 
résultats. 

Voici comment sont établies ces plates bandes à l'établisse- 
ment Pearson. 

Dans l'intérieur de la serre, à un mètre environ du mur de 
pourtour, se trouve un mur d'une demi brique, haut de 60 centi- 
mètres, servant de bordure à une plate bande intérieure. A 
Textérieur de la serre, la plate bande a 3 à 4 mètres de largeur, 
et est en communication avec la bordure intérieure, le mur 
étant établi sur arcades ou voûtes, ou sur des pilastres en fer. 
Les racines ont donc un espace de 5 mètres pour se développer. 
La couche de terre rapportée a une épaisseur de O'^SO du côté 
du mur, où elle descend en pente vers le côté opposé. Dans les 
situations sèches, on n'isole jamais la terre artificielle du fond 
de la couche ancienne. Si au contraire le sous-sol est froid et 
qu'il y a des eaux stagnantes, on enlève une couche de sol, pour 
la remplacer par un lit d'environ 0^20 de briquailles, décom- 
bres, gravier, etc. Cette précaution est un mal nécessaire et il 
est certes bien préférable de ne pas devoir y recourir, car ces 
matériaux entassés empêchent dans les grandes chaleurs Teau 
de la couche plus profonde de monter par capillarité, et une 
grande attention est requise pour tenir le compost dans un état 
régulier d'humidité. En effet, la Vigne offrant, par son ample 
feuillage et son jeune bois, une grande surface d'évaporation, le 
manque d'eau lui est très nuisible. Pour éloigner les eaux sur- 
abondantes et surtout l'humidité stagnante, on place parfois 
quelques rangées de tuyaux de drainage, entourés de gros bri- 
quaillons, qui emmènent les eaux superficielles à une extrémité 
de la plate bande. Sur ce drainage on place une couche de gazon 
retourné, et ensuite le compost. Le viticulteur anglais est difficile 



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— 118 - 

sur le choix du compost destiné à remplir la plate bande et il 
prend soin surtout d'éviter les mélanges trop argileux. La 
Vigne veut un sol meuble et poreux, riche en calcaires et en 
sels de potasse. M. Pearson s'en est toujours tenu au mélange 
décrit dans son Vine culture. Les résultats sont excellents, et les 
frais sont raisonnables: 10 parties de terre de gazon d'une bonne 
prairie un peu sablonneuse, 2 parties de substances calcareuses 



Fig. Sg. — Serre A Vignes adoxsée. 

non caustiques : phosphates, carbonates et sulphates, 1 partie 
de crottins de chevaux, et quelques os finement concassés. 

Évitez les feuilles et les ramilles en voie de décomposition, qui 
donnent le champignon, et surtout l'abondance de substances 
azotées, produisant des pousses herbacées et épaisses, en mûris- 
sant pas bien, et des fruits aqueux sans arôme. 

La terre de gazon est ici emplo^^ée fraîche. On la découpe en 
menues pièces, et on s'en sert le jour même. Cela ne semble pas 
nuisible à la Vigne, mais je suis d'avis que si on le tenait exposé 
à l'influence des agents atmosphériques, le mélange ne pourrait 



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— 119 — 

que gagner en porosité et perméabilité, deux qualités réclaméeÉl 
par la Vigne. C'est dans la plate bande, formée comme je Tai 
indiqué, que les vignes sont plantées avant Vhiver, le pied à 
l'intérieur. Si la serre contient d'autres plantes, qui doivent 
être chauffées tout l'hiver, il est préférable de planter au 
printemps, en évitant de recourir à la plantation tardive qui nuit 
énormément à la reprise, à moins qu'on n'ait des pieds élevés en 
pots. Dans ce dernier cas, les radicelles nouvellement formées ne 
sont en aucune façon dérangées, et c'est un des grands avantages 
attachés à l'emploi de tels plançons. Je dis grands avantages, et 
en effet cela est si vrai, et si bien apprécié en Angleterre, 
que c'est par exception que l'on se sert de sujets sortis de la 
pépinière. Pourquoi n'en serait-il point ainsi en Belgique, où 
vu le prix moins élevé des salaires, matériaux de chauffage, et 
l'économie dans tous les procédés, on peut produire les mêmes 
pieds à des conditions beaucoup moins onéreuses? 

Avec des vignes enlevées de pleine terre, on observe les 
conditions ordinaires de plantation ; on étale les racines avec 
soin après avoir raffraîchi leurs plaies, et on couvre d'une 
mince couche de terre. La plantation superficielle est une 
condition essentielle à la bonne réussite. 

Il est toujours nuisible de donner de la chaleur immédiatement 
après. On attend que la Vigne ait bien poussé avant de chauffer, 
car, sous Tinfluence d'une haute température, les plantes sont 
disposées à pousser vite, et les feuilles se forment aux dépens 
des substances que la plante a emmagasinées, tandis que, dans 
les conditions ordinaires, les radicelles, qui se forment d'abord, 
apportent leur concours dans la foliation. 

La distance entre les ceps se calcule d'après la forme à la- 
quelle on les destine. Le cordon vertical est toujours préférable, 
et dans ce cas on plante à peu près à 1™25 de distance. Peut-être 
cette distance parait ra-t-elle exagérée, cependant il n'en est 
rien. C'est en voulant trop gagner, qu'on perd; car en mettant 
2 ou 3 plantes de plus qu'à l'ordinaire, on est obligé de pincer 
et de repincer les sarments, qui s'affaiblissent au détriment du 



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- 120 — 

produit de Tannée suivante. Si on a planté une vigne en pot, on 
peut commencer la formation du cordon dès la 1" année. 
On rabat jusqu'au dessus de l'œil que Ton veut faire servir de 
sarment principal. S'il y a des jeux situés en dessous, on ne les 
éborgne pas ; on les laisse se développer pour renforcer le pied 
mère, et on les arrête à 5 ou 6 feuilles. Quant à la jeune char- 
pente, on la laisse se développer librement. 

Si on a planté des vignes élevées en pépinière, on ne pourra 
revenir Tannée même sur Toeil de charpente. Il faut laisser le 
cep à peu près intact, se contentant de raccoucir un peu. La 
seconde année on revient sur la place où on veut voir se déve- 
lopper le sarment mère. Il y a donc une année en pure perte ! 
On ne doit jamais laisser fructifier une vigne la première année ; 
on palisse le cordon le long du toit, mais à une distance de 25 c* 
minimum. 

Après avoir planté la vigne on ne doit plus labourer la plate 
bande où elle se trouve. Evitez même d'y marcher et surtout n'y 
faites pas d'entre cultures. Ayez toutes les précautions pour 
avoir des racines aussi près de la surface que possible. Cela 
influe sur les qualités en général, sur le coloris en particulier. 
En hiver, on recouvre la plate bande intérieure d'une couche 
épaisse de long paillis, dans le but de conserver la chaleur 
latente, mais non pas de chauffer, une couche en fermentation 
ne pourrait que nuire. Le paillis, quand il reste en été, tient la 
plante fraîche, et ne doit être enlevé qu'un peu avant la colo- 
ration, alors que l'action directe des rayons du soleil sur les 
racines a une influence si salutaire. 

Pendant Tété, on seringue les vignes tous les soirs, entre 
4 et 5 heures. L'utilité de cette opération est souvent contestée ; 
je crois moi-même qu'il n'est pas nécessaire d'asperger si 
régulièrement, mais je n'y ai pas vu de désavantage jusqu'ici. 
Il est rationnel que cela ne se fasse pas au moment de la féconda- 
tion et de la maturation. 

{Sera continué.) 

Octave Burvenkh. 



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-^ 121 — 

Cornets et porte-fleurs. 

II. 

( Voir ci-dessus page 11.) 

Nous avons dit un mot déjà des gracieuses corbeilles en papier 
éditées par la maison Fadderjahn de Berlin. Une main habile, 
guidée par ce goût instinctif, qu'il est bien difficile d'acquérir 
lorsqu'on ne le possède pas de soi-même, tire parfois un excellent 



Fig. 19.— Corbeille à bouquets. 

parti des choses en apparence les plus modestes ou les plus 
somptueuses. 

Ainsi, la corbeille en couronne, fig. 29, semblerait devoir 
exclure par sa composition compliquée, l'idée même de l'esthé- 
tique. Eh bien ! nous avons vu cet ensemble, orné d'une façon 
réellement ravissante, produire au milieu de cinquante bou- 



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— 122 — 

quets plus riches les uns que les autres, un effet indicible et par 
son originalité et par sa grande élégance. 

Comme nous l'avons raconté ailleurs (1), des noces d*or furent 
célébrées dans une famille gantoise, le 22 janvier dernier. 
Malgré le rude hiver, les fleurs s'y montrèrent en abondance 
et au sein de cette richesse florale, la corbeille aux douze 
bouquets eut un succès immense. Les petits paniers contenaient 
à tour de rôle, des boutons de Roses, des Violettes de Parme et 
des Lilas blancs, et par ci, par là, quelques brins de Capillaire 



¥\g. 30. — Paaier à fleurs. 

avec les symboliques épis d'or nécessités par la circonstance, et 
ils excitèrent à bon droit l'admiration générale. Cette admiration 
devint de l'enthousiasme lorsque les plus jeunes des petits- 
enfants de la famille présentèrent tour à tour un petit panier 
fleuri aux heureux jubilaires. Cette corbeille valait certes le 
plus riche cadeau et cependant le tout n'avait guère coûté plus 
de quarante francs, les Roses, les Violettes et les Lilas compris ! 

Toutes ces corbeilles sont en papier épais imitant fort bien la 
paille ou le jonc finement tressé. 

Un modèle beaucoup plus simple est celui de la ûg. 30, qui 

(1) JRevîte de V Horticulture belge, 1879, p. 31. 



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— 123 — 

simule un vrai panier en osier. Garni de fleurs et de graminées 
sèches, il est pour les longs mois d'hiver un petit meuble fort 
apprécié. Ces graminées et ces fleurs sont piquées dans un lit de 
mousse imitée ou mieux de mousse naturelle séchée et bien teinte 
en vert, servant de liaison entre les fleurs passées et les 
jolies printanières qui tardent toujours trop longtemps à revenir. 
Outre les cornets à bouquets et les corbeilles, l'industrie du 



Fig. 31, 32, 33. — Cache pots. 

cartonnage s'est emparée aussi du cache pot, dont on n'aurait 
que faire si la forme des vases en poterie n'était le plus souvent 
si disgracieuse. Les trois modèles que nous figurons ont été pris 
au hasard parmi beaucoup d'autres. S'ils ont Tavantage de ne 
pas coûter cher, ils ont peut-être aussi le défaut d'être trop ornés 
et par suite ils peuvent nuire aux fleurs mêmes en diminuant par 
leur richesse l'éclat de celles-ci. Employés à des plantes vertes ou 
à feuillage sombre, cet efiet n'est pas à craindre. D'ailleurs la 
mode les admet et on aurait beau vouloir réagir contre ses 
caprices. Ém. Rodigas. 

L'hnile de Noix. — Dans le département de Maine-et-Loire 
(France), on évalue le produit annuel d'un Noyer bien développé 
à environ 100 litres de noix. L'huile qu'on en retire à froid est 
de belle qualité. Un hectolitre de noix du poids moyen de 
44 kil. donne 9 kil. d'huile, soit 4 kil. 500 à froid et 4 kil. 500 
à chaud. 



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- 124 — 
Plantez tard vos arbres verts. 

Malgré tout ce qu'on a déjà écrit sur cette question, on est loin 
d'être d'accord sur l'époque la plus convenable pour la planta- 
tion des arbres verts. Les uns préconisent août et septembre, 
d'autres l'époque du repos complet, d'autres encore sont parti- 
sans du mois d'avril, enfin il y en a qui vont jusqu'à prétendre 
que même au milieu de l'été on peut procéder à l'opération qui 
nous occupe. 

Notre avis est que toute saison peut être convenable dans un 
cas donné et si le temps qui survient se met de la partie. Sinon, 
la transplantation d'arbres verts est toujours chanceuse. 

Néanmoins nous n'oserions pas donner le conseil de planter 
en plein repos, à moins qu'on n'eût affaire à des pieds se trouvant 
en pot ou conservant de bonnes mottes et que l'on pourrait 
mettre dans une situation bien abritée des vents surtout. 

En plein été, il serait beaucoup moins dangereux de procéder 
à cette p'antation; nous garantissons même qu'on réussira par- 
faitement si l'eau ne vient pas à manquer aux racines et si le 
soleil et le vent surtout peuvent être évités. Une huitaine de 
jours de temps doux et pluvieux, par exemple, après une telle 
plantation, et la reprise est assurée. Mais pourquoi courir cette 
chance ou s'imposer des soins tout spéciaux ? Ne choisissons donc 
cette époque qu'en cas d'absolue nécessité. 

Une excellente saison est celle d'août-septembre, pour autant 
bien entendu que le temps s'est mis plus ou moins â la pluie, ou 
que le vent n'est ni au nord ni à l'est et à peu près nul avec un 
ciel couvert. Dans ces cas, les racines ne discontinueront pas 
leurs fonctions et la reprise est certaine. Au contraire, le temps 
tourne-t-il contre l'opération, on est de nouveau exposé à perdre 
beaucoup de pieds; c'est ce qui a fait dire à ceux qui ont fait 
cette triste expérience que août et septembre ne valent rien pour 
le travail dont il s'agit. C'est une erreur. 

L'entête de cet article dit qu'il faut planter tard les arbres 



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— 125 ~ 

verts. Est-ce le mois d'avril? Oui, et même le mois de mai. 
Comme tout le monde, nous avons essayé de planter à diffé- 
rentes époques et tantôt une réussite complète, tantôt un échec 
total a été le résultat. Nous Tavons assez fait sentir tout à 
l'heure, le temps qui survient immédiatement après la planta- 
tion des arbres verts est pour les 7/8 dans la bonne ou mauvaise 
réussite. 

Néanmoins en moyenne les plantations tardives nous ont 
donné le meilleur résultat. Le moment où la plante commence 
à donner très visiblement signe de vie nous semble par consé- 
quent le meilleur. C'est donc dans le courant du mois d'avril, 
un peu plus tôt, un peu plus tard. Mais ici encore nous devons 
prémunir contre quelque chose de très redoutable parfois. C'est 
que bien souvent vers l'équinoxe du printemps (21 mars) le vent 
tourne au nord ou à l'est et y reste alors généralement pendant 
des semaines. Pour ce motif, nous disons donc 1° de ne jamais 
planter avant la fin de mars ; 2*» de le remettre à beaucoup 
plus tard, voire même jusqu'en mai quand bien même les pieds 
à planter auraient poussé déjà d'un centimètre ou deux, aussi 
longtemps que le vent, l'état du ciel, la température générale 
ne soient revenus à ce degré de souplesse, de douceur que tout 
planteur, un peu intelligent, saura bien taxer de favorable à la 
reprise de la végétation. 

H. J, Van Huile. 



La Culture maraîchère et fruitière de PAnjou. 

La culture des légumes prend chaque jour une importance 
plus considérable dans les environs des grandes villes : avec les 
facilités de communication que donnent les chemins de fer, il 
n'est plus de centre important qui n'ait au loin des fournisseurs 
attitrés et la distance n'est plus un obstacle au développement 
des cultures maraîchères. 

En France, la culture des légumes est pratiquée sur une vaste 
échelle aux environs d'Angers et dans la vallée de TAuthion. 



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— 126 - 

Chaque année, l'Anjou expédie à Paris, à Nantes, etc., des 
artichauts, des asperges, des fraises, des petits pois, des choux 
fleurs, des melons, etc. Saint-Laud est renommé pour ses arti- 
chauts, appelés artichauts camards, et ses melons, dits melons de 
Fremur. 

Déjà en 1864 la gare d'Angers expédiait près de 800,000 kilo- 
grammes de choux fleurs, 120,000 kilogrammes de petits pois, 
25,000 kilogrammes de haricots verts et 65,000 kilogrammes de 
fraises. Les choux fleurs valent de 12 à 13 francs, les petits pois 
200 francs, les haricots verts 35 francs les cent kilogrammes. 
Les fraises sont expédiées en paniers pesant 3 kilogrammes et 
ayant une valeur moyenne de fr. 1,25. 

Le Pissenlit (Taraxacum dens leonis) est récolté dans les prai- 
ries pendant les mois de janvier et de février, pour être expédié 
ensuite à Paris. La quantité envoyée par les gares des Rosiers, 
de la Ménitré, de Saint-Mathurin et de la Bohalle, situées dans la 
vallée de la Loire, s'est élevée certaines années à 800,000 kilo- 
grammes. Cette quantité avait une valeur de 130,000 francs et 
occasionnait en frais de transport une dépense de 68,000 francs. 

Ce même département français envoie chaque année à Paris 
ou à l'étranger 5 millions de kilogrammes de pommes, 1,500,000 
kilogrammes de poires, 80,000 kilogrammes de cerises et 250,000 
kilogrammes d'abricots. 0. Klipp. 



Exposition de Bruges. 

L'Exposition que la Société provinciale d'Horticulture de 
Bruges ouvre au printemps de chaque année, a le privilège 
d'attirer plus que d'autres l'attention des amateurs. C'est que 
ceux-ci peuvent être assurés de trouver dans l'immense salle des 
Halles brugeoises des plantes d'élite parfaitement cultivées. 
Cette année encore l'Exposition du 13 avril a offert l'occasion de 
constater que la Société de Bruges continue de réaliser des 
progrès incontestables, bien qu'elle soit réduite à ses propres 



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— 127 — 

forces et que les horticulteurs de cette localité, membres d^'une 
société rivale, s'abstiennent de prendre part à l'exposition 
du printemps, sans se douter peut-être qu'ils méconnaissent 
ainsi leurs propres intérêts comme ceux de l'horticulture en 
général. 

Après le long et rude hiver, si fécond en cruelles reprises, 
qu'il a fallu subir, on est heureux de voir réuni dans un gra- 
cieux ensemble tout ce que Flore peut offrir de fleurs et de 
feuillage à cette saison. Les végétaux les plus frileux, les 
Coleus de M. Otto db Nieulant n'avaient pu résister à la 
froidure hivernale de la dernière nuit : ils inclinaient triste- 
ment la tête à côté des riches Azalées de l'Inde, des Camellias 
et des Rhododendron de M. Kervyn van Zuylen, le vénérable 
président de la Société. 

Les apports de M. de Maleingreau qui prirent part à une 
quinzaine de concours, étaient fort remarquables et lui valu- 
rent le prix d'honneur et de nombreuses médailles parfaite- 
ment méritées. M. Dumon-de Menten de Horne s'est distingué 
comme toujours par ses collections de Palmiers d'une culture 
irréprochable. Nous avons remarqué surtout son Chamaerops 
hystrix devenu réellement rare, de beaux Kentia Wendlandi 
et Zucianiy ainsi que le Pritchardia filifera, Palmier d'ave- 
nir, qu'il sera possible de cultiver en pleine terre dans nos 
jardins en l'abritant en hiver comme V Araît^caria, Le lot de 
Palmiers rares exposé par M. de Crombrugghe renfermait un 
Glazioim insignis admirablement caractérisé et que plus d'un 
membre du Jurj enviait à son heureux propriétaire, possesseur 
également d'un magnifique Ceroxylon niveum et de superbes 
Phormium variés. 

Parmi les apports des jardiniers, nous aimons à signaler les 
Echeveria de M. Fréd. Verhaeghe et de M. Verhaeghe-Rys. 
Ce dernier a remporté la palme pour le bouquet à offrir à une 
mariée ; son concurrent, M. L. Baete, n'avait pas compris les 
termes du concours et avait exposé à tort, paraît-il, un bouquet 
de la mariée. 



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— 128 — 

Nous félicitons la Société provinciale d'Horticulture de Bruges 
du nouveau succès qu'elle vient de remporter. Cette exposition 
dont Tarrangement était des plus coquets, a parfaitement réussi 
et a dû attirer de nombreux visiteurs. Ém. Rodigas. 



L^Art des Jardins, par Edouard André. 

Nous avons sous les jeux le superbe ouvrage que M. Ed. 
André vient d'écrire sur la composition des parcs et jardins (1). 
Ce livre, très grand in-8", compte près de 900 pages et renferme 
11 planches et plus de 500 figures. L'espace et le temps nous 
manquent pour signaler dès aujourd'hui tous les mérites de cette 
publication magistrale, digne de la réputation que l'auteur s'est 
acquise comme architecte paysagiste. Nous y reviendrons pro- 
chainement. Ém, Rodigas. 



Nécrologie. 

Charles-Louis Alberdienst, arboriculteur diplômé, bien 
connu à Gand et dans les environs de cette ville, y est mort le 
12 mars, à l'âge de 49 ans. 

Charles Alberdienst fut un travailleur infatigable, générale- 
ment estimé. 11 contribua à la création et à l'entretien d'un grand 
nombre de plantations fruitières dont quelques-unes sont consi- 
dérées comme de vrais modèles. Il sut mériter la décoration de 
première classe de l'ordre des travailleurs agricoles. 

Ém. R. 



(1) L'Art des Jardins, par Éd. André. A Paris, chez G. Masson, 
éditeur, 120, Boulevard St Germain. Prix : 35 francs. 



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— 129 — 
Beurré de Naghin. 

Le nombre des bonnes poires d'hiver est encore relativement 
restreint. Aussi crojons-nous rendre service aux lecteurs des 
Bulletins en leur faisant connaître une variété tardive qui est 
peu répandue dans les cultures. 

Elle a le triple mérite du volume, de la qualité et de la fer- 
tilité. La poire Beurré de Naghin a été obtenue par M. Norbert 
Daras de Naghin, propriétaire à Tournai, et provient des 
semis de M. Gabr. Everard. Ce fruit fut couronné par la 
Société royale d'Horticulture et d'Agriculture de Tournai, le 
10 mars 1858. 

Le nom Daras de Naghin est bien connu dans le monde pomo- 
logique, à cause des bons et nombreux gains dont M. N. Daras 
de Tournai et M. C. Daras d'Anvers ont enrichi les collections 
fruitières depuis quelques années. Ce dernier, qui a eu l'obli- 
geance de nous envoyer les fruits ayant servi de modèle à 
l'artiste, est un de ces semeurs qui ont trouvé la bonne veine ; il 
se plait à répandre ses gains dans le pays. Nous en parlons en 
connaissance de cause : la plupart des semis de M. C. Darâs ont 
été mis à l'étude par le Congrès pomologique de France et sont 
en multiplication dans nos pépinières ; de plus la dégustation 
des dernières nouveautés : Congrès de Gandy Charles GfUbert^ 
Somenir de Firmin, Souvenir de Lydie, Emma^ Tardive d' An- 
vers , etc., nous permet de nous prononcer en faveur de ces 
variétés. 

B. Du Mortier dans sa Pomone Tournaisienne, dit beau- 
coup de bien du Beurré de Naghin; il fait observer cependant que 
cette poire, de qualité hors ligne sur coignassier, est dure et à 
cuire quand elle est greffée sur franc. 

On ne sait pas au juste de quelle variété est issue la poire 
figurée ci-contre ; notons pourtant que la forme du fruit et sa 
maturité tardive lui donnent quelque analogie avec le Doyenné 
d'hiver; il n'est donc pas impossible qu'il y ait de la parenté 
entre les deux variétés. 

10 



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— 130 — 

Le Beurré de Naghin parait être peu répandu en France, 
puisque le Dictionnaire pomoloçique d* André Lerot n*en fait 
aucune mention. 

La meilleure exposition à donner à cette poire est Tespalier 
au midi ou au levant, à côté de ses congénères : Doyenné 
d^hiver. Beurré d'Harienponty Passe Colmar, etc. C'est là que le 
fruit acquiert son plus beau développement et tout son arôme. 
L'arbre réussit cependant très bien en pyramide et contr'espa- 
lier. 

Voici la description de la variété; nous l'empruntons en 
grande partie à la Pomone Toumaisienne. 

Arbre vigoureux, rameaux étalés, souvent tortueux ou diva- 
riqués, vert roussàtre. Boutons à fruits moyens, ovales, pointus. 

Feuilles ovales, aplaties, à pétiole moyen, stipules linéaires 
dressées. 

Fruit gros, ovale, tronqué au sommet, souvent déprimé à 
l'attache du pédoncule, ombiliqué à la base. Pédoncule moyen, 
inséré peu obliquement, assez fragile; calice moyen, enfoncé, 
petit. Peau lisse, jaune d'or. Chair fondante, beurrée, très 
juteuse et très sucrée, légèrement aromatisée et tout à fait hors 
ligne sur coignassier. 

Maturité. Mars-avril. 

En somme la poire Beurré de Naghin est une acquisition 
précieuse, un fruit d'élite, qui a sa place marquée dans toutes 
les collections de quelque importance. 

Jules Burvenich. 



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— 131 — 



CERCLE D'ARBORICULTURE DE BELGIQUE. 



Admissions. 

3« Section. — Membres protecteurs. 

MM. Bordeaux (E.), jardinier au château de Vaudreuil (Eure); 
présenté par M. Pynaert, 

De Kuylenstjerna, lieutenant-colonel, Beetzendorf (Prusse); 
présenté par M. Pynaert. 

Delmotte (Th.), facteur d'orgues, faubourg de Lille, Tournai; 
présenté par M. Regibo. 

Depierreux (Jos.), chef de culture, Mouffrin-Ciney ; présenté 
par M. Van Huile. 

Dubois, bureau dei? postes, Boskoop (Hollande); présenté par 
M. Rodigas. 

Ducrot, jardinier en chef chez MM. Druard, Écaussines; pré- 
senté par M. Burvenich. 

Engels-Goethals, négociant, Eecloo ; présenté par M. J. M. De 
Smet. 

Joigneaux (Pierre), député. Bois de Colombes, par Asnières, 
Seine (France) ; présenté par M. Van Huile. 

Luycx fils, Marcq (Hainaut) ; présenté par M. Burvenich. 

Mahieu (François), horticulteur-propriétaire, route de Mons, 
Boussu ; présenté par M. Pynaert. 

Muquardt, libraire, Bruxelles ; présenté par M. Rodigas. 

Plantier (Paul), amateur d'horticulture, à Lisbonne (Portu- 
gal); présenté par M. Pynaert. 

Potier (Ed.), jardinier, Gesves (Namur); présenté par M. Rodigas. 

Quercon (H.), jardinier au château de Sillery, par Beaumont 
(France) ; présenté par M. Pynaert. 

RyfErank-De Bakker, imprimeur, Eecloo ; présenté par M. Vau 
HuUe, 



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- 132 — 

Schuermans (Ed.), élève à l'École d'Horticulture de l'Etat, 
Vilvorde ; présenté par M. Rodigas. 

Strebelle (Hector), jardinier, Hornu ; présenté par M. Pynaert. 

Van Camp (Jos.), élève à l'École d'Horticulture de l'État, Vil- 
vorde ; présenté par M. Rodigas. 

Vander Bruggen (J. B.), chez M. le Curé, Marcke-Kerckem 
lez Audenarde ; présenté par M. Van Huile. 

Wallaert (Fr.), jardinier chez M. le chevalier Soenens, St Denis- 
Westrem ; présenté par M. Van Huile. 

Weber, jardinier en chef au Jardin botanique de Dijon (France) ; 
présenté par M. L. Van Houtte. 

Witte (Johan Karel), agent horticole, rue des Annonciades, 
Gand ; présenté par M. Van Huile. 



Excursion du Cercle en Néerlande. 

L'excursion que le Cercle d'ArboricuUure de Belgique a résolu 
de faire cette année en Néerlande, est fixée au Lundi 2 et 
Mard 1 3 j uin prochain . 

Voici l'itinéraire arrêté : 

Dimanolie 1 juin 1879. 

Départ de Gand. . . à 12 h. 30. 

^ de Bruxelles. . à 2 h. 30. 

» d'Anvers. . . à 3 h. 41. 
Arrivée à Rotterdam à 6 h. 30 du soir. 
Visite au Jardin Zoologique. 

Lundi 2 juin. 

Départ de Rotterdam pour Gouda par le premier train. 

Des voitures conduiront les excursionnistes de Gouda à 
Boskoop. 

Visite des principales cultures de Boskoop, sous la conduite de 
la Société pomologique de Boskoop. 



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— 133 — 

Dîner à Boskoop. 

Le soir, départ de Boskoop pour La Haye. — Visite à Schevc- 
ningue. — Logement à La Haye. 

Mardi 3 juin. 

Excursion dans le Westland. 

Des voitures conduiront les excursionnistes aux cultures de 
cette région; ils seront guidés par M. Waldbck, secrétaire 
général de la Société Hollandaise d'Agriculture. 

Le soir, retour à Anvers. 



Cette excursion, on le voit par le programme qui précède, 
promet d*étre très intéressante. Il importe que le Comité d'or- 
ganisation sache d'avance quel sera le nombre des excur- 
sionnistes, aûn qu'il puisse prendre les mesures nécessaires 
concernant les voitures, les repas, le logement. 

Les membres du Cercle qui désirent prendre part à l'excur- 
sion, sont donc instamment priés d'en informer, avant le 26 mai 
courant, M. H. J. Van Hulle, au Jardin botanique, àGand. 

Pour le Comité : 
Le Secrétaire çinéral, 

ËM. RODIGAS. 



A propos de la taille des arbres transplantés. 

Nous avons reçu d'un praticien, M. J. Hutsebaut, cultiva- 
teur, à Hamme, les considérations suivantes ; nous les soumet- 
tons à Tappréciation des lecteurs* du Bulletin, tout en laissant 
l'entière responsabilité de celles-ci à l'auteur de la communi- 
cation. B,éd. 

* 

J'ai fréquemment lu et entendu des assertions concernant 
la taille des arbres qu'on transplante ; je rencontre maintenant 
dans le Bulletin un travail sur ce sujet, et j'ai pensé qu'il ne 
serait pas inutile d y ajouter ces quelques lignes dictées par 
Texpérience. 



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~ 134 - 

En 1877 j'eus à faire une plantation considérable de pom- 
miers, poiriers, pruniers^ cerisiers et abricotiers, et, désirant 
profiter de la circonstance pour faire un essai, du consentement 
du propriétaire, je partageai les arbres en trois lots que je 
traitai de la manière suivante : je taillai le premier lot lors de 
la plantation, en décembre; je taillai le second en février 1878 ; 
enfin je laissai le troisième lot intact durant tout Tété : voici 
les résultats que j'obtins. 

Je dois faire remarquer d'abord que j'avais défoncé profondé- 
ment le sol une année auparavant et qu'il fut réservé à une 
culture de pommes de terre. Ce sol est assez bon, ni mouillé 
ni trop sec, on n'y trouve ni argile ni tuff. Les arbres 
à planter étaient de force moyenne, bien pourvus de racines ; 
leur développement n avait pas été trop rapide; ils avaient 
une épaisseur de 0'°12 à 0"^15. Ceux que j'ai taillés lors de 
la plantation, ont bien repris et vigoureusement poussé. Ceux 
que j'ai taillés en février suivant, ne laissent rien à désirer ; 
ceux du troisième lot ont si mal repris et si peu poussé 
que je regrette aujourd'hui d'avoir agi de la sorte : c'est à peine 
si ces arbres sont en vie ; en outre, trois poiriers de ce lot sont 
morts, ce qui n'aurait pas eu lieu, si je les avais taillés comme 
les autres. 

Il est donc évident pour moi que les ramifications des 
arbres qu'on transplante, doivent être taillées dans la même 
mesure que les racines, et il est impossible d'ôter les arbres sans 
raccourcir celles-ci. 

Seulement j'ai remarqué aux arbres que j'ai taillés immédiate- 
ment lors de la plantation, que la taille faite sur des yeux dont 
j'attendais un prolongement, n'a pas donné lieu à celui-ci, et que 
ce cas ne s'est point présenté sur les arbres que j'ai taillés 
en février. 

Je comprends fort bien qu'en taillant les ramifications, on 
enlève aussi les feuilles qui sont d'indispensables organes de 
nutrition ; mais cependant pour leur développement et même 
pour leur existence, celles-ci doivent pouvoir être nourries suf- 



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— 135 — 

Asamment par les racines. En effet, un arbre transplanté doit 
être rappelé à la vie active par la reprise des racines, avant 
que les feuilles puissent exister, si non la mort est inévitable. 
Il est possible que les cellules contribuent directement à la 
formation des racines ; mais j'estime que les cellules doi- 
vent quand même être appelées et maintenues en activité parles 
sucs nourriciers amenés par les racines, et si les cellules sont 
trop nombreuses dans un arbre en proportion du système 
radiculaire qu'il a fallu raccourcir, il est indispensable de réta- 
blir en taillant les branches , Téquilibre rompu par la taille des 
racines. D'ailleurs, il vaut mieux, d'après moi, tailler trop 
court que trop long, bien entendu s'il s'agit d'arbres trans- 
plantés. /. Hùtsébaut. 



Taille des Choux. 

M. Victor Ceatel a soumis à la Société nationale d'agricul- 
ture de France les résultats obtenus par lui dans la culture des 
choux potagers {choux fommés) au moyen de la taille, c'est à 
dire de la suppression successive de leurs feuilles inférieures. 
Voici comment il s'exprime sur cet objet. 

La tige de ces choux se compose de deux parties : la partie 
inférieure ou ligneuse (expression vulgaire : ioiseuse) et la 
partie supérieure ou herbacée. C'est à peine si, sur la première, 
il se développe quelques chétifs rejets ; très souvent même il n'y 
en a pas un seul, tandis que, sur la partie supérieure ou her- 
bacée, le bourgeon qui se trouve à l'aisselle de chaque feuille, 
développe un rejet plus ou moins vigoureux suivant les condi- 
tions plus ou moins favorables sous l'influence desquelles a lieu 
ce développement. En effet, si, comme cela a lieu généralement, 
on laisse les feuilles de la partie herbacée jaunir, puis souvent 
pourrir, alors un grand nombre de ces yeux dormants sont 
étouffés et pourrissent eux-mêmes ou ne produisent que de 



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- 136 — 

très faibles rejets, qui souvent, aussi, sont étouffés par ces 
mauvaises feuilles ou par celles encore vertes qui les recouvrent. 

Frappé de ces inconvénients, j'ai appliqué aux choux pommés 
un système de taille, c'est à dire la section successive des 
feuilles inférieures suivant qu'elles commencent à jaunir ou 
qu'elles sont perforées par les limaces et conséquemment impro- 
pres à l'alimentation, ou qu'elles entravent le développement 
des rejets, soit en les recouvrant entièrement ou en partie, soit 
en attirant inutilement à elles, et sans aucun avantage pour 
l'avenir, une grande partie de la sève dont leur suppression fera 
profiter les rejets, ainsi que la pomme elle-même. 

Pour que cette opération donne ses meilleurs résultats, on 
doit, à peu près tous les huit jours, faire la revue des plantations 
de choux. Par ce moyen, les feuilles que l'on supprime n'ont pas 
eu le temps de se détériorer et peuvent entrer, surtout chez les 
petits ménages ruraux, dans la nourriture des lapins, des 
chèvres, du cochon, de la vache, et, hachées, dans celle des 
oiseaux de basse-cour. 

La sève qui, durant un temps plus ou moins long, se serait 
portée, comme je viens de le dire, dans ces feuilles inutiles, est 
appelée immédiatement dans le bourgeon qui doit, en se 
développant, former un rejet, et MU ce développement qui, 
alors, a lieu beaucoup plus tôt et devient beaucoup plus vigoureux 
qu'il ne l'eût été. 

Lorsque vient le moment de couper la pomme, on doit d'abord 
enlever les feuilles de la partie herbacée qui se trouve immédia- 
tement au-dessous d'elle. Leur section doit se faire avec un 
couteau, en ayant bien soin de laisser un petit talon d'un pouce 
environ de longueur, lequel, au bout de quelques jours, jaunit 
et se détache naturellement. Si, au contraire, au lieu de couper 
les feuilles encore vertes, on les arrachait, on détacherait sou- 
vent, avec elles, immédiatement au-dessous du bourgeon, un 
lambeau de l'écorce de la tige, ce qui pourrait nuire au déve- 
loppement de ce bourgeon, ou même l'empêcher, surtout pendant 
l'hiver. La plaie qui en résulte, donne passage à la gelée dans 



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— 137 — 

l'intérieur du chou, dont la moelle n'est plus alors préservée 
contre ses atteintes par Técorce protectrice, et pourrit bientôt, 
ainsi que le reste de la partie supérieure de la tige. 

D'après ces explications, on comprendra facilement que 
quand on coupe, comme on le fait généralement, toute la partie 
herbacée et foliacée de la tige du chou existant au-dessous de la 
pomme comestible, c'est à dire au niveau du tronc ou partie 
ligneuse, on perd complètement une récolte très abondante de 
magnifiques rejets, qui sont d'autant plus nombreux que la 
suppression de la pomme a eu lieu plus haut sur la partie 
herbacée de la tige. Il ne faut même pas hésiter à couper toutes 
celles des feuilles qui, faisant partie de la pomme que Ton 
coupe, ne doivent pas être mangées. 

Par les procédés de taille que j'indique, on doublera ou même 
on triplera généralement, en nombre et en volume, sur chaque 
chou, la production des rejets. Celle-ci sera d'autant plus consi- 
dérable qu'on aura, par la suppression successive des feuilles 
inutiles, donné en longueur à la tige herbacée un plus grand 
développement; elle sera au contraire d'autant moindre, qu'on 
aura coupé la pomme plus près de la partie ligneuse. 

Il y a, je crois, dans ma découverte, un moyen pratique et 
économique d'augmenter considérablement, je le répète, les 
produits de l'une des plantes les plus utiles dans l'alimentation, 
surtout des petits ménages , et d'augmenter, en même temps, la 
quantité des feuilles qui peuvent servir à la nourriture des ani- 
maux. Victor Châtel. 



L'Amadou et les Champignons. — Bien des lecteurs se creu- 
seront la tête pour savoir quels rapports peuvent exister entre 
les Champignons et l'Amadou ; et toutefois, ces rapports sont des 
plus intimes. A la Croix Saint Ouen, il existe une fabrique 
importante qui convertit en amadou les vieux bolets. L'Amadou 
jaune est fabriqué avec le bolet ongulé {Boletus ungulatus) ; 
l'Amadou rouge, le moins estimé, provient du bolet amadouvier 
{Boletus igniarius) . 

n 



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- 138 — 

La vitioulture anglaise. 

Suite (1). 

Si la Vigne a été bien traitée pendant Tété, elle mûrit régu- 
lièrement son bois, même sous le ciel nuageux de T Angleterre; 
donc on peut se passer de Teffeuillement, opération dont les désa- 
rantagessont compris de mieux en mieux à présent. Si Ton aune 
forte pousse, on peut, la seconde année au printemps, rabattre à 
peu près à 1 mètre au-dessus de la dernière taille, et former 
ainsi de chaque côté 3 ou 4 coursons, distants de 0°°25 environ. 
Ces coursons sont palissés, et pourront porter une grappe, mais 
il est désavantageux d'en laisser, à cette époque, plus de trois 
par pied. 

Pendant Tété, on observe les mêmes soins que Tannée précé- 
dente ; de plus, on applique quelques opérations de pincement : 
arrêter les coursons sans grappes à 6 feuilles, celles portant 
grappe à une feuille au-dessus de Tinsertion de celle-ci ; couper 
les vrilles ; en cas de repercement, pincer sur 2 nouvelles 
feuilles, quand elles sont à moitié formées ; les ailerons sont 
pinces à une feuille et en cas de repercement sur la première des 
nouvelles feuilles. 

A rentrée de Tautomne, on a Phabitude de dépalisser les 
vignes, et on les laisse dans une position horizontale, ce qui 
empêche, dit-on, les yeux du sommet de se développer avant 
ceux de la base. Ce procédé prend du temps, mais je ne crois 
pas cependant qu*il soit très utile; nous n*en sommes plus 
au temps où Ton croyait que la sève montait au printemps 
par une échelle pour descendre en automne par une autre, et 
je suis très sceptique sous le rapport de Tefifet qu'on produit 
par la direction des branches, à moins qull n'y ait une véritable 
torsion ou une arqûre très prononcée. 

Dans le courant de l'hiver, on rabat chacun des coursons sur 

(1) Voir ci-desius, p. 114« 



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— 139 — 

un œil, et on forme 2 ou 3 nouvelles coursonnes, de chaque 
côté. Chacune des nouvelles pousses de Tété prochain pourra 
avoir une grappe, et les opérations de pincement se résument 
à celles de Tannée précédente. Chaque année à lentrée de l'hiver, 
on enlève les couches corticales à demi détachées des tiges, et 
on enduit le pied du mélange suivant : 

15 litres d'eau de pluie, 1/2 kil. de savon et 1 kil. de fleur de 
soufre en poudre ; on ajoute de Targile en quantité suffisante 
pour donner de la consistance au mélange. Par cette précaution, 
on détruit les insectes, larves, œufs qui se trouvent toujours en 
masses sous Técorce. 

Un des résultats les plus remarquables d'une culture soignée 
de la Vigne sous verr3, c'est la simplification apportée aux 
détails de pincement et de taille. En effet, à combien de petits 
expédients ne doit-on pas recourir pour avoir une fructifi- 
cation régulière, pour fortifier une coursonne, pour forcer un 
œil à se développer, etc.? Rameaux de remplacement, tailles en 
crochets, taille sur 2, 3 ou 4 jeux, éborgnages, cordons bisan- 
nuels, proportions dans les ailerons, etc., tous détails que je 
respecte beaucoup, qui font honneur au génie et à la sagacité 
des cultivateurs, mais qui, malheureusement, embrouillent 
beaucoup les amateurs et les jardiniers ! 

Il y a dans la culture de la Vigne, à côté des opérations dont 
j'ai parlé, d'autres soins à prendre sur lesquels je n'ai pas 
insisté, ou dont je n'ai pas fait mention du tout. La majorité 
de ces petits soins étant connus de tout le monde, je n'insis- 
terai que sur les plus importants, tels que le chauffage, 
Taérage, l'arrosement et la distribution des engrais. S'il ne 
s'agit que d'une culture hâtée, il est inutile, même nuisible 
de chauffer en hiver. Il suffit d'éloigner la gelée. Au premier 
printemps, quand la vie commence à se manifester, on élève la 
température peu à peu, S'' centigrades la nuit et 10** c. le jour, 
et graduellement on monte de façon à avoir, vers l'époque de 
la floraison, 17° la nuit et 19" le jour. Ce degré est requis dès 
le mois de mai. Alors on commence à donner de l'air, 



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- 140 - 

En été, par des jours chauds et quand le ciel est serein, une 
température de 30 n'est pas dangereuse et à 25- ou 27<» la tempé- 
rature peut être considérée comme très favorable, si on a une 
bonne ventilation. Quand on seringue la Vigne dans la journée, 
on doit absolument employer les eaux de pluies, recueillies 
dans un réservoir bien propre. Les eaux de puits contiennent 
souvent des matières ferrugineuses et calcareuses dont les 
dépôts nuisent singulièrement aux feuilles. Quant au degré 
auqud on doit tenir Teau, tant pour le seringuage que Tarro- 
sage, les avis sont partagés sur la question s*il faut Tavoir à 
peu près correspondant au degré de l'air ambiant. 

Quelques praticiens expérimentés ont prétendu que Teau 
froide ne nuit en rien, tandis que d'autres ne voudraient jamais 
l'employer. Dans lés nuits d'été, on se contente de laisser une 
légère circulation d'air, excepté au moment de la coloration ; 
alors on ouvre portes et fenêtres, et on recourt à la chaleur 
artificielle pour avoir le degré de chaleur requis, cest à dire 
18<* minimum. 

Dans beaucoup de serres anglaises, des tuyaux de chauffage 
circulent à l'intérieur des plates bandes (ûg. 28) à proximité des 
raciûes. Quand on veut des prodtrits très hâtifs, et qu'un homme 
expérimenté et soigneuï en a la direction, ils peuvent être 
utiles. Mai? la moindre négligence dans les arrosements ou la 
distribution de la chaleur peut être si fatale, que par précaution 
il est généralement recommandé de ne pas établir cette espèce 
de chaleur de fond. 

Dans les temps secs, on arrose les plates bandes de la vigne; 
une ou deux bonnes fois sufSsent pour la plate bande extérieure, 
îûtàû la plate bande intérieure sera mouillée plus souvent. Il 
est de mauvaise pratique d'arroser fréquemment et par petites 
portions à la fois. Mieux vaut attendre que la terre soit sèche, 
et Alors détremper complètement le sol. Sur une plate bande 
intérieure de 0^90 de large sur 80 m. de long, j*ai à plusieurs 
Teprineè aidé à répandre jusqu'à 600 arrosoirs d*eau, et dès le 
lendemain on pouvait constater que l'opération avait profité 
aux vignes. 



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— 141 — 

Il ne faut pas être trop prodigue d'engrais, et surtout on ne 
doit pas en employer de trop puissants. L'engrais de mouton 
délajé est le meilleur. Il faut user avec précaution des engrais 
artificiels. Des doses un peu fortes peuvent avoir des résultats 
désastreux sur les racines. Il n'est jamais nécessaire de donner 
des engrais quelconques à une jeune vigne plantée depuis deux 
ou trois ans ; mais les vieux pieds, surtout après une abondante 
récolte, s'en trouveront bien. On distribue alors généralement 
ces engrais sur la plate bande extérieure, à Tépoque du nouage 
des fruits ou quand ils ont atteint à peu près leur développe- 
ment; on les donne par un temps sec et chaud. 

J'aurais à ajouter, pour compléter cette notice, quelques prin- 
cipes sur la culture en pot de la Vigne. Tous les ans 6000 ou 
7000 vignes sont cultivées à l'établissement où je suis en ce 
moment attaché ; j'ai eu l'occasion d'apprendre une culture dont 
les détails pourront être utiles aux amateurs belges ; mais le 
sujet est trop vaste pour en parler aujourd'hui. 

Je compte y revenir une autre fois. 0. Burvenich. 

Chilwell, 31 décembre 1878. 



De remploi de la tannée en culture. 

Il y a quelques années, M. Carrière, rédacteur en chef de la 
Revue horticole, avait, par la voie de son estimable journal, 
appelé l'attention du monde horticole sur l'emploi de la tannée. 

Bon nombre d'horticulteurs et d'amateurs ont répondu à son 
appel, et se sont empressés de lui communiquer le résultat de 
leurs observations. Nous même, étant à cette époque employé 
comme chef de culture dans une importante maison d'horti- 
culture d'Angers (France), nous lui fîmes connaître divers 
résultats. 

C'est de l'ensemble de ces observations que nous nous sommes 
inspiré pour écrire les notes qui suivent. 

Dans les serres, la tannée, à l'état de couche, offre des avan- 



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— 142 — 

tages bien connus. Donnant une chaleur douce continue, elle 
est de beaucoup supérieure au fumier qui s échauffe trop vite et 
s'éteint de même et qui, dans sa période de chaleur, peut être 
bien nuisible aux plantes dans les serres, par les gaz qu'il 
dégage. 

Une bonne couche de tannée, épaisse de 60 à 70 centimètres, 
peut se conserver chaude toute une saison. Néanmoins, il est bon 
de la remanier aussi souvent que le besoin s'en fait sentir, et si 
une partie se trouvait trop humide ou trop décomposée, il serait 
nécessaire de la remplacer par de la neuve ; du reste, il ne faut 
pas craindre de se trouver en possession de vieille tannée, car 
elle a toujours son emploi. 

Ainsi à l'automne, la vieille tannée mise en tas est susceptible 
de s'échauffer encore assez fortement et, dans ces conditions, 
peut servir de couche sourde pour faire reprendre racine à bon 
nombre de plantes qui auraient été livrées à la pleine terre pour 
la décoration des jardins ; pour Thiver, on peut l'utiliser dans 
les bâches à froid pour enterrer les pots. 

Plus tard, lorsqu'elle est arrivée à l'état de terreau, on peut 
l'employer pour certains rempotages et surtout pour le bouturage 
des plantes; sa légèreté et son humidité constante favorisent le 
développement des racines. Pour ce qui est de la tannée neuve 
dans les serres, bien des personnes se plaignent qu'elle donne 
naissance aux Champignons. A cela il y a un remède bien 
simple, c'est d'y mélanger du sel de cuisine : trois kilos par 
mètre cube suflasent. 

C'est pour le plein air et la culture maraîchère que l'emploi de 
la tannée offre le plus d'intérêt; c'est comme paillis qu'elle peut 
rendre de grands services pour la culture en grand. 

Il est notoire que le paillis, quel qu'il soit, est nécessaire pour 
obtenir une bonne végétation, surtout dans les sols légers; il 
entretient le sol dans une bonne humidité, empêche la dessica- 
tion de la terre et par là favorise les jeunes racines qui habituel- 
lement se trouvent rez le sol. Dans mainte circonstance, avec 
un bon paillis de tannée, on pourra supprimer tout arrosement. 



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— 143 — 

Une couche de 3 ou 4 ceatimètres étendue sur le sol suffira 
pour tout Tété. 

Ce paiilis offre un grand avantage encore, c'est que les sar- 
clages sont presque nuls ; Therbe ne pousse pas ou peu sous cette 
. matière, surtout si on a eu soin de faire un bon ratissage avant 
de remployer. 

Presque toutes les plantes s'accomodent bien de ce traitement. 
Il en est cependant qui semblent le redouter, par exemple 
TAsperge; d'après M. Baltet, pépiniériste à Trojes, cette 
plante ne donne que des résultats défectueux sous la tannée, 
tandis que bon nombre de légumes poussent vigoureusement (i); 
voici ce que dit à ce sujet M. Racenel, horticulteur à Falaise. 
Mes Fraisiers sont cultivés en lignes espacées entre elles de 
90 centimètres ; les intervalles libres entre chaque ligne sont 
occupés par des légumes, tels que choux, haricots, laitues, chico- 
rées, etc., et toutes ces plantes poussent vigoureusement. Mes 
Fraisiers sont très fertiles, leurs fruits sont beaux et bons. Je 
couvre mon sol de 5 à 6 centimètres de tannée; ce qui en reste à 
Tautomne se trouve enfoui dans la terre, et j*ai cultivé à la 
même place pendant trois et quatre années, et toujours j'ai 
obtenu de bons résultats. 

D'autres jardiniers sont venus affirmer que les laitues en 
général ainsi traitées vont très bien. 

Nos expériences nous ont prouvé que les plantes de terre de 
brujère s'en accomodent bien, de même que les arbustes à 
feuilles persistantes. 

Nous croyons que 3 à 4 centimètres valent mieux qu'une 
couche plus forte, parce que vers Tautomne, la tannée est 
suffisamment décomposée et qu'on peut sans crainte Tenfouir 
dans le soi, taudis que, dans le cas contraire^ une partie de la 
tannée est encore intacte, et nous avons remarqué que dans cet 
état Tenfouir n'est pas prudent; elle peut aussi être employée 
dans les allées en guise de sable. 



(1) Entre autres, le Fraisier. 



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-- 144 — 

Elle offre Tavantage d'être doace au pied et Therbe n'y pous- 
sant pas, un simple coup de râteau suffit pour rendre le jardin 
propre. Bon nombre d'horticulteurs la recommandent comme 
un puissant insecticide. D*après M. De Lambertte, de regrettée 
mémoire, dont les connaissances horticoles faisaient autorité, 
c'est au moyen d'un paillis de tannée fraîche qu'il parvenait à 
cultiver ses melons de primeurs, sans qu'ils fussent dévorés par 
les pucerons noirs, ces ennemis acharnés des cultures printa- 
nières. La tannée en culture peut rendre de grands services, 
mais il en est comme de toute autre chose, il est bon de rem- 
ployer avec modération et avec connaissance de cause. 

A. PoUier. 

Exposition de Fraises à Oand. 

Le Cercle d'Arboriculture de Belgique tiendra une Exposition 
de Fraises et autres fruits, au Casino de Gand, le dimanche 22 
et lundi 23 juin de cette année. 

Tous les membres du Cercle d'Arboriculture sont admis à 
concourir. 

Des médailles de vermeil et d'argent pourront être décernées 
par le jury à chaque concours. 

Les amateurs et les horticulteurs concourront séparément. 
PROGRAMME DES CONCOURS. 

1. La collection la plus nombreuse et la plus belle de variétés 
de fraises. 

2. La plus belle collection de 30 variétés. 

3. La plus belle collection de 20 variétés. 

4. La plus belle collection de 15 variétés. 

5. La plus belle collection de 10 variétés. 

6. Les plus beaux plats de 3 variétés. 

7. Le plus beau plat d'une seule variété. 

8. Le plus beau lot de variétés obtenues de semis. 

9. La variété la plus méritante obtenue de semis. 

10. Le plus beau lot de fraises parmi celles qui ont été 
publiées parles Bulletins du Cercle. 



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— 145 — 

11. Le plus beau lot de raisins forcés. 

12. Le plus beau lot de Melous. 

Pour les concours 1, 2, 3, 4, 5 et 10, chaque variété doit être 
représentée par une assiette de 10 fruits au moins. 

Le jury pourra décerner des prix aux apports de fruits non 
désignés dans ce programme. 

L'Exposition pourra être visitée gratuitement par les Mem- 
bres du Cercle sur présentation de leur quittance d'abonnement 
de la présente année, ainsi que par les Membres de la Société 
royale d'Agriculture et de Botanique de Gand. 

Ceux qui désirent prendre part à Tun des concours devront en 
informer le Secrétaire général du Cercle, avant le 15 juin. 

Les fruits devront être remis au Casino au plus tard le 
dimanche 22 juin à 9 heures précises du matin. Des assiettes 
seront mises à la disposition des exposants ; ceux-ci seront aidés 
à l'arrangement de leurs apports. Le Secrétaire général, 

Ém, Rodigas, 

La presse culturale en Néerlande. 

A plusieurs reprisés déjà, nous nous sommes occupé, dans ces 
Bulletins , de nos voisins du nord, les Hollandais. C'est que la 
Néerlande a tant de rapport avec nos Flandres, c'est que ses pro- 
cédés de culture diffèrent néanmoins tant des nôtres, c'est que nous 
avons toujours cru qu'il y a encore beaucoup à comparer et à 
apprendre chez eux. Aujourd'hui encore nous sommes de cet avis. 

Ceux qui ne connaissent pas la Hollande ou n'y ont fait qu'un 
simple passage ou court séjour, trouvent les gens froids, mé- 
fiants, apathiques et peu progressifs ; ils jugent superficiellement 
et très mal. Diverses causes nous ont amené à visiter depuis 
longtemps et souvent ce pays, et nous devons le reconnaître, 
de chaque excursion nous revenons plus satisfait, à chaque 
voyage nous avons pu élargir nos relations, mieux pu apprécier 
le mérite des hommes, confirmer la bonne opinion que nous nous 
étions formée depuis bien longtemps de certains d'entr'eux et 
applaudir à leur esprit d'initiative et de persévjérance. 



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— 146 — 

Certes, de sa nature le Hollandais est moins décidé, il 
réfléchit un peu plus longtemps qu'un autre, avant de mettre la 
main à Tceuvre. Mais arrivé jusque là, il fait les choses aussi 
sérieusement que possible, et si, eu égard à la situation générale 
moins favorable où il se trouve placé vis à vis d'autres pays, son 
entreprise ne réussit pas complètement dès le principe, il n'en 
persévère pas moins avec une énergie peu commune. C'est moins 
l'esprit du lucre qui le pousse, que le désir d'être réellement 
utile à ses concitoyens, à sa patrie. 

Le Hollandais n*a certes pas été le dernier ni le moins actif à 
soutenir les arts et les sciences et à les faire connaître par la 
presse. Toutefois en fait d'horticulture, il s'est laissé devancer, 
sous ce dernier rapport, par bien d'autres nations. Il n'y a pas 
si longtemps, en effet, que la Hollande ne possédait aucun 
journal exclusivement consacré aux intérêts horticoles. 

L'agriculture a été plus heureuse : déjà en 1847, feu le 
j)r Wttewaall fonda le Landhomo Courant, qu'il continua à * 
faire paraître hebdomadairement jusqu'à sa mort, en 1862. 
Depuis cette époque, ce journal, qui est donc arrivé à sa 
33" année d'existence, est dirigé et presqu'exclusivement écrit 
par notre savant et infatigable ami, le D^ Mulder, qui s'efforce 
de le rendre de plus en plus intéressant. 

Il y traite non seulement et avant tout ce qui se rattache à la 
pratique, à la science, à la chimie agricole, mais y intercale, de 
temps à autre, un peu de culture maraîchère et d'arboriculture, 
pour autant que la matière est applicable dans les jardins de 
ferme, et même un peu de floriculture, quand il le juge à 
propos. Comme nous le disions tout à l'heure, longtemps le 
D'^ Mulder fut tout seul à écrire son journal et il l'est pour 
ainsi dire encore ; il est vrai que, dans ces derniers temps, il 
s'est associé plusieurs collaborateurs, mais la plupart de ceux-ci 
ne collaborent guère. Quelle activité le rédacteur en chef ne 
doit-il donc pas déployer? surtout en présence d'une foule 
d'autres travaux qu'il a à soigner comme président, secrétaire 
ou rapporteur de diverses commissions. 



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— 147 — 

Et cependant, pour des motifs que nous ne nous expliquons 
pas encore, le D' Mulder a fait paraître son journal, depuis 
Tannée dernière, deux fois au lieu d'une fois par semaine. 

A-t-il voulu aller à rencontre de toute concurrence — car le 
prix d'abonnement, qui est de 10 florins par an, est resté le même 
— ou bien ne trouvait-il plus assez de place dans un seul numéro 
par semaine pour toutes les bonnes choses qu'il avait à dire? 
Nous inclinons pour cette dernière hypothèse, qui témoigne 
entretemps une fois de plus combien le D' Mulder sait vraiment 
sacrifier son repos, sa santé, sa famille à la noble tâche qu'il a 
entreprise. Aujourd'hui son journal est connu et apprécié un 
peu partout et il est beaucoup lu en Belgique ; on lui emprunte 
bien souvent de ses articles. 

En arriver là n'est pas chose facile en Hollande, et personne 
mieux que le D' Mulder ne peut savoir au prix de quels sacri- 
fices d'argent, de science et de peine, il s'est soutenu et a pu per- 
sister. Aussi les distinctions qui lui sont venues de plusieurs 
pays étrangers ont dû être pour lui une bien douce récompense. 
Honneur aux gouvernements éclairés qui savent récompenser 
l'humble écrivain ! Nous estimons que M. Mulder est parfaite- 
ment digne des distinctions qu'il a reçues, et nous l'en félicitons 
bien sincèrement : elles honorent la presse. 

Le journalisme purement horticole ne s'est montré que plus 
tard en Hollande. Il y a eu de magnifiques et excellents 
ouvrages isolés et même périodiques publiés sur l'horticulture 
par de savants professeurs et des praticiens : les Miquel, les 
Oudemans, les Witte, les Krelage et d'autres. Mais à cola 
se bornait la presse culturale, et les louables tentatives faites 
pour créer une publication périodique horticole ont toutes 
échoué. 

Mais, nous l'avons dit plus haut, le Hollandais ne se décourage 
pas si vite : convaincu que le commerce horticole ne peut 
se passer de publicité, de presse, et que de nos jours chaque 
pays doit continuellement faire connaître ses propres cultures 
et profiter de celles de l'étranger, ce qui n'est guère possible 



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— 148 — 

Sans avoir un journal spécial à sa disposition, il fit tant et si 
bien qu'il eut enfin ce journal. 

On le sait probablement, c'est à notre excellent collègue 
M. WiTTE, de Leide, que revient l'honneur d'avoir créé le pre- 
mier journal horticole durable en Hollande. Il fit même sinon 
mieux, au moins autrement que nous autres, Belges, en ce 
sens qu'au lieu de ne faire paraître son recueil que mensuelle- 
ment, il le fit hebdomadairement. Il créa d'abord, en 1872, 
appuyé fortement par les Groenewegen et consorts, le Semper- 
virens, comme organe de l'École « Linnaeus » et de l'horticul- 
ture nationale en général. Pendant trois ans, il fonctionna 
comme rédacteur en chef de ce journal, en y sacrifiant tous 
ses loisirs, toute sa science, à la satisfaction de ses abonnés. 
Mais bientôt des difficultés ayant surgi, ne se croyant pas 
assez libre, M. Witte abandonna Sempervirens le 31 décem- 
bre 1874, et fonda en même temps, le 1 janvier 1875, un nou- 
veau journal horticole hebdomadaire sous le nom de Siedoldia. 
Les deux publications existent maintenant côte à côte. 

En effet, les Groenewegen ont continué à faire paraître 
régulièrement jusqu'ici leur Sempervirens y et M. Witte en 
a fait autant de son Sieboldia. Le premier s'efforce à rehausser 
son texte par une masse de clichés qu'il tâche d'emprunter à ses 
correspondants; le second n'est ordinairement pas riche en 
figures, mais par contre parfaitement écrit et à la hauteur de sa 
tâche. Tous deux s'efforcent donc, avec des buts différents peut- 
être, à soutenir leur réputation comme celle de l'horticulture 
nationale néerlandaise. 

On objectera que les Groenewegen, tout en étant les direc- 
teurs d'un établissement subsidié par l'Etat, n'en sont pas moins 
avant tout horticulteurs-marchands-commerçants, et dès lors 
maintiennent leur journal surtout dans un intérêt personnel. 
Mais même en admettant que cela soit, il n'en reste pas moins 
vrai qu'en profitant les premiers et le plus à cette entreprise, 
ils font indirectement en même temps du bien aux autres. Il y a 
donc sous ce rapport lieu de les féliciter de leur persévérance. 



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~ 149 — 

Toutefois, il est incontestable que, eu égard au tout autre mo- 
bile qui fait agirM.WiTTE, celui-ci continue à donner des preuves 
d'un dévouement sans bornes au progrès de sa profession. No© 
content d'avoir publié depuis nombre d'années déjà une quantité 
de petits livres populaires sur diflEerents sujets botaniques et cul- 
turaux, livres qui sont excessivement goûtés et très répandus^ il 
trouve encore le temps de rédiger à lui seul pour ainsi dire, de 
faire paraître avec une scrupuleuse exactitude et de maintenir 
ainsi à flot, un journal spécial horticole. Franchement nous 
ne croyons pas qu'en Hollande il y ait un homme qui par ses 
écrits contribue dans une si large mesure, que M. Witte, à 
la vulgarisation du goût et des connaissances pratiques de 
rhorticulture. 

Aussi est-il tenu en haute estime chez ses concitoyens et est-il 
encouragé dans son travail par les Krelage,Viruly VERBRU<>aÈ, 
B' Westerman, Galesloot, be Vos, Ottolander, Visser, Du 
DoK DE WiT et autres hommes dévoués aux cultures nationales. 
S. M. l'Empereur d'Autriche le décora de son ordre; son 
propre pays oublia jusqu'ici ce tenace travailleur. 

Les publications que nous venons de mentionner, témoignent 
déjà quelque peu de l'activité et de la persévérance de la presse 
horticole en Néerlande. Ce n'est pas tout : qui ne connaît le 
magnifique ouvrage : De Nederlandsche Boomgaafd, publié 
récemment en deux volumes à planches superbement coloriées, 
représentant uniquement des fruits et confié aux soins des pomo- 
logueé si compétents de Boskoop ! Puis, De Nederlandiche Flora 
m Pomona, in-folio, à planches coloriées plus richement encore 
si c'est possible, rédigé aussi par la direction de l'Union pomo- 
logique de Boskoop et publié par la maison Wolters de Gronin- 
gne. Les végétaux ligneux de pleine terre sont ici plus parti- 
culièrement décrits et figurés. 

'L'Albvm Van Eeden est de moindre format quoique encore 
assez grand; cette publication est exclusivement consacrée 
aux plus belles plantes bulbeuses. Elle paraît régulièrement 
depuis 1872, donnant, à côté de la description, des plAnchesr 



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— 150 — 

superbement coloriées ; 72 planches ont déjà paru, et pour les 
spécialistes, nous ne connaissons pas un ouvrage aussi recom- 
mand?ible. La maison Van den Eeden, établie à Haarlem, se 
trouve du reste dans un centre qu'il aurait été difficile de mieux 
choisir : c'est en effet autour de cette ville charmante que les 
cultures bulbeuses ont pris leur plus grande extension. 

Il existe encore plusieurs autres publications culturales, mais 
de moindre importance ; nous n'en parlerons donc pas. Ce que 
nous avons dit des écrits dont nous nous sommes occupé, 
suffira du reste pour prouver que le Hollandais a fait et fait 
encore son possible, pour relever et maintenir l'horticulture par 
la presse. Non seulement en leur honneur, mais aussi dans 
l'intérêt de nos concitoyens, nous tenions à appeler l'attention 
sur ces faits. Ceux-ci acquerront encore plus d'importance 
quand on saura qu'il j a peu de peuples qui lisent et par 
conséquent étudient si sérieusement que les Néerlandais. Leurs 
publications doivent donc nous intéresser à plus d'un titre, 
comme il doit nous importer aussi de les familiariser avec nos 
propres productions littéraires horticoles. 

H. J. Van Huile. 



Cluelques plantes peu connues pour la 
mosaïculture. 

La saison est un peu avancée pour parler des plantes propres 
à la composition des parterres mosaïques. En général, il est 
bon d'avoir pris ses dispositions quelque peu à l'avance, et les 
jardiniers prévoyants qui ont de nombreuses corbeilles à planter, 
n'auront pas attendu jusqu'ici pour semer, bouturer et cultiver 
en nombre amplement suffisant (il faut avoir toujours de trop 
pour avoir assez) les divers éléments qui doivent entrer dans 
leurs compositions. 

Mais ce n'est pas à eux que s'adressent ces lignes ; elles sont 
destinées plutôt aux dilettanti de l'art qui dès aujourd'hui com- 
mencent à étudier leurs combinaisons pour l'année prochaine* 



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- 151 - 

Parmi les plantes à mosaïques, comme disent les spécialistes, 
je pois citer en première ligne VAlternanthera purpurea, 
dont la Revue de l'horticulture a donné une planche coloriée 
et que j'ai mis au commerce ce printemps. En dehors de ses 
aptitudes spéciales comme coloris et comme végétation, qui la 
recommandent au même titre que les autres Alternanthera, il 
n'est pas de plante plus appropriée au but qu^on veut atteindre. 

Sa croissance est rapide et la plante s'étale en tapis ras et 
touffu pour ainsi dire sans pincement. Autre avantage, elle est 
non seulement d'une végétation vigoureuse, trapue et régulière, 
mais elle est relativement rustique, c'est à dire qu'elle se laisse 
hiverner en serre tempérée (8 à 10°) en lui donnant une place 
sur la tablette près du jour. Quant à sa multiplication, elle est 
d'une prolixité poussée à l'extrême. J'en ai eu des boutures 
enracinées en trois jours! Son coloris est remarquable; il est 
d'un pourpre mat très foncé presque noir, qui forme le contraste 
le plus frappant avec celui des autres Alternanthera. 

Dans la série des plantes à feuillage rouge, il y a encore deux 
nouveautés à signaler : VÂchyranthes Comessei et VIresine 
brillantissima. Ces deux plantes présentent un certain caractère 
de parenté. Comme elles sont constamment recoupées pour la 
multiplication, il est assez difiScile de les différencier actuelle- 
ment. La première a été obtenue par M. Comesse, de Paris, 
qui s'est fait une si brillante réputation de mosaïculteur à 
l'Exposition universelle. On se rappelle quïl est Pauteur du- 
Vase étrusque et du Papillon qui ont été généralement admirés. 

La teinte de son Achjranthes est d'un rouge carminé, tandis 
que celle de VIresine (Achjranthes) brillantissima est plutôt 
orangée. Mais, je le répète, on ne pourra juger de ces deux 
plantes qu'au plein soleil et en plein air. 

Trop peu répandu encore, quoique excellent en tous points, 
est YAchprafUhes (Iresine) Wallisi, Mise au commerce depuis 
1878, la plante a fait ses preuves aujourd'hui. Son coloris 
ronge foncé, sa végétation compacte lui assignent une place 
légitime dans les parterres. 



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— 152 — 

Des Iresine, Achyranthes et Altemanthera aux LoUlia la 
transition est tout indiquée par la variété Q,uem Victoria qui 
s'annonce comme une vraie merveille si elle tient ses promesses 
ou plutôt ce qu'on promet pour elle. Non seulement elle donnera 
des fleurs d'un beau rouge écarlate, mais toute la plante est 
rouge. Dans mes cultures, elle se montre très vigoureuse, mais 
elle n*a pas donné jusqu'ici de fleurs. 

Deux autres nouveautés ont été mises au commerce cette 
année, d'abord le Lohelia speciosa alha, à grandes fleurs 
blanches, et puis le Lobelia lutea qui me parait être une espèce 
et dont les fleurs sont d'un beau jaune d'or. 

Voici encore une jolie petite plante à feuillage doré et à 
petites fleurs roses, c'est le Géranium molle aureum, qui forme 
un tapis ras de toute beauté. 

La plante se reproduit identiquement et très facilement par 
le semis. C'est une excellente acquisition et qui aura rapide- 
ment de la vogue. 

Voici maintenant quelques autres plantes connues depuis 
longtemps et dont l'emploi dans la mosaïculture est très 
recommandable, ce sont : 

Lea Crassula Bolwei et Cooperi, très jolis l'un et Tautre 
surtout le premier qui est bien la plus charmante miniature 
qu'on puisse imaginer. 

Le Sedum Lydimn, admirable comme ton de vert, et, pour 
emploi analogue le Calaminthe alpina, plante nouvelle très 
naine et d'un beau vert. Comme plante tapis, le SteUaria 
graminea aurea, m'a paru bien rustique ; il. a résisté, après un 
hivernage en serre, aux froids tardifs dont nous sommes affîigés 
depuis le commencement de mai. Au même titre on ne peut 
assez recommander le Sedum acre aureum d'un effet splendide 
et qui passe parfaitement l'hiver au dehors sans abri. C'est une 
des meilleures plantes que l'on connaisse pour les parteiTes 
mosaïques d'hiver. Signalons enfln le SelagineUa hehetica, une 
mousse très jolie, que M. Jongkindt-Coninck cultive depuis 
six ans en plein air et qu'on pourra utiliser avantageusement 
comme fond. Éd. Pymert* 



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— 153 — 
Une aspergerie sous cloches. 

Le procédé dont nous allons parler est bien simple et il suflS- 
rait de la figure ci-dessous pour le faire comprendre. 

Par sa grande simplicité et le peu de dépense qu'il occasionne, 
il est appelé, croyons-nous, à rendre de grands services dans la 
petite culture; il a de plus l'avantage d'utiliser ce genre de 



Fig. 34. — Une aspergerie sods cloches. 

cloches, que Ton rencontre, dans les maisons bourgeoises comme 
dans les établissements horticoles, en assez grande quantité sous 
les tablettes des serres, où elles semblent reléguées et sans 
emploi. En tous cas, le prix de revient est peu coûteux eu égard 
aux services qu'elles peuvent rendre. 

Cette cloche assez élevée relativement à son peu de largeur 
manquerait de solidité étant exposée à Tair et aux coups de vent, 
parfois violents au printemps ; il est donc urgent de lui donner 
un point d'appui solide; voici à ce sujet ce que dit la Revue 
horticole, à qui nous empruntons ces détails : Il suffit d'ajouter 
un manchon solidement fixé à la base et muni de trois pieds 
qui entrent dans le sol et la maintiennent dans une position 



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~ 154 — 

verticale. On peut utiliser ces cloches soit pour garantir les 
plantes lors de leur sortie de la serre, soit pour en activer le 
développement, mais Tapplication qui en a été faite et qui a 
rendu le plus de services est pour la force rie des Asperges. 

Avec un petit nombre de ces cloches, on peut chaque jour 
cueillir de belles et bonnes asperges d'une dimension supérieure 
à celle que donne la culture ordinaire, d'une belle couleur blanc 
rosé agréable à Tœil ; elles sont bien plus tendres et d'une cuisson 
plus rapide et on peut les manger en entier. 

Au lieu de rejeter sur le plant au printemps, comme dans la 
culture ordinaire, toute la terre mise en ados à l'automne, on n'en 
répand qu'une partie, le tiers ou la moitié environ, afin que le sol 
s'échauflfe plus promptement et que la tige ait moins de hauteur à 
parcourir pour arriver à la surface. Dès que l'on voit la terre se 
soulever, ce qui annonce son apparition, on pose la cloche. 

L'allongement s'opère bien plus vite et on peut lui laisser 
prendre le développement que l'on désire; pour couper, on repose 
la cloche sur un autre point et peu de temps après on peut renou- 
veler la cueillette. 

Lorsqu'on a affaire à des asperges vigoureuses et que Ion ne 
craint pas de les épuiser, on peut prolonger la récolte, en reje- 
tant le restant de terre de l'ados, ce qui en tout cas doit être fait. 
Sitôt que la terre se soulève de nouveau, on peut utiliser ses 
cloches ; mais comme à cette époque le soleil devient trop ardent 
et que sous ses rayons directs l'asperge se durcirait trop vite, 
on doit blanchir fortement l'intérieur de la cloche en ayant soin 
de ménager au côté tourné vers le nord une partie claire, afin de 
surveiller le développement. De cette façon on obtient, en fin 
de saison, des asperges qui auront les qualités de celles des pre- 
miers jours; par ce procédé, on préserve les asperges des atta- 
ques des insectes et surtout des limaces qui en sont très 
friandes. A, Pottier. 



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— 155 — 
Bibliographie. 

UAri des Jardins, par Éd. André(I). 

Que de fois, consulté sur le choix d'un guide dans Tarchi- 
tecture des jardins, avons-nous été embarrassé : il n'exis- 
tait en réalité aucun traité complet sur cette vaste et impor- 
tante matière. Aujourd'hui cet embarras nous échappe et nous 
pourrons dire à ceux qui veulent s'initier dans l'art difiScile de la 
composition des parcs et jardins, aussi bien au point de vue de 
la théorie que de la pratique : voici le livre désiré. En effet, 
M. Éd. André a doté le jardinage d'un guide sûr et complet. 
Architecte-paysagiste lui-même, ancien chef de service des 
plantations de la ville de Paris sous la direction d'un maître 
habile, M. Alphand; créateur du parc de Sefton près de Li ver- 
pool, qui seul aurait suffi à établir sa réputation ; botaniste 
sérieux doublé d'un écrivain agréable, l'auteur était mieux doué 
que personne pour entreprendre et achever l'œuvre grandiose 
qu'il vient d'accomplir. 

L'ouvrage de M. André révèle des connaissances profondes 
au point de vue de la pratique, une vaste érudition sous le rap- 
port de la théorie, des vues grandes et élevées concernant l'idée 
du beau, de l'harmonie, du goût, qui jouent dans la composition 
des jardins un rôle d'une importance majeure. 

Le livre est écrit avec une méthode excellente. La première 
partie, consacrée à la théorie, passe en revue les jardins de l'an- 
tiquité, ceux de l'Orient comme ceux de Rome; elle traite des 
jardins du moyen-âge dans les principales régions ; elle s'oc- 
cupe des jardins paysagers, de l'esthétique, du sentiment de 
la nature ; elle expose les principes généraux de la composition 



(1) V Art des Jardins. — Traité général' de la composition des parcs 
et jardins, par Édouabd André, avec 11 planches coloriées et 
520 figures dans le texte. Paris, G. Masson, éditeur. Prix : 35 francs. 



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— 156 — 

des jardins ; cette partie est terminée par une classification des 
jardins fort bien établie. 

Dans la pratique, Tauteur dévoile tons les secrets de Tarchi- 
tectare de jardins : le lever du plan, le dessin et le devis, le 
tracé, les instruments, les travaux d'exécution, les vues et 
percées, les chemins et terrassements, les eaux, les rochers, 
les plantations, les gazons, les fleurs, les plantes à feuillage 
ornemental; puis, joignant Texemple à ses explications, il 
décrit et figure de nombreux parcs et jardins classés suivant 
leur destination. Les constructions et les accessoires d'utilité et 
d'ornement trouvent naturellement leur place dans cet ouvrage, 
qui se termine par une étude rapide et hautement intéressante 
sur les parcs et jardins actuels. 

On n'attend pas de nous que, dans une rapide notice biblio- 
graphique, nous fassions ressortir tous les mérites de l'œuvre 
de M. AndHé. Il faut avoir le volume sous le main, en 
feuilleter les 888 pages, s'arrêter aux chapitres qui traitent 
de l'une ou l'autre matière dans laquelle on est le misai 
versé ou le plus compétent, lire et relire des passages sail- 
lants auxquels l'auteur semble avoir accordé une certaine 
préférence, pour comprendre ce que cet ouvrage renferme 
de notions précises, d'observations judicieuses, d'indications 
multiples et exactes, pour comprendre enfin de quelle incon- 
testable valeur il est, aussi bien pour le propriétaire que pour 
l'architecte, aussi bien pour les maîtres que pour ceux qui 
aspirent à le devenir un jour. Non seulement M. André a fait 
un beau livre, mais, nous le disons sans hésitation aucune, lia 
écrit un livre utile. 

Ém. Rodigas. 



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— 157 - 
Encore la plantation tardive des arbres verts. 

Dans le Bulletin de 1879, page 124, nous appelions l'atten- 
tion des intéressés sur Topportunité de planter tard les arbres 
verts en général. Nous ne savons si la manière dé voir 
que nous y avons exposée a été partagée par tout le monde ^ 
mais toujours est-il que plusieurs nous ont approuvé. Un mem- 
bre de notre Cercle, M. Henri Delmotte, secrétaire honoraire 
de la Société horticole de Tournai, nous a écrit à ce sujet une 
lettre très obligeante se terminant par une recommandation 
toute spéciale. Nous croyons utile de reproduire ici ce fragment 
de lettre, parce qu'il complète en quelque sorte ce que nous 
écrivions; le voici : 

« Je crois vous être agréable en vous envoyant, sur le même 
objet, le renseignement suivant, dont vous ferez Tusage que 
vous voudrez. 

< Lorsque j'habitais Nivelles (1849-1859), j'y ai beaucoup 
connu un professeur à l'École normale, M. Kaïeman. Il était 
grand amateur de jardins et d'arbres verts. Il me dit qu'ij, 
ne manquait jamais un de ces arbres à la plantation. Il les 
plantait fin d'avril à mi-mai, faisait la fosse d'avance et la rem- 
plissait d eau au moment de planter le sujet. 

< Cette opération se faisait aussitôt que l'eau absorbée par les 
parois de la fosse, avait rendu le terrain bien humide, et il 
arrosait largement une seule fois la terre qui avait comblé la 
fosse et dans laquelle l'arbre devait croître. » 

Le procédé que recommande M. Delmotte n'est pas tout à fait 
neuf, mais malheureusement on ne l'applique pas assez souvent ; 
il ne peut agir, d'après nous, que favorablement; nous le 
recommandons à notre tour. Toutefois, ne le perdons pas de 
vue, quelle que soit l'efiScacité des auxiliaires auxquels on à 
recours, le temps^ la température qui règne immédiatement 
après la plantation, jouera le rôle le plus important. 

C'est ainsi, par exemple, que très probablement les neuf 
dixièmes des Conifères qu'on aura plantés, sans mottes bien 



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— 158 — 

entendu, durant ce vilain vent aride qui a régné depuis ces trois 
semaines, ne reprendront certes pas. Ceux qui auront eu con- 
fiance en nous en ne plantant qu'à présent, sont bien plus sûrs 
de réussir et surtout alors qu'ils voudront employer le procédé 
dont il est question ci -dessus. Encore une fois donc : plantez 
tard vos arbres verts. JET. /. Van Huile. 



Congrès agricole de Liège. 

Le Congrès agricole national organisé par la Société libre 
d'Emulation à l'occasion du centenaire de cette institution, a eu 
lieu à Liège, le 29 avril et les quatre jours suivants. Indépendam- 
ment de l'utilité incontestable que présente la réunion d'hommes 
s'occupant à des titres divers d'un intérêt capital, celui de l'agri- 
culture, le Congrès de Liège aura des résultats considérables. 

Ainsi la 4"« section, présidée par M. Emile de Laveleye, a 
discuté l'important problème de l'organisation de l'instruction 
horticole à tous ses degrés. Elle a présenté à l'Assemblée géné- 
rale un remarquable rapport demandaiît que l'instruction agri- 
cole et horticole soit donnée dans les écoles primaires et les 
écoles moyennes professionnelles. Elle a demandé que la culture 
fasse partie du programme des écoles normales et qu'il soit assi- 
gné à cette branche une plus grande importance parmi les 
matières de l'examen. 

L'Assemblée a été unanime pour adopter ces propositions. 

L'enseignement agricole aux Universités a fait l'objet d'une 
discussion approfondie et le principe en a été admis par la 
majorité de l'Assemblée. 

La 3"« section, celle de la pomologie agricole, était présidée 
par M. Le Hardy de Beaulieu, membre de la Chambre des 
Représentants. MM. Mouton de Tavier, Macorps, président 
du Cercle d'Arboriculture de Liège, G. Galoppin, secrétaire de 
cette Société ; MM. H. Millet et Hennus, professeurs de culture 
à Tirlemont et à Tongres ; M. Sandbrinck, secrétaire de la 
Société d'horticulture de Hasselt ; M. de IiUESEMANS, de Louvaia 



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— 159 — 

et Gathoye, de Hervé, ont pris avec M. Rodigas, secrétaire de 
la 3"*« section, la part la plus active aux travaux de celle-ci. 

M. Pynaert, délégué avec ce dernier pour représenter au 
Congrès le Cercle d'arboriculture de Belgique, a été rappelé 
d'urgence le second jour. 

Cette section s'est jointe à la 4"® pour étudier la question de 
la plantation des routes au moyen d'arbres fruitiers. Les deux 
sections réunies ont été d'avis que le Congrès devait émettre le 
vœu de voir l'État et les Provinces faire des essais sérieux de 
plantations fruitières le long des routes. 

Quant au mode de culture des arbres fruitiers dans nos vergers, 
les conclusions que nous avons eu l'honneur de produire devant 
l'Assemblée générale, au nom de la 3"® section, sont entièrement 
conformes, ainsi que nous l'avons fait remarquer, à celles 
émises par les rapporteurs du concours de vergers organisé il j 
a peu d'années par la Société agricole de la Flandre orientale. 

La section de pomologie a été d'avis, quant au choix des 
variétés d'arbres fruitiers, de signaler les travaux de ce genre 
accomplis déjà par le Cercle d'ArtoricuUure de Belgique (Gand), 
la Société centrale d'Arboriculture de Bruxelles^ le Cercle d'Arbo- 
riculture de Liège, Les listes des variétés choisies par ces 
sociétés seront insérées dans le compte-rendu des travaux du 
Congrès. Ém. Rodigas. 



L^hiver de 1878-1879. 

L'hiver que nous venons de traversera été un des plus longs 
et des plus rudes qui aient été signalés depuis un demi siècle, 
non pas que la température ait atteijit un minimum exception- 
nel, mais parce que la gelée a été persistante et à peine inter- 
rompue depuis novembre à mai, six mois, par quelques séries 
de journées plus clémentes. 

Chose remarquable, à plusieurs reprises, sous l'influence d'un 
courant du quart nord, il a fait plus froid en Belgique qu'en 
Russie au même moment. Tel a été le cas encore le 9 mai ; ce 



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— 160 — 

jour-là il faisait plus froid à Gand qu'à S* Pétersbourg ; la tem- 
pérature en Belgique était de près de 10» c. au-dessous de la 
normale observée à pareille époque. Il a gelé et il est tombé 
quelques flocons de neige à Gand le 9 mai; et même le 11 mai 
à ô h. du matin, les étangs du Jardin Zoologique de Gand 
étaient couverts d'une légère couche de glace. 

Ces gelées tardives auront fait beaucoup de tort partout où 
l'on a négligé les précautions ordinaires. Pour bien des produits 
cependant, la végétation étant de plus de vingt jours en retard, 
les dégâts seront moins appréciables. 

L'abaissement de la température du 11 mai donne encore une 
fois raison à la tradition populaire des trois saints de glace : 
Mamert, Pancrace et Servais. Rappelons à ce propos l'anecdote 
suivante. 

Le roi Guillaume /de Hollande se promenant dans son parc, 
par une splendide journée de la première semaine de mai, ren- 
contre son jardinier et lui exprime son étonnement de ne 
pas voir les orangers sortis, t Judocus, lui dit le roi, mon 
désir est que les orangers soient mis en place demain. » 

€ Fort bien, Sire ! mais qu'il me soit permis de faire remar- 
quer à S. M. que nous n'avons pas encore eu la St Mamert. » 

Le roi sourit et répéta simplement son désir, qui était un 
ordre. 

Le lendemain les orangers étaient sortis. La journée fut belle 
et sereine, malheureusement la nuit aussi, et le surlendemain 
tous les orangers étaient gelés. 

Judocus secoua tristement la tête en disant : c Nous n^ayions 
pas encore eu la St Mamert ! » 

Ém. Rodigas. 



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- 161 — 
Raisin Golden Queen. 

Les lecteurs habituels de notre publication ont déjà vu men- 
tionner cette variété encore peu connue dans nos cultures, raais 
qai jouit d'une grande notoriété dans les Vineries anglaises. 

C'est un gain de M. John Pearson deChilwell, Nottingham, 
qui l'obtint par croisement du Raisin Alicante fécondé par 
Ferdinand de Lesseps. La variété nouvelle remporta en 1873 
un certificat de 1^« classe à la Société royale d'Horticulture de 
Liondres. 

Elle est décrite dans la dernière édition de Fexcellent Fruit 
Manual du D' Robert Hogg, que je crois pouvoir me contenter 
de traduire ici à peu près textuellement. 

Golden Qoeen. — Grappes longues de 22 centimètres, forte- 
ment pédonculées, allongées, denses et bien épaulées comme 
celles du Muscat d'Alexandrie. 

Les pédicelles des baies sont assez longues mais solides. Les 
baies oblongues ovales, sont longues de 2 4/2 à 3 centimètres. La 
peau membraneuse est d'une couleur d'ambre clair. 

La chair est ferme, croquante, très juteuse et richement 
aromatisée. 

En somme c'est une variété magnifique et sa végétation est 
très vigoureuse. Éd. Pynaert. 



Exposition de Fraises à Gand. 

L'Exposition de Fraises organisée à Gand, par le Cercle 
d'Arboriculture de Belgique est remise de huit jours, à cause du 
retard de la végétation. 

Cette Exposition aura donc lieu au Casino de Gand, les diman- 
che 29 et lundi 30 juin courant. Les participants sont priés de 
86 faire inscrire avant le 23. 

Pour les conditions, voir le programme, page 144. 

Les fruits devront être remis au Casino au plus tard le 

29 juin à 9 h. précises du matin. 

12 



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— 162 — 

Le Comité rappelle que l'Exposition pourra être visitée gra- 
tuitement par les Membres du Cercle et de la Société royale 
d'Agriculture et de Botanique de Gand. Les membres du Cercle 
Youdront bien se munir de leur carte d'abonnement pour la 

présente année. 

Le Secrétaire Général, 

Ém. Bodigas. 
Un faux Beurré de Naghin. 

Nous recevons de notre excellent et estimé collègue 
M. Charles Baltet, au sujet du fruit figuré et décrit dans le 
dernier numéro àxk Bulletin, la communication suivante que nous 
nous empressons de mettre sous les jeux de nos lecteurs. 

hQ Beurré de Naghin que nous connaissons en Belgique^ est un 
fruit remarquable surtout parce que c'est un fruit d'hiver. Son 
sosie, arrivant en octobre-novembre, alors que les fruitiers 
débordent de bonnes poires, n'a plus qu'un mérite secondaire. 
Nous n'en remercions pas moins cordialement notre collègue 
de son intéressante notice et de son offre si obligeante dont nous 
espérons que plusieurs Membres du Cercle voudront profiter 
dans l'intérêt de la science pomologique. Réd. 

Messieurs et ohers collègues, 

J*ai lu avec intérêt dans le Bulletin du Cercle d'Arboriculture 
de Belgique, page 129, la description de la poire Beurré de 
Naghin par un des laborieux fils de notre ami M. Fr. Burvenich . 

Savez-vous qu'il existe, en France, une variété répandue sous 
ce même nom? Le port de l'arbre, l'aspect du fruit ont plus d'un 
point de ressemblance avec le véritable type du Beurré de 
Naghin. Mais il j a une différence sensible quant à l'époque de 
maturité. Le vrai mûrit en mars avril, le faux en octobre 
novembre. L'arbre de ce dernier ne vit pas sur coignassier. 

Un caractère assez saillant est la duplicature de la fieur du 
pseudo Beurré de Naghin. Elle est renonculiforme et à 2 rangs 



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- 163 — 

de pétales, comme le Poirier Comte Lelieur, le mieux caractérisé 
sous ce rapport. La fleur double se remarque encore chez 
Calebasse Oierdieck; mais ici, elle est plus lâchée que les précé^ 
dentés, elle a plus de rapport avec celle de l'ancienne Double- 
fleur, Arménie de Duhamel. 

Maintenant quel est le nom véritable de cette nouvelle venue? 
Le fruit est beau et bon, gros, juteux et sucré. Serait-ce un gain 
du même semeur? Nous mettons des greffons à la disposition 
de ceux qui voudraient l'étudier. 

Salut cordial. 

Troyes, 20 mai 1879. Charles Baltet. 



Les effets des auvents. 

Nous nous rappelons encore le temps, il y a une quarantaine 
d'années, que tous les ans nous avions des pêches en masses. Il 
est vrai, à cette époque, les arbres pour être un peu moins régu- 
lièrement conduits et formés, étaient quand même mieux por- 
tants qu'ils ne le sont généralement aujourd'hui ; il nous semble 
qu'alors, bien qu'on prétende le contraire, les pucerons ne rava- 
geaient pas tant nos arbres que de nos jours. 

Dans ces derniers temps, chaque année nos pêchers ont tant 
à souffrir de ces pernicieux insectes, que tout amateur se trouve 
dans cette triste alternative ou de renoncer à la culture du 
Pêcher, ou de ne plus le cultiver que sous abri vitré. 

II n'en a pas toujours été ainsi, nous en trouvons entr'autres 
les preuves en ceci, que notre collègue M. Burvenich en 
1862, de même que nous en 1857, nous faisons à peine mention 
d'abris vitrés dans les premières éditions de nos traités d'arbori- 
culture. Depuis, on a fait du chemin : non seulement les serres 
mobiles font partie de tout programme^ mais des chapitres, des 
traités spéciaux sont consacrés à la culture sous verre. C'est 
devenu presque le cri unanime : < sans cela plus de pêches. » 



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— 164 — 

Tous les printemps, en effet, les pêchers aux murs sans abris, 
et peu importe qu'on les taille avant, durant ou après l'hiver, 
entrent en végétation et commencent même à fleurir plus ou 
moins abondamment sous les meilleurs auspices. Tel est surtout 
lecas après un hiver doux et des jours printaniers précoces. Mais 
la fln de mars et le commencement d'avril arrivent et avec eux 
ces vilains vents d'est ou du nord, ces journées et surtout ces nuits 
arides, ces gelées tardives. Alors adieu non seulement la récolte 
mais même la santé des arbres ! Car quand bien même les fleurs 
ne seraient pas gelées, le jeune embryon tombe bientôt par suite 
d'arrêt dans la végétation. Cet arrêt est dû non seulement à 
rabaissement de la température, mais surtout à la présence de 
myriades de pucerons que cet abaissement et le vent du nord 
semblent amener et qui, s'attaquant aux tout jeunes bourgeons 
réduisent bientôt ceux-ci et par suite l'arbre entier à Tétat de 
squelettes. 

Certes à l'aide d'abris, d'abris vitrés surtout, il y a moyen 
d'échapper à ces désagréments ; aussi ne trouve-t-on presque 
plus d'amateur sérieux de pêches qui n'y ait aujourd'hui recours. 
Mais il n'en reste pas moins vrai que d'abord les frais de pre- 
mière installation montent assez haut et augmentent considéra- 
blement le prix de revient des fruits. Ensuite on est en quelque 
sorte esclave de ses abris vitrés en ce sens que si on néglige de 
les aérer quand le soleil devient trop fort et de les fermer quand 
le vent est mauvais, les arbres y seront encore plus vite visités 
par les pucerons que dehors. 

Rappelons cependant en passant que, comme on peut le lire 
dans le Bulletin de 1878(1), une grande amélioration a été 
introduite sous ce rapport. Un ancien élève de l'École d'Horti- 
culture de Gand, M. Van Lierde, a imaginé un système d'abri 
breveté où il ne faut plus s'inquiéter de l'aérage. C^est là on 
point capital qu'on ne saurait assez apprécier. 



(1) Bull. 1878, page 90, avec figures. 



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— 165 — 

Aussi croyions-nous que les abris vitrés en étaient arrivés à la 
perfection et peut-être est-ce bien le cas. Mais il y a quelque 
chose de mieux, si possible, que la perfection dans la compli- 
cation, c'est la simplicité. Voici le fait que nous croyons bien 
«n place dans ce Bulletin. 

Dernièrement en faisant avec quelques élèves de notre 
Ecole d'Horticulture une de nos excursions ordinaires, nous 
fumes amenés à visiter les cultures de M. le C*° de Hemptinnb 
à S^ Denis près de Gand. Arrivés au potager, nous passons 
devant un mur haut de quatre mètres, dont les faces, formant un 
angle droit, sont exposées Tune au midi, Tautre au couchant, et 
garnies, la première de pêchers et de quelques pruniers, la 
seconde presqu'uniquement de pêchers. Notre attention est 
aussitôt frappée par le fait que sur la première face il n'y a que 
pêchers maltraités par les pucerons et absence complète de 
fruits, sur la seconde face arbres auxquels il ne manquait rien 
sous le rapport de la santé et abondance de fruits. 

Nous étions sur le point d'exprimer aux élèves notre avis sur 
ce résultat, lorsque M. de Hemptinne nous raconta ce qui suit : 
€ Vous aurez remarqué, disait-il, un chaperon ou auvent vitré, 
incliné et faisant saillie d'environ 75 centimètres. Dans letemps^ 
nous y accrochions tous les printemps des châssis et formions 
ainsi ces serres à pêchers encore tant en vogue de nos jours. Mais 
notre jardinier, qui a mille et une choses à faire, ou n'avait pas 
le temps, ou oubliait très souvent de donner de l'air en temps 
opportun ou de fermer en temps utile, de sorte que nous n'arri- 
vions presque jamais à un bon résultat. De guerre lasse, nous ne 
plaçons plus les châssis, nous nous contentons de laisser toujours 
le simple au vent vitré que vous voyez, sans même mettre quoi 
que ce soit entre ou devant nos pêchers. Auparavant nous 
n'avions jamais de pêches^ depuis cinq ou six ans que nous 
procédons comme à présent, nous n'avons pas manqué une seule 
année d'en avoir en aussi grande masse qu'il semble en être 
encore cette fois-ci. Est-ce tout simplement reflfet de cet auvent 
vitré? » 



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— 166 — 

Nous noas le demandons aussi et nous sommes tenté d'y 
répondre affirmativement en présence de ce qui se passe ici non 
pas une fois et isolément, mais durant une série d'années et 
toujours dans le même sens, c'est à dire défavorablement pour 
les pêchers sans auvent, on ne peut plus favorablement pour 
ceux qui en sont munis. H, J, Van Huile. 



Conservation des £niits d'été. 

Un ancien cultivateur m'a dit avoir conservé des Melons, 
Pèches, Abricots et autres fruits de cette nature, presque 
pendant Tannée entière, avec toute leur fraîcheur, par un 
moyen bien simple. Au moment de la maturité, il les plaçait 
dans des boîtes de plomb qull faisait souder de manière à les 
fermer hermétiquement. Il déposait ces boîtes au fond de Teau 
courante d'un ruisseau qui ne gelait jamais, et il les j laissait 
jusqu'au moment de faire usage des fruits. 

Je considère ce fait comme ayant besoin d'être confirmé par 
de nouvelles expériences, et j'engage les amateurs à les tenter, 
car je pense qu'il n'est pas tout à fait dénué de vraisemblance : 
tout le monde sait que le contact de l'air et les variations de la 
température sont les principales causes de la fermentation 
putride. 

Un de mes amis, dont l'attention a été éveillée par ce procédé, 
et dont la plus agréable occupation est de conserver les produits 
de l'horticulture, afin d'en enrichir sa table pendant l'hiver, où 
ils sont un charme de plus, vient de me communiquer quelques 
détails sur diverses applications qu'il a faites de ce procédé. 

Il a d'abord essayé de conserver des Abricots et des Pêches, 
qu'il a enfermés dans des boîtes en fer blanc, et n'ayant point à 
sa disposition de ruisseau à eau courante, et qui ne gèle point, 
il les a descendues au fond d'un puits, d'où il ne les a retirées 
que pour en manger les fruits. Le premier essai qu'il a fait a été 
examiné à la Toussaint, et sur dix Abricots Pêches enfermés 



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— 167 — 

dans cette boite depuis la mi août, huit ont été trouvés trèa bons 
et très frais; un autre était gâté, et le dernier, voisin du 
précédent, avait un commencement de pourriture. 

Les Pèches examinées le 25 décembre se sont trouvées moitié 
mangeables et moitié moisies ; elles étaient au nombre de huit. 
Attribuant ces diverses altérations au peu de soins avec lequel 
les fruits avaient été enfermés dans les boîtes, il recommença 
Tannée suivante de nouvelles expériences. Il ût alors faire 
plusieurs boîtes de fer blanc d'un pied de longueur sur une 
hauteur et une largeur proportionnées à la dimension des fruits 
qu'il voulait conserver. Sur la longueur, de petites rainures ver- 
ticales, également espacées, étaient destinées à recevoir de 
petites feuilles de fer blanc formant cloison, pour séparer 
chaque fruit de ses voisins. Ces essais eurent pour objet non 
seulement des Abricots Pêches, mais des Pêches Téton de Vénus 
et des poires de Doyenné blanc et de Beurré cris. 

Chacun de ces fruits, cueilli par un temps sec et au milieu de 
la journée, dix ou douze jours avant sa maturité, a été choisi 
très sain et sans la moindre écorchure; il a été enveloppé de 
papier un et collé, et placé dans une des boîtes disposées pour 
le recevoir; une cloison en fer blanc a été placée entre chacun, 
et la boite pleine a eu son couvercle soudé. 

Le 10 août, vingt quatre Abricots-Pêches renfermés dans 
quatre boîtes ont été ainsi préparés ; deux de ces boîtes ont été 
descendues dans le puits, deux autres placées dans une cave, 
comme nous le dirons tout à llieure. 

Le 8 septembre, trente Poires de Doyenné furent placées de 
même dans six boîtes, dont trois descendues dans le puits et 
trois mises à la cave. 

Le 15 septembre, vingt fruits du Beurré cris furent de même 
mis dans quatre boîtes, dont deux furent placées dans le puits 
et les autres à la cave. 

Enfin, le 25 septembre, seize Pêches Téton de Vénus furent 
disposées de la même façon, en quatre boîtes, qui furent aussi 
partagées entre le puits et la cave. 



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- 168 - 

Lô 15 décembre, deux boîtes d'Abricots furent rouvertes, 
Tune provenant du puits, l'autre de la cave; les douze fruits 
qu'elles contenaient furent trouvés également sains et bons. 

Le 17 janvier, deux boîtes de Pêches, prises de même à la 
cave et dans le puits, furent ouvertes, et les fruits firent l'ad- 
miration des assistants par leur fraîcheur et leur bon goût. 

On ouvrit en même temps deux boîtes de Doyenné; parmi les 
dix fruits qu'elles contenaient, six étaient en maturité parfaite; 
les quatre autres furent conservés cinq jours dans une armoire 
et se trouvèrent alors à point. 

Le 15 janvier, les deux autres boîtes à' Abricots Pêches furent 
ouvertes ; dans celle provenant du puits, l'eau s'était introduite 
par un trou presque imperceptible, et tous les fruits étaient 
gâtés. Dans celle conservée à la cave, quatre fruits étaient 
encore mangeables, quoique passés ; les deux autres étaient 
entièrement moisis. 

Le même jour, les deux boîtes de Pêches furent ouvertes ; 
dans celle provenant du puits, elles étaient légèrement moisies 
en dessus, mais pourtant encore assez bonnes ; les Pêches de 
l'autre boîte étaient meilleures; l'une d'elles seulement était 
profondément altérée par une tache qui l'avait rendue amère. 

A la fin de janvier, deux boîtes de Doyenné furent ouvertes; 
elles offraient des fruits sains et bons, mais pouvant attendre 
encore. 

Le 20 février, furent ouvertes les deux dernières boîtes de 
Beurré gris. Des cinq fruits conservés dans le puits, deux 
avaient bletti; les trois autres étaient bons. Sur les cinq poires 
provenant de la cave, trois étaient parfaitement à point ; une 
pouvait attendre encore ; la dernière était tachée, mais cepen- 
dant ce qui en restait était bon. 

Le 10 mars, les deux dernières boîtes de Doyenné furent 
examinées : dans l'une comme dans l'autre les fruits étaient 
pâteux ; mais dans la boîte provenant du puits, deux Poires 
étaient blettes. 

Cette expérience, faite avec plus de soin que la première, fit 
penser à mon ami qu'il était possible de conserver des Abricots 



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— 169 — 

et deé Pêches jusqu'au premier janvier au plus tard, et des 
Poires de Doyenné et de Beurré jusqu'au premier mars. 

Toutefois, les épreuves comparatives ainsi faites démon- 
trèrent que la conservation dans la cave était aussi sûre que 
l'autre et comme elle présentait moins d'embarras, c'est à cette 
dernière qu'il s'est arrêté. Il a donc continué à s'occuper de con- 
server les mêmes fruits, et voici comment il a perfectionné son 
procédé, qui lui donne de bons résultats. 

Il récolte les fruits ainsi que je l'ai dit; il les enveloppe dans 
une feuille de papier serpente bien collé, parce qu'il prend moins 
l'humidité qu'aucun autre. H les enferme dans des boîtes de fer 
blanc devenues à compartiments par les petites lames qui se 
placent dans les coulisses. Pour que le fruit ne ballotte pas, il 
l'assujettit sans le serrer, au moyen de petits rouleaux du même 
papier. Les couvercles des boîtes, au lieu d'être fermés par la 
soudure, ne sont plus assujettis que par un ûl de fer formant 
croix, une à chaque extrémité, et les jointures sont bouchées par 
un goudron semblable à celui dont on se sert pour conserver les 
vins en bouteille. Pour que ce goudron tienne mieux, les bords 
de fer blanc qui se rejoignent sont légèrement crénelés. 

Dans une cave assez profonde pour que la température, pen- 
dant toute Tannée, ne varie que de 2 à 6*" Réaumur au-dessus de 
zéro, il a fait établir un coffre en bois de hêtre, élevé par quatre 
pieds de six pouces de hauteur au-dessus du sol ; le fond de ce 
coffre est garni d une couche, épaisse d'un pied, de poussier de 
charbon de bois bien sec ; sur cette couche est posé un casier 
sans fond, ayant un nombre de compartiments suffisant pour 
loger les boîtes en fer blanc qui contiennent les fruits. 

Ce casier a deux pieds de hauteur et des proportions telles, 
qu'il règne tout autour, entre lui et le coffre, un intervalle vide 
de dix pouces que Ton remplit de poussier de charbon. Sur 
l'épaisseur supérieure de chacune des planches qui divisent le 
casier, est clouée une étiquette ou un numéro correspondant 
à une note indicative des fruits que renferme chaque case. 
Elles ont toutes une forme carrée, mais telle quUl y ait entre 

i5 



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- no- 
ta boite de fer blanc placée debout et leurs parois en bois un 
intervalle de deux pouces que Ton remplit également avec du 
poussier de charbon; un fil de fer attaché à chaque boite est 
assujetti à un clou planté près du numéro, de façon qu'on 
puisse retirer la boite à volonté. Les boites ayant un pied sont 
couvertes d'une égale épaisseur de poussier, de façon que de 
toutes parts chaque boite soit au moins séparée de Fair ambiant 
par une couche de poussier d'un pied d'épaisseur. 

Ce coffre est fermé par un couvercle qui s'y ajuste parfaite- 
ment, et par dessus lequel on pose des paillassons semblables à 
ceux employés dans les jardins. 

Comme les fruits que mon ami conserve ne sont pas prêts à 
être mis en boite en même temps, il a soin^ chaque fois qu'il en 
place une dans une case, de remplir celle-ci de poussier, ainsi 
que le rang de toutes celles qui rentourent» sauf à les vider 
quand d'autres boites sont prêtes. 

Les précautions les plus importantes dans ce procédé sont que 
les fruits ne soient pas encore mûrs ; qu'ils soient soigneuse- 
ment enveloppés, sans être froisés, de papier bien sec et collé ; 
que les boites en fer blanc soient parfaitement essuyées, et que 
les fruits soient placés vingt-quatre heures après la cueillette. 
Ils séjournent pendant ce temps dans le fruitier. 

11 ne faut pas croire que ce procédé soit coûteux ; une fois la 
dépense faite, les mêmes appareils durent longtemps ; le papier 
peut servir plusieurs fois, avec la seule précaution de le bien 
faire sécher s'il a pris de l'humidité ; quant au poussier, on le 
renouvelle chaque année, et lorsqu'il a servi, il est aussi bon à 
brûler qu'avant, et si on veut qu'il serve plusieurs fois, il suffit 
de le rapporter de la cave au dehors, pour faire évaporer, en 
l'étalant en couche mince, l'humidité dont il s'est chargé. 

En mettant sous les yeux des lecteurs du Bulletin les 
détails qui précèdent, j'ai pensé être utile aux personnes 
qui se plaisent à multiplier chez elles des jouissances qui n'exi- 
gent que quelques précautions, et qui sont d'un prix inestimable 
dans certaines occasions. Z>. MmU 

mie. 



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— 171 — 
Azalea indica Louisa Fyriaert. 



Flg. 38. — Azalée LoaiM Pynaert. 

Peu de genres ont offert, comme les Azalées, des exemples 
aussi nombreux et aussi saisissants de cette énergie vitale qu'on 



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^ 172 — 

appelle variabilité ou force centrifuge chez les végétaux. En 
effet, on a rencontré tour à tour, parmi les Azalées de l'Inde 
surtout, de longues séries de variations, se produisant successi- 
vement dans la coloration, la forme des fleurs et la grandeur de 
celles-ci. 

L'Azalée de semis dont nous reproduisons la figure et que 
M. Pynaert a dédiée à sa gracieuse fille, fait partie d'une série 
de variétés nouvelles ayant une grande tendance vers le gigan- 
tisme et en môme temps vers la duplicature des fleurs. L'Azalée 
LouUa Pynaert est d'une ampleur extraordinaire et la fleur est 
parfaitement double (l). Les pétales sont larges, bien étoffés, 
d'un blanc pur, parfois marqués d'une strie rose carminé d'un 
charmant effet ; parfois aussi l'onglet est lavé de la même 
couleur. 

Cette variété provient des semis de feu Liévin Brugghe dont 
les cultures d'Azalées jouissaient d'une réputation bien méritée. 
La figure 35 donne une idée exacte des caractères saillants : 
l'ampleur énorme et la duplicature ; elle laisse deviner la 
superbe coloration. 

Ce printemps, nous avons vu de nombreux exemplaires de 
l'Azalée Louisa Pynaert richement fleuris à l'Établissement de 
notre collègue M. Éd. Pynaert et nous tenons à déclarer que le 
dessin n'exagère en aucune façon les dimensions de la fleur. 

Celle-ci conservera-t-elle cette colossale ampleur sur des 
exemplaires de propoiHions plus considérables ? Nous ne le 
pensons pas, à moins toutefois qu'on ne parvienne à maintenir ce 
caractère par une suppression bien entendue des boutons. 

Ém. Rodigas. 



(1) Cette fleur n'est nullement pleine, comme on l'a dit par erreur 
dans la Revue de l'Horticulture belge, 1878, p. 209, qui a donné une 
superbe planche de cette belle Azalée ; mais elle est bien dwble. 



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— 173 — 
Le Cerisier et les oiseaux. 

On croit généralement que le Cerisier a été apporté d'Asie 
en Europe par LucuUus. Or le riche général ronaain ne retourna 
à Rome après avoir battu Mithridate dans TAsie-Mineure que 
vers .63 avant Jésus-Christ. Il j a donc 1,916 ans que cet arbre 
pris par LucuUus à Cerasonte est cultivé en Europe. 

Cerasonte^ aujourd'hui Keresoun, était une ville grecque 
de TAsie-Mineure, dans le royaume du Pont. C'est de Cerasonte 
que dérive le nom de cerise donné au fruit dont il est question. 

Cependant, s'il faut en croire quelques botanistes, il y a une 
espèce de Cerisier qui est indigène dans les forêts de TËurope. 
On le nomme : Cerisier des lois ou Cerisier des oiseaux (Cerasus 
avium). On le désigne populairement sous le nom de Merisier. 
Quoi qu'il en soit, le Cerisier croît dans toute TEurope ou à 
peu près. On l'a acclimaté dans des latitudes froides. En 
France comme en Belgique on le cultive sur toute l'étendue du 
territoire et il donne une récolte telle qu'il se fait avec l'Angle- 
terre et d'autres contrées septentrionales un grand commerce 
de cerises. 

La cerise était le fruit favori du grand Frédéric. Il voulait 
avoir ce fruit sur sa table pendant une grande partie de 
l'année et donnait ordre à ses jardiniers de lui en fournir par 
tous les moyens possibles. 

Le royal philosophe de Sans-Souci se plaignait souvent, 
pendant la saison des cerises, de la rareté de ce fruit, et gour- 
mandait vertement les jardiniers. Ceux-ci, confus des reproches 
da souverain, déclarèrent que les moineaux, ces pillards 
eftrontés, étaient seuls la cause de la rareté des cerises. 

Grande colère de Frédéric, qui ordonna que la tête des 
moineaux fût mise à prix dans toute la Prusse. Il en écrivit 
à Voltaire qui lui répondit qu'il était peu digne d'un aussi 
grand monarque d'attenter à la liberté de ces pauvres oiseaux 
à qui Dieu l'avait octroyée, etc., etc. 



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— 174 — 

Frédéric maintint son décret. Les moineaux disparurent; 
mais au bout de deux ans, non seulement il n*j eut plus 
de cerises à Berlin, mais plus d'autres fruits. Les chenilles les 
dévoraient tous. Le roi comprit son erreur, il se réconcilia 
avec les moineaux qui se chargeaient de détruire les chenilles, 
et le fruit favori reparut sur la table royale. Mais le plus 
piquant de Tanecdote est la pétition que Frédéric trouva au 
fond d'une assiette de cerises qu'on avait fait venir à grands 
frais de Paris. Voici ce singulier placet: 

« Sire, 

€ Trompé par de faux rapports, vous nous avez crus 
coupables et vous nous avez condamnés à la mort et à Texil. 
Mais voilà que vous avez bien moins qu'auparavant — je 
devrais dire que vous n'avez plus du tout de ces cerises que 
vous aimez tant. Laissez-nous revenir sur ces vieux arbres 
qui nous sont chers, car ils ont été nos berceaux, et bientôt 
vos tables se couvriront des fruits les plus savoureux. 

c Seulement, ne nous chicanez plus à propos des cerises 
auxquelles nous toucherons. Considérez ce faible tribut comme 
le salaire légitime du service que nous allons vous rendre. 
Mieux vaut une bonne récolte avec quelques centaines de 
cerises de moins^ qu'une disette de fruits la plus absolue. 

c Si tel est aussi votre avis, dites un mot, Sire, et nous 
accourrons de notre aile la plus légère. 

< Un vieux moineau exilé. > 

Depuis ce temps, l'État protège en Prusse, comme du 
reste dans toute l'Allemagne, les oiseaux favorables à l'agricul- 
ture. E. MUer. 



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175 



Modèles de Corbeilles-parterres. 

La vogue de la mosaïculture (dans soa acception la plus large, 
s'entend) est loin de diminuer. 





Fig. 36. 

1. Clneraria asplenifolia. 

2. Iresine Lindeni. 

3. Achyranthes acuminata fol. Tar. 

4. Coleus Yerschaffeltl avec bordure d'Echeveria secnnda glauca. 

5. Mesembryanthemum cord. fol. var. bordé de Sempervivum cali- 

fornicam. 

Nous n*en trouvons de meilleure preuve que dans le nombre 
de demandes parvenues au Comité de rédaction pour nous 



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— 176 — 



Fig 37. 

1. Telianthera versicolor. 

2. Santolina incana. 

3. Alternanthera magnifica. 

4. Pyrethrum Golden Feather. 

5. Alternanthera amœna. 

6. Antennaria dioica. 

7. Alternanthera amœna. 

8. Bcheveria secunda glauca. 

9. Sempervivum arachnoideum. 



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— 177 — 

engager à donner encore quelques dessins de jolies corbeilles, 
avec leur distribution et d'autre part dans les communications 
qui nous sont venues de divers côtés pour faire connaître des 
compositions ajant obtenu du succès. 

Nous choisissons aujourd'hui quelques dessins dus à un archi- 
tecte paysagiste de talent, M. Paul Lorenz de Schidewitz près 
de Zwickau. Nos lecteurs jugeront aisément combien ils sont 
supérieurs comme ligne et comme combinaison aux simpiter- 



Fig. 38. 

1. Centaurea Clementi. 

2. Echeveria metallîca glauea. 

3. Alternaiith6)*a paronychioidds. 

4. A. amœna bordé de Echeveria sec. glauca. 

5. Sedum glaucum. 

6. Sempervivum globuliferum. 

nelles étoiles qu'on rencontre encore si fréquemment chez nous 
et encore beaucoup plus dans les jardins en Hollande. 

Nous donnons sous chaque figure la distribution des plantes 
dans ces corbeilles comme nous l'indique M. Lorenz, distri- 
bution que l'on peut d'ailleurs varier à l'infini. 

Réd. 



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178 



Les bords du Dedemsvaart. 

A diverses reprises nous avons visité des contrées remarqua^ 
blés de la Hollande et depuis longtemps nous nous étions proposé 
de parcourir aussi la Frise et de nous arrêter à cette occasion 
auprès du Dedemsvaart. Ce projet nous souriait d'autant mieux 
que depuis peu d'années un des anciens élèves de l'École d'Hor- 
ticulture de Gand, M. A. M. C. Jongkindt-Coninck sy est 
établi comme horticulteur et nous a engagé plus d'une fois à lui 
faire une visite. 

Ayant consenti d'ailleurs à donner une conférence sur l'arbo- 
riculture à ZwoUe et à Arnhem, nous désirions saisir cette 
occasion pour visiter Meppel, Leeuwaarden, Groningue et 
Assen ; nous devions donc passer par le Dedemsvaart. A l'heure 
convenue nous trouvâmes à la gare M. Jongkindt, notre hôte, 
qui nous conduisit immédiatement à son établissement. Malheu- 
reusement nous y fûmes pris d'une indisposition subite qui 
nous fit renoncer au restant de notre voyage ; à peine fûmes 
nous en état de prendre des notes sur les pépinières de 
M. JoNGEiNDT-GoNiNCK dout l'importanco cependant est telle 
que nous pensons devoir lui consacrer ces lignes. 

Disons d'abord que Dedemsvaart est le nom de la première 
gare après ZwoUe sur le chemin de fer vers Meppel. C'est aussi 
le nom d'une immense contrée qui s'étend sur plusieurs lieues à 
partir de ce point. 

Comme on peut le voir encore, cette contrée était, il y a peu 
d'années, ici un aride désert, là une tourbière marécageuse. 
Mais des hommes courageux, prévoyants et entreprenants se 
sont unis pour former les capitaux nécessaires au creusement 
d'un canal de plusieurs lieues de long, muni des écluses voulues 
et devant servir non seulement à exporter la tourbe et le bois, à 
amener les engrais, etc., mais aussi pour assainir la contrée et 
la rendre habitable. 

A la tête de l'entreprise se trouvait un homme actif, 



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- 179 — 

M. Dedem, un des grands propriétaires de la contrée. Mais^ 
comme il arrive souvent, cette œuvre colossale exigea des 
sommes considérables et dans le principe rapporta peu ou rien, 
de sorte que le digne homme y perdit une bonne partie de sa 
fortune. Le pays toutefois ne lui fut pas ingrat : ses contem- 
porains lui ont élevé sur les lieux mêmes un monument que le 
passant salue avec respect quand il considère combien le 
Dedemsvaart a transformé des milliers d'hectares d'un sol 
improductif en une région magnifique, peuplée et industrielle. 

En efiet, il faut une bonne heure d'une course rapide pour 
vous mener de la station jusqu'à la demeure de M. Jongkindt 
et durant toute la course, toujours le long du canal, on aperçoit 
presque partout une végétation arborescente vigoureuse, géné- 
ralement des chênes qui, soit dit en passant, étaient élagués 
d'une façon très défectueuse. A côté, dans la campagne, on 
s'occupe activement à défricher le sol et les terrains défrichés 
portent déjà des récoltes magnifiques. Ailleurs on exploite les 
tourbières, on remblaie les marécages avec les sables des collines 
élevées et on établit de petits canaux reliés au grand Dedems- 
vaart. On conçoit que le long de celui-ci règne partout la plus 
grande activité. On y voit non seulement des églises et des 
écoles, mais aussi des bureaux de postes et télégraphes, des 
magasins et des fabriques et même des verreries. Les chantiers 
pour bateaux y sont surtout nombreux : tous les transports en 
efiet se font au moyen de bateaux et de barques. Toutes les 
constructions sont proprettes, parfois même très élégantes avec 
de jolis jardins dans lesquels les Conifères et surtout les Rhodo- 
dendrons se développent admirablement. Les gens y sont sim- 
ples ; on n'y connaît point le luxe, mais encore moins la misère. 

Nous voici à destination. L'établissement de M. Jongkindt- 
CoNiNCK mesure aujourd'hui environ dix hectares d'un seul 
tenant et pour la plus grande partie entièrement aménagés, ce 
qui veut dire que tous les travaux préparatoires sont terminés. 
Ce n'est pas peu de chose, si Ton considère que M. Jongkindt, 
convaincu que son entreprise prendrait une grande extension, a 



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- 180 — 

voulu dès le principe établir le tout sur un pied parfait. Les 
constructions nécessaires, habitation et remises, serres et bâches, 
sont achevées ; mais on a songé avant tout à la préparation du 
sol. Ces importants travaux ont été très bien compris et ont dû 
absorber des milliers et des milliers de florins, car le sol primitif 
est presque stérile. 

On s'est occupé d'abord de Técoulement des eaux : des rigoles 
étroites mais profondes divisent le sol en carrés d'environ trente 
mètres de large et septante mètres de long. Chacune de ces divi- 
sions est abritée contre le vent, soit au moyen de haies de 
diverses essences, soit au mojen de paillassons de jonc ; le ter- 
rain entier est entouré d'une triple rangée de Conifères en 
guise de brise vent. On a eu raison de soigner pour les abris : 
c'est un point capital dont on sJoccupe avant tout en Néerlande 
et qui en Belgique est par trop négligé. 

La préparation du sol fut le second point. La terre fut défon- 
cée à 1 m. de profondeur. Ce travail, déjà frayeux dans les 
circonstances ordinaires, le fut davantage ici, parce qu'il a 
fallu élever le terrain presque partout au moyen de la terre 
provenant des rigoles et du sable qu'il a fallu prendre ailleurs. 
Le sol primitif était stérile, non seulement parce qu'il était trop 
bas, trop humide, mais pan^e que la couche fangeuse ou tour- 
beuse empêchait l'inflltration de l'eau. M. Jongkindt a donc dû 
commencer par briser la fagne, emmener celle-ci à la surface, 
l'y étendre en grandes mottes pour les sécher et vendre ensuite 
celles qui étaient bonnes pour la combustion. Il a laissé geler les 
autres ; il a fumé ensuite abondamment au moyen de fumier de 
vache en y cultivant après, pendant deux ans, des^ produits 
agricoles ; alors seulement le sol a pu être livré à sa destination 
définitive : la culture des arbres fruitiers et des plantes d'orne- 
ment. Ici encore il a fallu de grandes quantités d'engrais et 
des sommes d'ai^nt considérables avant d'en tirer quelque 
bénéfice. Ajoutez-y les frais de publicité — car peu d'horticul- 
teurs ont fait autant d'annonces que M. Jongkindt — et on pourra 
se faire une faible idée des sacrifices qu'il a faits dans une contrée 



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— 181 — 

où il est absolumônt seul à faire Thorticulture et où il ne peat 
guère compter sur un concours sérieux. 

Nous n'aurions pas été étonné s'il avait été pris de décourage- 
ment. Aujourd'hui cependant il est content de sa création et il 
a le droit d'en être fier. Le froid était fort vif lors de notre visite 
et pourtant, grâce aux abris, on ressentait à peine le vent. La 
terre, composée d'un mélange de tourbe en poussière, de sable et 
de fumier de vache, est douce et déliée, et toutes les plantes 
sans exception j croissaient avec vigueur. En hiver on ne doit 
pas j craindre Thumidité, pas plus qu'en été la sécheresse ; on 
est absolument maître de l'eau, de sorte que, quand on le désire, 
le sol peut être tenu sec en hiver et humide en été. Voici com- 
ment cela est possible. Le sol étant remblajé se trouve du côté 
du Nord au-dessus du niveau des prairies voisines, tandis que du 
côté du Sud il se trouve au-dessous du niveau du Dederasvaart. 
Dans cette situation et à l'aide des vannes que M. Jongkindt a 
eu la précaution d'établir, il a en tout temps la quantité d'eau 
qu'il désire pour ses pépinières. C'est là à coup sûr un point 
capital. 

M. Jongkindt s'applique exclusivement à la culture des 
plantes de pleine terre et spécialement des plantes pour rocail- 
les, des vivaces, plantes bulbeuses et tubéreuses, Conifères, 
Rhododendrons, Azalées, arbres fruitiers formés. Rosiers sauva- 
ges et autres, etc. etc. Le tout est cultivé par milliers et vendu 
aux marchands en gros — guère aux amateurs — à des prix 
excessivement bas. Ainsi on y cultive par année environ trois 
cent mille Bosa muUiflora et Manetti, qu'on vend à 25 fr. le 
mille. Iles plantes pour rocailles sont expédiées au nombre de 
plus de cent mille, au prix moyen de 20 fr. le cent. Les 
Conifères, Azalées, Houx et surtout Rhododendrons sont 
aussi livrés par milliers, toujours en jeunes plants, par grandes 
quantités à la fois et à des prix minimes. 

La section des arbres fruitiers mérite une mention spéciale. 
On y rencontre une collection complète, non seulement au point 
de vue des variétés, mais aussi de toutes les formes. Ce qui 



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— 182 — 

nous a frappé aussi, c'est la grande collection de plantes pour ro- 
cailles ; non seulement celle-ci est nombreuse, mais disposée 
dans un endroit spécial et comme dans la nature, sur une ro- 
caille artificielle arrangée par M. Jongkindt lui-même. Cette 
rocaille a 33 m. de long sur 22 de large, munie de creux et de 
bosses. De son sommet, à 5i/3 m. de haut, descend une casca- 
telle qui après quelques détours dans une sorte de grotte, alimente 
un petit bassin. Le tout est garni de toutes sortes de plantes 
alpines, qui y croissent admirablement et peuvent donner une 
excellente idée des créations de ce genre. 

Tandis que chez la plupart des horticulteurs qui s'occupent 
de plantes vivaces, on ne rencontre guère de bâches, on en trouve 
ici une certaine quantité. M. Jongkindt a été à bonne école et a 
fort bien compris que pour aller vite on ne peut se passer de 
vitrage. Il a également établi une serre à multiplication et tout 
à côté une dizaine de rangées de bâches. L'une et les autres sont 
chauffées au moyen du thermosyphon, ce qui permet de les 
avoir toujours pleines de semis, boutures et greffes, de plantes 
rempotées, déjà enracinées ou attendant une place en pleine 
terre. 

L'ordre régnait partout; chaque carré avait sa destination 
propre et était consacré autant que possible au même genre de 
plantes de sorte que les erreurs sont facilement évitées et que le 
travail est en même temps facilité et la surveillance générale 
simplifiée. 

En somme l'établissement de M. Jongkindt-Coninck nous a 
fort bien plu ; bien qu'un peu à l'écart il mérite d'être ^visité et 
peut être considéré comme un modèle de bonne organisation. 
Les plants y sont bon marché et bons ; les racines sont telle- 
ment nombreuses qu'il est impossible de les débarrasser de la 
terre et enfin on peut être assuré d'y trouver toujours un cordial 
accueil : nous en avons eu la preuve et nous en remercions 
encore M. Jongkindt-Coninck. H. J. Vdn Sulle. 



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— 183 - 
Excursion en Néerlande. 

Le Cercle d'Arboriculture de Belgique, nos lecteurs le savent, 
avait résolu de visiter cette année les cultures du Westland et 
les pépinières de Boskoop. D'accord avec la Société pomologique 
de cette dernière localité, l'excursion fut fixée au commencement 
de juin. La plupart des excursionnistes se trouvèrent prêts le 
dimanche 1«» juin à midi et demi à la gare de Gand. Le Comité 
central du Cercle était représenté par MM. Van Hullb, 
Pynabrt et RoDiGAS. A ceux-ci vinrent se joindre quelques-uns 
des plus zélés parmi les membres du Cercle : MM. Dobbelaerb- 
HuLiN, président de la Commission provinciale d'Agriculture de 
la Flandre orientale, Baron Oct. Pycke, agronome à S* Georges 
sous Bloemendael, Aug. Van Geert, horticulteur à Mont 
S* Amand, Canfyn, propriétaire à Renaix, Arthur Idb, ancien 
élève de l'École d'Horticulture de Gand et Sylvio Vellbman, 
de Sleidinge, déjà connu aux lecteurs des Bulletins. 

Nous voilà en route, favorisés par un temps magnifique qui, 
malheureusement, ne devait pas être de longue durée. Afin de 
gagner quelques heures, nous suivons la ligne de Bruxelles par 
Alost pour y rejoindre le train direct de Paris vers La Haye. Nous 
revoyons avec plaisir, en passant, les riches campagnes du pays 
d' Alost, les prairies de la riante vallée de la Senne, les cultures 
des environs de Malines et d'Anvers. Bans notre métropole 
commerciale, nous sommes rejoints par deux compagnons de 
voyage, M^ Renaers, de Paifve (Liège), toujours au poste 
quand il s'agit d'enrichir ses connaissances, et M. Hbrmans, 
vice-président du Cercle des Rosiéristes d'Anvers. 

Nous passons rapidement par les sapinières et les bruyères 
ondulées du nord de la province d'Anvers, qui contrastent d'une 
façon si frappante avec les campagnes fertiles que nous venons 
de voir et les immenses pâturages que nous aurons l'occasion de 
contempler à loisir tout à Fheure. Le poste des douanes de 
Roosendaal nous fait comprendre que nous sommes en Hol- 



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— 184 - 

lande. Ici notre caravane est au complet, grâce à l'arrivée de 
M. Struelens, de Grammont, et de M. l'avocat Van Beeck, 
d'Esschen. Nous sommes treize ! nombre fatidique ! Est-il prudent 
de continuer le voyage? Quels malheurs nous menacent peut- 
être ! A peine nous remettons-nous en route, que le temps s'as- 
sombrit et bientôt la couleur grise des nuages atteint le sol 
même et nous voilà enveloppés d'une de ces pluies sans merci 
dont le voisinage de la Mer du Nord gratifie souvent ces con- 
trées. Quand on est dans le train, la pluie ne contrarie guère 
que par les gouttelettes qui perlent aux glaces. Elle ne nous 
empêche pas d'être de bonne humeur ni de jeter un coup d'œil 
sur les vastes pépinières de MM. Looijmans, à Oudenbosch, ni 
de remarquer les cultures potagères des environs de Dordrecht. 

Chaque touriste visite à sa guise la contrée qu'il parcourt et 
s'inspire pour cela de ses propres goûts, de ses aptitudes. Une 
société d'excursionnistes agit autrement ; elle marche vers un 
but déterminé et s'arrête le moins possible à ce qui pourrait l'en 
écarter. Cependant les magnifiques ponts de Dordrecht et du 
Moerdijk, l'abondance des eaux, les canalisations sans fin, les 
prairies plates et unies couvertes de bétail, tout cela rappelle 
sans cesse à tous que nous sommes dans une contrée que le génie 
de l'homme a conquise sur les fieuves et sur la mer et que sa 
persévérante vigilance défend nuit et jour contre ces infatigables 
ennemis ! Bien des fois ce triomphe du travail fait l'objet de 
nos conversations et cette lutte homérique est pour nous un 
vaste sujet d'admiration. 

Nous voici à notre première étape, Rotterdam. Nous descen- 
dons à l'hôtel... Que l'hôtelier se rassure ! je ne dirai son nom 
à personne. Nous avions eu tort de retenir nos chambres 
d'avance ; et nous avons le tort plus grand d'accepter celles 
qu'il nous offre. Elles sont très propres, mais d'une exiguïté 
hors ligne... Les bonnes chambres sont réservées à des voya- 
geurs... qui n'arrivent pas. 

Notre premier soin est de choisir le président de l'excursion. 
M. DoBBELAEBE-HuLiN est élu à l'unanimité. Puis on se met en 



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— 185 — 

route pour visiter le Jardin Zoologique. Il est 7 heures du soir. 

Heureusement la pluie a cessé; nous voyons Rotterdam par 
un grand jour de fête, la Hoogstraat pleine de gens endimanchés, 
les magasins généralement fermés. Chose étrange, les maisons 
de la vieille ville ont toutes la façade penchée et font penser à 
la tour inclinée de Pize. 

Le Jardin Zoologique est une des belles promenades de la 
ville. Il est très habilement dirigé par M. A. van Bemmelen 
qui nous reçoit à l'entrée du Jardin et nous fait avec une exquise 
urbanité les honneurs de son bel établissement, remarquable 
non seulement par ses collections zoologiques, mais aussi par 
ses collections de végétaux de toute nature. L'entretien des unes 
et des autres témoigne de connaissances sérieuses. 

Les Gantois retrouvent au Jardin une ancienne connais- 
sance, le frère de l'ours Martin, célèbre comme lui par sa 
férocité ! 

Nous visitons le Jardin dans tous ses détails. Il est très vaste 
et présente des points de vue fort riants. La végétation y 
est vigoureuse. Le jardin d'hiver, bien conçu, renferme de 
nombreux spécimens d'élite de végétaux rares : des Palmiers, 
des Cycas, des Orchidées, des Azalées et des Camellias d'une 
dimension colossale. Dans la partie nouvelle du Jardin, récem- 
ment ajoutée à l'ancienne, nous admirons un parterre de 
500 Rhododendrons hybrides en fleurs. Le tracé de la partie 
récente est fort bien réussi ; il est l'œuvre de notre collègue 
M. H, J. Van Hullb. Du haut des terrasses de la superbe 
construction qu'on nomme le Restaurant, cette création présente 
un coup d œil des plus charmants. 

Il est 9 h. Nous remercions notre ami M. van Bemmelen de 
son gracieux accueil et nous rentrons à l'hôtel où le dîner, hélas! 
nous attend... Quel dîner et quel vin ! 

C'estavec plaisir que nous entendons le lendemain matin à 5 h. 
la joyeuse fanfare du réveil. Nous quittons vite nos trop courtes 
couchettes; nous déjeûnons plus vite encore au risque d'avoir du 
thé préparé à l'eau tiède, et nous partons lestement emportant 



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- 186 — 

des œufs pondus tout frais pour nous et le souvenir d'avoir payé . 
72 florins pour nous treize. 

En route pour Gouda î Un pâle soleil nous sourit par 
moments à travers un ciel gris. Nous arrivons à Gouda avant 
7 '/, et nous escaladons immédiatement les voitures qui nous 
attendent ou plutôt qui attendent douze des nôtres. C'est là que 
le danger d'être à treize fut démontré par le fait. Le plus jeune 
de la troupe dut prendre place à côté du cocher et eut l'avantage 
de voir de haut tout le pays d'alentour. Mais la pluie recommence 
de plus belle ; elle tombe fine et incessante avec des gouttes 
tellement longues qu'on les dirait att-achées au ciel. Quelles 
ondées ! 

Nous suivons une belle route, le Jaagpad, et nous longeons en 
partie la rivière Gouwe qui donne son nom à Gouda. A droite et 
à gauche, de l'eau, toujours de l'eau et des fermes dont l'aspect 
dénote l'aisance de ceux qui les habitent, des ponts-levis ou tour- 
nants, car on dirait que toutes les maisons sont bâties sur des 
lies. Bientôt les maisons se rapprochent; toutes ont sur le 
devant un jardinet agréablement fleuri. Voici Boskoop, char- 
mant village, célèbre déjà au siècle dernier par ses pépinières, 
comme Loosduynen l'était alors aussi par ses cultures potagères. 
Il est rare partout ailleurs, il n'est pas rare du tout en Hollande 
de voir des générations successives maintenir une renommée 
justement méritée. Les pépiniéristes de Boskoop peuvent s'enor- 
gueillir d'être de ce nombre. 

La Société pomologique de Boskoop nous reçoit en son local 
het Wapen van Boskoop. Les couleurs nationales de Belgique 
flottent à côté du drapeau de Hollande et de celui de la maison 
d'Orange. La réception est des plus cordiales. Entre personnes 
qui se connaissent de nom depuis longtemps, plus ample con- 
naissance est promptement faite et nous sommes heureux de 
serrer la main aux Ottolander, Koster, van Grooz, Boer et 
autres que notre collègue M. Van Hulle mentionnera sans doute 
dans son rapport sur les cultures de Boskoop, tâche dont il a 
bien voulu se charger. Sans empiéter sur celle-ci, je dirai que la 



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- 187 - 

visite des pépinières s'est faite, malgré des pluies torrentielles, 
à travers des hectares à Tinfini ; que les amis de Boskoop nous 
ont accompagnés et guidés partout ; qu'ils nous ont montré une 
belle fromagerie ainsi que le magasin de M. van Grooz et que 
poussant l'hospitalité à ses extrêmes limites, ils nous ont offert 
un charmant banquet qui nous fit oublier le dîner manqué de 
la veille. 

Le digne président de l'excursion, M. Dobbelaere, porte en 
excellents termes un toast au Roi et à la Reine de Hollande, 
toast chaleureusement accueilli. M. A. Koster, président de la 
Société de Boskoop, répond par un toast au Roi Léopold IL 
M. Van Hulle boit à la prospérité de Boskoop et de ses pépi- 
nières ; et M. RoDiGAS annonce à l'assemblée que le Comité a 
décidé que le Cercle d'Arboriculture de Belgique offre une 
médaille commémorât! ve et un diplôme d'honneur à la Société 
pomologique de Boskoop. M. Koster, président, remercie en 
termes émus, et on se sépare en se disant t au revoir! » 

Nous retournons à Gouda : un joyeux soleil nous salue de ses 
rajons et rend la route plus belle. En devisant gaiement sur 
tout ce que nous avons vu à Boskoop, nous arrivons à La Haye 
où M. P. F. L. Waldeck, l'actif et zélé secrétaire de la Société 
royale d'Agriculture de Hollande, a l'obligeance de nous recevoir 
et de nous conduire à notre hôtel, l'ancien Bossche Veerhuis, 
aujourd'hui hôtel Baesjou, tenu par M. F. N. Stoel. Excellent 
hôtel où l'on est parfaitement à Taise et où chacun de nous sera 
charmé de retourner encore. 

Notre digne président, M. Dobbelaere, qui connaît la Néer- 
lande depuis plus de quarante ans, nous montre cette ville 
élégante avec ses constructions princières et ses monuments 
remarquables, et ses canaux dont l'eau stagnante dégage des 
odeurs pestilentielles auxquelles nous ne parvenons pas à trouver 
quelque charme. Nous voyons la vieille ville dont la partie la 
plus importante est le Binnenhof avec les sombres bâtiments de 
l'administration, les ministères, la première Chambre, etc. 
Notre président nous rappelle que c'est là que fut décapité le 



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" 188 — 

vénérable Oldbn Barneveldt, le second fondateur de la Répu- 
blique batave, la plus illustre victime de la lutte séculaire mal 
éteinte entre les principes républicain et monarchique. Ces noirs 
édifices vus le soir, par la pluie, ces souvenirs lugubres évoqués 
solennellement, nous mspirent un sentiment de mélancolie qu'il 
nous importe de dissiper. Aussi visitons-nous le principal café 
du Washington de la Hollande, et même un café chantant pour 
nous convaincre que nos voisins du Nord subissent, eux aussi, 
rinfiuence envahissante et délétère des habitudes parisiennes 

Le mardi à 7 h. M. Waldece nous mène, dans d'excellentes 
voitures, à travers une bonne partie de la ville, au Bois, parc 
immense et magnifique aux arbres séculaires, et de là au Jardin 
Zoologique où nous sommes reçus par M. Maitland, directeur, 
M. le Docteur Muldbr, un des administrateurs, qui nous sou- 
haite la bienvenue, et M. Jules Bleuset, ancien élève de l'École 
d'Horticulture de Gand, chef des cultures de l'établissement. 

Celui-ci a un cachet de remarquable élégance. Il est moins 
étendu que le Jardin de Gand, mais, comme c'est le cas à Rot- 
terdam, la partie florale y prend l'importance d'un véritable 
Jardin botanique. A peine les excursionnistes ont-ils le temps 
de voir les collections animales, de visiter le bel aquarium, de 
s'arrêter auprès des oiseaux, des rares oiseaux de Paradis et de 
rOrang Outan et d'y entamer une discussion sur la théorie de 
Darwin ; toutes les attentions sont pour la partie horticole qui 
fait le plus grand honneur à M. Bleuset. 

Nous visitons les serres et les bâches dont les installations 
sont vastes et commodes. Indépendamment des plantes destinées 
aux parterres et qui se comptent par milliers, nous relevons des 
collections nombreuses de Fougères, d'Aroïdées, de Pandanées, 
de Palmiers, d'Orchidées, des Croton et des Codieum, diverses 
espèces d'Araucaria, des Ericacées, des Rhododendrons, des 
Aralia, des Ficus, Banksia, Grevillia, Eranthemum, Dracaena, 
Yucca, Maranta, Musa, Billbergia, Tillandsia, Passiflora, 



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- 189 — 

Eucalyptus, Sonerila, Bertholonia, Acacia, Kennedya et mille 
autres genres représentés par les espèces les plus caractéristiques 
ou les plus ornementales. Nous constatons avec plaisir Tétat de 
vigueur et de santé de toutes ces plantes ainsi que Texactitude 
de leur dénomination. 

Rentrés au restaurant du Jardin, on nous offre le Schiedam 
d'honneur, puis nous prenons congé de nos hôtes que nous 
remercions de leur accueil sympathique et nous voilà en route 
pour le Westland. Notre ami M. Pynaert a bien voulu se 
charger d'écrire la relation de cette partie du voyage. Je me bor- 
nerai donc à signaler Thospitalité charmante que nous rencon- 
trons chez M. Waldeck. Après l'excursion, il nous a reçus à sa 
table et nous garderons le meilleur souvenir de sa réception et 
de son aimable famille. Ici encore les couleurs nationales belges 
sont arborées à côté des couleurs de la maison d'Orange et de 
la Hollande. 

Les toasts se sont succédé depuis le commencement du dîner 
jusqu'à la fin : toasts aux souverains des deux pays par 
M. DoBBELAERE et M. Waldeck. Toast à la Société d'Agricul- 
ture par M. Van Hulle ; réponse de M. Waldeck buvant au 
Cercle et à ses Bulletins. Toast aux dames par M. Ptnaert. 
M. RoDiGAS annonce enfin que le Cercle d'Arboriculture voulant 
reconnaître les services rendus par M. Waldeck, a admis 
celui-ci au nombre très limité de ses membres d'honneur. 

Nous rentrons à La Haye vers 7 h. du soir et nous nous diri- 
geons sans perdre une minute, à travers le BoU,Yev9 le charmant 
village de Scheveninge que quelques-uns des nôtres visitent 
pour la première fois. Malheureusement par un ciel gris et un 
vent assez froid, la plage de Scheveninge, si jolie quand elle est 
éclairée d'un rayon de soleil, est triste et presque désolée. Nous 
avons hâte de rentrer à La Haye et de goûter quelque repos. 
Le lendemain matin on visite encore l'établissement horticole 
de M. Vandbr Laan et vers 9 heures la caravane reprend la 
route de la Belgique emportant de cette excursion le meilleur 
souvenir. Ém, Bodiças, 



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— 190 — 
Nécrologie. 

LE PROFESSEUR KARL KOCH. 

Dans le numéro du 5 juin du Nieuws van den dag^ nous trou- 
vons les lignes suivantes consacrées à la mémoire d'un homme 
dont le nom est hautement estimé dans le monde de la botanique, 
qui fut un de nos amis et qui d ailleurs a laissé en ^ Belgique les 
meilleurs souvenirs. Aussi nous associons-nous de tout cœur à 
la notice qui émane, si nous ne nous trompons, de la plume de 
M. DE JoNGHE VAN Ellemeet, ami intime et appréciateur 
consciencieux des mérites du D' Karl Koch. 

< Le 25 mai dernier est mort le D"^ Karl Henri Emile Koch, 
professeur de botanique à l'CJniversité de Berlin. Avec John 
LiNDLEY (voir Feçetable Kingion) et sir William Hooker (voir 
Curtis' Botanical Magazine) il pouvait être compté au nombre des 
meilleurs connaisseurs de plantes. On ne pouvait guère lui 
montrer une plante sans que par sa grande expérience, ses persé- 
vérantes études et sa mémoire extraordinaire, il ne fût à même 
d'en indiquer immédiatement le genre, Torigine et le nom. Aussi 
les plantes qu'il a déterminées ou dénommées sont prodigieuse- 
ment nombreuses. 

< Presque tous les souverains d'Europe ont reconnu ses 
mérites en lui octroyant leurs ordres. Depuis sa jeunesse Koch 
s'appliqua à l'étude de la botanique, parcourut dans ce but la 
Perse et une partie de TAsie Mineure et, revêtu du costume 
propre à ces régions, il visita les peuplades les plus reculées, 
s'ouvrant un accès auprès des chefs en sa qualité de médecin. 
Le récit de ses voyages parut en Néerlandais vers 1856. Il figura 
à la tête des Jurys aux expositions internationales et autres à 
Londres, Paris, St-Pétersbourg, Gand, Bruxelles, Namur, Am- 
sterdam et Hambourg. Le plus souvent il fut chargé dans ces 
circonstances par le gouvernement prussien de rédiger des rap- 
ports sur ces expositions. Il jouissait de la haute estime de TEm- 
pereur d'Allemagne. Il visita plusieurs fois notre pays et séjourna 



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— 191 — 

plus d'une fois à Tile de Walchern et il donna une description 
de cette île ainsi que d^une collection de Cactées et d'Agaves 
qu'on j rencontrait jadis. Cette description parut dans le W(h 
chenschriftfur Gaertnerei und PJlansmlunie qu'il rédigea pendant 
de longues années. Koch était très estimé à Boskoop. La der- 
nière édition de la Denirologie le mit en correspondance avec 
plusieurs pépiniéristes de cette localité ; avec la modestie du 
vrai savant il s'y livra personnellement à des recherches con- 
cernant les rectifications qui lui furent signalées par ces prati- 
ciens pour son ouvrage classique. 

« Le 5 juin eût été l'occasion de la célébration du 70™* anni- 
versaire de réminent défunt, si le sort n'en avait décidé autre- 
ment. Nous savons très bien comment en Néerlande aussi bien 
qu'en Belgique on se faisait une fête de lui offrir à cette occasion 
des témoignages de haute estime et d'amitié. L'annonce de la 
mort imprévue de Koch eut un retentissement pénible. Ces 
témoignages d'estime seront maintenant une source de con- 
solation pour la veuve et les enfants et un souvenir de l'ami qui 
n'est plus. 

< D'après la lettre mortuaire, une mort douce et tranquille 
termina la vie si bien remplie de l'époux, du père et de l'aïeul. 
Nous qui regrettons le défunt, nous ne voulons pas troubler son 
repos, et nous espérons que cette belle mort sera la récompense 
de son désir insatiable de la connaissance des œuvres de Dieu 
dans le règne végétal. En effet reconnaître le créateur dans tout 
ce qu'il produit sera toujours le but des recherches humaines 
qui sans cela auraient bien peu de valeur pour cette vie et pour 
l'autre. » 

Nous l'avons dit, les lignes qui précèdent émanent d'un Néer- 
landais. Mais ce que Koch a fait pour la Néerlande, il le fit 
également pour les autres pays. En Belgique surtout il comptait 
des relations intimes ; il y rendit de nombreux services et son 
nom y est inséparable de tout ce qui touche à l'arboriculture. 

Le D"^ Koch devait célébrer le 5 juin son TO"»* anniversaire ; 
une adresse du Cercle d'Arboriculture de Belgique était prête 
pour cette solennité. 



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— 192 — 

Hélas! au lieu de souhaits de fête nous devons maintenant 
exprimer des regrets. Nous unissons donc notre voix à celle 
de M. DE JoNGHB VAN Ellbmeet, et Néerlandais et Belges, nous 
rendons publiquement hommage à la mémoire de celui qui 
consacra sa vie entière à lavancement de Tarboricuiture. 
L'année dernière encore nous le rencontrâmes à l'étranger, déjà 
souffrant, pour ne pas dire mortellement atteint, luttant encore 
sur le terrain horticole. On peut dire de lui qu il est mort les 
armes à la main. Puisse-t-il dans un monde meilleur goûter la 
récompense de ses utiles travaux ! 

H. J. Van Bulle. 



ADOLPHE WIRINGER. 

Un des arboriculteurs les plus zélés de notre pays, Adolphe 
WiRiNGER, est mort récemment à Ixelles. 

Le Comité de notre Cercle a résolu de rendre hommage à la 
mémoire de Tun de ses membres les plus dévoués en publiant 
son portrait. M. Burvbnich a bien voulu se charger du soin 
d'écrire une notice biographique destinée à faire ressortir les 
mérites de cet excellent praticien. 



Ht 



EMILE RODEMBODRG. 

ÉMÎLE RoDEMBOURG, jardinier en chef au Jardin botanique de 
rUniversité de Liège, est mort en cette ville, emporté par la 
maladie qui le minait depuis longtemps. Il fut un des élèves 
sortis les premiers de l'École d'Horticulture de Gand et il fit 
honneur à cet établissement, tant que le travail lui fut pernais. 
Malheureusement depuis quelque temps déjà sa santé très déla- 
brée l'empêcha de remplir ses fonctions avec toute l'activité 
désirable. La bonté de son cœur le fera vivement regretter. 



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— 193 — 
Brugnon Galopin. 

Le magnifique et excellent fruit qui porte le nom justement 
respecté d'un des grands pépiniéristes de notre pays, M. Galopin 
de Liège, n'est pas connu, dans nos Flandres tout au moins, 
autant qu'il le mérite. Et pourtant il a été figuré dans les 
AnTiàles de Pomologk bdge et étrangère, volume VIII, page 87, 
ainsi que dans la Belgique horticole, et décrit avec tous les 
éloges qui lui sont légitimement dus. 

Nous croyons rendre service aux amateurs de brugnons en 
appelant leur attention sur cette variété, qu'on ne peut plus 
appeler une nouveauté puisqu'elle date d'il y a 17 ans tout au 
moins. 

Nous croyons également utile . d'en reproduire la description 
faite par M. Bivort dont le mémoire sera toujours honorée de 
tous les adeptes de Pomone. Éd. P. 

Cette variété provient des semis de M. Galopin fils, pépi- 
niériste distingué à Liège, qui l'a dédiée à son père. 

Nous présumons que son premier rapport a eu lieu en 1862, 
M. G. Barlet en ayant donné, cette même année, une 
excellente description dans la Belgique horticole. 

Plusieurs spécimens de ce Brugnon ayant été envoyés à la 
Commission royale de Pomologie en 1863, cette Commission a 
été mise à même d'apprécier sa qualité qui, ainsi que le dit 
M. Barlet, est hors ligne et sera une précieuse acquisition 
pour nos jardins. 

En le décrivant, nous avons remarqué qu'un caractère bien 
tranché, noté par le premier descripteur et qui aurait pu 
devenir distinctif de la variété, ne se trouvait plus dans aucun 
des fruits de la récolte de 1863 ; c'est sa terminaison vers 
le sommet en pointe un peu recourbée : peut-être ce caractère 
se représentera-t-il par la suite. Quoiqu'il en soit, notre figure 
et notre description sont conformes aux spécimens que nous 
avons reçus de M. Galopin. 

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— 194 — 

Le fruit très gros, arrondi, mesure 6 à 7 centimètres de 
diamètre. Le sillon est très large, assez profond, il se prolonge 
du pédoncule au point pistillaire, qui est petit, allongé, ver- 
dâtre ou roux. La peau est adhérente à la chair et s'en détache 
difficilement (ceci arrive souvent aux variétés nouvelles). Sa 
couleur, rouge grenat foncé, du côté du soleil, est ponctuée 
de nombreux petits points roux et de larges macules de même 
couleur ; du côté de Tombre, la peau^est jaune terne, panachée 
roux. 

Le pédoncule, court, très gros, occupe une cavité large 
et profonde. 

La chair est ferme, blanc de crème, nuancée de rouge cerise 
vif autour du noyau ; sa saveur est sucrée ; son arôme vineux; 
le parfum des plus agréables. Le noyau est gros, ovale, pointu 
à son sommet, tronqué à sa base, les joues sont 'convexes, 
excessivement rugueuses ou plutôt découpées par des sillons 
profonds de 6 à 7 millimètres. Ses arêtes sont tranchantes, 
crénelées, divisées par un sillon large et profond. 

Placé en espalier à l'exposition du midi, le Brugnon Galopin 
mûrit vers la mi-août. 

L'arbre est vigoureux; les jeunes rameaux sont verts, 

à peine teintés de rouge à leur sommet. Les feuilles sont 

étroites, allongées, amincies aux deux bouts, finement serretées, 

vert clair. Le pétiole est très court, vert, profondément cana- 

liculé. Nous n'avons remarqué aucune glande, ni sur le pétiole, 

ni sur les feuilles. 

A.Bvoort. 



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— 195 



Artichaut de Laon. 



En Flandre surtout, l'Artichaut n'a pas encore acquis droit de 
cité dans tous les potagers. Avouons aussi que nous, Flamands, 
nous sommes très routiniers dans le choix de nos légumes. 

L'Artichaut est une plante dont la culture est des plus faciles 



Fig. 39. — Arti chant de Laon. 

et comme il a été dit déjà à mainte reprise dans ces BidletinSy 
cette plante est un véritable ornement. Isolée ou groupée dans 
les pelouses, elle produit, par sa forme quelque peu insolite et sa 
teinte grisâtre, un aspect vraiment pittoresque. 

Nous ne reviendrons pas sur les détails de cette culture ; nous 
nous bornons à signaler que pour les jardins des contrées du 
nord, on ne doit admettre que V Artichaut gros vert de Laon 
(fig. 39). L'hivernage des Artichauts est la grande pierre 
d'achoppement dans la culture de cette plante. Comme elle n'est 
pas à l'épreuve des gelées de nos hivers, on la couvre, et là gît 
généralement le mal. Il convient d'écarter autant l'humidité que 
le froid, et à cette fin on ne peut pas prendre pour l'amonceler 



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— 196 - 

contre les plantes la terre qui les avoisine, mais laisser le pied 
intact et l'entourer de paille et de terre ; celle-ci doit être prise à 
une certaine distance de la planche d'Artichauts. 

Fr. BurvenicA. 



Visite aux pépinières de Boskoop. 

Le Cercle d'Arboriculture de Belgique, ainsi que les lecteurs 
des Bulletins le savent, avait proposé à ses membres de 
faire une excursion aux célèbres cultures de Boskoop. Déjà 
M. RoDiGAS a fait connaître comment notre voyage a commencé 
et comment il s'est terminé, en nous laissant le soin de détailler 
ce que nous avons vu à Boskoop en fait d'arboriculture. Nous 
allons nous acquitter de cette tâche. 

Nous avions annoncé à l'administration de la Société pomo- 
logique de Boskoop notre intention de visiter cette contrée 
et notre projet y reçut l'accueil le plus sympathique. Aussi, à 
notre arrivée, trouvons-nous la plupart des membres du Conseil 
et autres vieilles connaissances ; on nous présente MM. Koster, 
Ottolander, Boer, Alberts, Van Nés, Rosbergen, etc., ainsi 
que le zélé secrétaire M. Van Groos. M. Overeynder était en 
voyage et le respectable M. De Vos, que nous aurions été heureux 
de rencontrer, était retenu chez lui par une indisposition. Ces 
présentations terminées et le ciel semblant s'éclaircir quelque 
peu, nous commençons immédiatement notre visite, accompagnés 
de toute la Commission de réception. Il est un peu plus de 
9 heures. 

A l'exception d'un seul excursionniste, personne de nous ne 
connaissait la contrée. Il est vrai que nous-méme y avions 
fait une visite, mais il y a si longtemps de cela (tout juste 
25 ans), que c'est à peine si nous avions conservé quelque sou- 
venir de la localité. Bien que la contrée soit à peu près la 
même, sinon plus basse, plus humide et plus herbeuse qu'ail- 
leurs dans beaucoup d'endroits de la Néerlande, nos amis 



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--^197 



et nous, nous sommés frappés de l'extrême propreté et de l'élé- 
gance qui caractérisent les habitations dès l'entrée de la com- 
mune; ces demeures, malgré leur simplicité, trahissent une 
véritable aisance. Il n'y a pas beaucoup de chemins vicinaux, 
tous les transports se faisant par eau; mais les chemins qui 
existent sont parfaitement établis et entretenus. Peut-être sont- 
ils un peu étroits : plus d'une fois, surtout le long de la route de 
Middelbourg, lorsque une autre voiture devait rencontrer et 
passer la nôtre, la frayeur nous donnait la chair de poule : nous 
craignions de voir l'une des deux voitures ou toutes deux à la 
fois faire le plongeon dans un des canaux longeant la route 
des ^eux côtés. Heureusement, et bien que nous fussions treize 
excursionnistes, tout se passa au mieux. 

La première pépinière que nous visitons, est celle de M. W. 
C. BoER. A peine y sommes-nous que la pluie recommence de 
plus belle, de sorte que nous n'avons pas vu le tout selon notre 
désir et qu'il nous a été presque impossible de prendre des notes. 

Constatons cependant que la propreté, la régularité et 
la bonne division nous frappent, ici comme dans les autres 
pépinières que nous visitons. Dans une première partie, nous 
rencontrons des plantes mères et les échantillons, puis nous 
passons à la grande culture. Le terrain est un rectangle d'un 
kilomètre de long, avec un sentier du milieu trop étroit ; il 
est entouré d'un assez large fossé bordé par les abris néces- 
saires contre le vent. Nous remarquons ici des tilleuls, là des 
ormes, plus loin des hêtres noirs, tous très sains et surtout 
vigoureux, des plants beaucoup plus forts mais aussi un peu 
plus chers que ceux que l'on trouve d'ordinaire chez nous. La 
multiplication des arbres fruitiers semble constituer ici la spécia- 
lité. Des pommiers et poiriers demi tiges s'y trouvent en masse ; 
nous exprimons notre étonnement à ce sujet, mais on nous 
répond que ces tiges seules sont demandées par milliers chaque 
année pour être plantées dans le Westland, la Gueldre, les 
Poldres, et même en Allemagne. 

Nous remarquons que pour d'autres destinations on commence 



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1 



— 198 — 

à greffer plus haut. Naguère il n'était pas possible de trouver à 
Boskoop des arbres de plus de 1™75 de tige ; maintenant nous 
constatons qu'on greffe à 2"» et même 2"25. L'entregreffage était 
ici de pratique générale, c'est à dire que le sujet était greffé par 
oculation une première fois près du sol au moyen d'une variété 
vigoureuse et puis définitivement avec la bonne variété à une 
hauteur déterminée. Nous approuvons moins ce système, bien 
qu'il soit plus avantageux pour le pépiniériste. Les pêchers sont 
très nombreux ici ; ils sont, comme autrefois, établis en éven- 
tail. On témoigne peu ou point d'enthousiasme pour les palmettes 
et autres formes d'une régularité extrême, et en réalité le Pêcher 
est trop exposé à perdre du bois pour qu'on le soumette à ces for- 
mes. Le premier palissage dans la pépinière se fait ici d'une façon 
toute spéciale et peu coûteuse : les pousses sont attachées au 
moyen de joncs à des chaumes de chanvre croisés obliquement 
derrière les arbres. La pépinière de M. Boer, malgré son éten- 
due de 3 à 4 hectares, est parfaitement entretenue. 

On ouvre la barrière, on passe le pont et un peu plus loin 
nous entrons à la pépinière de M. K. J. W. Ottolander. 
Celle-ci, d'une seule pièce, est encore plus étroite, soit 40 à 
50 mètres, et plus longue que la précédente ; elle a plus d'un 
kilomètre. Le sol est ici encore tourbeux mais plus argileux, 
plus gras. La pluie devient torrentielle et comme nous sommes 
moins abrités contre le vent, nos vêtements, surtout dans le 
bas, sont bientôt transpercés. 

Nous remarquons ici que l'on s'applique surtout à la culture 
des arbres et arbustes d'ornement. Nous passons en revue une 
collection assez complète de bonnes plantes et de nouveautés. 
Nous rencontrons de grandes quantités d'Evonymus, de Houx, 
d'Aucuba et autres plantes à feuillage panaché, des Clematis, 
Glycines, Ampélopsis et autres lianes, des Hydrangea Thomas 
Hogg et autres, des Weigelia, Ligustrum, Deutzia, etc. En fait 
d'arbres, nous en remarquons à feuilles panachées, noires et 
rouges et entre autres de nombreux et beaux exemplaires de 
Q,%iATCUs nigra et aurea, Fraxinus lutea, Fagus (Uropnrpurea et 
pendida, Ulmus horizontalis et autres arbres pleureurs. 



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- 199 - 

M. Ottolandbr est assez riche en Rhododendrons et surtout 
en Azalées de pleine terre : Azalea fontka et Azalea mollis. De 
ces deux espèces et de beaucoup d'autres dont il existe de nom- 
breuses variétés, il a eu soin de réunir des plantes mères, afin de 
pouvoir mieux juger de leurs propriétés, de leurs qualités et de 
leur couleur. Les Azalea pontica sont multipliés ici, indépen- 
damment du semis, par marcottage; il en est de même de 
V Azalea mollis. 

Après deux ans, Tenracinement est complet ; on a alors de 
fortes marcottes et Ton est certain de reproduire la même variété. 
M. Ottolander est un pomologue bien connu. Aussi cultive-t-il 
les arbres fruitiers, mais cependant sur une échelle moins éten- 
due, si nous l'avons bien remarqué, que les autres essences ; ses 
cultures du reste sont irréprochables. 

Encore une barrière ouverte, une passerelle traversée et 
quelques pas plus loin nous voilà dans la pépinière de 
M. M. KosTER et fils. Ici comme ailleurs l'habitation ne se 
trouve pas à la pépinière même, et comme la pluie persiste, 
nous nous empressons de nous retirer tous dans la remise aux 
emballages et d'y vider quelques petits verres d'excellent 
Schiedam. Cette boisson doit être bien solutaire par les temps 
fiwîids et humides car, sans être habitués ni à ce temps défa- 
vorable ni au Schiedam, aucun de nous ne fut indisposé, ce qui 
pourtant était fort à craindre. 

n nous semble que le sol de cette pépinière est encore plus bas 
et qu'il est situé sous le niveau de l'eau. Tel n'est cependant 
pas le cas, aussi la végétation y est particulièrement saine et le 
sol y est utilisé jusqu'à l'extrême, car dans certaines parties le 
sentier est à peine large assez pour permettre le passage. Par 
contre, le chemin principal est de bonne largeur. Ce que nous 
constatons avec plaisir, c'est l'existence d'une serre et de quel- 
ques couches ; nulle part ailleurs nous n'en avons vu. La serre, 
presqu'exclusivement destinée à la multiplication, est établie 
d'une façon très pratique et bien chaufiee. IndépendanMnent de 
quelques Palmiers de serre froide, elle contenait des milliers de 



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— 200 — 

greffes de Clematis, Rhododendrons, Houx, etc., des boutures et 
des marcottes de Conifères, des semis d'Azalées, etc., empotés. 
A côté de cette serre, se trouve un espace assez considérable 
abrité par des lattis et garanti légèrement par en haut contre le 
soleil ; c'est là que les plus belles plantes en pots, en exemplaires 
de choix, passent Tété. 

Plus loin nous passons à côté de chênes japonais, Acer, et 
autres arbres de cette contrée ; puis nous rencontrons d'im- 
menses quantités de jeunes Rhododendrons en plants déjà for- 
més dont bon nombre fleurissent et parmi lesquels se distingue 
la belle variété â fleurs blanches Princesse Louise. Les Conifères 
sont également nombreux et en beaux exemplaires ainsi que 
des milliers de plants de Sosa multiflora et Manetti. Nous pas- 
sons aussi à côté de cultures étendues de Magnolia. M. Koster 
en fait le marcottage en étranglant d'abord les marcottes au 
moyen d'un anneau de fil de cuivre ; ces marcottes prennent 
deux ans pour s'enraciner complètement. 

On cultive ici peu ou point d'arbres fruitiers. Toutefois nous 
remarquons que le long des fossés, presque dans l'eau, se trou- 
vent des poiriers et des pommiers plantés en buissons en guise de 
brise vent : ces arbres sont chargés de fruits. 

Nous aurions voulu faire visite également à l'honorable prési- 
dent M. A. Koster, mais le temps nous fait défaut ; d'ailleurs il 
est midi et nous quittons la pépinière de M. Koster pour rentrer 
à l'hôtel et y prendre une collation. Chemin faisant nous jetons 
un coup d'œil dans la fromagerie du zélé secrétaire M. Van 
Groos; nous y remarquons non seulement ses innombrables 
fromages, mais aussi son petit et très joli jardin, dont les murs 
sont garnis de cordons obliques de poiriers littéralement chargés 
de fruits. 

Après une heure de repos consacrée en partie à prendre une 
collation et en partie à nous sécher quelque peu, nous reprenons 
nos visites. Nous voici à l'établissement Jan Boer Wz. et fils, 
fournisseurs de la Cour. Au premier coup d'œil l'entretien 
semble moins correct, le temps n'ayant pas permis de combler 



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— 201 — 

les vides laissés par les dernières expéditions. Cela ne nous 
empêche pas de remarquer tout ce que rétablissement renferme 
de végétaux bien développés. Quels superbes plants de Tilleuls 
et d'Ormes, quelle magnifique végétation de Conifères et de Rho- 
dodendrons, quels beaux exemplaires de Taxus ! 

Nous observons derechef une culture assez étendue de Pom- 
miers et Poiriers moyennes tiges pour plein vent, ainsi que de 
jeunes pyramides; les autres essences fruitières y sont moins 
nombreuses et les quelques vieux arbres fruitiers que nous 
rencontrons ne semblent guère prospérer, probablement à cause 
de la grande humidité du sol. Enfin nous parcourons rapidement 
des carrés d'arbustes d'ornement, de Houx et autres et nous 
voilà sortis d'une pépinière importante pour passer à une autre, 
celle de M. G. J, Alberts, que nous considérons comme la plus 
étendue de celles que nous avons vues. 

Les cultures de ce pépiniériste s'étendent sur plus de seize 
hectares, ce qui est réellement beaucoup si l'on considère que 
les végétaux qu'on y cultive ne sont pas très variés. 

n nous semble qu'ici la spécialité est celle des Conifères. Dans 
sa collection particulière, nous voyons un ou deux exemplaires 
des espèces les plus remarquables : c'est là l'école. Nous rencon- 
trons ensuite des milliers de semis et de greffes d'un dévelop- 
pement convenable, et d'une santé et d'une forme parfaites. C'est 
splendide. Il en est de même des Rhododendrons, Houx, Buis, 
Ifs, Aucuba, etc. Les pêchers et surtout les poiriers en pyra- 
mides sont ici très nombreux. 

Les collections d'arbustes et d'arbres forestiers ne sont pas 
moins importantes. Pour ces derniers nous remarquons, comme 
on le fait d'ailleurs dans les pépinières voisines, que toutes les 
tiges d'une certaine force ont été entièrement rabattues lors de la 
transplantation, et que ce procédé est appliqué aussi mais moins 
à des arbres non transplantés afin d'obtenir une meilleure pousse. 
Que diront de cela les partisans de la non taille ? Ici encore nous 
remarquons que pour la multiplication d'un grand nombre de 
végétaux ligneux et même d'arbres, on a généralement recours 

18 



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— 202 — 

au marcottage. Nous dirons plus loin à quoi nous attribuons 
ce fait. 

A ce point de notre excursion, on nous demande si nous dési- 
rons voir d'autres pépinières. Mais comme toutes se ressemblent 
plus ou moins, que la pluie persiste à tomber, que nous sommes 
trempés et fatigués et que l'heure avance, on décide de prendre 
la route de l'hôtel où un banquet amical nous attend. 

En passant nous entrons à la ferme de M. J. Verleuw. 
Plusieurs des nôtres sont émerveillés non seulement de la pro- 
preté qui nous fait regretter de ne pouvoir déposer nos chaus- 
sures boueuses avant d'entrer dans la maison, mais aussi 
de la richesse du salon, meublé à l'antique, avec les plafonds de 
chêne peints et vernis et les murs ornés de fines et vieilles por- 
celaines. Notre président, M. Dobbelabre-Hulin, amateur bien 
connu de ces antiquités, les examine en véritable connaisseur. 
Bans la cuisine et la fromagerie et jusque dans les étables tout 
est d'une excessive propreté. Les vaches j sont placées de telle 
manière qu'elles ne peuvent se salir : elles ne reçoivent point de 
litière, car dans ces prairies basses, on ne cultive guère de 
céréales et par conséquent la paille j fait défaut. Ensuite la place 
que le bétail occupe, est établie de telle façon que les déjections 
doivent tomber dans une auge spéciale. 

Entre trois et quatre heures nous sommes de retour à l'hôtel 
et pendant le temps qui nous reste encore avant le repas nous 
faisons les réflexions suivantes. 

Dans le principe Boskoop a dû être un lieu inhabitable et il 
fallut beaucoup de courage pour s'y établir. Aujourd'hui le coup 
d'œil y est charmant au possible, du moins à Boskoop même. 
Nous frissonnons cependant quand nous pensons quel aspect 
doivent offrir en hiver ces terres et ces demeures à peine situées 
au-dessus et quelquefois même au-dessous du niveau des eaux 
voisines. Mais on sait que le service des eaux est si parfaitement 
conduit en Néerlande, que si on ne tient pas ces eaux aussi basses 
qu'on pourrait le désirer, on est parvenu quand même à les 
maîtriser assez pour ne pas être inondé comme en Belgique. 



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— 203 — 

En outre, rhumidité est ici entièrement utilisée pour créer des 
prairies et des pâturages et pour entretenir et étendre ces pépi- 
nières justement renommées. 

En effet, dans un sol plus sec on ne saurait cultiver telle et 
telle plante et compter sur une végétation aussi belle et aussi 
régulière. 

Les entreprises arboricoles doivent d'ailleurs prospérer ici : ce 
qui le prouve, c'est que sur une population de moins de 
3,000 âmes, il existe plus de 300 pépiniéristes, cultivant des arbres 
et des arbustes sur une surface de 400 hectares environ. Une 
dizaine d'entr'eux possèdent de trois jusqu'à six et dix hectares; 
les autres ont tous des cultures moins importantes. Il j a plus ; 
beaucoup d'ouvriers ont chez eux une petite pépinière dans 
laquelle ils travaillent pour leur propre compte une couple de 
jours par semaine ; ils cèdent à leurs patrons seuls, à un prix 
raisonnable, ce qu'ils ont pu produire. C'est ce qui ne serait 
toléré nulle part en Belgique, tandis qu'ici cela semble être la 
règle et entre le patron et l'ouvrier existent les meilleures rela- 
tions. 

Nous l'avons dit, toutes les pépinières se ressemblent en 
quelque sorte : ce sont toutes longues et étroites pièces de terre 
où l'on cultive ici un peu plus et là un peu moins de telle ou 
telle essence. Partout on a pris une précaution, celle de se 
garantir contre le vent, et voici comment. De l'un des côtés, et 
quelquefois sur tous les deux, de distance en distance et entre 
des fossés de 2 à 4 ou 5 mètres de largeur, s'étend une languette 
de terre, nommée MoutahÂer, ayant environ 5 mètres de large 
et plantée de bois de raspe. Tous les sept ans, ce bois est coupé 
près de terre mais seulement sur la moitié de la languette, 
c'est à dire sur une largeur de 2™50 environ. L'autre moitié 
n'est élaguée que quatre à six ans plus tard, lorsque la première 
partie est de nouveau assez forte pour briser le vent ; on pro- 
cède ainsi alternativement. Ce procédé est simple, mais très 
pratique. 

Nous avons été surpris de ne trouver presque nulle part ni 



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— 204 - 

serres ni châssis. Si l'on avait recours à ceux-ci pour y bouturer 
et greflfer davantage, aurait-on encore besoin de pratiquer 
autant le marcottage ? C'est là une simple question que nous 
nous permettons de poser. On nous a assuré cependant que chez 
M. J. KosTER, firme Ottolander et Hooftman, dont la pépi- 
nière semble être aussi importante que celle de MM. Koster et 
fils, il existe également des serres et des couches, ainsi que dans 
deux ou trois pépinières de moindre étendue. 

n nous a paru aussi que les pêchers ne sont plus cultivés ici 
en aussi grand nombre qu'ils l'étaient autrefois. Ne réussissent- 
ils plus aussi bien ? 

Nous Tavons dit, toutes les pépinières sont bordées de part et 
d'autre de fossés larges et profonds servant à tous les transports. 
Nous disons larges et profonds. Dans le principe, ils n'avaient 
probablement pas ces proportions. Mais tous les ans ces fossés 
sont dragués, et la boue qui en provient, après avoir été soumise 
à l'action de la gelée et mêlée à une grande quantité de bouse de 
vache, est employée à fumer le sol et à l'élever lentement. De 
cette façon on arrive à la longue à élargir et approfondir les 
fossés. Le sol lui-même est tourbeux et gras, mais extrêmement 
fertile ; il semble se mouvoir et trembler, de sorte qu'on aurait 
peur d'y passer ; quelques-uns semblaient même redouter qu'un 
jour viendra où tout Boskoop serait englouti. L'honorable 
président de la Société pomologique de Boskoop, M. A. Koster, 
protesta énergiquement contre cette croyance. Au banquet qui 
termina notre excursion et dont notre collègue M. Rodigas a 
déjà parlé dans son rapport, il s'écria : Non, ni Boskoop, ni ses 
pépinières ne périront jamais, nous en sommes garants. 

Nous y croyons volontiers : pour un peuple vaillant, intel- 
ligent et hospitalier, comme les pépiniéristes de Boskoop nous 
ont démontré qu'ils le sont, il n'y a pas de péril en la demeure. 
Au contraire, un brillant avenir leur est assuré. 

H. J. Van HuOe. 



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205 



Chicorée Barbe de Capucin. 

Dans ces derniers temps, on a tant parlé de la Chicorée bruxel- 
loise ou Witloof, que nous éprouvons quelque répugnance à y 
revenir. Cependant il est question ici d'un procédé qui s'écarte 
entièrement de la méthode bruxelloise, laquelle consiste à faire 
blanchir entre deux terres le bouquet de feuilles des grosses 
racines de Chicorée améliorée. 

Comme le moment est là d'éclaircir les Chicorées à grosse 



l^g. 40. — Chicorée Barbe de Capncin. 

racine, nous recommanderons à nos lecteurs, amateurs de 
bonnes salades d'hiver, de laisser un bout de planche de Chico- 
rée sans les éclaii»cir. On produira ainsi des racines nombreuses, 
mais petites, qu'on arrachera à l'automne, qu'on mettra en jauge 
afin de les avoir sous la main en tout temps. Pour en retirer la 
salade dite Barle de Capucin, on lie les petites racines, auxquel- 
les on enlève toutes les feuilles, par paquets (ûg. 40), et on les 

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— 206 — 

met en terre en laissant les couronnes des racines à découvert ; 
on intercepte tout accès de lumière. La maison Vilmorin- An- 
DRiEUx et C»*, quai de la Mégisserie, 4, Paris, recommande dans 
son catalogue illustré de graines potagères, de semer à cette fin 
la Chicorée sauvage ordinaire. Quoi qu'il en soit, le mode de 
blanchiment ou étiolement que nous indiquons plus haut, sera 
toujours une ressource pour utiliser les petites racines de Chicorée 
qui ne conviennent pas à la production de l'excellent Witloof. 

Fr, Burvenich. 



Sur remploi de la tannée dans la culture 
des asperges. 

Nous avons reçu de M. Moens, notaire à Lede et un de nos 
amateurs d'horticulture les plus distingués, l'article suivant 
auquel nous sommes heureux de réserver une place dans notre 
recueil. Nous lui en exprimons ici nos sincères remercîments. 

Jtéd. 

Il y a deux ans, j'ai lu dans votre estimable journal d'horti- 
culture, un article recommandant l'emploi du tan usé pour 
la culture des asperges. 

J'ai essayé ce mode de culture et j'ai obtenu un succès 
complet, ce qui me pousse à vous en donner connaissance, afin 
que cet usage se propage le plus possible. 

Vous me pardonnerez la longueur de cette note, mais je tiens 
à vous dire quelques mots sur la manière dont j'ai fait emploi 
du tan et comment j'ai fait l'essai comparatif. 

J'ai dans mon jardin cinq plates bandes d'asperges. Après la 
lecture de votre article, j'ai essayé la culture au tan sur une 
bande. J'ai obtenu des asperges magnifiques, longues, tendres 
jusqu'en bas et d'un goût nullement désagréable; mes quatre 
autres bandes, engraissées comme celle à tannée me donnaient un 
produit médiocre, deux bandes ne produisaient pas autant que 



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• — 207 — 

Tunique bande à tannée, les asperges étaient rougeâtres, dures 
et minces. 

Cette année-ci, j'ai couvert trois bandes avec du tan et j'en 
ai laissé encore deux avec de la terre : même succès que l'année 
dernière. 

Je crois bon de dire comment je traite les asperges, car cette 
culture est généralement mal comprise. 

L'Asperge est une plante qui, à l'état sauvage, croît sur les 
dunes de la mer, donc dans du sable et à fleur de terre. 

Partant de là, deux choses sont essentielles à sa culture : 
d'abord une terre légère et puis la plante ne peut pas être 
enfoncée dans le sol. 

J'ai donc planté mes asperges à dix centimètres de profondeur ; 
à l'automne je coupe les tiges et j'ôte jusque sur la plante toute 
la terre ou la tannée qui couvre les pieds ; je couvre celle-ci d'une 
couche de fumier et je les laisse dans cet état durant tout l'hiver; 
au printemps, après quelques jours de soleil, dès que les pointes 
commencent à pousser, je les arrose avec du purin et par un 
beau jour je les butte à une bonne trentaine de centimètres de 
hauteur. Avant de les butter je fais remuer un peu le fumier 
qui est décomposé et assez usé pour former une espèce, de 
terreau que je laisse au fond. Quelques jours seulement se 
passent avant que les premières asperges se montrent. 

Avant de terminer, je dois insister sur deux points : d'abord 
que la tannée qu'on emploie soit bien usée, devenue quasi de la 
terre, et qu'on se garde bien de piétiner sur la tannée : il con- 
vient de la laisser bien légère. 

J'engage beaucoup les amateurs à essayer cette culture, sur- 
tout ceux qui ont un terrain fort, et je suis assuré qu'on me saura 
gré de ces petits renseignements. /. Moens. 



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— 208 — 
Les arboriculteurs célèbres. 

GABRIEL LUIZET. 

L'arboriculture fruitière et la pomologie ont accompli durant 
le cours de ce siècle des progrès non moins remarquables que 
les autres branches de la science agricole. 

Gabriel Luizet est un des hommes qui ont contribué en 
France à provoquer ce mouvement et c'est à ce titre que nous 
voulons honorer sa mémoire. 

Né en 1794, il est décédé le 15 mars 1872 à ÊcuUj près 
de Lyon, où il avait fondé un important établissement d'hor- 
ticulture continué aujourd'hui par la firme Luizet père et fils. 

La carrière qu'il a parcourue fut aussi utile que longue. Ce 
fut lui qui en 1837 imagina d'utiliser les boutons à fruit du 
Poirier qui tombent sous la serpette lors de la taille. 

La greffe du bouton à fruit, qui est connue sous le nom de 
greffe Luizet, est parmi les procédés modernes de la taille une 
des plus heureuses applications et sur l'importance de laquelle 
on n'insiste peut-être pas encore assez aujourd'hui. Fondateur 
en 1843 de la Société d'Horticulture de Lyon, et en 1856 du 
Congrès pomologique de France, il apporta constamment à ces 
deux associations son concours le plus large. En 1869, à la 
séance du Congrès, l'assemblée lui attribua à l'unanimité la 
médaille d'or, distinction que la Société décerne tous les ans 
à celui de ses membres qui a rendu le plus de services à l'arbo- 
riculture et à la pomologie. 

Gabriel Luizet s'est occupé spécialement de l'étude et de 
la classification des Pêches. Les notes qu'il a laissées seront 
groupées et arrangées pour être publiées par ses enfants, qui 
se proposent d'y ajouter les dessins et descriptions des variétés 
les plus méritantes. 

Éà. Pynaert, 



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Gabriel Luizet. 
1794-1872. 



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— 210 — 
Exposition de Fraises à Gand. 

Humble de sa nature comme la violette, la Fraise exige 
autant que celle-ci un chaud soleil pour acquérir tout son par- 
fum. Cette année, on le sent partout, la saison est extrêmement 
défavorable à ce fruit délicieux : le soleil a été par trop avare 
de ses rayons, et les pluies ont été trop abondantes et presque 
continuelles. Aussi l'exposition de Fraises organisée au Casino 
de Gand par le Cercle d'Arboriculture de Belgique et annoncée 
pour le 22 juin, dut être retardée de huit jours, et ce n'eût été 
que mieux si la date avait pu être reculée de huit jours encore. 
Elle a eu lieu le 29 juin, parce que le Comité s'est trouvé dans 
l'impossibilité matérielle d'attendre plus longtemps. 

Les adhésions conditionnelles furent nombreuses, les expo- 
sants le furent moins, le soleil ayant, jusque la veille, refusé de 
sourire à leurs produits. Les apports furent à juste titre consi- 
dérés comme d'autant plus méritants, et le Jury et les visiteurs 
surent parfaitement tenir compte des conditions fâcheuses dans 
lesquelles les fruits avaient dû conquérir leur perfection. 

La Société royale d'Agriculture et de Botanique de Gand 
avait bien voulu mettre l'ancienne salle de ses expositions à la 
disposition du Comité, et si cette belle salle du Casino était trop 
vaste cette fois pour contenir les fruits, elle était néanmoins 
gracieusement ornée et pleine surtout de suaves parfums. Les 
fruits étaient rangés par lots sur une immense table dressée 
au milieu de la salle ; quelques groupes de plantes à fleurs 
fet à feuillage rehaussaient ce que cette longue série de 
^lats aurait pu oflfrir de monotone. Ailleurs les expositions 
dô Fraises sont connexes avec les concours de fleurs coupées 
et surtout de Roses, et c'est là une union des plus heureu- 
ses présentant le puissant attrait de la beauté et du parfum, de 
Flore tendant la main à Pomone. Sans avoir été appelées au 
Casino, plantes et fleurs coupées étaient accourues d'elles-mêmes 
et avaient d'autant plus de droits à notre gratitude. 



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— 211 — 

M. Victor Biebuyck, Tamateur courtraisien bien connu, mon- 
trait une collection de fleurs de Pivoines de Chine, dignes rivales 
de la Rose, obtenues de semis par lui et dont quelques-unes 
étaient réellement remarquables, de forme parfaite et de coloris 
distingué. 

Notre collègue M. Fr. Burvenich avait voulu joindre Futile 
à Fagréable, l'exemple au précepte : ses plants de fraisiers en 
pots révélaient aux amateurs le mode de préparation que ces 
plants doivent subir si l'on veut assurer le succès de la culture. 

Les groupes de plantes provenant de l'établissement de notre 
collègue M. Éd. Pynaert-Van Geert attiraient l'attention des 
connaisseurs. Ses nouveaux Coleus surtout étaient de nature 
à distraire même les amateurs de fraises et à leur faire oublier 
un moment que ces plantes n'étaient que l'accessoire, le cadre 
du tableau. 

Ht 

Les membres du Jury furent reçus au Casino par le Comité, 
le 29 juin à 11 h. du matin. Après les compliments de bien- 
venue et les remerciements d'usage, le Jury se constitua de la 
manière suivante : 

Président : M. Victor Biebuyck, président de la Société royale 
d'Horticulture de Courtrai et vice-président du Cercle d'Arbori- 
culture de Belgique ; 

Secrétaire : M. Anatole Cordonnier, fabricant à Roubaix 
(Nord, France) ; 
Membres : MM. Ch. De Munter, ingénieur, à .Wondelgem ; 
Ch. Puls, pharmacien, à Gand ; 
Baron Pycke, propriétaire, à St-Georges 

sous Bloemendael ; 
VanWambeke, agent de change, à Bruxelles; 
Ambroise Verschaffelt, vice-président de 
la Société royale d'Agriculture et de Bota- 
nique, à Gand ; 
Willems, propriétaire, àHal (Bi:abant). 
Le Jury a rendu les décisions suivantes : 



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— 212 — 

Bésultats des eonoonrs. 

1. La plus belle et la plus nombreuse collection de variétés 
de fraises. 

Premier prix, médaille en vermeil, à M. Fr. Burvenich, ho^ 
ticulteur, à Gendbrugge. 

2. Pas de concurrents. 

3. La plus belle collection de 20 variétés. 

Premier prix, médaille d'argent, à M. Léopold Haeck, 
propriétaire, à Destelbergen. 

4. La plus belle collection de 15 variétés. 

Premier prix, médaille d'argent, à M. Victor Hage, huis- 
sier-audiencier, à Courtrai. 

5. La plus belle collection de 10 variétés. 

JSntre umatmrs. 
Prix, médaille d^argent, à M.^ Victor Hage, précité. 

Entre hortieultmrs. 
Premier prix, médaille de vermeil, à M. Théodore Mulié, 
pépiniériste, à Neuville en Ferrain (Nord, France). 

6. Les plus beaux plats de trois variétés. 

Fntre amateurs. 
Premier prix, médaille de vermeil, à M. Lbopold Haeck, 
précité. 

Bntre horticulteurs. 
Prix, médaille d'argent, à M. Th. Mulib, précité. 

7. Prix non décernés. 

8 et 9. Le plus beau lot de variétés obtenues de semis et la 
variété la plus méritante obtenue de semis. 

Premier prix, médaille de vermeil, à M. Th. Mulié, précité. 

Hors concours. 
Le Jur j décerne une médaille en vermeil aux Fraises exposées 
par M. Van Wambekb de Bruxelles, et une médaille d'argent à 



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— 213 — 

celles de M. Biebuyck de Courtrai, qui n'ont pu prendre part 
aux concours. 

D'après ces décisions, on conçoit que l'Exposition a dû 
être intéressante. Cependant les organisateurs redoutaient un 
insuccès relatif , que la mauvaise saison aurait motivé, et n'avaient 
donné aucune publicité à l'exposition. Aussi les lecteurs habituels 
des BulleUns et quelques initiés furent les seuls visiteurs du 
dimanche. Dans la journée du lundi, le public, quelque peu 
averti par les feuilles locales, s'est montré plus empressé, mais 
les portes se fermèrent bien avant le crépuscule et beaucoup de 
retardataires furent déçus. En revanche, les visiteurs de la 
dernière heure eurent la bonne fortune, les dames et les enfants 
surtout, de n'avoir pas à admirer seulement par les yeux : grâce 
à la délicate attention d'un membre du Comité, ils purent déguster 
des fruits et des meilleurs. 

Et parmi tous ces fruits, fort peu étaient médiocres, beaucoup 
étaient excellents et un certain nombre exquis. 

Le lot de M. Burvenich (1) comptait cinquante variétés, depuis 
les plus méritantes parmi les anciennes jusqu'aux dernières nou- 
veautés. 

Voici la liste des vingt variétés de M. Haeck : 



Mammouth. 

Lucas. 

Comte de Paris. 

Président. 

Rosebury. 

Brown's wonder. 

Gweniver. 

Duke of Edinburgh (?). 

Théodore Mulié. 

La Reine. 



M™« Fournier. 

Bijou. 

White Pine apple (?). 

Fillmore. 

Ananas. 

Black Prince. 

Elisa. 

D"^ Morère. 

British Queen. 

Prince Lnpérial. 



(1) A la récente exposition de fraises à Schaerbeek, M. Burvenich a 
remporté le \*' prix pour une collection de 64 variétés de Fraises. 



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— 214 — 

Nous avons marqué d'un signe d'interrogation les noms que 
le Jurj, composé de spécialistes et de véritables connaisseurs, a 
considérés comme douteux. Tous les fruits étaient beaux, sauf 
ceux de deux ou trois sortes, entre autres le D^ Morère prove- 
nant évidemment de plantes malades. 

Les trois plats de M. Haeck(I) étaient beaux et bien choisis. 
Le Keen*s seedling est une fraise exquise, aromatique et parfu- 
mée. Les fruits exposés étaient juste à point. La variété Vicom- 
tesse Héricart de Thury, que les Anglais appellent Garïbaldi et 
qui a encore pour synonymes M"^de la Tour Maiibourg, Duchesse 
de Trévise et même d* Brise (par corruption sans doute), est 
très parfumée, légèrement acidulée et précoce. La fraise Sir 
Joseph Paxton est peut-être moins fine, mais elle est solide et 
magnifique : véritable fruit pour le marché. 

Dans les lots de M. Victor Hage, nous relevons : 



Crémont. 
Comte de Paris. 
Belle du Midi. 
Belle Paule. 
Jucunda. 
Prince impérial. 



Perfection. 
La Constante. 
Hélène Gloëde. 
Marguerite (?). 
British Sovereign. 



et quelques autres. Dans ces apports, le Jury a également 
rencontré quelques erreurs de nom. 

M. MuLiÉ, le propagateur des gains de M. Delahousse, 
cultive ses fraisiers sans aucun abri ; pour cette raison, beau- 
coup de ses fruits étaient loin d'avoir atteint la maturité désira- 
ble. Un certain nombre toutefois étaient remarquables sous divers 
rapports. La fraise Maréchal Mac Mahon est une variété hors 
ligne : saveur, parfum et coloris. Merveille (qu'il ne faut pas 



(1) Au moment de mettre sous presse, nous apprenons que M. Habck 
à eu également de brillante succès à l'exposition de la Société linnéenne 
de Bruxelles, le 6 juillet. Il a remporté une médaille de vermeil pour 
les 30 meilleures variétés, le premier prix pour les 6 meilleures variétés 
et le premier prix pour les 6 fraises les plus nouvelles. 



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— 215 — 

confondre avec Ananas Merveille) est un fruit superbe et 
excellent. Phénomène est meilleur que beau. Théodore Mulié est 
très productif et très rustique. La fraise Hélène Mulié se 
distingue de loin par son beau coloris foncé. C'est une variété 
précoce de toute première qualité. 

M. MuLiB avait exposé plusieurs semis nouveaux dont Tobten- 
teur M. Delâhousse garantissait les bonnes qualités. Leur 
maturité insuflSsante n'a pas permis au Jury de les apprécier 
séance tenante. Une des nouveautés, celle présentée sous le n** 1, 
avait été destinée à concourir à Lille et, victorieuse, elle aurait 
porté le nom de Fraise Rameau. Issue du croisement de Mar^ 
guérite (Le Breton) fécondée par Maréchal Mac Mahon, cette 
fraise a bon goût et bonne mine sans être très rouge de couleur. 
Ses obtenteurs en disent beaucoup de bien. Et ma foi, si la fraise 
Secrétaire Rodigas... — puisqu'il faut l'appeler par le nom dont 
on Ta baptisée au banquet amical où vinrent s'asseoir avec le 
Comité les membres du Jury et les exposants, — réunit les 
qualités de ses ascendants, elle aura de Tavenir. 

M. Van Wambeke avait exposé quelques plats seulement, 
mais quels plats ! De superbes if"*" Bail, variété très hâtive, 
très colorée ; Duc de Malahoff^ remarquables ; La Rdne^D'Hogg, 
Théodore MîUié, plus beaux et plus mûrs que ceux de M. MuLué 
lui-même, des Louis Vilmorin splendide» et des Professeur 
Pynaertde 0'»07 de diamètre et de 0"20 de circonférence. 

t Le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable ! » 

Le banquet, servi dans les salons du restaurant Bouard, fut 
animé et réussi sous tous les rapports. Naturellement l'éloge du 
fpuit du jour fut prononcé sur tous les tons ; seulement on put 
regretter que des fraises d'élite destinées au dessert, égarées en 
route, durent être remplacées au dernier moment par des fruits 
d'un mérite moindre. Les toasts furent pleins d'entrain et les 
convives se séparèrent heureux d'avoir passé ensemble une 
excellente journée. £m. Rodigas. 



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— 216 — 
Les cultures de rAujou. 

Si l'Anjou est un des départements de la France où la culture 
maraîchère est faite sur une des plus vastes échelles, il est sans 
contredit celui où la culture des pépinières a pris le plus 
d'extension. 

C'est par plusieurs milliers d'hectares que l'on compte cette 
culture. Depuis longtemps déjà Angers, ce grand centre horti- 
cole, a dû chercher dans ses environs des terrains propres à la 
culture des pépinières, car ceux qui se trouvaient à proximité 
de la ville ne lu,i suffisaient plus. 

Aujourd'hui c'est sur une étendue considérable et dans toutes 
les directions que l'on rencontre des plantations. 

En quittant Angers, pour suivre la route départementale qui 
conduit à Doué-la-Fontaine, petite ville distante d'Angers de 
plus de quarante kilomètres, on rencontre des pépinières pres- 
que sans interruption ; la plupart sont des succursales des grands 
établissements d'Angers, et d'autres sont le siège d'établissements 
horticoles axés dans la localité. 

Chaque contrée a à peu près sa spécialité. L'Homiers et Bris^ 
sac ont la spécialité des jeunes plants. Les AUeud, Saulgé, 
Boué-la-Fontaine, la spécialité des arbres fruitiers; c'est de 
cette dernière localité que nous nous proposons de nous occuper, 
parce qu'elle oflTre un gem*e de culture tout spécial. 

Les arbres fruitiers à haute tige jouent à Doué le plus grand 
rôle, notamment les Pommiers à cidre. 

C'est par centaines de mille que Doué expédie chaque année 
ses arbres sur tous le points de la France et à l'étranger; très 
curieux est le coup d'œil que présente la campagne des envi- 
rons de Doué : de quelque point que vous vous dirigiez hors de 
la ville, vos regards ne rencontrent dans cette immense plaine 
que de vastes carrés d'arbres. 

Nous disons carrés, car c'est généralement sous cette forme 
que se font les plantations ; là on ne voit pas de haies pour 



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— 217 



B-^., 



séparer les propriétés : une simple pierre ou une petite rigole 
indique qu'il j a changement de propriétaire. 

La grande extension de cette culture dans un pays relative- 
ment peu peuplé et se dépeuplant de plus en plus, comme 
toutes les campagnes aux abords des grands centres, est chose 
remarquable. L'ouvrier campagnard, alléché par l'appât d'un 
gain souvent illusoire, quitte trop facilement son paisible foyer 
et l'air pur des champs pour aller s'enfermer entre quatre murs 
dans des usines où l'air est parfois irrespirable. 

Pour cette raison et aussi entraînés par l'esprit de progrès de 
notre époque, les pépiniéristes ont du rechercher les procédés les 
plus avantageux pour leurs exploitations. 
C'est par un outillage spécial et perfectionné 
qu'ils parviennent à suppléer à cette pénurie 
de bras, et chacun y retrouve largement son 
compte. 

D'abord, beaucoup moins de fatigue pour le 
travailleur, par conséquent plus de rendement, 
et pour le patron grande économie de frais 
généraux. 

C'est à M. Henri Chatenay, pépiniériste à 
Doué-la-Fontaine, que revient en partie l'hon- 
neur de ces améliorations. Il y a d'abord la 
charrue à défoncer, puis la charrue à labourer, 
la herse à repasser ; tous les différents travaux 
se font à force de cheval. 

Aujourd'hui nous parlerons de la machine à 
déplanter, dite : Déplanteuse Henri Chatenay. 

Cette machine est composée de trois pièces 
principales : 

Y Le levier (fig. 41), en chêne ou ormeau, 
qui peut avoir de 2'"30 à 3 mètres de long, suivant le genre 
d'arbres à déplanter ; il est muni au bout inférieur et dans une 
longueur d'un mètre d'une ferrure qui recouvre le dessus et le 
dessous (fig. 41, M), et qui se termine é'n se relevant (c); la 



FIg. 41. 



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— 218 — 

ferrure du dessous est entaillée en forme de cran (d), pour 
raffermir lorsqu'il est appuyé sur le trépied. 

2* Le trépied (fig. 42) est, comme son nom l'indique, formé de 
trois pieds réunis à la partie supérieure dans une pièce de bois 




Fig. 4S. Fig. 43. 

horizontale, un peu cintrée en dedans, qui servira de point 
d'appui au levier. A l'endroit où pose celui-ci, c'est à dire au 
milieu du trépied, en a, est fixée une lame de fer placée sur 
champ, servant à diminuer la largeur du point d'appui et 
faisant fonction de crémaillère au levier (a). 

Les pieds du trépied sont placés un en arrière et les deux 
autres en avant, en s'écartant sur le côté de manière à fouler 
le moins possible sur les racines de 
l'arbre que l'on veut déplanter. 

Chaque pied est terminé par un 
sabot ou gros bout pour éviter qu'il 
s'enfonce en terre. 

3° La troisième partie de la déplan- 
teuse est la boîte qui doit saisir 
l'arbre ; elle est formée de deux pla- 
ques de fer cintrées ; elles sont réunies 
Fig. 44. par deux charnières (e) de façon à ce 

qu'elles puissent en se fermant, entourer presque entièrement 
l'arbre (fig. 45). 

Chacun de ces côtés ou plaques cintrées est garni inté- 
rieurement d'une lame de caoutchouc de l'épaisseur de la main 



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— 219 — 

et rembourrée elle-même de forte toile, pour Tempêcher de 
se couper. 

Au côté /de la boîte est appliqué eextérieurement (fig. 43 i) 
et dans sa longueur, une barre de fer garnie de trois dents ou 
crémaillères (/fig. 43, 44, 45); 
c'est là que se place le bout du 
levier (fig. 45), et que se pro- 
duira la force extractive. 

Sur ce même côté/ (fig. 43), 
au point h, est fixée une maille 
à vis qui est mobile et peut se 
fermer en avant et en arrière. 

De l'autre côté de la boîte 
(fig. 43 c) et au point i est un 
piston ou repoussoir, sur lequel 
vient presser le bout de la vis 
(fig. 44), pour empêcher que la 
boîte ne glisse au moment où 
l'on force avec le levier. 

La manœuvre de la déplan- 
teuse est très facile : en un jour 
les ouvriers s'y habituent. 

Un jeune homme de quinze à 
seize ans place la boîte ou plu- 
tôt les boîtes, car pour ne pas 
perdre de temps il est préfé- 
rable d'avoir deux boîtes, une qui est fixée à l'arbre en déplan- 
tation (fig. 45), et l'autre à fixer (fig. 44) ; ce jeune homme n'a 
d'autre besogne que de fixer les boîtes aux points convenables. 

Deux autres hommes portent l'un le trépied et l'autre le 
levier; pendant la déplantation, l'homme qui portait le trépied 
passe derrière l'arbre et le maintient, pour aider celui qui dirige 
le levier à changer de dent. 

Pour plus de sûreté et de facilité, il est urgent que l'abattage 
soit court et commence à la dent supérieure, pour arriver à la 
dent inférieure. 



^^^^m 



^^ 



Fig. 45. 



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— 220 - 

Ayec le nombre d'hommes indiqué plus haut on déplante 
dans les journées de novembre et décembre en moyenne 600 
arbres à tiges tels que Pruniers, Cerisiers, etc. de 10 à 12 centi- 
mètres de circonférence, et 400 Pommiers de 11 à 13 centimè- 
tres, en conservant beaucoup plus de racines, voire même dans 
toute leur longueur, qu'avec le travail primitif à la bêche. Il 
va sans dire que plus les arbres sont forts, plus la déplantation 
nécessitera de force ; ainsi, un Ormeau de 12 à 15 centimètres 
offrira beaucoup de résistance et nécessitera un homme de plus; 
du reste, dans bien des cas, cet homme a bien son emploi, 
après avoir employé sa force au levier, il s'occupe à débarrasser 
les arbres déplantés (1). 

{Sera continué.) A, Pottier. 



Exposition Nationale de 1880. 

Nous avons reçu la circulaire suivante que nous communi- 
quons à nos lecteurs. jRéd. 

Bruxelles, le 26 avril 1879. 

En célébrant le cinquantième anniversaire de son existence 
comme nation indépendante, la Belgique se doit à elle-même 
de montrer quels progrès elle a réalisés, sous Tégide de ses 
libres institutions, dans Tordre matériel comme dans l'ordre 
moral et politique, 

Elle ne peut mieux le faire que par une exposition générale 
des produits de son travail. 

Les arts, les lettres et les sciences prendront une part bril- 
lante à nos fêtes jubilaires. 



(1) Les personnes qui désireraient se procurer la déplanteuse, peuvent 
s'adresser à M. Henri Chatenay, pépiniériste, à Doué-la-Fontaine, qui 
fournit aux prix suivants : 

l" force, avec une boîte 130 francs. 

2« — — — — 110 » 



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— 221 — 

Mais c'est à Tindustrie, sous toutes ses formes^ que le Gbuver 
nement nous a chargés de faire un pressant appel. 

Une expositiond'industrie,d agriculture et d'horticulture s'ou- 
vrira le 15 juin 1880 et sera fermée le 16 octobre de la même 
année. Elle aura lieu à Bruxelles, au Champ des Manœuvres, 
dans les locaux temporaires et dans l'édifice décrété par la loi 
du 8 avril 1879. 

Cette exposition doit être avant tout une œuvre nationale. 

Ce n'est point un concours destiné à établir la supériorité des 
uns sur les autres. Ce que nous attendons de l'effort unanime 
de nos industriels, c'est une éclatante manifestation de la puis- 
sance productrice de notre pays. 

Nous aurons très prochainement l'honneur de vous communi- 
quer une classification des produits admis à l'Exposition. Elle 
comprendra une section des arts industriels dans le présent et 
dans le passé. 

L'emplacement mis à notre disposition par le Gouvernement 
et par la Ville de Bruxelles, mesure 25,000 mètres de halles 
couvertes, soit deux fois la superficie occupée par les produits 
belges à l'Exposition de Paris. 

Nous pensons que cet espace sera trop restreint. Mais nous 
ne serons autorisés à solliciter une augmentation de locaux que 
si nous sommes en mesure de présenter la liste complète des 
demandes d'admission. 

La Commission se réserve, en cas de besoin, le droit de 
réduire équitablement l'espace réclamé. 

Chaque exposant recevra une médaille et un diplôme. 

Des primes spéciales seront allouées pour certaines catégories 
de produits de l'agriculture et de l'horticulture. 

Des mesures réglementaires seront arrêtées, à bref délai, en 
ce qui concerne l'admission des p réduits, le mode d'installation 
et la formation de groupes propres à mettre en relief l'impor- 
tance et le mérite de chaque industrie. 

Nous avons l'assurance que le Gouvernement prendra à sa 
charge la plus grande part, sinon la totalité, des frais de trans-< 



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— 222 — 

port par chemins de fer, de réception, d'installation, de place- 
ment, de surveillance et de réexpédition des produits exposés. 

L'emplacement, la force motrice, Teau et le gaz seront four- 
nis gratuitement. 

La Commission de TExposition nationale ne se dissimule pas 
combien est lourde la tâche qui vient de lui incomber. Nous 
avons accepté, Messieurs, comme un devoir patriotique de con- 
courir à l'organisation des fêtes de 1880. Nous comptons que 
partageant le même sentiment, vous voudrez bien seconder nos 
eflfbrts avec un empressement et une énergie qui permettent à la 
Belgique industrielle, agricole et horticole, de se montrer telle 
qu'elle est et de mériter l'attention des autres peuples. 

La commission de l'Exposition nationale. 

N. B. — - Pour jouir de la franchise de port, les lettres et communi- 
cations adressées à la Commission industrielle de l'Exposition nationale 
doivent porter la suscription suivante : 

A Monsieur le Président de la Commission Industrielle de 
V Exposition Nationale de 1880, à Bruxelles. 



Bibliographie. 

Praktlsche aanwijzingeii over den snoei der fmitboomen, 

parFR. Burvenich(I). — Voici la 5°»« édition d'un ouvrage 
devenu réellement classique dans toutes les provinces flamandes 
de notre pays. Nos lecteurs nous pardonneront si la Rédaction des 
Bulletins n'a déjà pas signalé l'apparition du nouveau Uvre d'un 
de nos collègues ; ils savent d'ailleurs que les écrits de celui-ci 
sont marqués au coin d'une valeur pratique incontestable, basée 



(1) Un volume in-S», de 340 pages avec 168 gravures dans le texte* 
Prix : 3 francs, chez Ad. Hoste, rue des Champs, Gand. 



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— 223 — 

sur les lois formelles de la théorie. Cette édition nouvelle se 
passe d'analyse et de recommandation. Nous nous bornerons à 
dire que ce n'est pas une simple réimpression, mais que cette 
édition est réellement un nouvel ouvrage dans lequel la 
culture sous verre occupe une bonne place et où l'auteur 
a eu soin de mettre ses applications, toujours claires, à la 
hauteur des progrès réalisés dans ces derniers temps. Nous 
surtout qui avons été le premier avec M. Éd. Morren à 
signaler, dans notre pays, les erreurs des praticiens concernant 
la sève des arbres fruitiers, nous constatons avec un vif 
plaisir que l'auteur a sans aucune hésitation adopté les indi- 
cations de la science, et qu'il affirme « que la science qui 
éclaire a de tout temps rendu de grands services aux prati- 
ciens et que grâce à une étude approfondie et aux recher- 
ches sur le mouvement de la sève et sur la physiologie des 
plantes, l'arboriculture fruitière a reçu de nouvelles lumières 
pour la pratique. > M. Burvenich a mis son livre en rapport 
avec les exigences du programme officiel des conférences publi- 
ques et des écoles normales; il s'est souvenu de l'adage: 
noblesse oblige. 

Ém. Rodi^as. 



Le Fois Sabre. 

La variété de Pois figurée ci-dessous, d'après le catalogue 
illustré de la maison Vilmorin-Andrieux qui l'a mise au com- 
merce, mérite d'être introduite dans les cultures. Les tiges 
s'élèvent à 1°*50, le grain est blanc, rond, moyen, et la plante 
est extrêmement productive. 

Nous connaissions déjà le Pois serpette ou XAv/oergMy variété 
rustique et productive, dont les cosses ont la forme d'un crois- 
sant ou d'une serpette vieux modèle. 



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— 224 — 

Chez le Pois sabre les gousses sont recourbées à rebours et 
affectent par cela même une forme très curieuse. 



Fig. 46. — Pois Sabre. 

De même que chez le Pois serpette, les gousses sont disposées 
2 par 2 et renferment en moyenne 8 à 9 grains parfaits. 

Fr. Burvenich. 



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= r 

I 



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— 225 — 
Guigne bonne Alostoise. 

La planche qui se trouve en tête de cet article, est le portrait 
d'une nouvelle variété de guigne obtenue par M. Hellinckx, 
pépiniériste, à Alost. 

Il serait difficile de préciser de quelle variété est issu ce semis, 
M. Hellinckx ayant confié à la terre, dans le but de produire des 
sujets pour le greffage, un mélange de noyaux du Bigarreau 
Elton et du Bigarreau rose. 

La belle et vigoureuse végétation de l'arbre qui produit 
ces grosses et excellentes Guignes, a attiré Tattention du semeur 
sur cette variété, longtemps avant qu'elle n'eût fructifié. 

La première fructification a eu lieu en 1874 et depuis lors 
Tarbre-mère s'est montré de plus en plus fertile et d'une 
vigueur telle qu'il a acquis en peu de temps une hauteur de 
7 mètres. 

Les feuilles sont larges, grandes et longuement pétiolées 
comme celles de la plupart des variétés de Bigarreaux et de 
Guignes. 

Les fruits disposés par trochets sur des rameaux fruitiers tra- 
pus, ont une délicieuse saveur miellée et sont très juteux; l'épi- 
carpe est d'une extrême finesse. La chair est jaune, légèrement 
injectée de rouge ; le noyau est allongé conformément au carac- 
tère de la race. 

Nous ne saurions assez engager les amateurs de cerises à fruit 
doux (Bigarreaux et Guignes) à faire des semis de bonnes variétés 
telles que B. Esperen, Elton, Napoléon, Noir tardif, etc., 
et à laisser fructifier les sujets avant de les regreffer. Le Ceri- 
sier fructifie de bonne heure, de sorte qu'on ne perd pas grand 
temps à attendre pour savoir si on a affaire à une variété à 
conserver ou si l'arbre devra subir le regreffage. Nous ne par- 
lons pas des semis au point de vue de la production de variétés 
nouvelles, assez méritantes pour être multipliées. Ce cas se 
présente d'ailleurs assez rarement parce que la nomenclature 

16 



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~ 226 — 

des cerises est déjà très riche en nombre de yariétés et en 
qualité. 

Nous insistons sur le semis afin d'arriyer à se procurer un 
certain nombre d'arbres qui restent francs de pied. Il est 
démontré que, dans ces conditions, l'arbre vit plus longtemps et 
atteint un plus grand développement. 

Qui de nous n'a remarqué, admiré même, ces belles tiges 
luisantes, à couronne pyramidale, produisant une quantité de 
petites merises noires ou rouges ? On voit ces arbres s'élever dans 
les terrains pierreux, dans le schiste, dans les terres houillières, 
dans les terrains plastiques à fond imperméable où le Cerisier 
greffe a une existence très limitée. 

Si en faisant un choix judicieux des variétés à semer, on 
arrivait à produire ces mêmes arbres» mais à fruit plus gros, on 
aurait des arbres qui donneraient de beaux produits sans greffage 
et qui réussiraient dans les conditions les plus mauvaises. 

La production des cerisiers francs de pied, par voie de semis 
soignés, est un point qui mérite toute l'attention des arboricul- 
teurs. F. Burvenich. 



Conservation des fruits d'été. 

Je viens de lire dans le Bulletin, page 169, la charmante 
plaisantecje que lui adresse de Lille un de mes compatriotes, 
à propos de cette grande boîte à charbon qui permettrait 
de conserver soi-même jusqu'en hiver, des poires d'été, les- 
quelles coûteraient trois fois plus cher et seraient trois fois 
moins bonnes que celles d'hiver qu'on pourrait se procurer alors 
chez le premier fruitier venu. 

Quand je dis : plaisanterie, je ne prétends pas du tout que ce 
soit là un conte, et je ne conteste en rien l'exactitude des faits 
cités par l'expérimentateur ; il est tout à fait dans son droit en 
se livrant à ces essais gastronomiques ; je veux dire seulement 
que ce n'est pas sérieux de conseiller au public un procédé pareil. 

D'abord ce n'est pas du tout si simple et si commode que le 



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- 227 - 

suppose la description, et pais c^est sale. Ce n'est plus la 
maîtresse de maison, bien sûr, qui voudra se charger de ce des- 
sert et patauger dans le charbon pour y pécher les fruits, et si 
le chef de la communauté consent à s'en occuper lui-même, je ne 
crois pas lui faire injure en supposant qu'il ne tient pas exces- 
sivement à la propreté de son linge. Moi qui touche journelle- 
ment au poussier de charbon, pour l'entretien d'une petite étuve, 
je sais, malheureusement, ce qu'il en coûte. 

Voyons un peu ensemble si c'est bien simple et bien propre : 
confectionner des boîtes de fer blanc à compartiments ; j placer 
des fruits qu'on doit forcément caler d'une manière assez solide, 
puisque, les boîtes devant être plus tard posées debout dans le 
sens de leur longueur, les poires ne reposeront plus sur une 
base quelconque, mais seront couchées sur le flanc. Ensuite, 
confectionner un bahut, un grand bahut, d'une longueur et d'une 
largeur indéterminées, mais d'une profondeur de 1 mètre; 
étaler au fond une couche de 33 centimètres de poussier de 
charbon (je demande pardon à mon compatriote de laisser là les 
pieds et pouces, qui n'ont plus cours légal en France). Confec- 
tionner un casier de 0"66 de haut (longueur et largeur incon. 
nues), mais moins large de 66 centimètres que le bahut, qui 
devra être, par conséquent, d'une belle largeur; l'introduire 
dans ledit bahut ; glisser du poussier tout autour, à gauche, à 
droite, au sud, au nord, c'est à dire dans un vide de 0™66 de 
profondeur, deO'^SS de largeur, sur une longueur indéterminée. 
Vous voyez déjà ce que cela cube. Puis, dans chacun des com- 
partiments de ce casier, glisser les boîtes en fer blanc, de 
0™33, qui contiennent les fruits, mais en les ensevelissant 
également dans des couches de poussier sur toutes leurs faces. 
Le casier étant rempli, Taccabler d'une énorme couche de 
poussier de 0'"33, et fermer. 

Si c'était tout, encore ! Mais non ; il faudra repécher les fruits, 
lorsqu'on les supposera mangeables ; alors vous voyez cela 
d'ici : enlever les 0'»33 de charbon pour arriver aux boîtes, 
puis tripoter là-dedans, séparer le poussier, soulever les boîtes 



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- 228 — 

de leur trou, vérifier. Si l'état des fruits d'une boîte n'est pas 
encore convenable, enlever le poussier du compartiment où elle 
se trouvait (comme c'est commode!), et l'y replacer. C'est un 
vrai métier de charbonnier et je ne donne pas longtemps à mon 
compatriote pour en avoir assez de ce mode de conservation si 
simple. QuUl en revienne, ce sera bien préférable, à ses boîtes 
placées dans un puits ou dans une cave. 

Ces épreuves de conservation outrée des fruits, des fruits d'été 
surtout, sont toujours bien chanceuses ; tout dépend de tant de 
circonstances, depuis la cueillette du fruit jusqu'au moment où 
il sort de sa cachette pour se présenter sur la table ! D'assez 
nombreux essais ont été tentés ; même avec quelques réussites 
partielles, on n'est jamais sûr de rien ; une année, on croit avoir 
trouvé le joint; Tannée d'après, on s'aperçoit qu'on se berçait 
dans une douce erreur. Les médailles d'or elles-mêmes n'y font 
pas plus que tout le reste. 

Le 7 février 1838 (il y a 41 ans), Loiseleur-Deslong- 
CHAMPS présentait à la Société royale d'Horticulture de Paris 
12 Doyennés tlancs^ lesquels, dégustés, furent trouvés, paraît-il, 
« aussi bons que dans la saison ordinaire de la maturation, i 
Il les avait enveloppés de papier Joseph, puis de papier ordi- 
naire, mis dans une boîte en zinc parfaitement lutée, et 
déposés ensuite dans une glacière. 

Le 19 février de la même année, M. Moncelot présentait à 
son tour 3 Doyennés blancs < parfaitement conservés • au 
moyen de leur séjour dans une glacière. 

L'année suivante, la Société d'Horticulture ouvrait un con- 
cours pour la conservation des fruits et offrait trois médailles 
d'or de 200 francs. Loiseleur-Deslongchamps en obtenait une. 

Depuis ce temps-là, le vainqueur ne montra plus de nou- 
veaux essais; d'autres les renouvelèrent, mais sans aboutir à 
rien de positif. 

Il y a plusieurs années, on fit grand bruit, à Paris, d'une 
conservation de Pêches, Abricots, Prunes ; on les avait exposés 
au Grand -hâtri. Succès d'étonnement ; vente à des prix fous! 



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— 229 — 

On avait, disait-on, trouvé le vrai moyen. Le vrai moyen 
n'était pas encore bien sur de lui-même, car on ne le revit plus. 
Les acheteurs seuls furent à même de constater que Pêches, 
Abricots et Prunes avaient à peine conservé leur goût de fruit. 

Par-ci par-là encore un inventeur arrive, fin d'hiver, avec 
une boite soustraite, depuis des mois, à Tair, à la lumière, à la 
chaleur, à l'humidité, à tout; du moins Texpérimentateur le 
suppose ainsi. Religieusement, il apporte son dépôt à une com- 
mission ; on Tentrouvre discrètement, avec tous les égards dus à 
un essai si consciencieux ; on ouvre. Miracle ! le fruit n'est pas 
en compote ! On l'enlève ; on partage avec un couteau d'argent... 
qu^en dites-vous? — Dame! çà ne sent pas grand'chose. 

Attendez! Deux amis entrent... Venez ici et mangez sans 

regarder. Qu'est-ce que ceci? L'un dit : c'est de l'abricot! 

L'autre : c'est de la prune ! La vérité est que c'était de la 

pêche ! 

Bref, il est bien loin de moi de vouloir décourager un cher- 
cheur; au contraire! On ne peut pas prédire, au milieu de nos 
progrès journaliers, que quelque chose n'arrivera jamais ; seule- 
ment, il ne faut pas se leurrer de trop d'espoir en fait de con- 
servation de fruits d'été, prolongée à des époques extrêmes et 
entièrement réussie. Nous sommes encore dans l'enfance ; aussi, 
préconiser des moyens comme la boite à charbon, c'est, selon 
moi, un grand tort; c'est décourager les inventeurs que de 
leur faire entrevoir qu'ils ne pourront réussir que par des 
moyens compliqués ou malpropres. 

J'espère que mon compatriote de Lille ne m'en voudra pas de 
ces réflexions. Quand on expérimente chez soi, pour soi tout 
seul et comme en cachette, on a droit à ce que personne ne 
vienne y mettre la plume ; mais, du moment qu'on publie pour 
tout le monde, il faut bien, n'est-ce pas? se résigner à rencon- 
trer parfois des contradictions et des doutes. 

Théodore BucheteU 

p. s. — Je lis dans : Rome au siècle d'Auguste : « D'autres 
prenaient la précaution de descendre les vases lûtes qui contenaient les 
fruits, dans un puits ou dans une citerne. » 



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— 230 — 



Choisissez vos arbustes, c'est le moment 

Dans notre pajs, c'est bien pendant le mois d'août et même 
de septembre que les jardins et les parcs sont généralement les 
plus beaux. Toutes les pelouses sont bien tondues, toutes les 
corbeilles ressortent admirablement, d'autant plus qu'elles 
sont juste à point, et enfin les groupes d'arbres et d'arbustes 
ont acquis ce degré de développement qu'on voudrait leur con- 
server toujours. De fait, ils n'ont plus rien à gagner durant la 
présente saison et avant deux mois d'ici ils ne perdront rien 
non plus. 

Se demande-t-on souvent quel est le rôle important que jouent 
dans l'architecture des jardins ces massifs de verdure ? Dans 
tous les cas on ne s'en doute pas assez. Les uns et nous sommes 
du nombre, ont un faible pour les jolies pelouses, bien ondulées 
et surtout bien tondues ; sans elles, le jardin est comparable à 
un beau salon, magnifiquement meublé mais sans tapis et même 
sans pavement. D'autres, et nous sommes encore de la partie, 
croient qu'un beau tapis exige impérieusement de beaux 
meubles et dès lors ils s'ingénient à créer ces corbeilles-par- 
terres, ces mosaïques parfois éblouissantes, mais parfois aussi 
péchant par un excès de recherche. 

Certes les unes et les autres ont leur valeur, surtout quand la 
combinaison, les proportions sont bonnes. Mais songe-t-on assez 
que tout cela ne ressort réellement bien que lorsqu'il y a un bon 
fond, un bon repoussoir, lorsqu'on un mot il y a des massifs 
d'arbres et d'arbustes bien distribués et bien composés ? Mal- 
heureusement non. On apprécie l'effet, pas les causes. 

Bien des fois en parcourant attentivement de vieux parcs 
plus ou moins renommés et qui méritaient leur bonne répu- 
tation, que de fois, disons-nous, avons-nous dû convenir que 
le tracé et Tentretien laissaient beaucoup à désirer, mais que 
par contre le groupement avait été parfaitement compris et 



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— 231 — 

faisait, pour ainsi dire, à lui seul, tout le charme de la propriété ! 
Et cependant, à l'époque où les plantations auxquelles nous 
faisons allusion^avaient été faites,il n'y avait pas encore ce grand 
choix d'aujourd'hui en fait d'arbustes. 

Si donc dans le bon vieux temps, avec des essences vulgaires 
et sans aucun travail d'apparat, on a su arriver à produire des 
effets admirables, que ne pourrait-on de nos jours, eu égard à 
la pureté du tracé, à la décoration raffinée, à la grande variété 
des essences tant à la mode et d'un si grand secours dans les 
créations dont il s'agit ! 

Ce qui plaît incontestablement le plus chez les plantes, ce sont 
leurs fleurs. Mais, ne l'oublions pas, celles-ci sont le plus sou* 
vent très éphémères et nous jouissons bien plus longtemps de 
la verdure, du feuillage, du port, de la forme des plantes. Sous 
ce quadruple rapport les arbres et arbustes ligneux peuvent 
le plus nous charmer indépendamment de l'effet à obtenir 
par leurs masses seulement. 

Aussi appelons-nous tout particulièrement l'attention sur la 
grande ressource que les plantes ligneuses peuvent nous offrir, 
si le choix est bien fait et, comme nous le disons en tête de cet 
article, c'est le moment de faire ce choix. Voici quelques 
données à cet égard. 

D'abord si c'est un vieux jardin, y a-t-il moyen d'introduire 
entre les essences le plus souvent monotones qui le peuplent, 
des plantes, des variétés nouvelles? Oui, si on le veut absolu- 
ment. Il faudra d'abord donner suffisamment d'air en coupant 
les branches voisines qui surplombent. Ne va-t-on rien gâter 
par là? Ensuite faire un large trou, en garnir les parois de 
planches et le remplir de bonne terre, aûn que celle-ci ne soit 
pas effritée par les puissants voisins. Tout cela est plus facile à 
dire qu'à faire. Enân, bien que la reprise ait eu lieu, elle laissera 
toujours quelque chose à désirer et jamais la nouvelle arrivée 
ne rattrapera ses aînées . Aussi disons-nous dans le cas qui nous 
occupe : laissez tomber votre choix moins sur des plantes belles 
et nouvelles que sur celles qui sont avanttout vigoureuses, dures, 



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— 232 — 

mais d'an autre port, d'an aatra feuillage que le reste. Soyez de 
plas très sobre dans ces sortes de repeaplements. 

Mais c'est différent quand il s'agit de perfectionner des créa- 
tions plus récentes et surtout lorsqu'il j a de nouvelles plan- 
tations à faire. Dans des cas pareils, nous engageons forte- 
ment les amateurs à parcourir en ce moment les pépinières, 
les architectes à ne pas perdre la chose de vue non plus. Que 
n'y a-t-il pas à observer relativement au port des plantes? 
Les unes dirigent leurs branches presque verticalement, comme 
les Peupliers d'Italie, d'autres les étalent plus ou moins, comme 
les Tilleuls, les Marronniers^ d'autres enfin les renvoient vers la 
terre, comme le Saule pleureur. Ët^ soit dit en passant, ce n'est 
qu'à l'aide d'essences à branches légères, mi-pendantes, qu'il y 
a moyen de donner de la grâce aux groupes. 

Laissant de côté les dimensions propres à chaque genre et 
dont il faut certainement tenir compte, bien que, à notre avis 
cela ne soit nullement indispensable — cependant, jusqu'à 
un certain point, tous les arbustes occupant telle rangée 
doivent être à peu près de la même dimension — que de choix 
dans la forme, la grandeur et la couleur du feuillage ! A part 
les plantes à feuilles persistantes, qui, bien distribuées, peuvent 
singulièrement égayer Taspect des jardins en hiver, que de 
variation ne rencontre-t-on pas ! Cela nous mènerait trop 
loin, si nous devions énumérer toutes les belles panachures et 
nuances dont le commerce horticole gratifie de plus en plus les 
cultures. Mais qu'on aille visiter les pépinières durant ce mois, 
on y verra plus d'une variété qu'on voudra posséder absolument. 
Retenez-la, faites-la marquer pour qu'elle ne vous échappe plus 
et étudiez entre temps la meilleure place qu'elle occupera dans 
votre jardin à la saison prochaine. 

Enfin un dernier conseil : dans un petit jardin, prenez plus de 
variétés et moins de chacune. Dans un grand parc, limitez les 
variétés, mais plantez-les en grandes masses. 

H. J. Van Huile, 



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— 233 — 

La 2V^ session 
du Congrès pomologique de France. 

Le Congrès pomologique de France a tenu sa XXI°** session 
du 4 au 6 août 1879, à Nancy. 
Dès la !'• séance, le bureau fut ainsi composé : 

Président d'honneur, M. Léon Simon, de Nancy et Metz. 
Président, M. Perd. Jamin, de Bourg-la-Reine. 

Vice-Présidents, MM. Charles Baltet, de Troyes ; 

Edouard Pynaert, de Gand ; 

Louis Anatole Leroy, d^Augers; 

Alix, de Nancy. 
Secrétaire-général, M. Cusin, de Lyon. 
Secrétaires, MM. Michelin, de Paris ; 

Galle, de Nancy; 

JouiN, de Plantières-lez-Metz ; 

Treyve, de Trévoux. 
Trésorier, M. Reverchon, deLyon. 

Le reste de la première journée fut consacré à la dégustation 
de poires, de pommes, de pêches, de prunes, de raisins 
apportés par MM. Baltet frères, de Troyes, Besson de 
Marseille, Luizbt d'Écully, Simon-Louis de Metz, Treyve de 
Trévoux, etc. 

Mais rintérét était tout particulièrement porté sur les collec- 
tions de framboises, de groseilles à grappes et de groseilles à 
maquereau apportées par les chefs de culture de l'établissement 
Simon à Plantières-lez-Metz. Il a fallu se diviser en trois sections 
pour ne pas aiguiser ou émousser le palais des mêmes juges et 
pour faire partager entre tous les plaisirs et les charges de 
notre mission. 

La qualité du fruit a été soigneusement notée, sa grosseur, 
sa couleur — voire la fertilité du plant, d'après les branches 
fruitières exhibées. Quelques apparences de synonymes ont été 
indiquées avec un point d'interrogation. 



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— 234 — 

Si la méthode pouvait être introduite dans la nomenclature 
pomologique, nous croyons que la G-roseille à maquereau pour- 
rait être classée de la manière suivante : 

1*» les tribus ou divisions : fruits lisses, fruits hérissés ; 

2^ les catégories ou subdivisions basées sur la forme, du 
fruit, ronde ou ovale, allongée ou en poire. 

3» les séries ou fractions seraient établies d'après la couleur 
blanche, verte, jaune, rose, rouge, pourpre. 

En dehors du Groseillier à maquereau, nous ne voyons guère 
que le Pécher qui puisse être classé méthodiquement par la dimen- 
sion de la fleur, la denture de la feuille, les glandes du pétiole, 
la gravure du noyau. 

Quant aux autres genres fruitiers, les tentatives de systèmes 
de classification ont échoué; Tordre alphabétique — quelque 
primaire qu'il soit — a donc obtenu la préférence. 

Poursuivant ses traditions, le Congrès pomologique a admis 
et recommandé à la culture quelques-unes des variétés mises 
précédemment à l'étude. 

En voici les noms : 

Framboise royale de Herrenhausen, — Plant très vigoureux, 
à rameaux très élancés; fertile. Fruit assez gros, obrond, 
rouge, ferme, de 1'" qualité ; non remontant. 

Pbchb Baron Dttfour. — Arbre robuste et productif. Fruit 
gros, richement coloré de pourpre, à chair fondante, juteuse, 
vineuse, mûrissant en août. Origine messine. 

PÊCHE Tardive de gros. — Fruit moyen ou assez gros, coloré, à 
chair fine, très juteuse, relevée ; maturité fin octobre. Origine 
bressane. 

Poire Doyenné Perrau (respecter l'orthographe et ne pas 
confondre avec le Beurré Perrault, dont le nom véritable serait 
Duchesse de Bordeaux), 

Par son faciès et sa couleur, sa saveur et son époque de 
maturité, cette poire pourrait être nommée Doyenné d^hiver 
bronzé^ nous croyons que c'est le plus bel éloge que l'on en 
puisse faire. Origine angevine. 



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— 235 — 

Poire Favorite Morel. — Joli fruit allongé, bien coloré, fon- 
dant, sucré, de première qualité; maturité août. Origine 
lyonnaise. 

Poire Fondante Thirriot, — Arbre élancé, produisant à tro- 
chets. Fruit assez gros ou moyen, jaune verdâtre pointillé roux 
et rose au soleil ; chair fine, ferme, juteuse, vineuse, sucrée, à 
déguster dès que le coloris change, avant que le pouce fasse 
fléchir l'épiderme; maturité d'octobre en décembre. Origine 
ardennaise. 

Raisin Blauer Portugieser. — Grappe au-dessus de la 
moyenne, peu serrée ; grain moyen, sphérique, noir, de ppe- 
raière qualité pour la table et la cuve, maturité août; cépage 
robuste dans le nord et Test de la France. Origine portugaise. 

A côté de celle-ci, nous pourrions indiquer les variétés déjà 
appréciées, et qu'une simple hésitation a fait ajourner à la pro- 
chaine session. 

La Nectarine Lord Napier^ de Rivers, à Sawbridgeworth 
(août). 

Les Poires Beurré Gambier, de Gambier (février), que j'ai 
déjà signalé aux lecteurs du Bulletin d' arboriculture lelge; 
Doyenné Bizet, de Bizet, à ÉcuUy (avril) ; Professeur WUlermoz, 
de JoANON, à S*-Cyr (fin août). 

La Prune Heine Claude d'Althan, d'origine bohémienne (sep- 
tembre); bel arbre et beau et bon fruit de couleur lilas-violet, 
qui mérite d'être plus répandue dans les jardins et vergers. 

Viennent ensuite les variétés mises à l'étude pour la première 
fois, telles que Pêche Ballet, beau fruit obovale, légèrement 
mamelonné, coloré de rouge, à chair fine, fondante, juteuse, 
sucrée, la meilleure pêche de Tarrière-saison ; fin septembre ; 
arbre robuste et fertile. 

Ladp Palmerston. — Arbre vigoureux, productif. Fruit assez 
gros, arrondi, orange frappé de pourpre ; chair jaune abricot, 
fine, fondante, relevée ; fin septembre. 

Poire Charles Cognée. — Nouvelle poire d'hiver, de premier 
mérite; assez grosse, fondante, juteuse, aromatisée, très bonne; 



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— 236 — 

mars-avril. Arbre vigoureux sur franc et sur cognassier, 
fertile. 

Cette variété est mise au commerce par la maison Baltet 
frères, de Trojes, ainsi que la suivante : 

Poire Charles-Ernest (Baltet). — Fruit de 1'" grosseur et de 
!'• qualité ; belle forme, fin coloris, saveur agréable ; maturité 
novembre-déceiûbre. Arbre d'un beau port, pyramidal, vigou- 
reux sur franc et sur cognassier, très fertile. 

Poire Souvenir de Leroux (Durand). — Arbre vigoureux, sur 
franc et sur cognassier, très fertile, fruit gros et très gros, fon- 
dant, de 1" qualité, d'octobre -novembre. 

Les poires Bergamotte Groslier et ffertrichy Passe-Colmar 
de Laimos, et d'autres qui seront consignées dans les procès- 
verbaux et publiées. 

Quant aux variétés biflees du rôle des fruits à l'étude, il 
en est qui pourront revenir plus tard, les renseignements ayant 
manqué cette fois; par exemple les cerises soumises en 1874 
par le regretté M. Mas à la Commission lyonnaise; et les 
pommes Belle de Furnes et Belle de Lippe, recommandées par 
MM. Pynabrt et Rodigas, lors de la session de 1875 à Gand. 
Si nous en croyons l'honorable M. de la Bastie, vice-président 
de la Société pomologique, nos voisins et amis auraient toujours 
fait la sourde oreille aux demandes de greffons et de ren- 
seignements. 

La BiBDAiLLB d'honnbur déceméo « à la personne qui a rendu 
le plus de services à la Pomologie française » a été votée à 
l'unanimité à M. Octave Thomas, de Metz, auteur du Guide de 
V amateur de fruits, de catalogues raisonnes, de la Berne de 
r Arboriculture y etc. Personne, en effet, n'était plus digne que 
notre ami de recevoir cette haute récompense ; c'était pour moi, 
son ancien, honneur et plaisir de donner l'accolade à un 
néophyte aussi fortement initié, et aussi digne d'intérêt sous 
tous les rapports. 

Ses patrons, MM. Simon, de Metz et de Nancy, et ses 
camarades^ les contre maîtres de l'établissement, ont été les 



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— 237 — 

premiers à applaudir à cette justice rendue à notre excellent 
et sympathique camarade. Un témoignage de reconnaissance aété 
adressé à M. Réveil, le vénérable président de la Société 
pomologique de France. 

Enfin, la question de la session de 1880 a été agitée. Le nom 
de Lille a été mis en avant pour être le siège de la 22"»« session ; 
ce serait une occasion nouvelle de resserrer les liens qui nous 
unissent à la Belgique. Mais on a soutenu avec non moins 
d'énergie la région montagneuse et centrale de la France qui 
compte Clermont-Ferrand, Moulins et Limoges. 

Quoiqu'il arrive, invitons les pomologues et les sociétés d'hor- 
ticulture à préparer des documents sur le mérite et la synonymie 
des fruits mis à l'étude, ainsi que MM. Buchetet, Michelin, 
DE LA Bastie, Simon-Louis, l'ont fait cette année. Souhaitons, 
en terminant que les membres du Congrès rencontrent partout 
des collections aussi intéressantes à visiter que celles de 
MM. Simon et un accueil aussi cordial. 

Charles Baltet, 
Lauréat et membre d'honneur de la Société 
pomologique de France. 



Les arbres d'ornement. 

Si Von me demandait, disait M. le Vicomte de Courval dans 
son Traité de la taille et conduite des arbres forestiers, comment 
m'est venue la pensée de conduire et diriger les arbres forestiers 
et de haut jet par des soins constants et non interrompus, à 
partir du moment où la jeune pousse se dégage des cotylédons 
et sort, pour ainsi dire, de la graine, je ne ferais pas l'orgueilleuse 
réponse que c'est en y pensant toujours, mais je dirais plus sim- 
plement et avec vérité que c'est en voyant se développer les 
arbres fruitiers et en pratiquant moi-même sur ces arbres ce 
qu'on appelle le pincement ou ébourgeonnement à œil poussant, 
que ridée m'a été suggérée pour la première fois d'agir de même 
à regard des arbres forestiers. 

Cette observation de M. de Courval s'est souvent représentée 



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— 238 — 

à notre esprit en voyant le traitement cruel et barbare qu'on fait 
souvent subir aux arbres de nos parcs et de nos promenades. Au 
lieu de supprimer dès leur apparition le bourgeon mal placé ou 
la branche nuisible, au lieu d'empêcher celle-ci de prendre un 
accroissement inutile et même préjudiciable à la forme et à la 
régularité du sujet, on laisse pousser l'arbre comme il lui 
plaît, on ne se soucie ni de sa forme, ni de ses besoins. 
Quand il s'est aperçu qu'une branche est mal placée, 
le propriétaire se contente d'appeler un de ces prétendus 
élagueurs, vrais bourreaux, dont le seul mérite est d'oser 
grimper au haut des arbres les plus élevés. Autant vaudrait 
confier un rasoir à un singe ou à un enfant que d'appe- 
ler, pour élaguer les arbres, de simples bûcherons. Ils cou- 
pent les grosses branches, font aux arbres des amputa- 
tions souvent inutiles et dangereuses ; venus pour tailler, ces 
élagueurs croiraient avoir perdu leur journée s'ils ne faisaient 
subir à l'arbre qui est leur patient et leur victime, les mutilations 
les moins nécessaires et les moins justifiables. Que de fois d^un 
bel arbre ne font-ils pas un horrible squelette, le nettoyant de 
toutes ses maîtresses branches et ne lui laissant le plus souvent en 
guise de tête qu'un maigre bouquet de rameaux ! L'arbre saigne 
de tous côtés : ses plaies larges ouvertes lui font des blessures 
nombreuses ; mais, l'élagueur a contemplé son ouvrage d'un œil 
heureux : comme l'empereur romain, il pouvait se vanter de ne 
pas avoir perdu sa journée ; il avait abattu tout ce qu'il pouvait 
abattre, et quelques instants avaient suffi pour mutiler un bel 
arbre que la nature avait mis deux cents ans à développer. 

En dirigeant d'une manière raccourcie le développement pro- 
gressif des arbres forestiers, on parvient sans efforts et sans 
peine à obtenir des sujets parfaits, comme équilibre et comme 
force. Aujourd'hui que la taille des arbres fruitiers est devenue 
si familière à tous ceux qui s'occupent de jardinage, nous enga- 
geons les amateurs à s'en rappeler les principes quand ils plan- 
tent un jeune arbre. Ils y trouveront avantage et profit. 

0. Klipp. 



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— 239 ^- 



Adolphe-Timothée Wiringer. 

Aucune branche de Tactivité humaine n'ouvre mieux la 
voie à toutes les facultés de Tesprit industriel de Thomme que 
l'horticulture. C'est ainsi que nous voyons dans cette partie 
s'élever les hommes les plus modestes et acquérir une position 
honorée, profitable pour eux-mêmes et essentiellement utile 
aux autres. 

Celui dont nous regrettons la perte, est un de ces hommes 
qui, ayant débuté comme simple travailleur, était parvenu à 
rendre de sérieux services à ses semblables, à conquérir Testime 
génémle et à laisser après lui d*unanimes regrets. 

Le Cercle cTArboricuUure de Belgique, en publiant la biogra- 
phie et le portrait de ce brave et intelligent travailleur, ne fait 
que remplir son devoir. 

Il est juste en effet d'honorer la mémoire de celui qui, 
membre depuis la création de ce Cercle, a occupé pendant 
de longues années une place au Conseil d^administration de 
cette Société. Wiringer a toujours conservé de rattachement 
au Cerde (PArloriculture, aussi bien dans les premières années 
de création, alors que ses organisateurs avaient à lutter contre 
mille difficultés, suscitées par l'ambition, la haine et la jalousie 
de quelques-uns, que lorsque cette Société a pris l'extension et 
l'importance qu'elle a acquises aujourd'hui. 

Comme il ressortira de cette notice, Wiringer n'était pas un 
de ces favorisés du destin qui voient sourire la réussite à tout 
ce qu'ils entreprennent, et qui s'élèvent si rapidement à une 
haute position sociale qu'ils doivent s'en étonner eux-mêmes. 

Non, Wiringer appartient à cette catégorie de lutteurs 
courageux et infatigables, qui font tout eux seuls, qui se 
doivent tout, à ces vrais fils de leurs œuvres, à ces hommes que 
le malheur a bon mettre en joue et qu'il parvient toujours à 
atteindre de tous côtés et de toutes les façons ; Wiringer était 



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Adolphe Timothée Wiringer. 



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— 241 — 

un de ces hommes tenaces et persévérants que la fatalité peut 
poursuivre et éprouver durement, mais qui triomphent de tout, 
savent prendre leur parti de Tinjustice des hommes, se sentir 
atteints jusque dans leurs affections les plus intimes et rem- 
plir quand même leur devoir jusqu'au bout et mourir à la tâche. 

Adolphe Timothbb Wiringer est d'origine française par le 
lieu de sa naissance, St-Remj-Chaussée (Nord), où il vit le jour 
le 5 mai 1810. Encore enfant il est venu sur le sol belge avec 
son père, nommé jardinier-chef au château dlngelmunster 
(Fl.-Occ), alors célèbre par ses belles cultures ; c'était en 1817. 

A rage de 16 ans, Wiringer perdit son père et dès lors il se 
trouvait déjà assez capable pour subvenir aux besoins de sa mère^ 
pour se conduire en vrai chef de famille, et succéder à son père 
comme jardinier au château dlngelmunster. 

A l'âge de 22 ans, le futur professeur d'arboriculture comprit 
que cette partie du jardinage était susceptible de grandes 
améliorations et il se rendit à Montreuil, alors le seul endroit 
réputé pour son arboriculture fruitière. Wiringer s'est si bien 
distingué par son activité et son intelligence, qu'en quittant 
l'établissement de M. Alexis Lepèrb, dont il était devenu l'ami 
intime, celui-ci lui remit les certificats les plus flatteurs. 
Inutile de dire que Wiringer, en rentrant en Belgique, y trouva 
immédiatement de quoi utiliser ses vastes connaissances. Son 
premier travail remarquable fut l'aménagement et la plantation 
du parc de M. Bisschofpsheim à Boitsfort-lez- Bruxelles. 

Plus tard, voulant devenir son propre maître, il s'établit 
horticulteur à Molenbeek-St-Jean. Au moment où Wiringer 
croyait que les plus grandes difficultés de la vie étaient passées 
pour lui, alors qu'il voyait prospérer et grandir des affaires 
modestement commencées au moyen de ses économies durement 
gagnées» qu'il était marié et déjà à la tête d'une charmante 
jeune famille, l'infortune vint le frapper à coups redoublés. 

Le débordement de la Senne de 1848 engloutit ses serres 
et ses plantes ; le brave et courageux horticulteur était ruiné. 
Mais là ne devaient pas se borner ses malheurs. A côté des 

\7 



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— 242 - 

pertes matérielles si considérables, les suites de cette épouvan- 
table catastrophe frappèrent encore Thomme en plein cœur. 
Son épouse, type d'honnêteté et de dévouement à son mari et à 
sa famille, avait contracté le germe de la mort en sWorçant 
d'arracher aux ûots envahissants tout ce qu'elle pouvait leur 
disputer. Cette lutte désespérée pendant laquelle elle séjourna 
plusieurs heures dans Teau, devait la conduire bientôt à la 
tombe. Deux des enfants de Wiringbr et sa vieille mère ne 
survécurent que peu de temps et nous voyons notre ami, ruiné, 
dépouillé de tout, rester veuf avec quatre enfants en bas âge. 

Bien d'autres, à sa place, eussent succombé à de si pénibles 
épreuvea. Mais sa nature robuste, sa force morale et la tendre 
affection qu'il portait jusqu'à l'excès à ses enfants, firent entre- 
voir à WiRiNGER autre chose que la mort ou le désespoir. 
S'armant d'un nouveau courage, il recommença comme il avait 
débuté, c'est à dire qu'il reprit bravement l'outil et embrassa 
l'infime condition de simple ouvrier. 

Mais à une époque où les hommes capables en horticulture 
étaient encore rares, tant de qualités ne pouvaient pas rester 
longtemps inaperçues et après trois années d'une existence 
diflScile, Wiringbr fut engagé par M. le baron Goethals à 
Rhode S*« Genèse pour la création et l'aménagement de son 
parc. Sans être paysagiste, Wiringbr réussit à tirer assez bon 
parti de cette propriété accidentée et pittoresque et y installa 
d'excellentes cultures potagères et fruitières. Après l'achève- 
ment des jardins, Wiringbr prit la direction des cultures de 
M. le baron Goethals où pendant 20 ans il a occupé un poste 
de confiance et su acquérir et conserver l'estime de ses maîtres. 
Il entra ensuite au château de Wynendaele où il créa les 
immenses cultures fruitières que les amateurs vont admirer 
aujourd'hui. 

Wiringbr étant arrivé à un âge auquel on n'aime plus à se 
soumettre aux exigences de ceux qui ne savent pas commander 
avec tact aux gens dont les années et les mérites donnent droit 
à quelques égards, résolut de revenir à ses occupations de 



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- 243 - 

jeunesse et de s'établir horticultear. Il fit encore un court séjour 
dans les jardins de M. Philippart jusqu'au moment où son 
maître Ta abandonné à lui-même. C'est alors que notre ami s'est 
établi horticulteur à Uccle. Aidé par un de ses ôls, tout semblait 
annoncer pour Wiringer une vieillesse sinon brillante au 
moins paisible et indépendante, lorsque la fatalité qui n'avait 
pas encore perdu de vue sa victime d'autrefois, vint frapper 
encore, mais cette fois-ci son dernier coup. Malgré ses ÔTannées^ 
Wiringer, grâce à sa vie active et sobre et à sa nature de 
fer, devait dans l'ordre naturel des choses, encore vivre 
longtemps, lorsque écrasé moralement par l'impression qu'il 
éprouva en rendant une dernière visite à son fils mourant, il fit 
en quittant la chambre où son enfant râlait^ une terrible 
chute.... le colosse ne devait plus se relever ! 

Wiringer était depuis 1841 porteur de la décoration agricole 
de 2°»® classe et en 1858 il obtint celle de 1" classe. Le Gk)uverne- 
ment a eu en plus d'une circonstance recours à ses profondes 
connaissances pratiques. En 1852, il fit partie d'une commission 
envoyée dans les environs de Paris en vue d'y étudier l'état 
de Tarboriculture. En 18ô5,lorsque le Gouvernement réunit au 
ministère de l'intérieur les arboriculteurs les plus en renom 
pour élaborer le programme des conférences et des cours publics 
d'arboriculture, également nous avons eu le plaisir de siéger 
avec Wiringer. Il fit partie de la Commission envoyée à Paris 
en 1867 par le Gouvernement belge, ce qui nous mit de nouveau 
en relation avec lui. 

On peut attribuer à Wiringer le succès de la florissante 
Société d'Horticulture a Dodonée » à Uccle, dont il fut le prési- 
dent depuis la création en 1860 jusqu'à sa mort. En nous ren- 
dant au sein de cette Société pour y donner des conférences^ nous 
avons été souvent dans l'occasion d'apprécier tout le dévouement 
que son président portait à cette association qu'il considérait 
comme son œuvre. Il fut aussi président du 4""* comice agricole 
duBrabant. 
Depuis sept années, il donnait des conférences à Bruges et 7 



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— 244 — 

obtint an brillant succès ! On peut dire sans exagération^ qall 
a transformé l'état de Tarboricuiture dans les environs de 
cette ville. Les rapports élogieux qui ont paru dans le Lani- 
man, organe de la Société agricole de la Flandre occcidentale et 
qui sont dus à la plume de M. A. Coppibters 't Wallant, 
témoignent combien l'enseignement de Wiringbr était simple, 
pratique et plein de méthode. 

Wiringbr a eu une carrière pleine de vicissitudes, mais 
aussi une existence utile ; il a été non pas un savant, mais un 
brave, courageux et honnête travailleur, possédant au plus haut 
degré l'esprit du devoir et ayant acquis dans sa longue vie active 
une foule de connaissances pratiques. Il joignait à tout cela les 
qualités de posséder le feu sacré de son état et un esprit d'ob- 
servation très précis. 

Et de tels hommes ont bien leur place marquée dans le monde, 
car le savant qui recherche et éclaire, n'eflface pas le travailleur 
qui applique ; à chacun son sillon ! 

Wiringbr, l'ami affable, le zélé confrère que regrettent vive- 
ment tous ceux qui l'on connu de près et qui savent distinguer 
le mérite réel des qualités factices, Wiringbr a dignement 
rempli sa tâche. Fr, Burvenich. 



Mieux vaut tard que jamais. — La Belgique vient de 
renoncer à cette loi ridicule empêchant l'entrée des pommes de 
terre d'origine américaine de peur de voir le pays devenir la proie 
d'un insecte : le Doryphora decemlineata. A plusieurs reprises, 
le Bulletin d'Arboriculture s'est occupé de cet insecte et a 
montré l'inanité des mesures préconisées pour se mettre à l'abri 
des invasions de ce petit animal que les entomologistes améri- 
cains avaient inventé. 

Tout est bien qui finit bien ! 

AU's well that ends well ! 

M. le Ministre de l'intérieur a annoncé aux Chambres 
belges qu'il ne reproduisait plus cette année la loi votée 
antérieurement. 



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— 245 — 



Support-fraises à point d'arrêt. 

Le Bulletin a déjà donné la gravure et la description d'un 
porte-fraises. Celui dont nous reproduisons aujourd'hui les figures 
s'en distingue par un point darrêt 
dans le montant, qui lui donne plus 
de fixité dans le sol et permet de le 
placer avec plus de régularité. Voici 
la petite notice que publie à ce sujet 
M. G. Pelletier, 20, rue de la Banque, 
à Paris, qui s'occupe de la vente en 
gros de cet article (1) : 

On place ce petit appareil au moment 
de la fioraison des fraisiers ; on l'enfonce 
en terre jusqu'aux petits cercles des 
montants, et au besoin un peu plus. 

Il préserve les fruits du contact de la terre et des attaques 




Fig. 47. - Snpport-fraiseï 
Pelletier. 



Fig. 48. — Sopport en place. 

des insectes, limaces, loches et vers à mille pattes surtout. 

(I) On peut également se le procurer dans les magasins de M. Dutrt- 
CoLSON, rue des Champs, à Gand. 



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— 246 — 

La récolte des fruits et renlèvement des filets se fait beaucoup 
plus rapidement, et d'ailleurs la pose du support est bien 
moins longue que celle des tuteurs employés ordinairement. 

L'emploi du support favorise et active la maturité. On peut 
donc ne placer les hampes dans le support qu'au fur et à mesure 
que les fraises approchent de leur grosseur, c'est à dire au 
moment où les insectes les menacent. 

On l'emploie aussi pour les fleurs que l'on a intérêt à mainte- 
nir sans en faire des masses compactes, ce qui arrive par 
l'emploi des tuteurs. 

Incessamment seront offerts au public des objets de même 
forme, mais beaucoup plus grands et plus forts, pour framboi- 
siers, chrysanthèmes, gerbes d'or, phlox et plantes poussant en 



Quand le moment de s'en servir est passé, le support-fraises 
se replie sur lui-même et n'est pas, par conséquent, un objet 
embarrassant. 

On construit de ces support-fraises de 3 dimensions différen- 
tes : de 12 cent, de diamètre, de 16 et de 20. 

Ces derniers ont 4 montants. La force des fils et leur longueur 
est proportionnée à la dimension. A mon avis, les supports en fil 
assez fort, tels que ceux de la plus grande dimension, sont les 
seuls dont il y a vraiment avantage à se servir. ÉA, JP. 



Une journée dans le WesUand. 

A mon tour j'ai tenu le crayon pendant la journée du 3 juin, 
pour faire la relation de ce qu'il nous a été donné de voir, d'ob- 
server dans ce fameux pays du Westlandy qui est vraiment digne 
de la réputation dont il jouit dans le monde horticole. Les pages 
qui suivent ne sont pour ainsi dire que la transcription des 
annotations prises au pas de course à travers ces vastes cultures 
et qu'il m'a fallu coucher sur mon carnet sous l'abri trop inefli- 
cace d'un parapluie qui ne s'était pas détrempé depuis la veille. 



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— 247 -- 

Si ces notes, quoique incomplètes par suite des conditions où 
il a fallu les recueillir, présentent quelqu'intérêt, nous en devons 
tout l'honneur et tout le mérite à celui qui voulut être notre 
guide dans cette journée si bien remplie comme on va voir, et 
grâce auquel l'accueil le plus empressé nous fut réservé partout. 
Personne, en effet, n'aurait pu être pour nous un cicérone plus 
aimable et en même temps plus compétent que M. Waldeck, 
l'honorable secrétaire-général de la Société d'Agriculture de la 
Hollande, dont le dévouement à l'industrie agricole est si géné- 
ralement apprécié. Le Comité du Cercle d'Arboriculture de Bel- 
gique en décernant à cet homme émérite le titre de membre 
d'honneur, n'a fait que payer une partie de la dette de reconnais- 
sance que les excursionnistes ont contractée envers lui. 

Et maintenant en route. 

Le Westland est un pays qui s'étend au sud-ouest de La Haye 
jusqu'aux dunes de la mer. C'est ici que l'on trouve sur une 
étendue de plusieurs lieues la culture maraîchère exploitée sur 
une large échelle et avec une rare perfection. Comme aspect, 
le pays ne diffère presque pas de celui que nous avons visité la 
veille. Le terrain est uniformément plat, entrecoupé partout de 
nombreux fossés où, comme à Boskoop, l'eau est maintenue, ou 
ramenée constamment au moyen de pompes d'épuisement, à un 
niveau moyen qui ne diffère de celui de la surface du sol que de 
40 à 50 centimètres. 

La route que nous parcourons en voiture est bordée également 
adroite et à gauche de larges fossés, sortes de petits canaux sil- 
lonnés de nombreuses barques au moyen desquelles se fait l'appro- 
visionnement du marché de La Haye. Mais ces fossés ne sont plus 
coupés de ponts tournants comme sur la route de Gouda à Bos- 
koop. Et lorsque nous arrivons à Loosduinen chez M. C. Van 
Heyningen dont, suivant notre programme, nous devons visiter 
en premier lieu l'exploitation potagère, c'est au moyen d'une 
barquette que l'accès nous est accordé dans son établissement. 

Disons tout d'abord que la végétation nous paraît bien plus 
avancée qu'aux environs de Gand. Et nous sommes à peine aune 
demi lieue de la mer l 



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- 248 — 

C'est ici que l'influence des brise vents, des abris en jonc sec, se 
fait bien voir. Tout le terrain est découpé en rectangles, ayant 
tout au plus de 40 à 50 mètres de côté, et entouré de cloisons 
fixes en jonc d'une hauteur de 2 mètres environ. Souvent une 
cloison-abri d'un mètre de haut seulement coupe encore la 
parcelle dans son milieu. L'orientation se fait autant que possible 
suivant les points cardinaux. 

Les jardins maraîchers de M. C. Van Heyningen, à Loos- 
duinen, représentent assez bien, croyons-nous, l'exploitation 
générale ou plutôt la moyenne d'une culture bien entendue, 
basée sur une longue expérience. Rien ici n'est abandonné au 
hasard ni aux chances défavorables d'une tentative. On voit que 
les expériences sont bannies des jardins. On y travaille à coup 
sûr parce que l'on n'y fait que ce qui s'est fait il y a cinquante 
et peut-être cent cinquante ans. 

Les récoltes sur pied offrent un bel aspect ; le printemps plu- 
vieux leur est très favorable quoique ici l'eau se trouve en tout 
temps à proximité des racines. La plupart d'entre nous s'éton- 
nent à bon droit de les voir si avancées en comparaison des 
nôtres; nous insistons sur ce point, parce qu'il est la preuve 
indiscutable de l'effet utile des abris-brise vents. D'autre 
part, il faut tenir compte que quelques jours seulement de 
hâtivité dans les produits doublent souvent leur valeur. Ceux-ci 
ne sont guère variés et ne s'éloignent point de ce que nous ren- 
controns dans la plupart de nos jardins en Belgique. Les oignons 
sont fort beaux, mais nous avons été émerveillés surtout de la 
beauté des chouxfleurs et des laitues pommées. 

Les cultures sous châssis donnent lieu à une observation 
analogue à celle émise ci-dessus. Il n'est guère question ici de 
hautes primeurs, on se contente de ce qu'on appelle en termes de 
culture forcée, de la deuxième et surtout de la troisième saison. 

Il y a pour cela, il est vrai, des raisons péremptoires. Pour 
faire un civet, dit-on, il faut un lièvre. De même pour établir 
des couches il faut du fumier de cheval, et le seul fumier que 
l'on possède ici est le fumier de vache, que Ton recueille, 



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— 249 — 

paraît-il, dans des auges spéciales, de telle sorte qu'il n'est pas 
mêlé de litière. Comme engrais, il n'en est pas moins bon et le 
seul à peu près qui convienne à la nature de ces sables légers et 
perméables. 

Si les couches proprement dites ne sont pas nombreuses, il y 
a néanmoins assez bien de coflfres munis de châssis, le tout com- 
plètement et convenablement utilisé. Une bonne partie de ce 
matériel date d'il y a un demi siècle et les amateurs d'archéo- 
logie horticole remarquent avec une douce satisfaction que les 
vitres sont fixées dans des carreaux en plomb. Cette constatation 
leur permet de demander avec une joie maligne aux progressistes 
(ces gaillards se fourrent partout), si l'emploi du mastic ne leur 
eût pas semblé préférable. En notre qualité de rapporteur nous 
devons à la vérité de déclarer que les melons, concombres et 
autres cornichons avaient, malgré l'absence du soleil, une mine 
magnifique. 

n y a quelque quinze ou vingt ans, nous eussions regardé 
avec le plus vif intérêt la serre à pêchers et la serre à vignes 
qui complètent l'établissemeat de M. Van Heyningen ; mais 
sous ce rapport, les jardins en Belgique offrent déjà des 
exemples si nombreux d'installations perfectionnées pour la 
culture sous verre, que nous ne nous y arrêterons pas plus 
longtemps. 

Tout au plus celles-ci présentent-elles un certain intérêt 
rétrospectif. En effet, leur modèle date encore de l'époque où 
fut publié en Hollande l'excellent livre fort peu connu des 
historiens horticoles et dont nous possédons dans notre biblio- 
thèque l'édition originale et une traduction française (1). 

L'impression que nous a laissée notre visite aux cultures de 
M. Van Heyningen n'est peut-être pas aussi favorable qu'elles 



(1) Bijzondere aanmerkingen over het aanleggen van prachtige en ge- 
meene Landhuizen, lu8thoven,plantagien en aanklevende ciepaeden,enz., 
te Leiden, 1737. Avec de belles gravures indiquant la construction des 
serres à forcer, etc. 



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— 250 — 

le méritent en réalité. En toutes choses on se laisse influencer 
plus ou moins par Tapparence extérieure des objets et par les 
conditions qui agissent sur nous à ce moment. La pluie qui 
persiste toujours ne nous fait rien voir en rose. 
(il continuer). Éd. Pynaert. 



L'Exposition belge de 1880. 

A Toccasion du 50* anniversaire de Tindépendance de la 
Belgique, une exposition de tous les produits nationaux exclusU 
vemerU s'organise sous le patronage du Gouvernement. 

Il va de soi que Thorticulture, cette branche importante de la 
production de notre sol et qui est une des gloires et des riches- 
ses du pays, y occupera une large place. 

La troisième section, 4« groupe, est consacrée entièrement 
aux divers concours institués pour tout ce qui a trait à l'hopti- 
culture. Le Gouvernement a nommé un comité spécial pour 
cette partie de Texposition, lequel est divisé en plusieurs 
groupes et composé comme suit : 

SECTION DE L'HORTICULTURE. 

Président : M. du Cannart d'Hamalb, président de la Fédération 
des Sociétés d'Horticulture de Belgique, à Malines. 

Vice-président : M. Linden, vice-président de la Société royale de Flore, 
à Bruxelles. 

Secrétaire : M. Bernard C.^ secrétaire de la Société royale Lin- 
néenne, à Bruxelles. 

COMITÉS DE GROUPES. 
F. Classes 83 à 103. — Exposition permanente. 

Président : M. Doucet, administrateur de la Société royale de Flore, 

à Bruxelles. 
JHemàres : M. Demoulin, président delà Société royale d'Horticulture, 

à Mons. 
•M. Janssens, administrateur de la Société royale Linnéenne 

de Bruxelles. 



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— 251 — 

M. LuBBBRS, secrétaire de la Société royale de Flore, à 

Bruxelles. 
M. MoRRBN, secrétaire de la Fédération des Sociétés d'Hor- 
ticulture de Belgique, à Liège. 
Secrétaire : M. Bernard. 

G. Plantes et Fleurs. 

Préiident : M. Doucet, administrateur de la Société royale de Flore, à 

Bruxelles. 
Membres : M. de Ghellinck de Walle, propriétaire, à Gand. 

M* Janssens, administrateur delà Société royale Linnéenne, 

à Bruxelles. 
M. Eegelj AN, secrétaire de la Société royale d'Horticulture 

de Namur. 
M. Lamarchb Oscar, président de la Société royale 

d'Horticulture de Liège. 
M* LuBBERS, secrétaire de la Société royale de Flore, à 

Bruxelles. 
M. Thooris, secrétaire de la Société provinciale d'Agricul- 
ture et de Botanique de Bf'uges. 
M. Van Geert fils, horticulteur, à Gand. 
M. WAROCQué, membre de la Chambre des représentants, 

à Bruxelles. 
M. Verschapfblt A., vice-président de la Société royale 

d'Agriculture et de Botanique de Gand. 
Secrétaire : M. Bernard. 

H. Fruits et Légumes. 
Président : M. Gillbkens, directeur de PÉcole d'Horticulture de l'État 

à Vilvorde. 
Membres : M. Burvbnich, professeur à l'École d'Horticulture de l'État 
à Gand, administrateur du Cercle d'Arboriculture de 
Belgique. 
M. Doucet, administrateur de la Société royale de Flore, 

à Bruxelles. 
M. Gilbert, président de la Société de Pomologie d'Anvers. 
M. LuBBERS, administrateur de la Société centrale d'Arbo- 
riculture de Belgique. 
M. Galopin G., vice-président du Cercle d'Arboriculture 
de Liège. 
Secrétaire : M. Bernard. 



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— 252 — 

Ces sections se sont mises à Tœavre pour arrêter défini- 
tivement le programme de l'exposition d'horticulture qui pourra 
être envoyé à toutes les personnes intéressées ainsi qu'à celles 
qui en feront la demande au secrétariat général de la commis- 
sion, rue du Trône 25, à Bruxelles. Toutes les pièces relatives 
à l'exposition seront publiées en français et en flamand. 

Pour donner une idée de ce que sera cette colossale entreprise, 
il suffira de mentionner que pour Thorticulture seule il y a 
396 concours. A ces difiorents concours sont affectées, outre des 
diplômes d'honneur, 6 médailles d'or de 500 fr., 3 médailles 
d'or de 300 fr., 24 médailles d'or de 200 et 78 médailles 
d'or de 100 fr. environ; 219 médailles de vermeil et 
178 médailles en argent. 

L'arboriculture, la pomologie et la culture maraîchère n'ont 
pas été oubliées puisqu'il j a 90 concours pour les deux 
premières branches et 42 pour la dernière. 

La Commission fait surtout appel aux fruits de semis gagnés 
en Belgique et pour cause, car si on veut se donner la peine de 
réunir toutes les variétés de fruits nouveaux obtenues avant et 
après 1830 par Van Mons, Esperen, Bouvier, Bivort, 
Grégoire, Daras et par d'autres semeurs belges, il y a de 
quoi former un contingent des plus remarquables. 

En présence du nombre et de la valeur des récompenses qui 
certes sont un stimulant pour Texposant et les ressources 
immenses qu'offrira cette grande solennité jubilaire pour ceux 
qui se placent au point de vue de leur commerce horticole, 
l'exposition nationale de 1880, on peut l'affirmer d'avance, ne 
peut manquer de réussir ; d'ailleurs les hommes qu'on trouve à 
la tête de cette organisation, sont un sûr garant que rien ne 
sera négligé pour la réussite. 

Ajoutons que tout Belge en particulier verra au-delà des 
avantages matériels que l'exposition peut lui procurer. Le senti- 
ment unanime de patriotisme nous engagera tous à coopérer 
dans la mesure de nos moyens pour rehausser l'éclat d'une fête 
qui vient nous rappeler que depuis un demi siècle notre chère 



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— 253 — 

patrie jouit de la paix la plus large et de la prospérité la plus 
féconde auxquelles un peuple libre puisse aspirer. L'année 1880 
est la consécration de cinquante années d'aflfranchissement et 
d'indépendance pour lesquelles nos ancêtres ont versé tant 
de sang. 

F. Burvenich. 



Exposition horticole à Maastricht. 

La Société pour l'amélioration de l'horticulture et de l'agri- 
culture dans le Limbourg Néerlandais continue ses généreux 
efforts et réalise, grâce à l'activité déployée par une administra- 
tion instruite et zélée, des progrès de plus en plus sensibles. Nous 
qui avons assisté naguère à la première fête de l'horticulture 
organisée à l'Hôtel de ville par une commission dont le regretté 
M. LuDEWiG était l'âme, nous avons pu suivre pas à pas le dé- 
veloppement de la Société dont nous saluâmes alors la naissance, 
et tous les amis de l'horticulture doivent aujourd'hui applaudir 
avec nous à l'extension que cette association a su donner à ses 
travaux. L'exposition ouverte cette année le 10 août, et soumise 
à l'appréciation exclusive de juges appelés des principaux 
centres de la Belgique, d'Anvers, de Bruxelles, de Gand, de 
Liège, de Malines, de Mons et de Namur, reflétait dans son 
ensemble les progrès accomplis. 

Les apports venus de l'étranger n'étaient pas sans importance. 
Cependant les exposants de Maastricht seuls auraient suffi à 
composer un ensemble suffisamment riche, et c'est là un résultat 
immense que nous aimons à constater. Les récompenses elles- 
mêmes, bien modestes lors de la première exposition, sont deve- 
nues aujourd'hui, à la 14™" exposition de la Société, des 
médailles d'or. Celles-ci ont été remportées et parfaitement 
méritées par M. A. Tissbn, amateur, dont les cultures pourraient 
entrer en lutte avec celles de beaucoup d'amateurs de notre 
pays, et par M. W. Mullbr, dont l'établissement horticole s'est 
développé à Maastricht dans des proportions considérables. 



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— 254 — 

M. TissEN avait dévalisé ses serres et montrait un beau lot de 
plantes variées, bien fleuries et bien cultivées, une belle collec- 
tion de Bégonia tubéreux, une autre de Gloxinia, de beaux lois 
de Cactées, de ravissantes collections d'Echeveria et d'Agave, 
des collections de Pelargonium zonale à fleurs simples, à fleurs 
doubles, à feuillage multicolore. 

Parmi les apports de M. Muller, nous signalons ses plantes 
ornementales en grands exemplaires, ses Palmiers, ses Fougères, 
ses Dieflfenbachia, ses Adiantum. 

La maison Jacob-Makoy, de Liège, brillait par ses Palmiers 
de choix et ses plantes nouvelles. Parmi ces dernières nous 
remarquons les suivantes : Anthuritmi Warocqueanum, Anemir 
dktyon iessellata, Diefferibachia DeUoni,Pandan%s Pancheri^Ly' 
paris eUgantissima, Groton Vanffoutteiei Maranta Kercho'oeau. 
Pour les premiers nous citons Calamus lepiospadix, Geonoma 
Seemanni et G. gradlis purpurea, Kentia Lindeni, K. Luciani, 
K. Mooreana et K. Wendlandi, Ravenia HUdébrandi et le joli 
Pritchardia filifera. L'établissement Jacob-Makoy exposait 
encore un bel exemplaire de Nidularium Morrenianum et un 
nouvel Amaryllis. 

Le Bégonia Louise Chrétien valut à M. Louis De Smet, de 
Gand, un premier prix en partage avec le Maranta Xerchoveana 
de MM. Jacob-Makoy. Ce fut encore un Bégonia tubéreux de 
M. Louis De Sbiet qui remporta le premier prix dans le con- 
cours des plantes fleuries obtenues de semis. 

Il nous est impossible de tout mentionner. Nous serions injuste 
cependant si nous omettions de citer un autre horticulteur de 
Maastricht, M. A. Frissen, pour ses remarquables apports de 
Palmiers, Cycadées, Bonapartea, Yucca, Conifères, et pour ses 
bouquets. 

Une mention est due aussi à la belle collection de fleurs cou- 
pées, de plantes de pleine terre, appartenant à M. A. Maurissen, 
amateur à Maastricht ; aux fruits exposés par M. J. Hennus, de 
Tongres, aux légumes de M. W. Miohiels, de Maastricht, aux 
Roses coupées de M. le général de Terwagne, de Liège, aux 



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— 255 - 

Bégonia de M. Cerexhe-Crulle, horticulteur à Liège, aux 
Broméliacées de M. J. W. Van Sintpyt, de Houthem, aux 
Poires et Pommes admirablement conservées et exposées par 
M. le baron de Heusch, de Maastricht, et au superbe herbier 
de M. A. Gillemans, de Maastricht. 

Cette rapide énumération suffirait pour faire comprendre com- 
bien l'exposition a été intéressante. M. G. Ruys de Beeren- 
BROECK a pris à cœur de continuer dignement l'œuvre si bien 
conduite par le regretté président Ludewig et, nous le disons en 
toute sincérité, le fils de celui-ci, M. Ernest Ludewig, secré- 
taire de la société, honore noblement la mémoire de son père. 

Ém. Rodiças. 



Concours national de jardins fruitiers et de 

vergers. 

Un certain nombre de membres du Cercle se sont adressés au 
Secrétariat â Teffèt de demander quelques explications concer- 
nant le concours de jardins fruitiers, décidé en principe à la 
dernière assemblée générale. 

On sait que l'exécution du projet dépendait entièrement de 
Tappui de TÉtait que le Comité devait tâcher d'obtenir. Celui- 
ci a reçu de M. le Ministre de l'Intérieur, à la date du 
12 août 1879, une lettre dans laquelle M. G. Rolin-Jaequemyns 
se déclare « très sympathique au projet.» Il croit dans l'intérêt 
de la réussite de notre projet qu'il convient d'en reculer l'exécu- 
tion à l'année 1881. 

Le Comité réimi d'urgence s'est rallié au conseil de M. le 
Ministre de l'Intérieur et fera connaître ultérieurement l'époque 
des concours et les autres conditions du programme. 

Pour le Comité : 

Le Secrétaire général, 

Ém. Bodigas. 



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— 256 - 
Inauguration 

DU 

MONUMENT ÉLiEVÉ A LA MÉMOIRE 

DB 

LOUIS VAN HOUTTE. 
L'inaugaration da monument élevé à la mémoire de Louis Van 
HouTTE a eu lieu le Dimanche 17 août 1879, au milieu d'un 
immense concours d'admirateurs et d'anciens confrères da 
grand jardinier gantois. L'assistance se composait au moins de 
quatre mille personnes. . 

Le cortège s'est formé vers trois heures, à la station du 
Chemin de fer de l'Etat, où le Comité exécutif, représenté par 
MM. BuRVENicH, RoDiGAS, Van Geert fils et Van Hullb, 
avait reçu les étrangers et les délégués des Sociétés agricoles 
et horticoles du pays. Voici la liste des Sociétés présentes au 
cortège, ainsi que les noms des délégués. 
Anvers. Cercle des Rosiéristes. M. Lbnaerts, Président. 

» Cercle floral. Le Comité. 
Borgerhout. Maatschappij Van Mons. M. J* L. Van Leck- 

WYCK, Président. 
Bruxelles. Fédération des Sociétés d'Horticulture de Belgi- 
que. MM. MoRREN, Secrétaire, et Vanden 
WouwER, membre du Comité. 
Société centrale d'Arboriculture. MM. Gaudt, 
Président, et H. Louis, Secrétaire. 
I royale de Botanique de Belgique. Le 

Comité. 
» t de Flore. M. L. Lubbers, Secré- 

taire. 
» » Linnéenne. M. Janssens, Admi- 

nistrateur. 
Jardin botanique de l'État. M. F. Vindevogel, chef 
de culture. 
Dublin (Irlande). Jardin botanique. MM. F. W. Moorb, cura* 
tor; David Moorb, Glasnevin. 



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L:i dt J- lobti à (^iiid 



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- 257 — 

Forest. Union agricole et horticole. MM. Robie, Président, 

et Cornez, Secrétaire, 
aand. Avenir horticole. MM. De Smet, Président, Burve- 
NiCH, Secrétaire, et un grand nombre de membres 
de la Société. 
» Bond der Hofbou wwerkers . MM. Collumbibn, Pré- 
sident, et AuG. Wante, Secrétaire. 
» Cercle d'Arboriculture de Belgique. Les membres du 

Comité. 
» École d'Horticulture de l'État. Le corps professoral 

au complet. 
» Jardin botanique de l'Université. Le personnel. 
» Nederlandsche Tuinbouwvereeniging. M. J. Wittb 

Président. 
* Société des décorés. La Société au complet. 
» Société royale d'Agriculture et de Botanique. Plusieurs 

membres du Conseil d'administration. 
» S'« Dorothée. MM. Bossaerts, Président, et Vander 
Meersch, Secrétaire. 
Ixelles. Société des conférences horticoles et agricoles. 
M. Willems, Président, et Goossens, Secrétaire. 
Laeken. Société d'Horticulture. MM. Kerrels, Président, 
Draps, De ZwAEVE, Administrateurs, et 
Story fils, Secrétaire. 
Liiége. Société royale d'Horticulture. M. Massange de 

LouvRBx, Administrateur. 
Lebbeke. Maatschappij van Hofbouw en Boomteelt. M. J. B. 

LoTENS, Secrétaire. 
Uedeberg. Société d'Horticulture. MM. Verschappelt, Pré- 
sident, et Van Eeckhaute, Secrétaire, 
liille (France).» horticole du Nord. M. G. Van dbn Heedb, 

Administrateur. 
S' Nicolas. » d'Agriculture, de Botanique et de Pomo- 
logie. MM. B.Van Mibghbm, Président, 
etLECONTE, Secrétaire. 

15 



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— 258 — 

Namur. Société rojale d'Horticulture. M. Emm. del Mar- 

MOL, Président. 

Tournay. » » » MM. Breunin, Secré- 

taire, et Delrue-Schrevbns, 
Administrateur. 

En tête du cortège marchait la Société de fanfares de Gend- 
brugge ; derrière elle venaient les ouvriers et les employés de 
rétablissement Van Houtte, puis les délégations des Sociétés 
d'Horticulture auxquelles s'étaient joints des membres de la 
Société d'Agriculture et de Botanique de Gand, du Cercle 
d'Arboriculture de Belgique et des anciens élèves de l'École de 
Gendbrugge. 

La Société des décorés gantois était au grand complet, ban- 
nière en tête. Nous renonçons à citer des noms parmi les horti- 
culteurs du pays et de l'étranger qui étaient venus à titre 
personnel rendre un dernier témoignage de sympathie à celui 
qui fut leur confrère. Des horticulteurs de Gand il ne manquait 
presque personne. 

A la fin du cortège, venait la Commission instituée pour 
ériger le monument à Van Houtte. De cette Commission 
faisaient partie. MM. le comte de Kerghove de Denterghem, 
président; H. Annoot, Beaucarne. Burvenich, Ed. Claus, 
Dallibre, de Ghellinck de Walle, Osw. de Kerghove db 
Denterghem, D'Huyvetter, J. J. Kigkx, Ch. Leirkns, 
L. LiNDEN, Éd. Pynaert, Ém. Rodigas, Aug. Van Geert fils, 
AuG. Van Geert père, H. J. Van Hulle, Amb. Versghafpelt, 
J. Versghafpelt. Le Comité exécutif avait tenu à remplir sa 
mission jusqu'à la fin, et ses membres faisaient les fonctions de 
commissaires du cortège. 

Presque toutes les Sociétés étaient précédées d'immenses 
couronnes de fleurs, la plupart fort belles, portant des inscrip- 
tions ; grâce à ces couronnes, le cortège avait un caractère tout 
particulier. 

Vers quatre heures, le cortège arriva à la place de l'Horti- 
culture. Le monument, érigé en face de la maison communale, 



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— 259 — 

était couvert de draperies. Sur une tribune élevée en face du 
monument avaient pris place les membres du Comité et du 
Conseil communal de Gendbrugge, la famille Van Houttb : 
Madame veuve Louis Van Houttb avec son fils Louis, ses filles 
Mesdemoiselles Marie et Léonie Van Houtte^ ainsi que leurs 
parents et leurs invités. 

Quand le monde oflSciel eut pris place, M. Éd. Pynabrt, 
secrétaire trésorier du Comité exécutif, lut le rapport suivant : 

Messieurs, 

€ Au lendemain des funérailles de Louis Van Houtte, une 
même pensée se fit jour dans quelques esprits, celle d'élever un 
monument à la mémoire de celui qui fut pour plusieurs d'entre 
nous un maître éminent, un ami sincère, et certes aux yeux de 
tous un des plus grands promoteurs du progrès horticole dans 
notre pays. 

€ Deux publications gantoises, la Revue de VHorticuUure 
helçe et étrangère et les Bulletins d'Arboriculture furent les 
premières à émettre Tidée de placer sur la tombe de Louis Van 
Houtte une pierre tumulaire comme un hommage de gratitude 
et de profond respect. 

c Mais cette idée, si modeste à Torigine, ne tarda pas à 
devoir être abandonnée. Un Comité se constitua sous le patro- 
nage de réminent amateur que sa position comme bourgmestre 
de la capitale de Flore et de président de la Société royale 
d'Agriculture et de Botanique ainsi que du Cercle d'Arboricul- 
ture de Belgique désignait aux suffrages de tous. 

« M. le Comte de Kerchove de Denterghem voulut bien 
accepter la présidence du Comité chargé de réunir les 
souscriptions et dans le sein duquel prirent place de vieux amis 
et d'anciens élèves de Van Houtte. Le Comité me confia les 
fonctions de secrétaire-trésorier de Toeuvre et c'est à ce titre, 
Messieurs, que je viens vous rendre compte du résultat de nos 
efforts. 



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— 260 — 

«Dès le premier jour de notre installation, les rédacteurs de 
tous les journaux horticoles du continent vinrent, avec une 
touchante unanimité, nous apporter leur concours gracieux et 
désintéressé. 

« Les amateurs d'horticulture, à la tête desquels nous nous 
plaisons à citer le plus auguste et le plus bienveillant des pro- 
tecteurs de Thorticulture belge, S. M. le Roi Léopold II, nous 
adressèrent leurs souscriptions. 

« Grâce à leur appui, des adhésions nous furent envoyées de 
toutes parts, et bientôt nous fûmes étonnés du résultat obtenu 
et forcés d'abandonner notre idée primitive. 

« Le modeste monument à ériger dans le cimetière de Gend- 
brugge ne répondait plus à la pensée des nombreux amis de 
Van Houtte. 

« L'importance des souscriptions recueillies nous imposait le 
devoir de consacrer à notre illustre concitoyen un monument 
plus digne de ses travaux et de sa réputation universelle. 

« Un concours fut ouvert. Nous y appelâmes la plupart des 
artistes belges et nous remimes à des juges autorisés et com- 
pétents le soin de choisir parmi les projets exposés, ceux qui 
leur paraîtraient les plus méritants. Nous serions ingrats, Mes- 
sieurs, si nous oubliions d'adresser à MM. Simonis, Jos. 
Geefs et Adolphe Pauli, membres de l'Académie des Beaux- 
Arts de Belgique, l'expression de nos sincères remercîments 
pour l'appui moral qu'ils sont venus nous apporter en cette cir- 
constance. 

« Après une première épreuve, ils choisirent trois esquisses 
et demandèrent à leurs auteurs des devis détaillés et une ma- 
quette plus complète. Ce fut alors qu'ils s'arrêtèrent au projet 
présenté par M. Paul De Vigne. 

« Ce ne fut que le 23 octobre 1877 que M. De Vionb put 
commencer l'exécution du groupe qu'il avait conçu et qui re- 
présente l'Horticulture couronnant le buste de Louis Van 
Houtte. 

< Le modèle en plâtre, de grandeur d'exécution, figura l'an 



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— 261 — 

dernier à l'exposition des Beaux-Arts de Bruxelles. Il j remporta 
un franc succès, et ce succès ne fit que s'accentuer lorsque le 
groupe en bronze, tel que nous le voyons sur ce piédestal, fut 
exposé au salon annuel de Paris, au mois de mai dernier. 

€ L'artiste a représenté Van Houttb non point tel qu'il était 
à la fin de sa carrière, alors que brisé par le travail et les soucis, 
accablé par l'âge, il ressentait les premières atteintes de la 
maladie qui devait l'emporter. 

« Il nous le montre à l'heure glorieuse de sa maturité et de 
l'épanouissement de sa haute intelligence, à l'époque où il jetait 
les bases de son Établissement dont la renommée est devenue 
universelle. Il le fait revivre à nos esprits tel qu'il était quand 
il fonda la Flore des serres et des jardins, tel qu'il était lorsqu'il 
entreprit d'élever le jardinage à la hauteur d'une science et que 
par un immense effort de volonté, il créa pour ainsi dire l'horti- 
culture en Belgique. 

€ La ville d'Ypres où Van Houtte était né, ne voulut pas 
rester indifférente à la glorification de son célèbre concitoyen. 
Elle s'inscrivit une des premières sur les listes ; mais, quel que 
fut l'élan des souscripteurs, il nous eût été impossible d'élever 
ce monument, si nous n'avions obtenu le concours de FAdminis- 
tration communale de Gendbrugge, de la Province de la Flan- 
dre Orientale et surtout du Gouvernement. Grâce à M. Rolin- 
Jaequemyns, dont la sollicitude éclairée est acquise de plein 
droit à toules les manifestations artistiques et horticoles de la 
Belgique, un important subside fut accordé à M. De Vigne et 
permit de faire couler en bronze le groupe projeté. 

c Nous devons également de vifs remerciments à M. Louis 
Blommaert qui a cédé gratuitement à la commune de Gend- 
brugge le terrain de la place où s'élève le monument. 

c Huit cent quatre vingt onze souscripteurs, sans compter les 
souscriptionscollectives de diverses sociétés, ont répondu à notre 
appel et une somme de fr. 13,254-22 a été recueillie. En pré- 
sence de ce résultat, nous avons cru devoir adresser indistincte- 
ment à tous les soucripteurs, même aux plus modestes, un 



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— 262 — 

exemplaire d'an portrait lithographie avec soin par M. De Pan- 
NBMAEKER. De Cette façon, le souvenir de Thomme éminent 
restera consacré au sein des plus humbles habitations ouvrières, 
car disons le, Messieurs, les ouvriers horticoles sont venus en 
grand nombre nous apporter leur obole, ûers de pouvoir contri- 
buer à la glorification de celui qui fut leur patron et leur ami. 
c Je ne crois pas, Messieurs, pouvoir terminer ce rapport sur 
les opérations de votre Comité, sans insister sur rinscription 
que nous avons mise sur le piédestal. Votre Comité a cru qull 
suffisait d'y marquer le nom de Van Houtte, Tannée de sa nais- 
sance et celle de sa mort. A quoi bon rappeler ce qu'il a fait, 
nous disions-nous.Les brillantes cultures qu'il a créées sont con- 
nues de tous. La Flore à laquelle il a consacré sa vie et sa for- 
tune, orne toutes les bibliothèques. Elle constate le dévouement, 
le désintéressement qu'il a mis à relever la profession du jar- 



< Naguère cette profession était peu considérée, encore moins 
honorée ; Van Houtte a ennobli la profession qu'il avait 
embrassée et a ainsi puissamment contribué par son exemple 
et par sa science à créer cette pléiade d'horticulteurs dont la 
Belgique est fière et qui a valu spécialement à la ville de Gand 
le titre glorieux de Capitale de Flore. 

< En lui élevant ce monument, l'horticulture ne célèbre pas 
seulement la gloire d'un des hommes qui ont su dérober à la 
nature bien des secrets, d'un homme dont le dévouement pour 
la science s'est manifesté de la façon la plus éclatante, entre 
autres le jour où à force de sacrifices et de talent, il parvint à 
faire fieurir, pour la première fois sur le continent européen, 
la grande Nymphéacée du fleuve des Amazones, le splendide 
Victoria Beçia, elle célèbre le triomphe de la profession qu'il a 
relevée, le triomphe de l'horticulture elle-même ! 

< Grâces lui en soient rendues? Il a été le promoteur du 
mouvement horticole dans notre pays, qui récoltera plus tard 
les moissons qu'il a si péniblement semées ? 

« Honneur donc et gloire à lui ! Que son image se dresse 



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— 263 — 

pour nous comme une des manifestations les plus nobles de la 
reconnaissance de ses contemporains, comme un exemple pour 
ceux qui, venant après nous, auront comme lui à lutter contre 
toutes les difficultés qui viennent assaillir le novateur ! » 

Le rapport de M. Pynaert est accueilli par de chaleureuses 
acclamations, ensuite, M. le Comte de Kerghove de Denter- 
GHEM, bourgmestre de Gand et membre de la Chambre des 
Représentants, prononce le discours par lequel le Comité 
remet à la commune de Gendbrugge le monument pour servir 
à la décoration de la place de THorticulture. 

Messieurs, 

€ Il j a près de trois ans, une triste cérémonie nous réunis- 
sait à Gendbrugge. Un grand nombre d'entre nous venaient 
rendre les derniers hommages à un homme dont la haute person- 
nalité horticole était universellement appréciée. Moins triste et 
moins douloureuse est notre réunion actuelle. Interprètes de la 
reconnaissance publique, nous venons inaugurer un monument 
que d'affectueuses sympathies élèvent à celui qui fut un des 
initiateurs les plus éminents de l'horticulture nationale. 

« En remettant à la commune de G-endbrugge, comme un 
précieux dépôt, ce monument glorieux, œuvre remarquable de 
l'un de nos sculpteurs les plus célèbres, nous avons espéré que 
érigé sur une des places publiques de la commune dont il fut 
pendant de longues années le premier magistrat, ce monument 
rappellerait mieux que partout ailleurs les efforts considérables, 
le labeur inouï de celui qui fut le créateur du bel établissement 
horticole de Gendbrugge. Je devrais retracer, Messieurs, si sa 
grande renommée ne m'en épargnait le soin, les principales 
phases de cette carrière si bien remplie et attirer surtout votre 
attention sur la place qui lui revient dans l'histoire de l'horti- 
culture comme un des créateurs et des fondateurs de cette 
branche si importante de l'industrie nationale. Je devrais 
encore, si ce souvenir n'était présent au fond de toutes les 
mémoires, vous le montrer luttant, sans se décourager, contre 



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- 264 - 

tant de difficultés et arrivant enûn à réaliser le rêve qui Tavait 
séduit dans sa jeunesse; je vous rappellerais ses longues excur- 
sions sous le ciel des tropiques, alors qu'abandonné de tous, 
oublié de ses amis d'Europe, il trouvait dans son indomptable 
énergie le moyen de surmonter tous les obstacles que la nature 
et les hommes avaient accumulés devant lui; je vous le montre- 
rais enfin, Messieurs, arrivé au terme de sa brillante carrière, 
refusant le repos qu'il avait si bien gagné, et s'occupant sans 
cesse des innovations à introduire, des perfectionnements à 
apporter, des améliorations à enseigner. Sa pensée était vive, 
active, entreprenante, audacieuse : elle ne reculait devant aucun 
eflfbrt ni devant aucun sacrifice. C'est ainsi que Van Houtte 
s'était créé dans le monde entier des relations sûres, des amitiés 
sincères. Elles se sont manifestées après sa mort avec un élan 
sans précédent : Un Comité fut constitué. A sa tête se trouvaient 
la plupart des membres du Conseil d'Administration de la 
Société royale d'Agriculture et de Botanique dont Van Houtte 
fut membre effectif pendant de si longues années. A peine connût- 
on l'existence de ce Comité que de toutes parts, des amis de 
Van Houtte lui envoyèrent leur contribution volontaire. Grâce 
au concours dévoué de la presse horticole, grâce à l'appui du 
Gouvernement et de la Province, nous avons pu confier l'exécu- 
tion de ce monument à l'un des artistes qui occupent aujourd'hui 
un des premiers rangs dans l'école belge ; il a justifié les espé- 
rances que nous avions placées en lui. 

« Que cette œuvre dont nous vous confions la garde, Mes- 
sieurs, vous rappelle l'homme éminent, l'horticulteur distingué, 
le publiciste fécond qui fut le fondateur de ce splendide ouvrage 
horticole : la Flore des serres et des jardins ! Qu'elle réveille 
l'ardeur de vos concitoyens pour l'horticulture dont il fat, lui, 
un des représentants les plus puissants et les plus écoutés! Que 
ce monument apprenne à tous que l'horticulture fait preuve 
aujourd'hui de justice et de reconnaissance, qu'elle se grandit 
elle-même en honorant d'une manière exceptionnelle l'homme 
distingué auquel elle doit la plus grande partie de son éclat et 
de sa splendeur ! » 



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— 265 — 

Après ce discours, accueilli par les acclamations de la foule, 
le monument est découvert; la musique joue la brabançonne ; 
aux fanfares se joignent des salves d'artillerie tirées dans 
rétablissement Van Houtte. Le silence s'étant rétabli, M. de 
Gdchteneêre, bourgmestre de Gendbrugge, prononce en langue 
flamande une allocution dont voici la traduction. 

Messieurs, 

« Le 12 mai 1876, eut lieu dans cette commune une triste 
mais imposante cérémonie. Une intelligence d'élite venait de 
s'éteindre. La tombe allait se fermer pour toujours sur la 
dépouille mortelle de Louis Van Houtte. L'horticulture avait 
fait une perte sensible ; la commune de Gendbrugge avait perdu 
son premier magistrat. Autour de la tombe s'était groupée une 
foule immense accourue de toutes les parties du pays et de 
l'étranger; on y remarquait les personnages les plus considérés. 
Des discours émouvants rappelèrent la glorieuse carrière du 
défunt et chacun, selon le cercle d'activité dans lequel il se trou- 
vait, voulut rendre un dernier hommage au grand horticulteur. 

« La première émotion passée, la voix de la reconnaissance 
se fit jour. Un Comité réuni sous la présidence de M. le Comte 
de Kerchove de Denterghem, bourgmestre de Gand, fit appel 
à tous ceux qui avaient su apprécier dignement les mérites 
de Van Houtte, afin de lui élever un monument. L'accueil que 
reçut cet appel, vous est suffisamment connu. 

€ Trois années se sont passées depuis lors et grâce à l'activité 
de ce Comité, une iniposante solennité nous réunit de nouveau. 
Mais cette fois la satisfaction est peinte sur tous les visages ; 
c'est avec bonheur que nous venons acquitter une dette de 
reconnaissance; nous assistons avec joie à l'inauguration d'un 
monument qui doit immortaliser la mémoire du célèbre horti- 
culteur Louis Van Houtte, que notre commune eut l'honneur 
d'avoir à sa tête pendant vingt et une années. 

• Messieurs les Président et Membres du Comité, le 17 août 
1879 demeurera un jour mémorable pour la commune de 



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— 266 - 

Gendbrugge. Nous acceptons aujourd'hui ce monument que vous 
confiez à nos soins ; nous acceptons le monument Van Houtte 
en présence de sa respectable veuve et de ses enfants, en pré- 
sence de cette foule immense qui est la preuve la plus éloquente 
du respect et de la reconnaissance populaires. Au nom dea 
habitants de Gendbrugge, nous vous remercions de tout cœur, 
Messieurs, de la noble et généreuse résolution que vous avez 
prise en voulant que le monument Van Houtte orne une des 
places publiques de notre commune, en voulant qu'il se dresse 
au milieu des siens, au milieu de son œuvre, au milieu des plan- 
tes et des fleurs qu'il a tant aimées ! 

c Messieurs, nous faisons aujourd'hui la déclaration solennelle 
que nous saurons dignement apprécier ce monument. Sous son 
ombre nous respecterons la mémoire de celui qui fut notre 
premier magistrat; les amateurs d'horticulture, le souvenir da 
vaillant lutteur qui contribua avec tant de puissance à conqué- 
rir à la ville de Gand la renommée universelle qu'elle possède 
dans le domaine de Flore. 

« Pleins de confiance dans l'avenir, nous espérons que ce 
bronze qui résistera aux orages des siècles comme un rocher 
inébranlable, sera pour les générations futures un témoignage 
de notre reconnaissance, et que le nom glorieux de Van Houtte 
brillera par delà les âges les plus reculés! » 

Après le discours du Bourgmestre, les membres du Comité 
et ceux de l'Administration communale de Gendbrugge signent 
le procès verbal suivant, rédigé en flamand et dont voici la 
traduction. 

« Le 17 août 1879, à trois heures de relevée, dans la commune 
de Gendbrugge, MM. le Comte de Kerchove de Denterghem, 
Bourgmestre de la ville de Gand et membre de la Chambre des 
Représentants de Belgique; M. Os"wald de Kerchove de 
Denterghem, gouverneur du Hainaut ; M. Edouard Pynaert- 
Van Geert, architecte de jardins, à Gand ; Beaucarne, notaire, 
à Eenaeme; Fr. Burvenich, horticulteur, à Gendbrugge; 
Edm. Claus, propriétaire, à Gand; Al. Dallière, horticulteur, 



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- 267 — 

à Grand ; N. D'Huyvetter, propriétaire, à Gand ; J. J. Kickx, 
directeur de l'École d'horticulture, à Gand ; Ch. Lbirens, secré- 
taire de la Société royale d'Agriculture et de Botanique, à Gand ; 
L. LiNûEN, horticulteur, à Gand; Ém. Rodigas, secrétaire 
général du Cercle d'Arboriculture, directeur du Jardin zoolo- 
gique, à Gand ; Aug. Van Geert fils, horticulteur, à Mont 
S* Amand; Aug. Van Geert père, propriétaire, à Gand; 
H. J. Van Hullb, professeur à l'École d'horticulture, à Gand; 
Amb. Verschaffelt, horticulteur, à Gand et J. Vbrschaffelt, 
horticulteur, à Ledeberg, ont remis à l'Administration commu- 
nale de Gendbrugge, pour servir à l'ornementation de la place 
de l'Horticulture, une statue en bronze exécutée par M. Paul 
Db Vigne, statuaire, et représentant l'Horticulture couronnant 
le buste de Louis Van Houtte. Au cas où la statue viendrait, 
pour quelque cause que ce soit, à cesser d^orner la susdite place, 
l'Administration communale est tenue de la remettre au Musée 
de la ville de Gand, auquel elle appartient. 

c Le présent procès-verbal fait en double et approuvé par les 
soussignés aujourd'hui, 17 août 1879, sera déposé dans les 
archives de la commune de Gendbrugge et dans celles de la ville 
de Gand. 

(Était signé). 

C. DE Kerchove de Denterghem, Oswald de Kerchove de 
Dbnterghbm, Éd. Pynaert-Van Geert, De Guchteneêre 
(bourgmestre de Gendbrugge), De Moerlooze et Van Seymor- 
tier (échevins de Gendbrugge), L. De Cock (secrétaire com- 
munal de Gendbrugge), Beaucarne, Fr. Burvenich, Edm. 
Claus, a. Dallibre, N. D'Huyvetter, J. J. Kickx, Ch. 
Leirens, L. LiNDEN, Ém. Rodigas, A. Van Geert fils, A. Van 
Geert père, H. J. Van Hulle, Amb. Verschaffelt, J. Vbr- 
schaffelt. 

Pendant ce temps, s'était placé au pied du monument un 
groupe de plus de 170 ouvriers de l'établissement Van Houtte 
qui exécutèrent avec accompagnement de fanfares, sous la 
direction de M. Buysse, une imposante cantate composée en 



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— 268 — 

Thonneur de leur ancien patron, de celai dont tons gardent un 
lieax souvenir. 

Cette cantate, chantée en flamand, a été exécutée avec an tel 
ensemble qu'elle a eu les honneurs du bis. Nous en reproduisons 
les paroles. 

t* Hart van achting en eerbied doordrongen, 
Staan wij allen hier oade en jongen, 
Kleine schare van dankbare tongen, 
Op de plaats waar zijn borstbeeld verrijst. 

Andren zingen den koning der bioemen 

't Groot génie en den roem van het land ; 
Mogen zelfs Bloemenschepper hem noemen : 
Hulde aan het werk en hulde aan 't verstand. 

Wij bezingen den braafsten der menschen, 
Hartengoedheid met grootheid gepaard, jaf 
Mochten wij den Heere wat wenschen, 
't Was zijn wêerkomst bij ons hier op aard! 

Ensuite M. Éd. Morren, secrétaire de la Fédération des 
Sociétés d'Horticulture de Belgique, prononce le discours 
suivant : 

Messieurs, 

c En m*accordant la parole dans cette solennité pour j parler 
au nom de la Fédération des Sociétés d'Horticulture de Belgi- 
que, vous reconnaissez évidemment que Yan Houtte n'appar- 
tient pas à la seule ville de Gand mais au pays tout entier et 
vous me permettez de constater que la Belgique entière s'associe 
à la manifestation patriotique que vous avez organisée. 

c Mon premier devoir, Messieurs, est de vous remercier au 
nom de l'horticulture nationale et de vous féliciter du beaa 
résultat que vous avez obtenu par votre zèle et par la bonne 
entente de votre entreprise. 

€ La mort de Van Houtte avait douloureusement affecté 
tous ceux qui ont connu cet homme éminent et tous ceux qai 
ont à cœur la botanique horticole : il a été frappé au moment 
même où on le voyait approcher enfin du faîte de sa laborieuse 



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— 269 — 

carrière : on espérait un peu de repos pour ce rude jouteur, un 
peu de bonheur pour ce cœur aimant, quand tout à coup la mort 
aveugle a jeté son corps dans la tombe. Alors une même pensée 
yintàTesprit de tous, un même élan partit de tous nos cœurs : 
honorer sa mémoire, rendre justice au véritable mérite. Vous 
avez su diriger ces généreuses pensées, leur donner une expres- 
sion sensible : vous avez bien rempli cette noble mission et Ton 
doit vous en témoigner de la reconnaissance. 

€ Au jour de deuil succède enfin une journée d'allégresse : 
c'est comme une résurrection. Nous étions tous accourus pour 
honorer sa dépouille ; il nous réunit tous aujourd'hui pour 
célébrer sa renommée. 

€ D'où vient cette magique influence de Van Houttb ? 
Qu'était cet homme pour une telle puissance? Van Houtte 
était-il de ceux qu'épargne la* jalousie ; ne connut-il que des 
amis ; son humeur était-elle doucereuse ; se présentait-il tou- 
jours le sourire aux lèvres ; se gardait-il de contredire de peur 
de déplaire; suivait-il toujours l'ornière de peur de s'égarer? 

< Non, Messieurs, ce n'était pas ces qualités là qui distin- 
guaient Van Houtte. Il en avait d'autres plus solides et plus 
estimables. 

€ Van Houtte a su créer et produire : son âme bouillon- 
nante n'a jamais connu le repos ; elle était sans cesse en 
activité : son esprit inquiet était toujours à la recherche du 
nouveau et de l'inconnu. Alors même qu'il paraissait inactif^ il 
méditait quelque innovation. D'ailleurs, sous les apparences les 
plus humoristiques, il cachait un esprit observateur et un 
grand sens pratique. 

< Van Houtte est la plus belle et la plus haute personnifica- 
tion de Thorticulture nationale. Lorsqu'on célébrera l'année 
prochaine le grand jubilé semi-séculaire de la Belgique libre et 
virile, on ne manquera pas d'évoquer le cortège des collabora- 
teurs de LÉopoLD l*"', et si Tattention est dirigée de notre côté 
c'est la personne de Van Houtte qui paraîtra la première et son 
nom qui viendra le plus naturellement aux lèvres. 



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— 270 ~ 

< Il a été comme le premier arbre qui germe sur la roche 
nue nouvellement émergée du sein des eaux et qui, en se 
fortifiant, abrite les uns, protège les autres, écarte les faibles 
et prenant de la force, à mesure qu'il s'enracine, produit de 
nombreux rejetons : c'est ainsi qu'une végétation productive 
couvre l'aridité originelle du sol. D'autres viennent : la lutte 
s'établit pour l'existence, bientôt suivie de bons rapports 
mutuels. N'est-ce pas ce que Van Houtte a fait? N'est-il 
pas vrai qu'il a été le plus fort et qu'il j a tout un monde 
là où jadis il s'est trouvé presque seul ? 

c II a fondé V Horticulteur lelge qui fut un de nos premiers 
organes de publicité botanique. 

€ Il a édité la Flore des serres qui est la plus brillante de nos 
revues périodiques. 

< Il a organisé notre première école d'horticulture. 

c II a introduit en Belgique une infinité de plantes nouvelles 
et surtout des cultures productives inconnues avant lui. 

« Enfin, il a créé rétablissement horticole le plus riche, le 
plus complet, le plus renommé que^ nous possédions, le plus 
brillant joyau de la couronne qui ceint la tête de la flore 
gantoise. 

c Toutes les créations de Van Houtte ont une portée d'uti- 
lité générale qui commande et excite l'intérêt public. Elles sont, 
en outre, pour ainsi dire imprégnées d'un véritable caractère 
artistique. Van Houtte avait le sentiment de la forme et de la 
couleur : son esthétique est sensualiste : je le nommerais volon- 
tiers le Rubens de la floriculture et je crois que ce beau carac- 
tère flamand est le secret de sa popularité et de son prestige. 

< Sa vie a été semée d'obstacles qu'il a surmontés, de luttes 
dont il a triomphé. Les effets de cette puissante organisation se 
font sentir au loin, et pendant une longue durée de temps l'hor- 
ticulture belge en ressentira les bienfaits. Le nom de Van 
Houtte est cosmopolite et grâce à lui les produits de nos jardins 
sont connus et appréciés jusqu'aux confins du monde civilisé. 

c L'œuvre de Van Houtte est impérissable : son auréole 



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— 271 - 

plane désormais sur Genclbrugge^ sur le pays et sur la science. 
Ce simple monument édifié par la volonté populaire et conçu avec 
tant d'art, est Texpression sensible de nos sentiments d'admira- 
tion et de gratitude. De toutes parts on lui rendra Thommage 
qui lui est dû : on ne saura le voir sans émotion. Quant à moi, 
je lis sur ce bronze sous l'image de Van Houtte gravés en 
caractères étincelants, ces mots : In hoc siçno vinces ! Que ce 
soit notre exergue. » 

Le discours de M. Morren est chaleureusement applaudi ; de 
nouvelles fanfares y succèdent, puis M. Van Hulle s'exprime 
de la manière suivante au nom des anciens élèves de L. Van 
Houtte. 

Messieurs, 

c Quand un homme d'élite disparaît de la scène active de ce 
monde, toujours une foule considérable vient lui rendre ce qu'on 
appelle les derniers honneurs. Tel fut le cas le 12 mai 1876. 
Seulement ce ne furent pas en réalité les derniers honneurs. Les 
services rendus par Van Houtte à l'horticulture sont tels qu'on 
a voulu qu'un monument impérissable les rappelât aux généra- 
tions présentes et futures et c'est aujourd'hui que nous assistons 
à l'inauguration de ce monument. 

< Des voix éloquentes et convaincues viennent de rappeler les 
titres que Van Houtte avait à la reconnaissance de tous ceux 
qui de loin ou de près s'intéressent à l'horticulture. Mais parmi 
ceux-ci il en est qui ont un devoir tout spécial à remplir dans 
cette circonstance, ce sont les anciens élèves de l'École d'horti- 
culture de Gendbrugge. C'est en leur nom et au mien que je 
viens exprimer les sentiments de reconnaissance, de dévouement 
et d'admiration qui ont animé ses élèves tant qu'ils étaient sous 
la direction de l'illustre maître, sentiments qui n'ont fait que 
grandir lorsque, séparés de lui, ils suivaient les sages conseils 
de leur ancien directeur. 

€ La mémoire de Van Houtte est chère même à ceux des 
anciens élèves de l'École qui ont abandonné la carrière de l'hor- 



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— 272 - 

ticulture ; leur présence ici en est un témoignage. Ils sont venus 
avec bonheur se joindre à leurs anciens condisciples qui doivent 
à l'école de Gendbrugge la position honorable qu'ils occupent 
dans la société. En ce moment solennel, ils sentent comme nous 
leur cœur battre d'enthousiasme et de vénération pour la glori- 
fication de celui dont la rare énergie, l'esprit d'initiative, 
l'amour du métier ont servi d'un si irrésistible stimulant ! ! ! 

< Nous sommes du nombre de ceux qui doivent beaucoup à 
Van Houtte. En scrutant nos souvenirs, en comparant le passé 
avec le présent, nous sentons une vive émotion de gratitude 
s'emparer de nous et les expressions nous manquent pour dire 
les sentiments qui débordent de nos cœurs. Nous nous bornons 
donc à dire, au nom de nos anciens condisciples et au nôtre : 
Honneur et vénération à la mémoire de l'illustre horticulteur 
quia guidé nos premiers pas dans Thorticulture et n'a cessé de 
nous soutenir jusqu'à son dernier soufie ! 

« Nous remplissons un devoir de reconnaissance envers Van 
Houtte en déposant au pied de ce monument cette couronne de 
Roses. Puissent-elles éternellement conserver pour lui leur 
parfum et leur fraîcheur ! » 

Le discours de M. VanHulle, prononcé d'une voix émue et 
convaincue, excite parmi les assistants une émotion réelle. Plus 
d'un est obligé de cacher ses larmes. 

Legroupeen bronze, dû au ciseau du sculpteur gantois Paul db 
Vigne, est une œuvre très remarquable. Au centre d'un parterre 
composé de gazons, de Palmiers, de Phormium et de plantes 
fieuries, se dresse un piédestal carré, en pierre de taille, ne 
portant que ces mots et ces dates : 

Louis VAN Houtte 
1810-1876 

Le groupe a trois mètres cinquante centimètres de haut. La 
statue de Flore qui s'élance pour couronner le buste de Van 
Houtte a plus de deux mètres. Le buste est placé sur une gaine, 
sorte de piédestal en forme de pyramide quadrangulaire tronquée 



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— 273 — 

«t renversée. Il constitue < un terme » fort élégant au pied 
duquel des fleurs et des instruments de jardinage sont heureu- 
sement disposés. Le groupe est sagement conçu et gracieux. 
Le geste que fait Flore en couronnant le buste est heureux et 
plein de vie. Il y a dans la composition beaucoup de mouvement 
et de hardiesse. La ligne générale se compose bien et la figure 
principale, travaillée avec une sobriété convenable de détails, 
est bien étudiée, bien modelée et Tensemble a un aspect tout à 
fait monumental. L'excellente impression que ce bronze avait 
produite aux expositions de Bruxelles (1878) et Paris (1879) est 
encore plus considérable aujourd'hui que le groupe est placé sur 
son piédestal et se découpe sur le ciel. 

La cérémonie s'est terminée par un dernier hommage. Toutes 
les députations ont successivement déposé au pied du monument 
des couronnes de fleurs, d'Immortelles, de Lauriers^ de Violettes 
et de Roses. Voici la liste des couronnes et des inscriptions 
qu'elles portaient. 

FÉDÉRATION DES SOCIÉTÉS d'hORTICULTURE DE BELGIQUE 

A L. Van Houttb. 



A L. Van Houttb, 

HOMMAGE DE RESPECT ET d'aFFBGTION DE SA FAMILLE. 



AAN L. Van Houtte 

DOOR DE GEMEENTE GENDBRUGGE OPGEDRAGEN. 



LES EMPLOYÉS JARDINIERS DE L'ÉTABLISSEMENT, 

A L. Van Houttb. 



LES EMPLOYES DE LA FLORE, 

A L. Van Houttb. 



LES anciens ELEVES DE l'ÉCOLB d'HORTICULTURE DE GENDBRUGGE, 
TÉMOIGNAGE DE RECONNAISSANCE. 



i9 



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- 274 — 

SOUVENIR AU REGRETTÉ 

L. Van Houttb, 

PAR SON ANCIEN ÉLÈVE ET CONFRERE Ad. D*HaENB. 



A LA MÉMOIRE 

DE L. Van Houtte, 

ANCIENS EMPLOYÉS Ph. BlANCQUAERT ET Ch. VeRMEIRB. 



A L. Van Houttb, 

LE PERSONNEL DES BUREAUX. 



A L. Van Houtte, 
l'établissement de Aug. Van Gebrt. 



A L. Van Houtte, 

LE COMITÉ DU MONUMENT. 



A LEUR MAÎTRE VÉNÉRÉ, 
LES JARDINIERS DE L^TABLISSEMENT 

L. Van Houtte. 



SOUVENIRS ET REGRETS 1879. 
SOCIÉTÉ d'agriculture ET D*HORTICULTURE DE LAEKEN. 



SOUVENIRS ET REGRETS 1879. 
SOCIÉTÉ DES CONFÉRENCES AGRICOLES ET HORTICOLES D'iXELLES. 



HULDB TER NAGBDACHTENIS 

VAN L. Van Houtte, 

Jan Vervabne zoon 

(Portrait). 



A LA MÉMOIRE DE 

L. Van Houtte. 

LA SOCIÉTÉ l'avenir HORTICOLE. 



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— 275 — 

SOCIETE VAN MONS. 
B0R6ERH0UT. 



TER NAGBDACHTBNIS VAN WIJLEN 

DEN HEER LODEWIJK VaN HoUTTE. 

COENE EN MaERTENS. 



A L. Van Houtte, 
l'établissement horticole Éd. Pynaert-Van Geert. 



AN L. Van Houtte, 

die Deutsche Gaertnergehuelfen 

in Gent. 



HOMMAGE DE LA SOCIÉTÉ ROYALE d'hORTICULTURE ET d'aGRICULTURE 

de tournai. 



souvenir respectueux, 
un absent. 

a la mémoire 

DE L. Van Houtte, 

l'établissement horticole L. De Sbiet. 



A LA MEMOIRE, 

DE L. Van Houtte. 

SON EX EMPLOYÉ J. SaMSOBN, 

17 AOUT 1879. 



cercle des rosieristes, 
d'Anvers. 



COURONNE AVEC DEUX RUBANS BLEUS, 
(sans inscription.) 



GRANDE COURONNE, 
(sans inscription.) 



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— 276 — 

Plasiears de ces couronnes étaient remarquables à divers 
titres^ quelques-unes étaient admirables ; une d'elles était com- 
posée uniquement de fleurs de la Rose Louis Van Houtte; une 
autre était tressée avec les plus belles fleurs de rétablissement 
Van Houttb, consacrées au souvenir du grand horticulteur. 

Après la cérémonie, favorisée par un temps splendide, une 
foule joyeuse composée des ouvriers de rétablissement Van 
Houtte et des jardiniers de Gendbrugge et de Ledeberg, de 
leurs femmes et de leurs enfants, ont déûlé en saluant la statue 
de leurs vivats enthousiastes. Le soir venu, les illuminations 
se sont allumées partout et Gendbrugge a été réellement en fête. 

A 5 1/9 h. un banquet réunissait dans les salons de VHÔtd 
royal les membres de la Commission, ainsi qu'un grand nombre 
d'amis de Louis Van Houtte. La Commission du banquet s'était 
acquittée à merveille de sa tâche et tous les convives étaient 
unanimes à féliciter MM. Éd. Pynaert, Aug. Van Geert fils 
et H. J. Van Hulle de la magnifique ordonnance de cette fête. 

Le toast au Roi et à la Famille royale proposé par le prési- 
dent du banquet, M. Oswald de E^rchove de Denterohem, a 
été chaleureusement acclamé et transmis à Sa Majesté qui a 
daigné y répondre par le télégraphe le soir même. 

M. R0DI6AS, au nom du Comité, remercia les délégués des 
Sociétés. M. MoRREN répondit en buvant à la Commission orga- 
nisatrice du monument et à la presse horticole gantoise. 

Puis M. Aug. Van Geert but à la prospérité de la famille 
Van Houtte, et M. Van Houtte fils remercia en termes émus 
tous ceux qui coopérèrent à l'érection du monument. 

Ensuite les verres se sont encore souvent remplis et vidés à 
la santé des principaux convives présents à la fête. M. Moore, 
de Dublin, a répondu d'une façon charmante au toast de M. Van 
Hulle. Un des toasts les plus acclamés a été celui adressé par 
M. Ptnaert à un absent, M. Paul De Vigne, le statuaire dis- 
tingué qui avait bien voulu, alors que le succès de la souscrip- 
tion était encore incertain, promettre le concours entier de son 
talent. Ém. Rodigas. 



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— 277 — 
Une exposition d'Horticulture à Nancy. 

Nous avons eu la bonne fortune d'être invité par la Société 
centrale d'Horticulture de Nancy à faire partie du jury chargé 
d'attribuer les récompenses aux divers participants à Texposi- 
tion qu'elle avait organisée à l'occasion de l'inauguration du 
monument Thiers^ et nous avons eu l'heureuse inspiration d'ac- 
cepter cette gracieuse invitation. 

En effet, nous avons vu à Nancy non seulement un des plus 
jolis concours que la science horticole puisse exhiber à ses 
adeptes, mais nous avons eu le plaisir d'y serrer la main à de 
vieux amis, tels que MM. Baltet, André, A. Leroy, Ch. Jolt, 
et d'y nouer ou renouer connaissance avec quelques-uns des 
principaux horticulteurs de France : MM. Thibaut, de Sceaux, 
Henri Jacotot, de Dijon, Léger, de Troyes, Comte, de Lyon, 
Mâchais, de Châlons, Weick, de Strasbourg, etc. La réception 
faite aux membres du jury a été empreinte d'un caractère tout 
particulier de cordialité et de sympathie communicative qui 
restera parmi nos meilleurs souvenirs. 

L'exposition horticole faisait partie de tout un programme de 
festivités, qui avait attiré à Nancy une grande aflluence de 
monde. Le Congrès pomologique de France lui-même avait fixé 
à la même époque sa session annuelle. 

L'exposition d'horticulture était installée dans le jardin public 
de la « pépinière, • les plantes délicates de serres et les fleurs 
coupées, dans une tente construite ai hocM^ arbres fruitiers, les 
Conifères, les légumes et les plantes de massifs, le long des allées 
du Parc. 

L'horticulture naneienne occupe une place à part dans le monde 
horticole. Ce serait l'occasion d'en parler ici avec quelques 
détails. Mais la place nous manque aujourd'hui. Nous nous 
réservons d'ailleurs d'y revenir dans un article spécial. 

Il n'entre pas, dans nos intentions non plus de faire une des- 
cription détaillée de la très intéressante exposition à laquelle 



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— 278 — 

nous avons été convié. Nos colonnes n'y suffiraient point, sur- 
tout à cette saison où les expositions se succèdent et rivalisent 
de succès. 

Nous dirons donc brièvement, que M. Crousse, horticulteur, 
à Nancy, a emporté haut la main le grand prix d'honneur, 
vase de Sèvres offert par M. le Ministre des Beaux Arts, 
pour ses collections de Palmiers, Fougères, Bégonia et de 
plantes molles diverses au nombre de quatorze ou de quinze, et 
que M. Vergeot, également horticulteur à Nancy, a obtenu le 
premier prix d'honneur, grande médaille d'or offerte par M. le 
Ministre de 1* Agriculture, pour ses divers lots de Dracaena,Croton, 
Ficus, Caladium, etc., d'une culture irréprochable. Deux autres 
prix d'honneur, offerts par MM. Léon Simon et Lbmoine, res- 
pectivement président et vice président de la Société d'Horticul- 
ture de Nancy, ont été remportés, Tun par la firme Simon 
Louis frères et C*« à Metz et à Bruyères-le-Châtel, pour des col- 
lections de graines et des produits maraîchers très remarquables, 
et l'autre par M. Alix, le sympathique et excellent professeur 
d'arboriculture et pépiniériste de Nancy. Les produits de ces 
deux derniers exposants étaient également très remarquables. 

Les prix d'honneur sont des récompenses exceptionnelles. En 
Belgique, on les accorde généralement dans les floralies d'une 
certaine importance à celui ou à ceux qui ont pris la plus 
grande part au succès de l'exposition et en dehors de tous les 
autres prix remportés. Ici le prix d'honneur résume tous les 
autres; il ne les annule pas, mais les prix qu'il remplace ne sont 
pas distribués et peuvent ainsi être accordés à d'autres concur- 
rents. Ce système a du bon. J'y reviendrai tout à l'heure en par- 
lant du mode d'attribution des récompenses adopté à Nancy et 
qui est suivi, à ce qu'il semble, dans beaucoup d'autres exposi- 
tions en France. 

Qu'on me permette de signaler encore les roses coupées d'une 
beauté et d'une fraîcheur incomparables de MM. Soupbrt et 
NoTTiNG, de Luxembourg, et, celles non moins riches et non 
moins variées de MM. Cochet, à Suisnes, etGAUTREAU, àBrie- 



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— 279 — 

Comte-Robert, qui n'avaient eu ni le temps ni l'espace pour les 
étaler. 

M. Besson, le pépiniériste vinicole bien connu, de Marseille, 
avait exposé non seulement une collection de raisins hâtifs, 
mais toute une série de poires que le climat méridional offrait 
déjà à un degré très avancé de développement. Les fruits pré- 
sentés par M. J.P.Martin, à Plantières (Lorraine), avaient aussi 
beaucoup de mérite. Notre excellent collègue M. Baltbt , de 
Trojes, avait apporté une collection de fruits pour lesquels il 
avait décliné à l'avance toute récompense. M. Victor Lbhoinb 
n'avait pas voulu non plus prendre part aux concours. Ses 
Bégonia doubles et ses Glajeuls hybrides excitaient l'admiration 
générale. 

Le concours de plaris de jardins avait excité une grande 
émulation et c'est la première fois également que nous avons vu 
ceconcoursdonner aux jurés une aussi grande satisfaction. Voici 
pourquoi : au lieu de demander aux concurrents un dessin 
simplement exécuté à l'échelle, ou plus ou moins proprement 
colorié, avec proâls coupés de terrain, devis et détails de planta- 
tion, la Société avait mis à leur disposition des parcelles de 
terrain, ayant un are ou deux de superûcie au plus et sur les- 
quelles ils avaient été invités à exécuter, à une échelle réduite, 
leur tracé avec les mouvements de terrain, avec les eaux, les 
rocailles, les bâtiments, les fabriques d*oruement et autres 
accessoires. Six concurrents avaient pris part à cette lutte d'un 
nouveau genre ; le travail de cinq d'entre eux a paru au jury 
digne d'une récompense. 

La Société d'Horticulture de Nancy n'avait pas pour l'organi- 
sation de son exposition suivi les errements adoptés par toutes 
nos sociétés en Belgique. Elle n'avait pas limité pour les apports 
de ses coopérateurs ni leur composition, ni leur nombre. Tous 
les objets, toutes les plantes, toutes les collections étaient admis 
à concourir et à participer aux récompenses. Sous ce rapport il 
n'y avait pas de programme. 

La Société s'était contentée de faire appel à tous, amateurs. 



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- 280 — 

Iiorticaltdars, pépiniéristes, architectes, indastrîels^ etc., en 
lear faisant connaître qu'un concours public était ouvert et que 
des prix seraient attribués aux plus méritants. 

Ces prix comprenaient, outre les quatre prix d'honneur 
mentionnés plus haut : 

6 médailles d'or 

1 — de vermeil grand module. 

8 — de vermeil. 
24 — d'argent grand module. 
10 — d'argent petit module. 
12 -— de bronze. 

Le mode adopté par le jury pour répartir ces récompenses 
avec toute la justice désirable est à peu près le même que celai 
que nous avons décrit dans le Bulletin éP Arboriculture en rendant 
compte du fonctionnement du jury de pomologie à l'Exposition 
universelle de 1878. 

La seule différence réside dans le nombre de points appelés 
à représenter les diverses qualités et la valeur relative des 
produits concurrents. A Nancy, ce nombre n'était que de 5, 
maximum attribué à la perfection relative. Les prix d^honneur 
ont été enlevés par ceux qui avaient obtenu dans l'addition 
des points attribués à chacun de leurs apports le plus grand 
nombre de points. Pour avoir la chance d'enlever un grand 
prix, il faut non seulement présenter de beaux produits, il faut 
aussi, aôn de faire nombre, avoir beaucoup de lots. 

Ce système, je le répète, a ses avantages. Ici tout ce qui est 
méritant arrive à être classé et obtient une récompense propor- 
tionnée au mérite qui lui a été reconnu. Dans nos expositions 
où tous les concours sont prévus par le programme, il arrive 
souvent par exemple qu'une collection obtient une médaille de 
vermeil comme second prix, tandis que dans un autre concours 
deux ou trois collections d'une valeur bien supérieure arrivent 
à peine au bronze ou même ne sont pas récompensées et cela 
uniquement parce que, dans ce dernier cas, il y avait deux oa 



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— 281 - 

trois concorrents de plus que de récompenses offertes. Cette 
absence de programme permettant à chacun d'apporter qui 
30 Dracaena, qui 24 Bégonia, qui 12 Orchidées, ou voire même 
tel nombre illimité de plantes d'un même genre a ainsi le grand 
avantage de multiplier les apports et aussi de garnir convenable- 
ment un vaste local. 

Mais on peut se demander si c'est le principal but des exposi- 
tions ? Il est bien vrai que dans les grandes expositions — sur- 
tout dans les grandes — il n'y a pas de lutte pour plus de la 
moitié des concours ouverts. 

Mais c'est là une question que nous étudierons une autre fois 
à loisir. Éi, Pynaert. 



Les pommes Belle de Fumes et Belle de Lippe. 

Deux variétés de pommes bien connues des membres du 
Cercle d'Arboriculture de Belgique et recommandées par 
MM. Pynaert et Rodigas, lors de la session tenue en 1875, à 
Gand, par la Société pomologique de France, n'ont pas trouvé 
grâce devant le Congrès tenu cette année à Nancy, pour le motif 
que les renseignements ont manqué cette fois. 

Nous savons bien que la Société pomologique de France 
n'entend nullement octroyer un brevet de déchéance aux 
variétés fruitières que, pour des motifs aussi spécieux et aussi 
peu fondés, elle n'adopte pas. Mais, le public non initié à ce genre 
de procédure se borne à dire : le Congrès n'a pas adopté ces 
fruits. Et sans rechercher la cause de la non adoption, le public 
ajoute: ces fruits ne sont pas adoptés, donc ils sont mauvais. 

Dans le cas qui nous occupe, il paraît que les renseignements 
ont fait défaut. On nous dit chaque jour que les annales du 
Cercle â^ Arboriculture de Belgique, publiées sous le titre de Bul- 
letins d'arhoricuUure, etc.^ s'en vont dans le monde entier, qu'elles 
ont des abonnés en Angleterre comme aux Etats-Unis, en Alle- 
magne et au Brésil, en Autriche et en Russie, en Italie coipme 



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— 282 — 

en Néerlande, dans le Portugal et dans le Danemark ; on nous 
assure même que de nombreux exemplaires prennent tous les 
mois le chemin de la France : le défaut de renseignements dont 
on s'est plaint au Congrès doit nous faire supposer que cette 
publicité est encore loin d'être suffisante. Nous ne voulons 
pas croire que ceux qui reçoivent nos Bulletins oublient de 
les lire. 

LsL pomme Belle de Lippe est décrite et figurée dans les Butte- 
tins de 1874, page 313. 

Elle fut mentionnée déjà dans le Bulletin de 1867, page 65, et 
présentée à l'Assemblée générale du Cercle le 11 décembre 1870, 
au Casino de Gand. 

Les renseignements fournis dans l'article accompagnant la 
planche coloriée sont aussi complets que possible. Ils renferment 
l'historique de la variété, la description de l'arbre dans toutes 
ses parties et celle du fruit dans tous ses détails. Nous nous de- 
mandons de quelle manière il faudrait étendre encore ces ren- 
seignements. 

Réellement c'est à n'y rien comprendre ! 

La pomme Belle de Fumes, signalée elle aussi à plusieurs 
reprises dans les Bulletins d' Arboriculture, a été figurée dans 
cette publication dans le volume de 1873, page 120. Cette variété 
est cultivée depuis un demi siècle au moins à Furnes et dans les 
environs et connue en Belgique comme un des meilleurs fruits. 

Nous regrettons vivement la mesure prise par le Congrès; 
nous ne la regrettons pas pour notre pays, parce que cette 
décision ne diminuera pas l'estime que nos compatriotes ont 
vouée depuis longtemps à ces deux variétés ; mais nous la 
regrettons pour les Français eux-mêmes qu'un vote d'ostracisme 
pourrait priver de deux fruits fort méritants. 

Notre ami M. Charles Baltet, dans son rapport sur le Con- 
grès (1), dit ce qui suit : « Si nous en croyons l'honorable M. de 
LA Bastie, vice président de la Société pomologique, nos 

(1) Voir ci-dessus, page 236. 



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- 283 — 

voisins et amis auraient toujours fait la sourde oreille aux 
demandes de greffons et de renseignements. » 

Pour notre part, nous protestons énergiquement contre l'affir- 
mation de M. DE LA Bastie. Elle ne peut s'adresser qu'à 
M. Pynaert et à l'auteur de cet article. Or l'obligeance de 
M. Pynaert est assez connue et quant à nous, nous déclarons 
avoir répandu à profusion des greffons de la Belle de Lippe ; nous 
déclarons en outre avoir fourni à la Société pomologique de France 
les renseignements mentionnés ci -dessus. Nous affirmons enfin 
qu'aucune demande de la part de M. de la Bastie n'est parve- 
nue au secrétariat du Cercle d' Arboriculture. 

D'ailleurs les pommiers Belle de Lippe et Belle de Fumes sont 
multipliés dans plusieurs pépinières en Belgique. 

Ém. Rodigas. 



Floralies de Toumay. 

Le Bulletin a des lecteurs qui n'aiment pas les comptes- 
rendus d'Exposition et qui préféreraient n'y rencontrer jamais 
que des articles de culture. Nous ne pouvons pas cependant lais- 
ser aux journaux politiques le soin exclusif de parler de ces fêtes 
horticoles. Ceux qui les organisent, ceux qui les enrichissent au 
moyen de leurs apports souvent compromis et dont le dépla- 
cement seul donne lieu parfois à des frais considérables, ont des 
droits indéniables à la reconnaissance de ceux qui s'intéressent 
aux progrès de l'horticulture et leur mérite est proportionné à 
l'impulsion qu'ils donnent à l'horticulture même. L'exposition 
florale organisée le 24 août dernier par la Société royale d'Horti- 
culture et d'Agriculture de Toumay est une de celles dont les 
feuilles politiques ont parlé trop peu et dont nous regrettons nous- 
même ne pouvoir dire assez dans ce recueil(l); elle coïncidait avec 



(1) Voir le compte-rendu plus complet que nous avons publié dans la 
Revue de Vhorliculture ùelçey p&ge 211. 



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— 284 — 

rinauguration de la nouvelle gare et fêtait en même temps le 
ôO"» anniversaire de la fondation de la Société. 

Cette exposition a été la plus belle de cette année : ses 
organisateurs : MM. Broqubt, président, Chupfart, vice-prési- 
dent, Dblrue-Schrevens, secrétaire-archiviste, Breunin, secré- 
taire, et WiBAUX, trésorier, dont les persévérents efforts ont 
amené ce brillant résultat, ont reçu des félicitations unanimes. 
M. A. WiLLEMS a des droits aussi à de sincères éloges. Il avait 
transformé la gare couverte en un vaste et gracieux jardin où 
Flore semblait avoir répandu à profusion toutes ses richesses. 

Les prix d'honneur et tous les grands prix ont été remportés 
par Thorticulture gantoise. 

La médaille d'or offerte par S. M. le Roi a été décernée à 
l'unanimité à M. Adolphe D'Haene de Gand, qui par le mérite 
de ses envois, avait contribué le plus à la splendeur de l'exposi- 
tion. Son lot de plantes de serre, sa collection d'Orchidées, ses 
Palmiers en grands exemplaires, ses Dracaena, ses Maranta, ses 
Croton, ses plantes ornementales, ses Aralia, faisaient l'admira- 
tion des connaisseurs. 

L'Établissement de M. Louis De Smet, de Gand, brillait de 
toutes parts par des apports d'un mérite réel ; la médaille d'or 
offerte par la ville de Tournay est échue à M. Louis De Smet et 
c'était une récompense parfaitement justifiée. Nous citons en 
première ligne ses nouveautés, sa riche collection d'Orchidées 
remportant la médaille d'or offerte pas S. M. la Reine; puisses 
Aroïdées, ses Echeveria, son lot de plantes d'appartement, ses 
Yucca, ses Gloxinia, ses plantes japonaises, ses plantes grasses, 
ses Fougères de plein air, ses Bégonia tubéreux, ses plantes 
vivaces à feuillage panaché, ses arbustes d'ornement. 

Notre collègue M. Pynaert a eu aussi un franc succès. Ses 
plantes convenant à la culture en appartement, ses échantillons 
de plantes pour la mosaïculture, ses Aralia, ses Dracaena, ses 
Coleus, ses Bégonia à feuillage, ses Aucuba, ses Lycopodiacées» 
ses Fougères arborescentes, ses Conifères, remportèrent de 
justes récompenses. 



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— 285 — 

L'Établissement Van Houtte a soutenu sa réputation par ses 
envois de plantes nouvelles, de Broméliacées, de Bertholonia, et 
surtout par son admirable lot de Roses. M. Auo. Van Geert 
avait envoyé des Caladium et ses superbes Conifères, excitant 
toujours l'admiration des (Connaisseurs. M. Linden n'avait exposé 
qu'un lot. C'étaient des plantes de serre à feuillage panaché et 
coloré. Ce lot était remarquablement composé. 

MM. Blancquaert et Vermeire montraient de ravissants 
semis de Bégonia tubéreux qui grandiront certainement la répu- 
tation de leurs cultures. 

M. Delmez, de Tournai, avait un bel apport de plantes 
variées et un lot de Bégonia à feuillage. 

M. J. CoENE, de Gendbrugge, montrait un beau groupe de 
plantes de serre et une riche collection de Coleus. 

Citons encore parmi les apports des horticulteurs un petit lot 
de charmants Erica de M. L. Rosseels, de Louvain ; les bulbes 
de toute nature exposés par M. J. Wittb, de Gand, et les 
Caladium de M. de Messemaeker. 

A la tête des amateurs se distinguent MM. vanden Wouwer, 
d'Anvers, et Moens, de Lede. Le premier nous montre un lot de 
plantes nouvelles, de magnifiques Fougères de serre, une collec- 
tion de Broméliacées, de superbes Eoheveria et un fort beau 
Cycas. M. Moens présente des Palmiers nouveaux, un riche lot 
d'Agave et de très beaux Bégonia. Citons encore M. N. Delan- 
NOY, pour ses ravissantes Reines Marguerites ; M. Demoulin, de 
Mons, pour son splendide Sobralia, une des perles de l'Exposition; 
M. Dblrue-Schrevens, pour une collection très complète et bien 
cultivée de Balisiers de l'Inde; M. Alb. Lecontb, pour ses Fou- 
gères de plein air ; M. Scalabre, de Tourcoing, pour ses Dahli^. 
d'éUte. 

L'École d'arboriculture de Tournay a voulu être représentée 
à l'exposition par un très beau lot de légumes et une riche 
collection de Roses. 

Les corbeilles en mosaïque étaient nombreuses et variées. 
MM. CopPBNS et Wbichb, de Lille, ont prouvé que l'exemple 



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— 286 — 

de M. Jadoul fait école. M. Alfred Allard montrait égale- 
ment une corbeille parterre de plantes fleuries présentant avec 
les mosaïques un contraste saisissant. 

Mentionnons encore la corbeille jardinière de MM. Wyckaert, 
de Gand, les vases de M. Penin, de Roubaix, et ceux de 
M. Petsbrinck. 

Quant aux bouquets, le jugement en fut confié à un jury de 
dames ; leur décision a été unanimement approuvée, et M. Pour- 
BAix, de Mons, peut être fier d'avoir été proclamé premier. 

Par ordre des autorités... de la gare, légumes, fleurs coupées 
et fruits étaient relégués dans des sortes de couloirs. Les fruits 
cependant auraient mieux mérité. Les Ananas et les Pêches de 
M. DuposTY, jardinier de M. Warocqué, étaient dignes d'une 
table royale et les Raisins de serre exposés par M. De Goes, de 
Bruxelles, étaient admirables sous tous les rapports. 

Nous le répétons, l'exposition de Tournay a été la plus belle 
de cette année ; elle a fait le plus grand honneur à ceux qui 
l'ont organisée et les exposants et les membres du Jury garde- 
ront le meilleur souvenir de l'accueil cordial qu'ils ont reçu de 
la part des administrateurs de la vaillante société toumaisienne. 

Nous regrettons d'avoir à mentionner une note discordante : 
les exposants n'ont pas été invités à l'ouverture de l'exposition ; 
il leur a été interdit d'être présents à la visite royale ; il en a été 
de même des membres du jury qui étaient cependant les repré- 
sentants les plus autorisés de l'horticulture nationale. En 
présence de ce fait sans précédent en Belgique et qui a soulevé 
un mécontentement général on évoquait malgré soi le souvenir 
du regretté Barthélémy Dumortier qui aurait plutôt renoncé 
à l'œuvre de l'exposition que de souscrire à de telles conditions. 
Nous croyons pouvoir affirmer que les organisateurs de l'exposi- 
tion florale ont fait des démarches réitérées, pour faire lever ce 
regrettable interdit : il est fâcheux que leurs efforts n'aient 
point abouti. 

Le buste du dernier président, buste d'une ressemblance 
parfaite, trônait à l'exposition au milieu des fleurs qu'il a 



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toujours aimées. Par une attention bien délicate aussi, la 
Pomone qui lui fut offerte naguère, était représentée sur la 
carte du banquet qui eut lieu en Thonneur du jury et des 
autorités. N'était-ce pas rappeler d'une part le souvenir des ser- 
vices rendus et d'autre part celui d'une profonde reconnaissance ? 

Ém. Boiigas. 



Des pommiers à cidre dans TOise. 

Les pommiers à cidre sont nombreux, surtout dans les arron- 
dissements de Beauvais, de Clermont et dans le nord de l'arron- 
dissement de Compiègne. Ils sont plantés principalement le long 
des chemins ou en quinconce dans les champs ; quelquefois on y 
associe un certain nombre de poiriers à cidre. Lorsque les 
pommiers doivent être plantés sur de mauvais terrains, on greffe 
les variétés qu'on désire avoir sur des pommiers sauvages, qu'on 
appelle locquetiers. 

Les variétés les plus répandues sont la Reinette qui fleurit au 
commencement de mai ; le Bondy à branches horizontales et à 
feuillage très foncé ; la Courte queue, à cime élevée qui fleurit 
aussi en mai et dont le feuillage est pâle et cotonneux ; le Franc- 
joli qui a des branches basses et un bois cassant ; le pommier à 
grappes qui fleurit en juin et qui produit tous les ans. 

Il existe un nombre incroyable de variétés locales, portant les 
noms les plus différents. Les poires à cidre les plus estimées 
sont : la Bigard et V Alouette qui ont le défaut de fleurir à la fln 
d'avril ; le Bon chrétien qui fleurit vers la mi mai. 

Le cidre est la boisson principale des populations des contrées 
non viticoles. On en récolte annuellement 350,000 hectolitres. 
Dans quelques localités on mêle aux pommes et aux poires des 
fourdraines ou fruits du pommier sauvage. 

En moyenne il faut 7 hectolitres de pommes pour obtenir une 
barrique de cidre de 230 litres. E. 8. 



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— 288 — 
Écoles d'Horticulture de PÉtat. 

Le jury chargé de procéder à rexamen de sortie des élèves de 
l'École d'Horticulture de l'État à Gand, a terminé ses travaux 
le 22 août. Il se composait de deux membres du corps enseignant 
de chacune des écoles d'horticulture de Gand et de Vilvorde et 
était présidé par M. Oswald de Kerchove de Denterghem, 
gouverneur du Hainaut. 

Cinq récipiendaires ont obtenu le diplôme de capacité, ce sont : 
MM. Moerman Henri, de Gand ; Gaillard Fernand, de Huy; 
Francken Emile, de Gand ; Himbekb Julien, de Beernem, et 
Bertrand Georges, de Leyde (Néerlande). 

MM. Moerman et Gaillard ont subi les diverses épreuves 
avec la grande distinction. 

Le même jury, présidé par M. H. Boucet, propriétaire à Bru- 
xelles, a terminé ses travaux à l'École de Vilvorde le 6 septembre. 

Le diplôme de capacité a étéremis à MM. Gramme Zacharie, 
de Bouges; Mathen Auguste, de Messancy; Mosbeux Joseph, 
de Huy; Favresse Emile, de Bouillon; Crusse Antoine, de 
FaysPolleur; Français Eugène, de Jamoigne; Dernis Florun, 
de Nivelles; Lefebvre François, de Velaines; De Venster 
Alphonse, de Gors op Leeuw; Pépin Alfred, de Sart Dames 
Avelines. 

M. Gramme a mérité la grande distinction ; MM. Mathen, 
Crusse et Mosbeux ont obtenu le diplôme avec distinction. 

Examens d'admission. 

Les examens d'admission auront lieu à TÉcole d'Horticulture 
de Gand à la fin du mois de septembre. 

Pour les conditions s'adresser au Directeur, M. J. J. Kickx, 
au Jardin botanique de TUniversité, à Gand. 



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— 289 — 
Fraises nouvelles et peu connues. 

1. Secrétaire Bodigai, 2. Victor Hage. 

3. Madame Bah 4. Carolina superba, 

5. Surprise. 6. Louis Vilmorin, 

Les variétés de fraises qui composent notre planche de ce jour 
ont figuré à l'exposition organisée à Gand par le Cercle d'Arbo- 
riculture en juin dernier. Nous éprouvons le besoin de déclarer 
d'abord que les dimensions ont été exactement rendues par 
notre artiste M. De Pannemaeker. Il nous est revenu que 
des critiques ont été adressées aux reproductions chromo- 
lithographiques de fraises précédemment publiées par le BulU' 
Un. Un de nos amis nous a même écrit un jour, à propos des 
quatre fraises mises au commerce par M. MuLié, et auxquelles 
notre Bulletin a ouvert la voie dans le monde horticole, « ou bien 
vos fraises sont exagérées (et je ne m'arrête pas à cette hypo- 
thèse, puisque vous affirmez qu'elles ont été scrupuleusement 
copiées), ou bien elles ont été obtenues dans des conditions 
exceptionnelles de culture. » 

Arrêtons-nous également à cette deuxième hypothèse et lais- 
sons la première comme fiche de consolation aux esprits cha- 
grins qui ont de la répugnance à admettre que d'autres puissent 
mieux produire que ce qu'ils produisent eux-mêmes.... 

Notre ami, qu'entendait-il par conditions exceptionnelles de 
culture? Celles-ci ne seraient-elles pas plutôt les véritables 
conditions normales? 

Nous avons pu voir par nous-même dans les cultures de 
MM. Dblahousse, Burvenich et Van Wambeke — dont pro- 
viennent les fruits qui ont servi de modèles — dans quelles 
conditions ceux-ci ont été obtenus; nous avons examiné les 
plantes avant,pendant et après la période de production, et si nous 
avons pu constater quelque chose d'exceptionnel dans les pro- 
cédés mis en œuvre, l'exception ne consiste que dans les soins 
de culture donnés aux plantes avec plus d'intelligence, d'exac- 

20 



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— 290 — 

titude, de minutie peut-être, qu'on ne le fait généralement 
ailleurs, et avant tout dans un sol et une situation qui semblent 
parfaitement adaptés à la nature de ces plantes. 

Nous avons, d'ailleurs, peu de scrupule à déclarer que dans le 
choix de nos spécimens, nous nous sommes arrêtés de préférence 
à ceux qui nous ont semblé les plus beaux, les mieux conformés 
et se rapprochant davantage du type de la perfection. 

C'est là l'idéal que tous nous devons poursuivre dans nos 
recherches. C'est là aussi le but que doivent s'efforcer d'attein- 
dre, chacun dans sa sphère, le semeur ou l'obtenteur, le cultiva- 
teur ou l'amateur et le propagateur ou le publiciste horticole. 

* * 

Les deux beaux fruits figurés en tête de notre planche sont 
des gains de M. Delahousse^ à qui l'on doit l'obtention de 
plusieurs autres gros fruits remarquables qui sont actuellement 
en train de se répandre dans le monde entier. Les lecteurs habi- 
tuels des Bulletins connaissent déjà Théodore Mulié, Professeur 
Éd. Pynaert, Phénomène, Professeur Fréd.Burvenich^ Maréchal 
MaoMahon et Hélène Mulié, qui ont été figurés et décrits en 
1876, page 272. 

Les fraises Secrétaire Rodigas et Victor Eage sont de la même 
origine. 

Nous faisons suivre les descriptions que nous a envoyées 
de ces deux variétés, notre confrère M. Th. Mulib, qui en a 
acquis l'édition et qui les mettra simultanément au commerce 
avec notre Établissement. Nous devons ajouter que l'année a 
déçu notre attente pour ces fruits. Ils n'ont pas atteint, de même 
que beaucoup d'autres fruits, le développement dont ils sont sus- 
ceptibles dans une saison normale. Obtenus en pleine terre sans 
le moindre abri, ils ont été non seulement retardés dans leur 
maturité et dans leur grossissement, mais leur qualité s'en est 
considérablement ressentie. Malgré ces causes d'infériorité, ils 
n'en ont pas moins obtenu les suffrages des hommes méritants 
qui en ont accepté la dédicace. 



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— 291 ~ 

N* 1. — Seorétaire UodigaM (Mulié). 

Fruit très gros, ferme, de forme souvent variable, les pre- 
miers aplatis en crêtes lobées, les derniers arrondis ; couleur 
rouge pâle, rose clair vers le sommet. Graines saillantes, peu 
nombreuses. Chair blanc rosé, fine, très ferme, sucrée, juteuse 
et parfumée. Maturité hâtive. 

Plante moyenne, robuste. Feuillage vert foncé, luisant, 
refléchi ; fertilité très grande, production prolongée. 

Ois, — Fraise hors ligne ! excellente pour la grande culture, 
•tse forçant également bien, surtout en 2® saison. 

N* 2. - Victor Hage (Mulié). 

Fruit très gros, ovoïde, rouge clair. Graines peu enfoncées, 
peu nombreuses. Chair blanc rosé, juteuse, sucrée. Maturité 
très tardive. 

Plante moyenne, trapue, feuillage roide et gros; hampes 
fortes. Fertilité grande. 

Ois. — Cette variété a montré des fruits notablement plus 
gros en 1878 et bien plus considérables que le Professeur 
Pynaert et autres. 

N*" 3. — Madame Bal (De Jonghb). 

Nous avons fait pour la première fois connaisssance avec 
cette variété à TExposition de fraises à Gand, où elle faisait 
partie du lot de M. Van Wambeke. Ses belles dimensions^ sa 
forme et son coloris attrayant lui valurent une attention toute 
particulière. Que Ton dise ce que Ton veut, dans les expositions, 
les suffrages sont toujours aux plus belles et surtout aux plus 
grosses variétés. Les fruits exposés témoignaient par leur 
superbe venue de la perfection de leur culture. 

Fruit assez gros et quelquefois même très gros, de forme 
arrondie, conique, régulière. Couleur rouge carminé vif, luisant. 
Graines un peu saillantes. Chair blanc carné, très juteuse, 
vineuse, relevée. Maturité moyenne. 

Plante de croissance modérée, mais vigoureuse, rustique 
et très fertile. 



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— 292 — 

OU. — Obtenue en 1866 par feu De Jonghe, cette variété est 
peu connue des amateurs. 

N« 4. — Carolina superba (Kitlby). 

Notre chromolithographe a été bien mal inspiré dans la 
disposition qu'il a donnée aux fruits sur la planche. Cette 
variété se trouve masquée partiellement par Louis Vilfnorin, 
Le tirage de la planche a eu lieu pendant notre absence et sans 
Tapprobation préalable du Comité ; celui-ci n'aurait pas admis 
une disposition si peu heureuse. 

FruU de bonne grosseur, arrondi ou en cône obtus, de couleur 
rouge orange luisant; graines saillantes; chair tout à fait 
blanche, beurrée, fondante, parfumée, exquise. — Maturité 
moyenne. 

Plante naine, rustique, donnant peu de rejetons fertiles. 

Obs. — M. F. Glqede dit de cette variété, qui a été obtenue 
en 1854 par M. Kitley, à Bath, en Angleterre, qu'elle ne 
devrait manquer dans aucun jardin. Elle est bonne pour la 
forcerie en deuxième saison. Le fruit supporte bien le transport. 

N» 5. — Surprise (Myatt). 

Le spécimen qui a servi de modèle provient, ainsi que le 
précédent, des cultures de notre confrère M. Fr. Burvenich, 
qui s*est créé dans sa pépinière de Gendbrugge une spécialité 
de la culture des Fraisiers. Un autre spécimen de Surprise 
mesurait dans son plus grand diamètre 83 millimètres. 

Fruit gros, quelquefois très gros, énorme ; forme très varia- 
ble, tantôt conique, tantôt allongée, tantôt aplatie ou en crête 
de coq ; couleur rose vif avec une teinte saumonée ; graines peu 
enfoncées. Chair blanche ou blanc rosé, souvent creuse, fon- 
dante, juteuse, sucrée, de 2^ qualité, dans les sols exposés à 
Thumidité. Maturité moyenne et prolongée. 

Plante rustique, très vigoureuse et extrêmement fertile. 

Ods. — Obtenue en 1850 par M. Myatt, jardinier-maraîcher 
à Deptford, près de Londres, l'obtenteur de British Queen, Ai' 
mirai Dundas, etc. 



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— 293 — 
N° 6. — Louis Vilmorin (Robine). 

Cette variété, qui est depuis une quinzaine d'années dans le 
commerce, commence seulement aujourd'hui à être appréciée 
comme elle le mérite. Forcée en pots en deuxième saison, elle 
donne des récoltes magnifiques, et le fruit supporte bien le trans- 
port. Ce printemps, à la fin d'avril, M. Jérôme Lombard, jar- 
dinier chez M. Legrand-Lecreps, à Hornu, nous en a fait 
parvenir parchemin de fer, emballée dans une caisse, une potée 
splendide avec de nombreux fruits parfaitement mûrs et de 
beau volume. Plusieurs amateurs qui Tout vue, ne savaient de 
quoi Ton devait s'extasier le plus, ou de la perfection de la cul- 
ture ou de rhabileté que le jardinier avait déployée dans rem- 
ballage pour faire arriver la plante intacte. 

Fruit gros, souvent très gros, de forme régulière, en cœur. 
Couleur rouge orange foncé, luisante, graines saillantes. Chair 
rosée, pleine, rarement creuse, très juteuse, sucrée, parfumée, 
de très bonne qualité. Maturité moyenne. 

Plante rustique, fertile, très vigoureuse. 

Ots. — Obtenue en 1863 par M. Robine, horticulteur à Sceaux 
près Paris, cette variété est diversement appréciée. Madame 
É. Vilmorin, dans le Jardin fruitier du Muséum, lui reproche 
d'avoir parfois un arrière-goût acre. Nous pensons qu'elle est 
peut-être plus sensible que d'autres variétés aux influences di- 
verses qui peuvent modifier la saveur des fruits. Chez M. Ch. 
Van Wambeke, à Moortebeke près Bruxelles, nous en avons vu 
cette année encore, toute une planche admirablement chargée de 
fruits aussi énormes que celui qui nous a servi de modèle et qui, 
à la dégustation, nous ont semblé de qualité excellente. 

Éd. Pynaert, 



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— 294 — 

La question de la taille des arbres qu'on 
transplante. 

Je reçus dernièrement le n"* 5 du Bulletin d'arboriculture qui 
circule parmi les membres de notre association, et j'y lus avec 
plaisir un article de M. Hutsebaut. La Rédaction dit qu'elle en 
laisse la responsabilité à l'auteur de l'article, or, je suis d'avis 
que la vérité est de son côté, et cette responsabilité me semble 
donc peu lourde. 

Il est certain qu'il y a corrélation entre le système foliacé et 
le système radiculaire. On le prouve en effeuillant un arbre 
pendant l'été. Lorsque en 1860 le mémorable ouragan de la 
Pentecôte eut tout détruit, beaucoup d'arbres ne purent se 
remettre parce que le système radiculaire était également devenu 
malade, et la transplantation avec la taille nécessaire des racines, 
était devenue indispensable. Mais il ne s'agit pas de cela, ce sont 
là des troubles accidentels causés pendant que les arbres ont une 
végétation normale. Il s'agit ici d'arbres qu'on transplante, dont 
les racines sont donc fortement atteintes et alors nous disons avec 
M. Hutsebaut, bien que les feuilles soient des organes indis- 
pensables, que néanmoins pour arriver à leur premier dévelop- 
pement, elles doivent être nourries par les racines. 

Chaque année, à l'automne, je reçois de France des plantes 
emballées dans de la mousse. Ces plantes sont mises en jauge. 
Et au printemps, lorsqu'on relève ces plantes avant qu'on 
aperçoive la moindre trace de formation foliacée, c'est plaisir à 
voir combien déjeunes racines ont poussé à travers la mousse. 

Dans tous les arbres, par conséquent aussi chez ceux qu'on 
transplante, il y a assez de substances emmagasinées pour pro- 
voquer ce premier développement et pour donner aux substances 
nutritives la force de former des parties aériennes. Et lorsqu'elles 
ont provoqué le développement des feuilles, il existe en retour 
un échange de substance ; toutefois l'essentiel est amené par les 
racines. La feuille puise de la nouriture dans l'air. Certainement! 
Cependant un arbre placé dans un air favorable mais dans un 



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— 295 — 

mauvais sol, ne croît pas, tandis que celui qui se trouve dans un 
bon sol n'est pas aussi sensible à Tair. 

La théorie est utile, même indispensable ; cependant Texpé- 
pience sera la meilleure institutrice. Or celle-ci nous a appris à 
nous, pépiniéristes de Boskoop, de receper tous les arbres que 
nous transplantons, parce que les racines ont aussi subi la taille 
et afin de maintenir ainsi la proportion qui doit toujours exister 
entre la force et le besoin. 

Les membres du Cercle qui ont visité Boskoop le mois passé 
ont pu se convaincre de Tapplication de ce procédé dans les 
diverses pépinières qu'ils ont parcourues. 

A cette règle générale il y a, comme toujours, une exception. 
Lorsqu'à la fin du printemps nous avons encore des arbres en 
jauge dont, pour Fun ou l'autre motif, nous n'attendons qu'une 
croissance faible, chétive, nous les plantons avec tout leur bois, 
pour les tailler largement l'année suivante afin d'obtenir de for- 
tes pousses. Si ces ramifications sont très longues, nous en 
enlevons une partie pour y revenir l'année prochaine. 

C, De Vos. 
Hazerswoude, juillet 1879. 



La culture en pots de la Vigne. 

La culture en pots de la Vigne tend à se généraliser de plus en 
plus en Belgique, et les avantages de cette culture ont été con- 
statés par quelques amateurs sérieux. Il sera donc utile de donner 
aux lecteurs des Bulletins quelques conseils en vue d'assurer la 
réussite. M'étant occupé spécialement de la culture de la Vigne 
dans l'Établissement Pbarson où l'on consacre trois à quatre 
mille mètres carrés de verre à cette branche de l'horticulture, 
je me crois d'autant plus autorisé à émettre les avis suivants, 
que l'application des principes ^ recueillis en Angleterre a été 
couronnée en Belgique, dans l'établissement de mon père, par 
des résultats très satisfaisants. 

On cultive les vignes en pots dans deux buts : soit pour les 



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— 296 — 

déplanter plus tard à demeure en pleine terre, soit pour les faire 
fructifier en pots. Ce mode de culture n'est très lucratif que 
quand on parvient à vendre les plantes chargées de leurs grap- 
pes. En tous cas, c'est une culture par excellence pour Tamateur. 
En Angleterre, c'est l'habitude dans quelques maisons de servir 
les fruits sur les arbres. Ainsi en visitant les cultures du duc de 
Bbvonshirb à Chats worth, j'ai trouvé une serre remplie de ces 
plants chargés de leurs fruits. Là les plantes sont cultivées en 
pots de 15 à 20 centimètres de diamètre placés eux-mêmes dans 
des pots beaucoup plus grands. Quelques racines, en perçant le 
premier pot, entretiennent l'arbre en bonne vigueur et lui per- 
mettent de bien fructifier. Quand on sert l'arbre à table les 
racines perçant le premier pot sont coupées et les plantes, quand 
elles sont bien arrosées, tiennent pendant longtemps encore. 
Ces plantes sont ensuite jetées. 

Le grand point de la culture en pots de la Vigne, c'est de pré- 
parer les pieds exprès pour la plantation à demeure, et à ce 
propos on peut dire avec les Anglais : Ne plantez jamais que 
des vignes élevées en pots. 

Quand on met à demeure une vigne cultivée en pots, on peut 
dès la première année s'attendre à deux ou trois belles grappes. 
Si on emploie une vigne sortie de pleine terre, déplantée avec 
tous les soins, on ne fait la première année que rabattre sur uû 
œil pour former le nouveau cep, sur lequel on ne formera les 
coursonnes que la seconde année. Il y a donc perte d'une année 
au moins, car il n'est pas rare que la seconde année le pied ait 
si peu fait qu'il faut encore receper une fois. Nous pouvons donc 
dire qu'il y a perte de temps et par conséquent perte d'arçent. 
C'est aussi la première année d'une plantation qu'il est le plui 
agréable d'avoir une récolte, quelque petite qu'elle soit. Elle 
est pour l'amateur un encouragement et un puissant stimu- 
lant. Si une vigne ne produisait ^ue la quatrième ou cinquième 
année, fût-ce en assez grande quantité pour indemniser de la 
longue attente, les amateurs éprouveraient moins de plaisir, et 
on ne les verrait pas surgir en si grand nombre. Ce qui arrête 



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— 297 - 

encore beaucoup d'amateurs de planter des vignes cultivées en 
pots, c'est le prix élevé de celles-ci en comparaison de celui des 
vignes à racines nues. C'est cependant un faux raisonnement de 
leur part, car quand une serre construite en vue de donner du 
fruit a coûté 1500 fr., on ne peut réaliser qu'une cinquantaine 
de francs d'économie en plantant des vignes sorties de pépinière. 
Si Ton veut économiser, il est plus logique de le faire sur le 
bâtiment que sur les plants. 

Quand on cultive des vignes en pots, on doit tâcher d'avoir 
dès la première année de l'empotage une pousse aussi forte que 
possible et bien aoûtée. Prenons trois ceps de la même force, 
produits par un chevelu de racines en place depuis une, deux ou 
trois années. La plante d'une année vaudra le double de celle de 
deux, et le quintuple au moins de celle de trois, car plus les 
racines se développent, plus elles se contournent et s'enlacent ; 
c'est là un grand inconvénient,car au bout de deux ans de planta- 
tion,les racines en grossissant se serrent les unes contre les autres 
jusqu'à un moment où tout développement leur de vient impossible. 

On produit les vignes en pots de trois manières principales. 

On plante en pots de 0™15, des boutures d'un an bien déve- 
loppées et arrachées avec soin. On enterre dans une couche tiède, 
et quand les radicelles tapissent bien la paroi du pot, on les 
rempote dans un pot de 0"20 où ils passent l'été. 

On peut également marcotter en pots, mais je n'ai jamais vu 
de bons résultats de ce procédé. Les marcottes souffrent beau- 
coup au sevrage et on a souvent affaire à un beau cep dont les 
racines sont peu nombreuses. Si une différence d'équilibre entre 
les racines et le bois pouvait se produire, ce serait en faveur du 
premier système qu'elle devrait exister, tandis que chez la mar- 
cotte, nourrie simultanément par les racines aériennes et celles 
du pied mère, le système aérien l'emporte toujours. 

Ce qu'il y a de mieux à faire c'est de produire les vignes en 
pots dès le principe, et cela par boutures d'un œil. J'indiquerai 
successivement tous les soins à prendre durant la formation et la 
croissance des pieds formés de cette façon-là. 



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- 298 -- 

Depuis la mi-février jusqu'au commencement de mars c'est 
répoque la plus favorable à cette opération. On procède dans une 
serre à multiplication, de préférence à deux versants, bien 
éclairée, et sur une coucbe de tannée, ou chauffée au thermosi- 
phon. La chaleur ne peut être inférieure à 12" ou 15° c, et 
la terre doit être tenue légèrement fraîche. Le pot a un diamètre 
d'environ 8 centimètres. On y met un bon drainage, puis on 
remplit de terreau préparé pour la culture en pots, jusqu'à ue 
centimètre du bord. On y sème une mince couche de bon terreau 
tamisé, on y couche la bouture et on remplit le pot de ce 
même terreau. Les Anglais ont un mélange de deux parties de 
terre argileuse douce, de deux parties de leur peat et de une 
partie de fibre de noix de coco décomposée. Le mélange est passé au 
tamis. La bonne terre de feuilles tamisée remplace parfaitement 
ce mélange. 

On fait les boutures à un seul œil, et l'expérience a démontré 
que ces boutures donnent les meilleures plantes, ce qu'il faut 

attribuer à ce que la pa^ 
tie aérienne et la partie 
souterraine ayant leur ori- 
gine en un point commun, 
leur communication est 

Fig. 49. — Bontnre de vigne à nn oeil. pluS facile. 

Bans le temps on croyait qu'il fallait absolument tailler ces 
boutures en biseau comme dans la figure ci-dessus. C'est une 
complication qui ne présente pas d'avantage. 

Au contraire, on coupe net les extrémités des deux côtés de 
l'œil. Les boutures ont une longueur de 4 centimètres au plus 
et sont couchées l'œil tourné vers le haut. Il faut prendre du bois 
fort, bien aoûté, muni de bons yeux, et choisir comme mères des 
arbres sains ayant fructifié. En prenant consécutivement des 
boutures sur des ceps jeunes, on affaiblit sensiblement la variété, 
et les vignes deviendraient insensiblement stériles. Cette règle 
est du reste générale pour toutes les essences fruitières et les 
Anglais en tiennent grand compte. 




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— 299 — 

Les racines paraissent en premier lieu aux deux extrémités de 
la bouture et plus tard il s'en développe sur le coussinet de l'œil 
Ces racines l'emportent bientôt et on doit y compter le plus. Il 
serait donc intéressant d'essayer si un petit cran fait à la base 
de ces coussinets ne favoriserait pas leur émission à cet endroit. 
Les boutures sont placées sur leurs pots dans une couche, sous 
simple verre. Les gouttelettes de vapeur condensée, les limaces 
et les grillons sont les plus grands ennemis. On prend ces der- 
niers en enterrant en différents endroits de la couche des vases 
remplis d'un liquide sucré, tandis que les limaces se prennent au 
fur et à mesure qu'on s'en aperçoit. Les barrières de chaux 
vive sont utiles, mais insuffisantes. 

Au bout de 5 à 6 semaines, les boutures ont franchement 
repris, surtout si on a élevé un peu la température de la couche; 
bientôt elles tapissent les parois des vases et peuvent être 
remises dans des pots de 0'"12 environ. En rempotant il ne faut 
pas déranger la motte; la reprise en souffrirait et le moindre 
retard fait compte, quand il s'agit de former de bon plant dès la 
première année. Après ce rempotage, on plonge da nouveau 
dans une couche chauffée, dont la température peut s'élever 
insensiblement jusqu'au moment où les racines tapissent les 
pots. Alors on commence à bien arroser et à donner de l'air. La 
température d'une serre bien éclairée et aérée peut s'élever par 
un temps serein jusqu'à 22° c. Les pieds laissés en pots de 0'"12 
pendant un mois sont aptes à un nouveau rempotage. On fait 
un triage ; les plantes qui ont bien poussé sont mises en pots 
de 0"18 à 0""20; les moins bonnes, en pots de 15 à 16 maximum. 
On ne dérange pas plus la motte que la première fois, on plonge 
pour quelques jours encore en couche tiède, mais ce n'est pas 
nécessaire et on peut, pour éviter trop de déplacement, mettre 
directement en place. 

Dans les cultures de MM.Paul deCheshunt, de M. RiVERS,des 
ducs de Bevonshire et de Rutland, j'ai vu plonger les vignes 
dans des feuilles sèches. Cette matière, quand elle repose sur un 
plancher chauffe au thermosiphon, est très bonne. Chez M. Ri- 



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— 300 — 

VERS de Sawbridgeworth j'ai vu des vignes en pots placées sur 
des ardoises posées sur deux tuyaux de chauffage dont la tempé- 
rature s'élevait jusqu'à 50°. Des feuilles bourrées entre les pots 
empêchaient Tévaporation des parois. On devait arroser firé- 
quemment, et les plantes poussaient fort bien. L'essentiel, c'est 
d'avoir une serre sèche, bien éclairée et bien aérée. Dans les 
milieux très chauds, où l'aération n'est pas suffisante, les feuilles 
se couvrent de verrues à la face inférieure. Leur belle couleur se 
perd et leurs dimensions sont moindres. Quelquefois aussi 
l'araignée rouge se met de la partie. Une atmosphère humide, 
stagnante, occasionne le blanc de la vigne ou oïdium. Ces mala- 
dies se combattent par des moyens que j'ai déjà indiqués en 
parlant de la culture de la Vigne en général, mais il vaut 
mieux prévenir que devoir guérir. 

Quoiqu'il soit très avantageux d'avoir dès la première année 
des pieds capables de fructifier la seconde année, on n'y parvient 
jamais avec toutes les vignes : Une bonne moitié n'atteindront 
que la grosseur d'une forte plume d'oie. Si on veut les tenir en 
pots, on doit au printemps secouer la terre, peigner les racines 
et les tailler pour que rien ne reste enchevêtré et empoter dans 
des pots d'une douzaine de centimètres pour commencer, et 
plus tard dans des pots de 20 centimètres; soigner comme je 
l'ai expliqué pour des boutures. Mais ces vignes là sont aussi 
plantées en demeure, et si le bois est mùr, on peut compter sur 
une ou deux grappes. Ce sont les pieds de seconde qualité. 

Les vignes cultivées en pots sont transplantées avant, pendant 
ou après l'hiver. J'ai essayé et vu essayer les trois époques, et je 
me suis décidé pour la toute première, voir même en certains cas 
pour la fin de septembre. Si, à cette époque, on peut se procurer 
des vignes à base bien aoùtée, on peut les planter immédiate- 
ment. Elles s'établissent avant l'hiver, ne souffrent pas de la 
mauvaise saison et repoussent au printemps avec le plus de 
vigueur. Cependant quand la serre où se trouvent les vignes, est 
destinée également à hiverner des plantes demandant de l'humi- 
dité, on ne plantera qu'en mars. Mais en règle générale, la Vigne 



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— 301 — 

aura un local destiné à elle seule, où tout au plus on n'abrite 
que ce qui peut être tenu sec en hiver. 

En Angleterre, la terre employée dans la culture en pots de la 
Vigne diffère dans certains établissements. Sur le continent, on 
s'efforce à les imiter, et il est des amateurs qui font un grand 
secret du compost qu'ils emploient. Le temps de ce puéril 
égoïsme est heureusement passé pour l'horticulture. Où serait 
le progrès si chacun en était réduit à ne savoir que ce qu'il 
a appris par lui-même ? Que n'apprend-on pas par les con- 
seils et les indications de ceux qui prennent plaisir à divulguer 
leurs secrets ? Et où en serait le commerce hqrticole sans les 
publications, sans les écoles et surtout sans les années d'ap- 
prentissage? 

C'est en me basant sur ces réflexions que je communique 
sans réserve ce que j'ai appris ailleurs, sans me soucier que les 
secrets des malins deviendront ceux de Polichinelle. 

Voici ce qui a rapport à la terre employée en Angleterre, et 
qui a donné chez nous de bons résultats. 

Au mois de septembre, nous nous procurons des gazons d'une 
prairie argileuse où les inondations n'atteignent pas. Plus 
l'herbe est vieille, mieux cela vaut, car les radicelles nom- 
breuses tiennent le compost dans un état meuble et perméable. 
On met les gazons en tas, l'herbe tournée vers le bas, en plaçant 
entre chaque couche un mince lit de crottins de cheval. C'est le 
meilleur engrais, mais on ne peut l'employer qu'après l'avoir 
laissé sécher pendant 5 ou 6 jours en mince couche, au soleil 
brûlant. Les champignons n'y viennent plus alors. 

Quand les vignes en pleine pousse ont O^'ôO à peu près, on ne 
peut que gagner en pinçant la tête. Le pied s'arrête momenta- 
nément et les yeux se fortifient. Mais si on opérait trop tard, on 
risquerait que l'œil du haut ne partît pas. Les ailerons sont pin- 
ces à une feuille, et arrêtés à une autre au fur et à mesure qu'ils 
repercent. S'ils sont très forts, et que le pied est de bonne vigueur, 
on les supprime complètement. Les vrilles sont coupées. Quand 
on tuteure, on doit faire attention à ne pas trop serrer le lien. 



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— 302 — 

Laissez un bon espace, car le moindre étranglement de la pousse 
herbacée devient fatal. 

Les vignes peuvent être trop serrées dans la serre et en géné- 
ral il ne faut pas plus de deux rangées de chaque côté d'une 
serre à deux versants de 3 mètres de largeur. 

Dans un prochain article, j'espère traiter des autres arbres 
fruitiers qu'on peut élever en pot avec quelque succès, surtout 
les Pêchers et Brugnoniers. 0. Burvenich. 



Songez à vos légumes, l'hiver est devant 
la porte. 

L'été a pour ainsi dire été nul, la chaleur insuffisante pour 
mûrir les fruits et pour faire ^x)ûter le bois ; on aurait pu pres- 
que s'abstenir d'ombrager les serres, à peine a-t-on pu suspen- 
dre pendant quelques jours le chauffage. Et cependant tout cela 
n'a pas empêché notre planète de tourner sur son axe comme 
autour de l'astre du jour, source de toute vie et dont pour 
longtemps va nous manquer la salutaire influence. A sa 
place plusieurs mois de mauvais temps, pluies, neiges, gelées 
nous attendent. 

Le temps à l'équinoxe d'automne n'a rien d'attrayant, en 
Belgique au moins, pour le flâneur. Mais il doit inquiéter 
sérieusement l'horticulteur. Que de mesures a-t-il à prendre 
en vue de l'hiver! Il y aurait un petit volume à écrire à ce 
sujet ; nous ne voulons parler aujourd'hui que de ce qui 
a trait à la conservation de quelques légumes. 

Si à ce moment la plupart des annuelles, comme pois, pour- 
pier, etc., sont passées, de certaines autres il y a moyen de 
prolonger un peu la jouissance, par exemple le cerfeuil, la 
laitue, l'épinard et même le pourpier. Il suffit pour cela, soit de 
les couvrir de châssis qui ont servi pour les melons, soit, à 
défaut de cela, de les couvrir de ramilles sur lesquelles on étend 
de simples nattes, la nuit, pour les enlever pendant le jour 
quand le temps est assez doux. 

Il y a une autre série de légumes, les bisannuelles, dont le 



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- 303 — 

développement est arrivé à son maximum à cette saison et qu'il 
s*agit justement de conserver le plus longtemps possible dans cet 
état et propres à la consommation. Ces légumes peuvent se 
subdiviser en espèces ne craignant pas beaucoup la gelée et en 
espèces qui y sont d'autant plus sensibles que leur état de matu- 
rité est plus avancé. 

Bans la !'• catégorie nous rangeons les choux de Bruxelles, 
poireaux, panais, chicorée et scorsonères, même les choux de 
Milan et brocolis jusqu'à un certain point. A la rigueur, ce» 
légumes, sauf les deux derniers peut-être, pourraient parfaite- 
ment rester à demeure et ne nécessiteraient aucune précaution 
durant tout l'hiver : on prétend même que les panais, scorsonères, 
et pourquoi pas aussi les carottes, gagnent encore beaucoup en 
grosseur et en richesse nutritive en demeurant le plus longtemps 
possible en place après la Toussaint. Il y aurait à ce sujet 
une expérience comparative assez facile à faire et qui ne 
serait pas dépourvue d'intérêt. Nous appelons sur ce point 
l'attention des intéressés. 

Mais nous nous éloignons de la question. En attendant qu'on 
soit fixé à cet égard, faut-il ne rien faire pour les légumes 
rustiques ? Notre avis est que si. Surtout dans le but de pouvoir 
réoccuper le sol ou du moins le mettre en bi lions au lieu de le 
laisser se compacter durant l'hiver, il faut enlever tous les 
légumes et les replanter assez rapprochés les uns des autres dans 
un coin perdu du jardin et de préférence au nord. Cela les 
arrêtera complètement, ce qui est désirable, et puis si une trop 
forte gelée survenait, on serait mieux à même, les ayant réunis, 
de les abriter suffisamment pour ne pas devoir interrompre 
l'usage ou la vente quotidiens. 

On devra agir ainsi pour les plants complètement formés. 
Quant à ceux qui vers la Toussaint ne sont pas encore aussi 
avancés, il vaut mieux les laisser en place au moins provisoire- 
ment, c'est à dire tant que les froids trop vifs n'aient pas arrêté 
entièrement leur croissance. Ce moment arrivé, traitez-les 
comme il vient d'être dit. 



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- 304 — 

Nous avons nommé aussi les choux de Milan et le brocoli ; 
tant que les premiers ne sont pas trop mûrs mais encore 
bien verts, ils supporteront parfaitement la gelée — la même 
observation est valable pour le céleri vert, à moitié venu — 
et quant au second, le brocoli, qui peut facilement suppor- 
ter-7° à-8*> c, on le tue bien plus vite en le couvrant trop tôt 
et trop qu'en remettant cette opération. Mettre les plantes en 
rigoles, soulever un peu la motte d'un côté afin de pouvoir incliner 
les pieds plus ou moins vers le nord, puis amener de la terre 
et de la litière jusqu'aux feuilles inférieures et répandre un peu 
de paille et des ramilles par dessus le tout quand le froid de- 
vient trop intense, est bien le moyen le plus simple et le 
plus sûr de les bien hiverner. 

Voilà pour les légumes peu sensibles. Mais il j en a d'assez 
délicats. De ce nombre sont les artichauts, les cardons, les 
carottes, pouvant se passer de lumière, et les différents choux 
pommés mûrs, chouxfleurs, endives, céleri et laitues pommées, 
tous ayant plus ou moins besoin de lumière et même d'air pour 
ne pas moisir et se gâter. 

Pour les artichauts, pas trop tôt mais pas trop tard non plus, 
couvrez en un certain nombre, après avoir réduit leur feuillage, 
d'un capuchon de paille et mettez de la litière sur le pied . Pour 
le restant, coupez tout rez et même sous terre, mettez sur chaque 
pied une tuile renversée, puis une butte faite avec la terre 
retirée d'une rigole ou tranchée à faire entre les lignes. Après 
les fortes gelées, on n'a qu'à niveler le sol ; ce moyen nous a 
toujours bien réussi. 

Les cardons devront être légèrement empaillés, puis enlevés 
avec un peu de racines au collet et être plantés ainsi dans du 
sable dans un endroit sec de préférence, mais dans tous les cas 
à l'abri de la gelée. 

Enfin les carottes et autres racines charnues doivent d'abord 
être dépouillées de leurs feuilles — non de leur collet — puis 
séjourner un jour ou deux au vent. Mais après, comment les 
conservera-t-on le mieux ? Si on les enjaugeait en terre sablon- 



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- 305 - 

neuse un peu obliquement les unes contre les autres, dans une 
tranchée où on pourra plus tard les recouvrir d'un peu de 
feuilles contre la gelée, elles resteraient certainement plus 
fraîches et de meilleur goût. Mais ce goût se perd cepen- 
dant à la longue et puis il y' a toujours Thumidité à 
craindre en hiver. Ne traitez donc ainsi qu'une partie de vos 
racines; conservez la grande provision de carottes dans un silos, 
seulement ayez soin d'établir celui-ci en terrain sablonneux, sur 
la hauteur du potager et de façon à ce que les eaux n'y restent 
pas stationner. Couvrez ensuite d'une bonne couche de paille 
d'abord, de terre par dessus en y ménageant une ou deux chemi- 
nées, pour l'échappement du gaz. Ainsi les carottes se faneront 
bien quelque peu, mais il suffira pour les faire roidir, de les 
mettre la veille de leur emploi à la cuisine, non dans de l'eau, 
mais dans de la terre bien fraîche. Vers le mois de février, 
nous conseillons de retirer les carottes restantes du silos, de leur 
couper alors le collet et de les enjauger en terre, sinon elles 
vont se mettre à pousser et perdront leur goût. 

Pour les légumes ne pouvant pas être privés longtemps d'air 
et de lumière, voici comment on peut les traiter. Les choux- 
fleurs qui commencent à marquer, comme les laitues aux trois 
quarts pommées vers cette époque, ont dû être plantés à des- 
sein de manière à pouvoir être couverts à présent par les coffres 
ayant servi pour les melons. En y mettant les châssis d'abord 
et ensuite les paillassons, la nuit, suivant que le froid augmente, 
il y aura moyen de prolonger beaucoup la jouissance de ces 
légumes. Pour ceux qui sont mûrs, il n'y aura guère moyen 
de les conserver quelque peu qu'en les séchant pour ainsi dire, 
en les suspendant à une ficelle, la tête vers le sol, dans une 
cave sèche. 

Les endives devront être liées légèrement, par une journée 
sèche, puis enlevées et déposées les unes contre les autres et 
au-dessus du sol, de préférence au dehors, mais dans un endroit 
sec et élevé du jardin où il y aura moyen de les entourer 
bientôt et suffisamment de litière et de les couvrir au besoin 



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— 306 — 

avec des paillassons. Sinon, il faut les mettre en cave, mais à 
moins que celle-ci ne soit saine et sèche, les endives y pourris- 
sent bien plus vite que dehors. 

Il reste les choux. On les perd bien plus en les couvrant 
trop tôt et trop qu'autrement : Tessentiel est de les mettre à 
Tabri du vent et de l'humidité surtout. Évidemment ils ne 
doivent pas geler ; mais il ne faut cependant pas de chaleur 
non plus. Nous avons toujours le mieux réussi en les enjau- 
geant ou en les entassant au milieu d'un groupe de grands 
Conifères plus ou moins dégarnis à l'intérieur, comme il en 
existe toujours dans les jardins de château. Nous donnons ce 
renseignement surtout aux jardiniers de propriétaires. 

Enfin le céleri. Nous 'conseillons de ne pas planter la provi- 
sion d'hiver dans les endroits les plus humides du jardin. Ce 
sera une première bonne précaution de prise. Buttez ensuite 
le plus tard possible, par un temps sec. Laissez cette butte tant 
qu'il ne gèle pas trop fort; alors seulement garnissez la butte de 
feuilles de chaque côté et pour ce qui est du dessus, mettez-y 
des ramilles d'abord, suffisamment de paille et de long fumier 
ensuite. Enfin faites une rigole assez profonde autour de la 
butte, afin d'éconduire les eaux surabondantes toujours si per- 
nicieuses à tout en hiver. 

Comme recommandation générale ajoutons encore qu'après 
avoir dû couvrir pour la gelée, il faut aussi découvrir pour le 
dégel. Mais faites-le d'autant plus graduellement que la gelée 
a été de plus longue durée. H. J, Van Huile, 



Le charbon de TOignon. 

Les oignons {Alliwn cepa) sont attaqués dans les environs 
de Paris par une maladie spéciale non encore signalée qui, 
paraît-il, serait originaire d'Amérique et qui remplit d'une 
poudre noire l'épaisseur des écailles du bulbe et la base des 
feuilles. M. Max Cornu a étudié ce nouvel état avec la con- 



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— 307 — 

science qu'il met à toutes ses investigations. Les résultats de ses 
recherches sont que ces dégâts sont dus à un champignon origi- 
naire d'Amérique. La présence du parasite, en dehors du dépéris- 
sement qu'il cause, compromet la belle apparence des bulbes, 
modifie et altère leur blancheur. Au microscope, on voit cette 
poussière noire composée uniquement d'un nombre énorme de 
spores; ces spores, nous apprend Tabservateur, caractérisent 
une ustilaginée, V Urocystis Rabeh^uorst {Polycystis Le veillé). 
Elles sont jaune brunâtre, ovales, polyédriques, à mem- 
brane épaisse et entourées de cellules plus petites, hémisphé- 
riques, plus claires et fort nombreuses, qui les revêtent presque 
complètement. En 1877, le docteur Farlow, dans son rapport 
annuel sur l'état de l'Agriculture du Massachusetts, décrivait ce 
champignon sous le nom à'Urocystis cepulae. Dans les États 
américains du Connecticut et du Massachusetts où l'oignon est 
une branche importante de la culture, ce parasitecause des dégâts 
et des pertes considérables, comparables à ceux de la carie des 
céréales ou du charbon du blé, du maïs, du sorgho. C'est une 
maladie qui commence en Europe. On n'a encore aucun remède 
contre elle. Le chaulage des graines est sans effet, les traite- 
ments du sol sont inefficaces et, de l'avis des mycologues améri- 
cains, il faut attendre quatre années avant de recommencer les 
cultures dans le champ infesté. 0. Elipp. 



Une journée dans le Westland. 

{Suite, voir page 246.) 

Après avoir quitté TÉtablissement de M. Van Heyningen 
comme nous y étions entrés — c'est à dire au moyen de 
barques — nous reprenons nos équipages et nous nous dirigeons 
vers une des plus grandes exploitations du Westland; elle appar- 
tient à M. P. Van Ruyven, à Poeldyk, commune de Monster. 

Le pays est toujours le même, quoique nous nous éloignions 
jusqu'à une distance de 15 kilomètres de La Haie. 

En entrant chez M. Van Ruyven, nous remarquons tout 



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— 308 — 

d'abord quelques pommiers de plein vent, mais à tige fort basse. 
On sait que c'est un système en Hollande. Les tiges ne sont 
que des demi-tiges, c'est à dire hautes de 1°* à 1™50, à peine. 
Le pays étant tout plat, rarement entrecoupé de plantations 
d'alignement, les vents y ont beaucoup de prise. Voilà pourquoi 
on y rejette les arbres à tiges élevées. Ajoutons que les arbres 
n'en portent pas moins» de sorte que nous n'aurons aucune 
difficulté à donner pleine approbation à nos confrères bâta vas. 
Dans ces jardins destinés spécialement à la culture de spécula- 
tion, ou de vente si l'on préfère, on rencontre le plus souvent des 
espèces hâtives, notamment la pomme Kandij^ une sorte de 
pigeonnet, et une autre nommée Zomeraagt qui mûrissent des 
premières. On cultive aussi beaucoup la Belle fleur, si répandue 
et si estimée en Belgique, et on commence à planter beaucoup 
de Reinette monstrueuse. 

En parcourant le jardin qui entoure la jolie maisonnette de 
M. Van Ruyven, on ne tarde pas à reconnaître qu'on a affaire à 
un véritable connaisseur. Voici des plates bandes de fraises 
Princesse Royale^ aussi fertiles que bonnes dans ce terrain arti- 
ficiel. On aime aussi à les cultiver ici sous châssis froid et on dit 
le produit très rémunérateur. Voici des Beurré blanc à l'espalier 
qui n'ont pas du tout l'air dégénéré, quoique la variété soit 
d'âge à défier nos plus anciennes poires belges. Cette obser- 
vation n'a pas pour but de fournir un argument aux partisans de 
l'immutabilité des variétés fruitières. 

Mais poussons plus avant notre visite dans l'Établissement de 
M. Van Ruyven. C'est, croyons-nous, un établissement 
modèle, parfaitement entendu au point de vue du rapport 
et où tous les procédés appuyés sur le raisonnement sont 
appliqués exclusivement dans ce sens. 

L'exploitation comprend une étendue de 14 hectares; c'est 
comme on voit, de la petite culture en grand. 

On doit faire ici forcément delà petite culture, malgré l'éten- 
due de l'exploitation. Les canaux qui entrecoupent les parcelles 
et qui facilitent le transport des produits ainsi que celui des 



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— 309 — 

engrais, mettent obstacle à la grande culture. Les terres sont 
donc travaillées exclusivement à la main, impossible d'utiliser 
les chevaux. On conçoit que dans ces conditions, le nombre des 
ouvriers employés doit être assez considérable. D'après nos 
informations, celui-ci serait environ de 3 hommes par hectare, 
soit une quarantaine pour l'exploitation. Les ouvriers sont 
dirigés par un contre-maître, à qui on donne le nom de Zeibaas. 
A ce qu'il nous a semblé, celui-ci, de même que les ouvriers, 
ont tous une petite exploitation personnelle dont les produits 
sont placés ou vendus par le patron. 

Ce ne sont pas seulement les canaux, l'uniformité de la sur- 
face, la perméabilité du sol et sa fraîcheur perpétuelle même au 
milieu des plus grandes chaleurs de l'été (ici les eaux ne baissent 
jamais dans les canaux, leur niveau est maintenu constam- 
ment à la même hauteur au moyen de pompes d'épuisement) 
qui distinguent la culture de ce qu'elle est chez nous et 
ailleurs. Ce sont principalement les abris ou brise-vents, repré- 
sentés ici par des murs d'entrefend espacés de 45 mètres 
environ. Ces murs ont 2"25 de hauteur, plus ou moins, et sont 
généralement tapissés de vignes. 

Ils n'ont qu'une demi brique d'épaisseur, mais pour leur 
donner plus de résistance aux vents, qui sont très violents dans 
ce pays, on les double en guise de contreforts, de deux mètres en 
deux mètres, d'un second mur en demi briques à 30 centimètres 
du premier, de sorte que le mur peut être considéré comme mur 
creux sur la moitié de sa longueur, ce que beaucoup de praticiens 
considèrent comme très avantageux. 

Voici en plan la disposition de ces murs. 



Fig. 50. — Plaa des mars d'eatrefend dans le WeUland. 

Ces murs sont construits en deux fois, c'est à dire qu'on 
commence par les élever à 1"25 de haut seulement et qu'on les 
parachève deux ans plus tard, ceci afin de leur donner plus de 
résistance. Ils sont couverts en pannes. Inutile de dire que les 



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— 310 — 

matériaux sont de première qualité. Sans cela les murs ne 
résisteraient pas longtemps aux vents qui sont fort violents dans 
ces parages. En traversant le pays, nous en avons vu pas mal 
qu'on avait dû étançonner. 

Une disposition adoptée dans les cultures de M. Van Ruyven, 
et que les Bulletins ont signalée d'ailleurs, il y a quelques 
années, comme ayant été pratiquée dans les nouveaux jardins 
fruitiers de M. Db Poorter, à Dooreseele-Evergem, c'est que 
les clous qui devront servir au palissage sont enfoncés à 
l'avance dans le mortier encore frais. On les dispose régulière- 
ment à la distance de 15 cent, environ les uns des autres 
et entre tous les deux rangs de briques. 

La production de beau raisin de Frankenthal le long de ces 
murs, sans autre abri artificiel, voilà l'objectif, voilà la çreal 
attraction qui avait engagé la plupart d'entre nous à entre- 
prendre cette excursion (1). Nous nous étendrons donc un peu 
sur ce mode spécial de culture. 

Disons d'abord que nous n'avons pas rencontré de traces, 
dans le Westland, d'un mode de taille des productions fruitières 
dont il a été question dans les Bulletins du Cercle et que l'on 
pourrait appeler aussi taille sur empâtement, si le terme n'avait 
pas déjà été usé à propos du Poirier. 

Un de nos confrères qui a mentionné le procédé, avait fait, 
nous dit-il, cette observation dans une campagne des environs 
de Middelbourg, en Zélande ; toutefois, il peut paraître 
étrange que ce procédé fut même ignoré de M. Van Ruyven, 
qui est un homme instruit et intelligent et qui nous a paru 
au courant des méthodes de taille nouvelles. A ce propos, 
nous remarquerons que le mode de conduite de la Vigne, tel que 
nous le décrivons ci-après, d'après les indications de M. Van 



(1) Nous parlons en rèfçle générale. Car, déjà dans le Westland aussi, 
on commence à apprécier les avantages de la culture sous verre et tons 
ceux qui ont des châssis vitrés disponibles, ne se font pas faute de les 
placer devant leurs espaliers. 



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— 311 — 

RuYVEN, et qui au premier abord ne semble que l'application 
pure et simple de la routine suivie par nos confrères du Nord 
depuis plus de deux siècles, n'est pas aussi empirique qu'il 
en a l'air. Il s'agit ici d'un système, dans toute l'acception du 
terme et dont les principes se retrouvent même dans les modes 
de conduite appliqués en Hollande aux autres essences fruitières. 

Nous avons fait tout notre possible pour le saisir le mieux 
que nous avons pu. Si nous faisons erreur dans l'un ou l'autre 
détail, nous espérons que les excellents confrères qui nous 
ont si bien accueillis, voudront bien rectifier nos explications (D. 

Le dessin que nous reproduisons ici peut donner une idée 
complète de la façon générale d'opérer. A proprement parler, 
chaque cep est un cordon horizontal double muni de productions 
fruitières à la partie supérieure seulement. Passons sur le 
mode de formation de la charpente, qui est la même aussi pour 



(1) Nous avons cru nécessaire de prémunir nos leeteurs contre une 
erreur possible de notre part, parce que la rédaction des notes qui 
suivent, ne concorde pas complètement avec la manière de voir d'un 
des membres du Comité de Rédaction des Bulletins, qui a fait partie 
de Texcursion. En présence de ce désaccord, nous avons cru bien faire 
de soumettre notre exposé,avec la figure représentée ici,à M.Waldbck, 
lequel en a fait part à M. Van Ruyven. 

Nous faisons suivre la réponse de ce dernier, qui, sans abonder com- 
plètement dans notre sens, ne s'en éloigne pas assez cependant pour 
nous faire modifier nos expressions. 

Poeldijk, SJulij 1879. 
M 

De teekening van uwen wijngaard is vrij juist, maap heeft toch 
gebreken. Eerstens wij snoeien alleen op een oog de zwakste twijgjes 
onder op den stam, een weinig sterker al op twee oogen, zoodat wij al 
spoedig op 4 oogen snoeien. Is de gesteltak zoo hoog als op de teekening 
onder C D wordt aangegeven, snoeien wij ook op 4 oogen. Ten tweeden, 
het naar boven gebogen einde op den vleugel des booms is ook niet 
goed. Wij houden de vleugels zoo lang mogelijk in horizontale richting. 

Hiermede hopende aan Uw en die des Heeren meenlng voldaan 
te hebben, noem ik mij met achting 

Uw Dw. Dienaar, 
M. P. Van Ruyven. 



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— 312 — 
le Pécher. Au far et à mesure de leur développement, les 
sarments destinés à fournir les branches coursonnes, sont 
traités suivant leur vigueur. Très forts on les taille à 4 bourres 
ou yeux, moins forts à 2 seulement et, s'ils sont faibles, 
on les rabat sur un œil. Ainsi les sarments très vigoureux A B, 
A B se trouvant dans le premier cas, on les laisse encore 
s'allonger de quatre nouveaux entrenœuds ; les sarments moyens 
C D, C D sont raccourcis à 2 bourgeons ou bourres et enfin 




Fig. SI. — Mode de formation et de condaite de la vigne en espalier dans le Wettland. 

les productions peu vigoureuses E sont raccourcies sur leur 
œil de base. Tel est Icsystème, ainsi que nous l'avons compris. 

M. Van Ruyven, dans la lettre que nous publions en note, dit 
que, lorsque les sarments ont la vigueur que présentent ceux 
marqués par les lettres C D, on les taille aussi à 4 bourres. C'est 
que le burin du graveur n'a pas bien rendu notre pensée; 
il faut supposer que ces sarments ne sont que d'une vigueur 
modérée et ne sont pas aussi développés que notre dessin le 
montre effectivement. 

M. Van Ruyven émet aussi l'idée que les deux bras horizon- 
taux, au lieu de se relever, auraient pu encore fournir une course 
horizontale sur une certaine distance. C'est la vérité. Mais 



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~ 313 — 

nous avons observe que les pieds de vigne sont généralement 
espacés de 3'"20 à 3"50 et en donnant 3°*75 à celui que nous avons 
représenté, nous croyons lui avoir donné bonne mesure (D. 
On le voit, dans ce mode de formation, on ne tient aucun compte 
de l'équilibre entre les diverses branches fruitières. On n'a pas 
cette préoccupation. On taille pour avoir du fruit et c'est tout. 
De là, l'inégalité entre les diverses branches verticales, inéga- 
lité qui s'accentue davantage chaque année. 

Ceci du reste, on le conçoit, ne peut pas être autrement. A 
un moment donné, certaines branches s'élèvent trop et se 
rapprochent du faîte du mur ; on renouvelle alors toutes les 
productions fruitières en les ravalant jusque sur la charpente, 
pour recommencer le même procédé que celui que nous venons 
d'exposer. 

Quelques-uns de nos confrères ont insisté auprès de M. Van 
RuYVEN sur l'utilité de favoriser autant que possible dès le 
principe l'équilibre, c'est à dire l'égalité de développement entre 
les branches fruitières, en émettant Tidée que cet équilibre ne 
pouvait qu'être utile à la fertilité. Ici M. Van Ruyven a fait 
connaître une façon d'envisager la question qui s'éloigne tout à 
fait des idées que nous avons généralement, nous, en fait de 
fructification. Dans le Westland, nous dit M. Van Ruyven, on 
ne désire pas un trop grand produit. On se contente de 3 kilog. 
de raisins par mètre courant de mur ou approximativement de 
60 à 70 grappes sur un cep couvrant 3™50 de largeur de mur, 
celui-ci ayant 2'"25 à 2^30 de haut. On est convaincu qu'une 
production plus abondante n'arriverait pas à parfaite maturité, 
et cette conviction est basée sur une observation d'une longue 
série d'années. Et on ajoute : ce mode de taille produit les plus 
belles grappes de raisin et en outre celui-ci mûrit facilement. 

Voilà le système dans toute sa simplicité. Nous croyons 
inutile pour le moment de le discuter. Quant à ses résultats. 



(1) Le dessin est fait à l'échelle de 0<»03 par mètre. 



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— 314 - 

ils sont incontestables et d'autant plus extraordinaires qu'ils 
semblent obtenus dans des conditions plus défavorables, comme 
situation et comme climat. 

Le Pêcher donnerait également, à en juger par sa végétation, 
des produits abondants dans ce sol, à première vue si défec- 
tueux. Nous en avons rencontré un espalier de 8 mètres 
d'envergure sur 2"'75, complètement formé en 8 années. Quant 
aux variétés, nous avons relevé les noms suivants où la langue 
du pays ne craint pas de se mésallier fréquemment avec 
le français : 

De Zrvolsche (Sjn. : La Sourdine, Royal George] ; Vroege 
Avant [Avant Pêche rouge?) \ Bîanke Montagne {Double Mon- 
tagne blanche); Oktober Perzik {Pêche d'octobre). 

Nous avons dit que les murs-abris sont espacés de 45 à 
50 mètres environ. L'espace entre ces murs est livré à la 
culture potagère. Ici encore les procédés sont élémentaires. 
Tous les ans, le même terrain produit une première récolte de 
pommes de terre lesquelles sont suivies tantôt de poireaux, 
tantôt d'autres légumes d'été ou d'automne, mais de préférence 
de choux à jets. Les pommes de terre sont toujours des sortes 
hâtives destinées à l'exportation pour l'Angleterre. 

La Rose hâtive d'Amérique jouit d'une grande faveur pour la 
vente à l'étranger; pour la vente à l'intérieur, on n'en veut pas. 
Elle n'est pas, nous dit-on, assez bonne pour cela. 

Le produit de l'hectare est évalué à 200 hectolitres pour les 
variétés les plus hâtives; les tardives ou du moins les dernières 
cueillies, car il n'y a pas d'autres que des hâtives proprement 
dites, donnent jusqu'à 300 hectolitres. Les premières pommes de 
terre étant celles qui se vendent le plus cher, on n'attend jamais 
qu'elles aient atteint leur maximum de développement ou de 
maturité. 

L'exploitation de M. Van Ruyven nous a montré aussi un 
exemple réussi de la culture des groseilles à grappes et à 
maquereau sur une échelle relativement assez étendue. Les 
groseilliers à grappes sont élevés en touffes de 1 mètre de haut 



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— 315 — 

et sont espacés de 2 mètres entr'eux. Ils sont entrecoupés de 
pommiers à mi-tige, distants de 4 à 5 mètres. L'espacement 
entre les groseilliers épineux est un peu plus grand qu'entre 
les premiers. 

Les groseilles à maquereau sont, comme on sait, cueillies 
vertes et se vendent aussi pour l'Angleterre à raison de 6 florins 
le demi hectolitre, ce qui correspond à environ 28 francs l'hecto- 
litre. Les groseilles (à grappes) rouges valent d'habitude 
22 francs les cent kilogr. 

Tel est, rapidement esquissé, l'ensemble des cultures que 
comprend l'exploitation de M. Van Ruyven. Nous avons déjà 
dit que celles-ci s'étendent sur 14 hectares. 

Le sol n'est pas partout de nature primitivement siliceuse. 
En certains endroits, on reconnaît fort bien la tourbe, ailleurs 
nous rencontrons l'argile poldérienne. Eh bien, nous voyons 
ici mettre en pratique le procédé que nous avons toujours con- 
sidéré comme purement théorique d'amender les terres argi- 
leuses très fortes au moyen du sable. Dans le Westland, les 
terres sont régulièrement chargées de sable tous les 4 à 6 ans ; 
la proportion est de une brouettée par surface de 2 mètres 
carrés. A ce sujet, nous apprenons ici une particularité très 
curieuse. Cet allégement de la terre, cet amendement, ne per- 
siste pas. Le sable pénètre et descend et voilà pourquoi, au bout 
de peu d'années, il faut en rapporter une nouvelle couche. Ce 
sable est du sable des dunes. On va le prendre dans ces longues 
barquettes plates qui servent ici au transport de toutes choses 
et en somme cet amendement n'est pas trop onéreux. 

Quant aux engrais, on n'en emploie pas d'autre que la bouse 
de vache. Celle-ci se produit en quantité à Schiedam, le siège 
principal des distilleries hollandaises, qui est situé d'ici à mi- 
chemin de Rotterdam. Et l'on sait que les déchets des distilleries 
(qui sont au nombre de plus de 250 à Schiedam) sont utilisées 
pour l'engraissement des bestiaux. Généralement on n'estime pas 
assez la valeur de la bouse de vache comme engrais. C'est sans 
contredit le meilleur de ceux produits par les animaux. Il n'est 



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— 316 — 

pas échauffant, ne brûle jamais, convient à toutes les caltares 
et donne toujours des résultats certains. 

Nous avons été curieux de connaître la valeur de la propriété 
dans les conditions où la terre est exploitée, comme elle Test 
chez M. Van Ruyven. Cette valeur, qui est également quelque 
peu affectée actuellement en raison de la dépréciation sabie par 
toutes les propriétés, est en moyenne de 3000 florins (6350 francs) 
par hectare. Les murs sont vendus à part sur estimation. 

Nous devons constater que de Tavis unanime la visite des 
cultures de M Van Ruyven a vivement intéressé tous les 
excursionnistes et ceux-ci ne se sont pas fait faute de lai 
adresser leurs plus cordiales félicitations. Il est vrai que 
pendant ce temps une éclaircie s'était faite dans les nuages, 
ou plutôt ceux-ci, à force de se liquéfier, avaient momentané- 
ment perdu la faculté de continuer à nous inonder sans inter- 
mittence. Or, dans ces circonstances, Tidée seule de revoir un 
instant le soleil nous aurait rendus indulgent pour le monde 
entier. Mais le sentiment que nous éprouvions tous en ce mo- 
ment est tout autre, il faut le dire ; c'est celui d'une admiration 
sincère pour cette organisation remarquable, pour cette culture 
véritablement intelligente et par cela même lucrative et où, 
répétons-le, rien n'est abandonné aux chances du hasard. Ici 
encore on travaille à coup sûr. 

La description que nous venons de faire de l'exploitation de 
M. Van Ruyven, donne, croyons-nous, une idée assez complète 
du mode de culture adopté ici pour que nous n'ayons pas besoin 
de nous répéteren parlant de ce que nous avons vu dans les autres 
établissements que nous avons visités. Toutefois il ne sera pas 
inutile peut-être de signaler un exemple très remarquable de 
cordons verticaux que nous avons observés dans le jardin de 
M. Van Ruyven père. Il y avait là, contre un des murs de la 
maison d'habitation, une dizaine de cordons verticaux (attention!) 
espacés de 40 centimètres, ayant 7 mètres de hauteur et tous 
sans exception, garnis de fruits de haut en bas. Pour la curiosité 
de la chose, j*ai transcrit la liste des variétés composant cette 
plantation, toutes également fertiles : 



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— 317 — 

Beurré d'ÂremterÇy Calmar i'AremberÇy Louise tonne 
i'AvrancheSy Beurré Oudinot, Bon Chrétien William, Alexandre 
Bivort, Épargne [Cuisse Madame), Soldat Laboureur, Duchesse 
d'Angoulême, Fondante de Cuerne. 

Voilà certes un exemple que notre excellent collègue M. Bur- 
YBNiCH ne manquera pas de citer dans la nouvelle édition pro- 
chaine de ses Pignons perdus. 

Ah ! à propos de cela, nous allions oublier de rapporter qu'en 
traversant le village de Poeldyk (ou de Monster) nous en avions 
vu un admirable. Vraiment celui-là aurait fait tressaillir d'aise 
l'estimé et courageux champion des Pignons utilisés î Figurez- 
vous un mûrier cultivé en espalier contre un pignon de 8 met. 
de haut sur 7 mètres de large. Sa tige avait 1"30 de circonfé- 
rence. Et c'est qu'il avait encore Tair bien portant ! 

Et maintenant pour terminer notre rapport sur cette inté- 
ressante journée, il nous reste à parler du désàblement ou 
mieux de la mise en culture des dunes, opération gigantesque 
commencée par feu M. Gevers-Deynoot et continuée avec plein 
succès par son gendre M. P. F. L. Waldeck. Ce sera, si l'on 
veut, l'épilogue des procédés agricoles que nous avons appris à 
connaître dans cette journée. 

C'est le premier exemple réussi, crojons-nous, d'une mise en 
exploitation réglée des dunes et, à ce titre,il méritait toute notre 
attention. On sait que les dunes sont des monticules de sable 
mouvant qui proviennent de la mer. Celle-ci par son flux et 
son reflux abandonne sur le rivage des débris de coquillages et 
de roches granitiques, d'où le vent les enlève à leur tour pour 
les déposer sur la côte où ils forment bientôt de véritables 
hauteurs. Les dunes tendent ainsi à occuper des espaces de plus 
en plus grands, car le même vent qui les forme, transporte le 
sable plus avant dans les terres. A Loosduinen, elles ont une 
largeur de plus d'un kilomètre. Les essais faits pour flxer les 
dunes à l'aide de plantations n'ont pas donné jusqu'ici de résul- 
tats très appréciables. C'est qu'il n'est pas facile de combattre 
l'ennenai, quand l'ennemi est le vent et que le sol est mobile. En 



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— 318 — 

admettant que les plantations prennent pied dans le sable mou- 
vant et y trouvent les éléments voulus pour leur alimentation, 
le vent s'opposera toujours à leur développement jusqu'au mo- 
ment où elles parviendront à s'abriter mutuellement. Mais nous 
sortons de la question. 

Les dunes constituent une valeur nulle, attendu qu'elles sont 
improductives. Les travaux entrepris par MM. Gevers-Dbynoot 
et Waldeck sont parvenus à les transformer en terres fertiles. 
Ou dira, et on peut le dire, que c'est là un miracle. C'est le 
miracle que nous avons vu. 

Le procédé mis en œuvre est fort ingénieux ; il est au surplus 
tout à fait en conformité avec les procédés généraux de la cul- 
ture dans ces contrées où le niveau d'eau est maintenu artificiel- 
lement toujours à la même hauteur, avec la situation spéciale 
du pays et nous dirons presque avec l'aptitude native des 
habitants pour les travaux hydrauliques. 

Nous avons parlé tout à l'heure de l'emploi que Ton fait ici, à 
titre d'amendement, du sable pour rendre les argiles plus légères 
et les tourbes plus terreuses, si l'on peut employer cette expres- 
sion. A raison d'une brouettée pour deux mètres carrés, cela fait 
cinq mille brouettées par hectare. 

On voit que la quantité employée est notable et que cela valait 
réellement la peine de chercher à régler l'enlèvement du sable 
dans les dunes, tout en le facilitant, et de rendre à la culture la 
surface désablée. C'est le double problème qui a été résolu. 

Et d'abord on a prolongé jusqu'au pied des dunes le petit 
canal qui correspond avec tous les fossés navigables qui 
découpent le pays. Ainsi le chargement se fait tout à l'aise et 
le transport presque sans frais. 

Le creusement du canal dans le sable de la dune vaut à lui 
seul.... un long poëme. Notez qu'une fois arrivé au niveau de 
l'eau, un trou de deux fers de bêche dans ce sable mouvant se 
remplit d'eau et que les bords s'éboulent de façon à le combler 
à nouveau. Ëh bien ! le canal se creuse tout de même, sans 
digues, ni pompes, ni vis d'Archimède et sans qu'un ouvrier ait 



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— 319 — 

besoin de se laisser mouiller les pieds. Tout se fait an moyen 
d'une drague et d'un treuil. Celui-ci se trouve à Tavant sur 
la terre ferme dans la direction où Ion creuse le canal. On a 
au préalable enlevé le sable à peu près jusqu'à la hauteur du 
niveau de Teau. La drague est maintenue par une corde attachée 
à une traverse placée sur le canal et ne peut descendre et 
creuser que jusqu'à une profondeur déterminée. Elle est retirée 
par le treuil qui la déverse sur une brouette vide, pour être 
ramenée au centre du canal au moyen d'une corde passant sur 
la poulie de la traverse et attachée au pied du treuil. De cette 
façon deux ouvriers la font manœuvrer sans difficulté. Le canal 
n'a qu'une profondeur de O'^OO à 1"25 au plus. Les talus 
en sont fort évasés et les bords retenus au moyen de quelques 
mottes de gazon. 

Le désablement des dunes se continue ainsi en conservant 
au sol une hauteur de 50 à 60 centimètres au plus au dessus 
du niveau de Teau. Ce sol est tout blanc comme Test le sable 
des dunes. Pour tout engrais, il ne reçoit que du fumier de 
vache et pourtant, sur les parties nouvellement mises en culture, 
que de beaux légumes on nous a fait voir ! Quelles superbes 
laitues ! Quels magnifiques chouxfieurs ? Qui est-ce qui prétend 
que les chouxfieurs ne viennent pas dans les sables ? Et les 
fèves de marais ? Et plus loin toutes ces primeurs sous Terre ? 
Car nous sommes ici de nouveau dans un potager, ou plutôt 
dans une suite de potagers parfaitement exploités et la stupé- 
faction de nos cultivateurs fiamands et aussi de nos confrères 
wallons ne trouve pas d'expression devant tous ces produits 
succulents d'une venue si parfaite en plein sable blanc. On ne me 
le fera jamais accroire, dit l'un d'entre nous, en guise de con- 
clusion, « ça n'est pas le même sable que le nôtre. Nous aurions 
beau y mettre de la bouse de vache, jamais nous n'y obtien- 
drions des légumes pareils. > Et presque tout le monde d'opiner 
affirmativement. 

Le fait est que les résultats obtenus sont admirables ; mais 
comme nous le lisions récemment dans la chronique agricole 



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— 320 — 

d'un journal, on ne doit pas croire que les sables de la mer sont 
complètement infertiles; ils renferment non seulement da 
carbonate de chaux provenant des coquillages, mais ils sont 
imbibés de divers sels solubles dont plusieurs sont favorables 
à la végétation. Ajoutez à cela les phosphates et les sels de 
potasse et de soude, ainsi que les composés ammoniacaux que 
procure remploi abondant des fumiers d'étables à engraissement 
et Ton s'expliquera sans peine les merveilleux produits que 
Ton récolte dans ces sables vierges. 

M. Waldeck est déjà parvenu à mettre ainsi en culture 
vingt hectares de dunes. L'on ne s'étonnera pas, en présence des 
résultats atteints, d'apprendre que ces terres à peine défrichées 
et qui n'ont pas encore pu s'assimiler pour ainsi dire la moindre 
dose de terreau végétal — à preuve leur blancheur éclatante — 
sont louées à des prix que n'atteignent pas dans nos Flandres si 
riches les terres de première qualité. 

Nous engageons vivement les propriétaires flamands, amateurs 
de belles cultures, à aller visiter ces intéressantes exploitations. 
Comme nous, ils trouveront que le Westlani a réalisé au point 
de vue agricole, tel qu'on doit l'entendre dans nos provinces où 
la terre est excessivement divisée, de très grands progrès, et 
dont en maints endroits chez nous, on pourrait profiter égale- 
ment. Maintenant surtout que la culture des céréales et de 
beaucoup d'autres produits devient de moins en moins rémuné- 
ratrice sur des parcelles de peu d'étendue, il faut chercher à 
modifier la culture dans les Flandres. Pour arriver à exploiter 
plus fructueusement le sol qu'on ne le fait, il n'y a qu'à donner 
une extension plus grande à la culture maraîchère et à la culture 
fruitière. L'intérêt des propriétaires est ici celui des cultiva- 
teurs ; en traçant à ces derniers la voie, en les initiant aux 
procédés à suivre, ils travailleront par là même à l'augmen- 
tation de leurs revenus dans un avenir prochain et ils auront 
rendu un grand service au pays. Éd. PynaerU 



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- 321 — 
Le poirier Rival Dumont. 

Le superbe fruit figuré ci-contre sous le nom do Rival Dumont 
nous a été adressé par notre excellent collègue M. Delrue- 
ScHREVBNS, secrétaire archiviste de la Société royale d'Horti- 
culture de Tournai. 

C'est une variété encore peu connue et sur laquelle nous 
n^avons que des renseignements incomplets. En attendant que 
ceux qui nous ont été promis sur les mérites de Tarbre, sa 
vigueur, sa productivité, etc., nous parviennent, nous devons 
nous contenter de donner pour le moment une courte description 
du fruit. 

Nous reproduisons aussi, à titre de document historique, une 
partie de la notice consacrée au Beurré Dumont par M. Dblrub- 
ScHREVENS, dans le Bulletin de la Société royale d'Agriculture 
et d'Horticulture de Tournai (1) et qui se rapporte également au 
Rival Dumont,leq\xe\ est un gain du même obtenteur M. Joseph 
Dumont, jardinier du baron de Joigny àEsquelmes près Tournai. 

« M. Dumont n'a pas créé de pépinières proprement dites, le 
nombre de ses semis a même été assez restreint, et cependant 
Tarboriculture fruitière lui est redevable de plusieurs poires 
méritantes. Indépendamment de celle dont nous nous occupons 
aujourd'hui, nous pouvons citer le Beurré vert, le Rival Dumont 
et le Beurré éPFsquelmes. 

€ Nous nous demandons si les succès obtenus par cet arbori- 
culteur sont dus à une veine heureuse, ou aux soins particuliers 
qu'il a apportés dans ses semis? 

< Nous pensons que cette dernière hypothèse est la seule 
vraie; en effet, encouragé par les magnifiques résultats obtenus 
par M. l'abbé BouziN, curé de Ramegnies, dont le jardin est pres- 
que attenant au sien, M. Dumont planta quelques pépins dans le 
but unique d'enrichir la pomologie de nouvelles variétés. € Je 

(1) No 2, année 1872. 



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— 322 — 

n'ai jamais semé, me disait-il, que les pépins des fruits les plus 
beaux et les plus savoureux, et, après avoir jugé par moi-même 
de leur bonne qualité; lorsqu'ils répondaient à mon espoir, je 
les mettais précieusement de côté et c'étaient les seuls que je 
semais. » Ajoutons à ce récit cette circonstance qui nous asin* 
gulièrement frappé lorsque nous avons visité la campagne de 
M. le baron de Joigny dont M. Dumont a la direction : c'est 
qu'il possède de nombreuses ruches d'abeilles qui, certainement, 
ont du répandre le- pollen et opérer par là la fécondation 
artificielle. 

< Ce fait confirme et corrobore justement Topinion émise 
par notre honorable président, M. Du Mortier, dans sa Pomone 
Toumaisienne, lorsqu'il a recherché quels pouvaient être les 
moyens employés par le célèbre abbé Hardenpont pour obtenir 
les excellentes poires que la pomologie doit à ses travaux 
intelligents. » 

Voici la description que nous avons faite du fruit au moment 
de la dégustation. 

Le fruit est gros, parfois très gros, assez régulier de forme, 
quelquefois bossue, ovale pyriforme vers le sommet, arrondi 
vers la base. 

Pédoncule gros, court, solidement implanté. 

Œil peu enfoncé, à divisions ouvertes. 

Peau jaune ocré, largement tacheté de roux fauve. 

Chair fine, beurrée, fondante, juteuse et parfumée. 

Maturité : Novembre et décembre. 

L'ensemble de ces caractères rappelle beaucoup la parenté 
que cet excellent fruit possède avec le Beurré Dumont. 

Voici, enfin, la description que fait de l'arbre l'auteur de la 
Pomone Tournaisienne. 

« Arbre. — De moyenne vigueur, buissonneux. Scions assez 
courts, redressés, tortueux, velus dans la jeunesse, à peau 
rousse. Bourgeons coniques, allongés, aigus, divariqués, for- 
mant angle droit avec le scion, en forme de courte épine. 
Boutons à fruits ovoïdes, coniques, pointus. 



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- 323 - 

I Feuilles, — Ovales, acuminées, plates, à dentelures fortes 
et écartées. Pétiole moyen, stipules filiformes, ascendants. 

€ Fleurs. — Moyennes, en bouquets clairs. Pétales ovales. » 

M. Du Mortier dit aussi que ce fruit a été obtenu en 1858 
et présenté à la Société de Tournai en 1868. 

Disons pour conclure^d'après des renseignements qui nous arri- 
vent au dernier moment, que Tarbre a peu d'avenir au point de 
vue des pépiniéristes. Il ne se forme pas bien, ne réussit pas sur 
coignassier, et manque totalement à' apparence» Peut-être Ten- 
tregreffage pourra-t-il être employé ici avantageusement ; ou 
bien pourra-t-on recourir à la greffe en fente sur pied fort 
et vigoureux. Quoi qu'il en soit, nous avons mis sous les 
yeux de nos lecteurs tous les éléments que nous possédons sur 
ce fruit. L'enquête est ouverte. Nos Bulletins accueilleront avec 
empressement toutes les rectifications, s'il y a lieu, qu'on voudra 
bien nous adresser. Éd, Pynaert. 

CERCLE D'ARBORICULTURE DE BELGIQUE. 

Conseil d'administration. 

Séance du 1 novembre 1879. 

PRÉSIDENCE DE M. H. J. VaN HuLLB, VlCB-PRéSIDBNT. 

Le Conseil d'administration du Cercle d'Arboriculture s'est 
réuni le samedi V^ novembre, à 11 heures du matin, au Jardin 
botanique de Gand. 

Le secrétaire général M. Rodigas, appelé inopinément hors 
ville pour une affaire urgente, s'excuse de ne pouvoir assister à 
la réunion. MM. Biebuyck, Hordbbisb et De Vis informent 
également le Conseil de l'impossibilité dans laquelle ils se 
trouvent de se rendre à Gkind aujourd'hui. 

L'ordre du jour comprend l'étude de plusieurs questions 
très importantes dont l'examen devra être présenté à la pro- 
chaine assemblée générale. 

D'abord, il est décidé que celle-ci sera convoquée en dé- 



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— 324 — 

cembre. La réunion de cette assemblée dans le courant du 
mois de janvier empêche beaucoup de membres d'y assister. 
Les raisons qui autrefois ont motivé le transfert de la date de 
l'assemblée de décembre en janvier, n'existent plus aujourd'hui. 
La réunion aura donc lieu le dimanche 14 décembre, à 11 heures 
du matin, au Jardin botanique de Gand. Le Comité espère qu^un 
grand nombre de membres pourront j être présents. 

La première question qui sera mise en discussion de 
l'assemblée générale sera celle d'une excursion à organiser 
en 1880. La fera-t-on dans le pays ou à l'étranger? Retour- 
nerait-on en Hollande, comme le demandent quelques membres 
qui n'ont pu assister à l'excursion à Boskoop et dans le West- 
land, et choisirait-on maintenant Haarlem et ses cultures de 
Jacinthes, Amsterdam et puis Naarden, dont les pépinières sont 
également renommées? Ou bien conviendrait-il de rester dans 
le pays, de se borner à Bruxelles où les fêtes du cinquantième 
anniversaire de notre Indépendance attireront la plupart de nos 
compatriotes, en y joignant peut-être la visite de quelques 
établissements spéciaux peu éloignés de la capitale, comme par 
exemple les serres de M. De Goes, à Schaarbeek, et les vineries 
de Hooylaert? Ou bien serait-il préférable de ne pas choisir 
Bruxelles précisément à cause des attractions multiples qu'il 
présente déjà et de se borner à quelques cultures locales d'un 
certain intérêt et pour la visite desquelles une seule journée 
suffirait? Sous ce dernier rapport, on n'a que l'embarras du 
choix et l'assemblée générale sera appelée à se prononcer. 

Il a été question des excursions suivantes : 

a) Bloemendael, Beernem, St. Georges (jardins d'amateurs). 

b) Malines (pépinières), Vilvorde (École d'horticulture). 

c) Tournai (École d'arboriculture), Courtrai (jardins fruitiers). 
D'autres projets peuvent être mis en avant : il n'est que 

juste que ceux qui se proposent d'y participer, décident du 
choix à faire. 

Quelques membres sont revenus sur la question du concours 
national de jardins fruitiers dont l'avant-projet a été élaboré 



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— 325 — 

par le Comité et pour Texécution duquel un subside avait été 
sollicité du Gouvernement. L'idée, sans être abandonnée, n'a 
pas fait un pas depuis lors et le Gouvernement préoccupé exclu- 
sivement, à ce qu'il semble, du succès de l'Exposition de 
Bruxelles, voudrait remettre à une autre époque la réalisation 
du projet d'un concours national sur place de jardins fruitiers 
et de vergers. Quelques-uns des amateurs qui se proposent de 
prendre part à ce concours, voudraient aujourd'hui que le 
Cercle conservant son initiative maintint la question à son 
programme. Seulement, réduit à ses seules ressources, le Cercle 
devrait réserver le concours uniquement à ses membres et 
ferait appel à leur dévouement pour les récompenses à décerner. 

La majorité des membres du Conseil ne partage pas cette 
manière de voir et croit qu'il faut avoir confiance dans le bon 
vouloir de M. le Ministre de l'Intérieur. Au besoin le Conseil 
tout entier devrait faire une nouvelle démarche auprès de 
M. Rolin-Jaequemyns. 

La discussion est appelée ensuite sur la proposition faite par 
un membre de supprimer l'édition flamande des Bulletins. Cette 
proposition ne trouve aucun appui. Il est vrai que par suite du 
nombre relativement restreint des membres qui sont abonnés 
aux bulletins flamands, ceux-ci constituent les éditeurs en 
perte. Mais cette publication sous le titre de € Tijdschrift 
voor ioomteeltkunde, etc. » est actuellement le seul organe 
périodique illustré de l'horticulture, qui paraisse en langue 
néerlandaise, et les éditeurs eux-mêmes estiment^ quels que 
soient les sacrifices qu'ils dussent faire, qu'il n^j a pas lieu 
de s'arrêter à l'idée de cesser une publication à laquelle le 
Gouvernement d'ailleurs prête son bienveillant appui. 

Un membre émet l'avis qu'il y aurait lieu, en tous cas, de 
stimuler le zèle des Membres qui prennent à cœur les intérêts 
du Cercle et qu'il faudrait favoriser par tous les moyens la 
propagande en faveur d'une plus grande publicité des Bulletins. 

L'un des moyens à préconiser serait d'accorder un diplôme 
à ceux des membres qui, dans une période donnée, auraient 



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— 326 — 

présenté au moins cinq nouveaux membres. Ce diplôme exécuté 
en chromolithographie devrait être très beau et digne d'être 
encadré. La réunion charge le Comité directeur d'étudier cette 
idée et émet le vœu de lui voir soumettre des propositions à la 
prochaine assemblée générale. 
La séance est levée à midi et demi. Éi,. Pynaert, 

ff. de Secrétaire. 

De la culture du Fraisier. 

Un de nos amis, amateur de jardinage, nous ayant témoigné 
à plusieurs reprises son admiration pour les fraisiers si 
vigoureux et si chargés de fruits, qui se trouvent dans mon 
jardin, nous demanda comment nous nous y prenons pour avoir 
une si belle récolte, même dès la première année de plantation. 
Lui ayant donné une assez longue explication, il nous pria de la 
mettre par écrit, et c'est la copie que nous offrons aux lecteurs 
du Bulletin. 

Certes nous ne préconisons pas cette méthode comme la 
meilleure et nous serions même charmé que des personnes 
plus compétentes voulussent bien nous démontrer ce qu'il y a de 
défectueux dans notre manière de procéder. 

Six à huit variétés suffiront pour un jardin d'amateur. 

Parmi les meilleures fraises connues, nous choisissons, pour 
1" saison : Crémont, Louis Vilmorin, Théodore Mulié; pour 
2"»» saison : Brown's Wonder, Professeur Pynaert; pour 
S"»* saison : Doctor Eogg, Duc de Malakof. 

Laissez à quelques plantes vigoureuses les coulants afin 
d'avoir des rejetons, mais ayez soin de couper le dernier pro- 
longement qui fait l'office de gourmand au détriment des reje- 
tons. Binez le sol tout autour et tenez-le humide afin que les 
jeunes racines puissent aisément s'enfoncer en terre. 

Vers la fin de juillet, lorsque les rejetons sont vigoureux, 
déplantez-les, par un temps couvert, dans un endroit ombragé du 
jardin. Arrosez-les jusqu'à ce que les plants aient repris. 

Quelques semaines avant la plantation, ouvrez des tranchées 



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— 327 — 

à environ 30 centimètres de profondeur, mettez-y du fumier 
à moitié consommé mais d'après la nature du terrain. Si cette 
opération peut se faire avant Thiver, ce ne sera que mieux. 
Dans tous les cas, laissez le sol bien se tasser. 

Au commencement de septembre, lorsqu'il j a absence de 
soleil, procédez à la plantation définitive. Laissez autant que 
possible une motte de terre autour des racines; si celles-ci 
sont à nu, gardez-vous, comme on procède généralement, de 
faire un trou long et étroit où on les emprisonne. Munissez- 
vous pour faire les trous d'une truelle ronde et écartez les 
racines en sens horizontal dans toutes les directions. 

Ayez à votre portée un panier avec du terreau consommé et 
remplissez préalablement le trou de terreau. Tassez légèrement 
la terre autour du collet de la plante, en ayant soin de ne pas 
enterrer le cœur. 

Jusqu'à parfaite reprise, arrosez fréquemment la nouvelle 
plantation. 

Une distance de 40 à 45 centimètres pour les fraisiers à 
gros fruit est suffisante. Inutile de dire que, lorsque la plan- 
tation se fait en planches, il faut les mettre en quinconce. 

Au mois de février-mars, ôtez les feuilles desséchées, donnez 
un léger binage avec une binette à 2 ou 3 dents, ensuite quel- 
ques arrosements avec du fumier liquide ou répandez sur la 
terre une légère couche de terreau ou tout autre compost. 

Si vous êtes dans le voisinage d'une tannerie, employez du tan 
pour paillis et lorsqu'il est bien réduit en terreau, enfouissez-le, 
car le tan frais détruirait la plante. 

Chaque semaine coupez les coulants, ils épuisent la plante 
mère et effritent le sol. 

Une fois la récolte faite, beaucoup d'amateurs ne s'inquiètent 
plus des fraisiers. Grave erreur. Quand un cheval a fait un 
ouvrage excessif, on lui donne double ration. 

Pourquoi se montrer ingrat envers une plante dont on a 
savouré des fruits délicieux et en abondance? 

Voulez-vous avoir une bonne 2"*® et même une 3™* récolte, 



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— 328 — 

donnez après la première récolte un léger binage et arrosez 
les plantes avec de Tengrais liquide. 

Si le collet est trop à découvert, rechaussez le pied avec de 
la teri*e ou, mieux encore, avec du terreau. 

En agissant comme ci-dessus, nous obtenons dès la 1'^ année 
une récolte moyenne et après la 3°® cueillette le plant a donné 
tout ce dont il était capable. 

On peut impunément arroser le Fraisier, même en plein 
soleil ; il n'en souffre pas et d'aucuns prétendent qu'un arrose- 
ment à l'approche d'un orage est très salutaire (1). 

Ne permettez pas à vos domestiques de laver les fraises, sinon 
au moment de les servir à table^ si toutefois c'est nécessaire. 

Si une plante se fane en quelques heures, ôtez-la immédiate- 
ment, afin de pouvoir détruire le ver blanc qui ronge les racines. 

Si Ton cultive des fraises dites perpétuelles, coupez les 
premières ûeurs et vous aurez une récolte très tardive. 

Nous avons obtenu une petite cueillette en octobre des reje- 
tons que nous avions déplantés au commencement de juillet. 

A, Baçuet. 



Un épouvantail pour les lièvres. 

Les déprédations que cause le lièvre dans les potagers et 
les pépinières ne sont que trop connues des jardiniers. 

Comme il n'est pas donné à chacun de pouvoir clôturer 
exactement ses cultures, nous croyons faire chose utile en 
faisant connaître un procédé pour éloigner les lièvres des plan- 
tations de choux et autres plantes. 

L'invention, comme la plupart des bonnes découvertes, est 
due au hasard et consiste en ceci. Il suffît de placer de distance 
en distance entre les plantes une brique ou la moitié d'une 
brique. L'expérience a plus d'une fois démontré que là où il ne 
restait jamais un plant de choux, ils étaient respectés lorsqu'ils 

(1) Ém. Rodigas, Traité de culture maraîchère y 3«« édition, p. 290. 



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— 329 — 

étaient gardés par des briques placées à peu de distance entre 
les plantes. 

Un amateur distingué, M. le baron de Hbusgh, de Maestricbt, 
ayant, en désespoir de cause, dû finir par couvrir chaque 
chou d'une tuile soutenue par deux morceaux de briques, a fait 
la curieuse remarque que ces tuiles n'ayant un certain soir pas 
été remises sur les plantes, celles-ci étaient restées intactes. 
Plus tard les morceaux de briques ayant été enlevés à leur 
tour, les choux furent rongés successivement. Alors vint 
naturellement l'idée que les morceaux de briques avaient servi 
d'épou vantail. En effet les briques ayant été replacées les 
lièvres ont abandonné la corvée ; le moyen était trouvé. 

Fr, Burvenich. 



Une visite au château de Beirvelde. 

Nous trouvons dans le N° 44, 1879, du journal horticole 
Siéboldia^ publié par M. Witte de Leide, Tarticle suivant de 
notre confrère M. Van Hulle. Nous le mettons avec plaisir 
sous les yeux de nos lecteurs. Rid. 

* 

On sait que M. le comte de Kerchovb de Dentbrohem, 
membre de la Chambre des Représentants et bourgmestre de 
Gand, est non seulement le président du Cercle d'Arboriculture, 
mais aussi celui de la Société royale d'Agriculture et de bota- 
nique de Gand. 

C'est à ce dernier titre que M. le comte et M™« la comtesse 
DE Eerchove de Denterohem ont eu la gracieuseté d*inviter les 
membres du Conseil de la Société, à aller passer l'après-diner du 
2 septembre dernier, à leur résidence vraiment princière de 
Beirvelde. Comme nous étions du nombre des invités, nous 
croyons être agréable à nos lecteurs en leur disant quelques 
mots sur notre excursion. 

Beirvelde est situé à neuf kilomètres de Gand ; il a une 



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- 330 — 

station sur la Toie ferrée de Grand à Anvers, qui traverse les 
immenses propriétés du comte de Kerchovb et longe sa cam- 
pagne surplus d'un kilomètre d'étendue. En descendant du train, 
on entre directement dans la propriété par une porte parti- 
culière à Tusage exclusif des habitants du château. 

Ce château, ce bois, aujourd'hui ce vaste parc, nous IVons 
connu jusque dans ces dernières années, comme une de ces 
vieilles habitations impossibles, flanquée de baraques de serres, 
de parterres antiques, d'une ferme qui certes n'était pas modèle 
et de terres maigres et pauvres à l'extrême. Et cependant 
c'est là que Toncle du Bourgmestre de Gand, le vieux M. de 
LoosE, avait choisi sa résidence de prédilection. A la mort de 
ce dernier, la famille de Eerchove de Denterghem-de Loosb 
avaient trop de liens d'attache à la propriété pour l'abandonner 
complètement et l'on pouvait à bon droit s'attendre à des restau- 
rations d'urgence. 

Mais tout bien examiné, y avait-il moyen de restaurer conve- 
nablement, utilement surtout, et malgré les plus savantes 
combinaisons, le tout ne serait-il pas resté quelque chose de 
rapiécé, de mesquin, sans caractère d'ensemble? 

U n'a certes pas fallu réfléchir longtemps pour en arriver à 
cette conclusion qu'il valait mieux tout raser et tout refaire. 
C'est ce plan qui fut adopté et exécuté : on n'a conservé en 
effet que l'ancien bois qu'il eût été vraiment dommage de faire 
disparaître au moins pour le moment, et l'allée d'entrée plantée 
d'ormes d'un développement déjà respectable. 

La partie d'agrément, les jardins, qui ne comportaient aupa- 
ravant que 4 à 5 hectares, a été portée, en incorporant les 
champs voisins, jusqu'à plus de 30 hectares. Sur ce vaste ter- 
rain, MM. Bureau et Fuchs ont été chargés de faire un plan 
général et celui-ci une fois adopté, on a mis la main à l'œayre 
résolument et sans relâche. 

Nous l'avons déjà dit, l'ancienne allée d'entrée a été conservée. 
En la suivant et après avoir passé une immense orangerie encore 
en voie d'exécution, on a bientôt en vue, à gauche, une construc- 



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— 331 — 

tion colossale, le château et ses terraces. précédés d'un vaste 
parterre régulier et en contre-bas des allées qui le cipconscpi- 
vent. A notre avis, cette partie est par trop nue. Nous le savons 
parfaitement, on dit que le style Texige ainsi, et puis nous le 
savons aussi, les architectes constructeurs craignent toujours 
que des plantes trop massives viennent nuire à leur œuvre à 
eux. C'est une erreur, d'après nous; dans le cas présent, des 
massifs de végétaux toujours verts bien proportionnés et 
ingénieusement distribués ne feraient que mieux ressortir le 
château déjà si imposant. 

Du style de ce dernier nous ne dirons rien, n'étant pas assez 
compétent dans la matière. Il nous semble cependant que c'est 
un des chefs-d'œuvre de M. Bureau. Nous ne dirons rien non 
plus, de crainte de rester au-dessous de la vérité, ni de la distri- 
bution intérieure ni de la sérieuse richesse décorative des 
salons. Passons donc. A gauche et à cent mètres plus loin, 
nous voilà devant un portique monumental. En le traversant 
on se trouve à la basse cour, un carré immense entouré de 
remises, écuries, étables, hangars, etc., le tout formant un 
ensemble ravissant et pratique au possible. 

On sort de cette cour, on passe un large chemin de ser- 
vice et voici un second carré consacré entièrement celui-ci aux 
bâches et serres réclamant le chauffage. Les ananas, primeurs 
de haute saison, les plantes de corbeilles, de serre froide et 
chaude se cultivent ici et dans la perfection pour la plupart. 
C'est ici encore que se trouvent les dépôts de terres artificielles, 
engrais et amendements. 

Plus loin on arrive au grand potager divisé en deux 
parties; dans la première se cultivent en masse les gros 
légumes, dans la seconde les plantes potagères plus délicates 
ou réclamant plus de soins, ainsi que les melons et autres 
primeurs, la vigne sous verre, etc. N'oublions pas de faire 
remarquer que tous ces carrés sont non-seulement entourés 
de belles murailles, mais que celles-ci sont garnies sur leurs 
deux faces d'espaliers de diflEerentes formes et essences, par- 



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— 332 — 

faitement conduits, et pouvant être couverts, les pêchers surtout, 
de serres volantes. Les pêches étaient du reste encore très 
abondantes sur la plupart des arbres. 

Nous avons constaté avec plaisir que les pyramides sont 
pour ainsi dire complètement bannies des jardins légumiers. 

Enfin nous voilà à un dernier carré faisant toujours suite 
aux précédents, entouré de haies vives celui-ci ; c'est le verger. 
Il n'est pas excessivement grand, mais peut servir de modèle. 
Choix d'arbres, distance entr'eux, mode de plantation, système 
de conduite, à tout cela il y a peu à redire. 

En quittant la partie essentiellement utile de la propriété, 
nous nous engageons dans le parc proprement dit, après avoir 
laissé derrière nous une double ligne d'arbres d'avenue de demi 
âge qu'on a heureusement pu conserver. Ici tout est rela- 
tivement très jeune et procure par conséquent encore peu 
d'ombre. Les allées sont larges et en proportion avec les vastes 
conceptions, dont nous apercevons toute l'étendue dès que 
arrivés à la première percée, nous pouvons jeter un coup d'œil 
sur une partie de l'ensemble et sur l'immense étang. Quelques 
pas plus loin on a établi sur celui-ci une charmante salle de 
bains; plus loin encore, presqu'au fond gauche du parc, en 
vue du château d'une part et du chemin de fer de l'autre, un 
temple grec placé sur une éminence, flanqué d'un colonnade 
et d'une allée couverte à l'italienne, sont très bien en situation. 
Jusqu'ici les groupes sont fort bien disposés, le choix des 
arbres et arbustes a été très soigné; peut-être les a-t-on 
distribués avec un peu trop de symétrie, trop de régularité. 
La coquetterie a le pas sur le pittoresque, il est vrai qu'à ce 
dernier nous arriverons bientôt. 

En nous retournant, nous sommes en face du château. D'ici 
quel admirable coup d'œil à travers les larges pelouses, l'énorme 
pièce d'eau et au fond cet édifice splendide! Bien qu'on soit 
à un kilomètre de distance, encore impose -t-il par ses vastes et 
gracieuses dimensions. Mais continuons ; voilà plus d'une heure 
que nous nous promenons et nous sommes à peine à moitié 



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— 333 — 

chemin. A bonne distance, nous longeons le chemin de fer et 
les jeunes plantations, bien que se développant à merveille 
dans ce terrain cependant maigre et sablonneux de sa nature, 
ne procurent pas encore Tombre désirable par une journée 
chaude comme celle-ci ; on presse un peu le pas pour avoir la 
fraîcheur de Tancien bois conservé. 

Ici le voisinage immédiat, les alentours de ce bois ont été 
parfaitement aménagés, pour se marier et se confondre plus 
tard avec lui. Entre le large étang extérieur et le bois, on a 
une promenade charmante vers le soir, tandis qu'au milieu 
du jour, pendant les fortes chaleurs, on préférera s'enfoncer dans 
les épaisses vieilles plantations où jamais un rayon de soleil 
ne perce. Disons encore que la communication la plus directe 
entre le château et la gare est aussi à travers ce bois. Les 
allées dans celui-ci nous ont semblé former une espèce de 
labyrinthe et nous nous sommes demandé s'il n'y aurait pas 
moyen d'y tracer une voie principale, serpentant encore si l'on 
veut, mais menant plus directement d'un boat à l'autre. 

Au sortir des fourrés, on passe un pont, on se trouve de nou- 
veau sur la partie modernisée. Chose assez singulière, bien que 
longeant l'étang et situé à un bon mètre au-dessus du niveau de 
celui-ci, le sol semble souffrir de l'humidité. Quelques drains 
avec des fascines remédieraient peut-être à cet état de choses. 

Enfin, déjà plus ou moins fatigués nous voilà devant le perron 
d'honneur. Avant d'aller au somptueux lunch que M. le comte 
et Madame la comtesse de Kerchove de Dbnterghen et leur 
famille ont bien voulu offrir à leurs invités, nous con- 
templons à l'aise le panorama devant nous. C'est déjà 
majestueux dès à présent; avec les années cela ne fera que 
gagner. A droite le vieux bois forme un rempart sombre et 
imposant; à gauche quelques anciens arbres conservés se 
marient assez bien avec les plantations plus récentes du bout; 
au milieu enfin est la grande percée. A travers pelouses et 
étangs on voit le chemin, on aperçoit à peine les champs 
au-delà du fond, tellement il est loin. 



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— 334 — 

Nous nous sommes déjà permis une couple d'observations ; 
si nous osions en faire encore une ce serait celle de planter 
près du chemin de fer un groupe de 4 ou 5 peupliers d'Italie, 
puis encore un ou deux arbres pittoresques isolément et bien 
placés dans la pelouse; ils serviraient de repoussoir et aide- 
raient à produire une illusion des plus heureuses. 

H.J. VanEulk, 



Deux poiriers nouveaux. 

Nous signalons aux lecteurs du Bulletin l'apparition de deux 
variétés de poires encore inédites et dont la description est faite 
pour éveiller l'attention des amateurs de bons fruits d'hiver. 
Voici comment les présente leur parrain M. Ch. Baltet. 

Poirier Charles Cognée. — Arbre vigoureux et robuste, sur 
franc et sur coignassier, pour toutes formes de plein air ou 
d'espalier ; très fertile. 

Fruit assez gros ou gros, turbiné-arrondi. Coloris jaune blond 
passant au citron safrané ponctué de roux, répandant à la 
maturité un parfum prononcé. Chair légèrement teintée, fine, 
fondante, très juteuse ; l'eau, abondante, est sucrée, vineuse, 
relevée d'un arôme délicieux. 

La maturité se succède pendant les mois de mars et avril. 

Cette précieuse variété, obtenue par M. Cognée, professeur 
d'arboriculture, à Troyes, a été soumise à l'appréciation de la 
Société d'Horticulture de l'Aube, séances de février, mars et 
avril 1876, et de la Société centrale d'Horticulture de France, 
séance de mars 1877. A chaque épreuve, la poire Charles Cognée 
a été trouvée supérieure sous tous les rapports. 

Poirier Charles-Ernest. — Arbre vigoureux, trapu, ramifié, 
se dressant naturellement en belle pyramide-fuseau, se plaisant 
à toute exposition ; très fertile sur franc et sur coignassier. 

Fruit gros ou très gros, pyriforme ventru, souvent tronqué 
aux extrémités, bossue à la surface et légèrement côtelé. Coloris 
jaune soufre sur fond vert tendre, moucheté fauve doré, marbré 



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— 335 — 

de rose rubis. Chair blanche, fine, fondante, juteuse ; eau douce, 
sucrée ; saveur agréable, 

La maturité arrive lentement, du commencement de novem- 
bre à la fin de décembre. 

Ce superbe et excellent fruit est un gain de TÉtablissement 
Baltet. Pendant plusieurs années, il fut soumis à l'appréciation 
de la Société centrale d'Horticulture de France. La Revue horti- 
cole en publie cette année la description avec figure coloriée. 

Ces deux variétés sont mises au commerce par les frères 
Baltet, de Troyes. F, Miler. 



Le buste de M. A. Mas. 

Le 28 septembre 1879 a eu lieu à Bourg-en-Bresse, au sein de 
la Société d'Horticulture de l'Ain, une touchante cérémonie 
honorant à la fois ses organisateurs et la mémoire de celui qui 
était Tobjet de la manifestation. La Société inaugurait ce jour- 
là le buste en marbre du vénéré pomologue Alphonse Mas, 
€ de cet homme éminent dont la mémoire, » d'après les paroles 
mêmes de M. le Comte de Kerchove de Denterghem, i demeu- 
rera éternellement parmi nous. » 

Nos lecteurs savent que le digne président de la Société 
pomologique de France mourut à Bourg le 15 novembre 1875, 
bien peu de temps après son retour de Gand, que la science 
pomologique perdit en lui un de ses apôtres les plus distingués 
et les plus actifs. Dans son discours inaugural, M. Moyret, 
vice-président de la Société d'Horticulture de l'Ain, a rappelé 
les éminentes qualités de l'ancien président Mas, qui fut pour la 
ville de Bourg un des citoyens les plus utiles et les plus dévoués. 

Il a également rendu hommage à l'abnégation avec laquelle 
la noble veuve de l'illustre pomologue se consacre à l'achève- 
ment de la « Pomologie générale^ • la dernière œuvre que le 
Président Mas n'avait pu terminer. 

Le buste d'ALPHONSB Mas est une œuvre d^art d'une ressem- 
blance parfaite. Ém, R. 



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— 336 - 

Encore les pommes Belle de Fumes et 
Belle de Lippe. 

M. DB LA Bastie, un des vice-présidents de la Société porno - 
logique de France, nous ajant fait l'honneur de répondre à 
l'article que nous avons écrit concernant ces belles et bonnes 
variétés de pommes un peu brusquement éconduites, c'est le 
mot, par nos confrères de France, nous nous empressons de 
mettre cette réponse sous les jeux de nos lecteurs. 

Monsieur, 

Je regrette de n'avoir pu vous écrire plus tôt quelques mots 
au sujet de votre article intitulé: Les Pommes Belle de Fumes 
et Belle de Lippe, j'étais en voyage et je ne l'ai lu qu'hier. 
Soyez persuadé que tous ceux qui reçoivent vos Bulletins les 
lisent attentivement et avec plaisir. 

M. Charles Baltet donne très exactement les motifs de la 
radiation des deux Pommes présentées en 1875 et ajoute qu'elles 
pourront revenir plus tard, mais il dit aussi que j'ai accusé nos 
voisins et amis de faire la sourde oreille, cette dernière phrase 
est de trop et n'est pas exacte. J'ai fait observer, avec la Com- 
mission des Études, que les fruits avaient fait défaut depuis 
quatre ans et qu'il en était de même des greffons destinés à 
faire connaître ces variétés ; ce n'est pas la même chose. Je sais 
très bien que M. Pynaert et vous, Monsieur, vous vous seriez 
fait un plaisir de m'envoyer des greffons si j'en avais fait la 
demande. A Nancy j'ai eu le plaisir de faire connaissance avec 
M. Pynaert et j'espère bien que nous nous retrouverons souvent 
pour nous serrer la main ; j'ose croire qu'il me pardonnera de 
jeter un petit caillou dans son jardin en représailles du moellon 
qui m'arrive de Gand. Pourquoi M. Pynaert n'est-il pas venu 
défendre ses compatriotes ou n'a-t-il pas donné un mot en leur 
faveur, croyait-il leur cause trop mauvaise? 

J'arrive aux raisons qui ont été causes du vote du Congrès. 



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- 337 — 

n est de règle qu'un fruit ne peut rester à Tétude si pendant 
plusieurs années les renseignements viennent à manquer, s'il 
ne se propage pas et s'il reste inconnu aux membres de la 
Société Pomologique. Or j'ai demandé les pommiers Belle de 
Fumes et Belle de Lippe à Angers, Amonay, Bourg-la-Reine, 
Metz, Nantes, Orléans, Lyon, Poitiers, Troyes, Sceaux, 
Rouen, etc., c'est à dire aux principaux pépiniéristes de 
France, ces deux variétés leur étaient complètement inconnues 
ou au moins n'étaient pas en multiplication. C'était déjà une 
mauvaise note. De plus nous n'avions comme renseignements, 
sauf les articles des Bulletins, que les notes suivantes : 

€ Belle de Fumes, — Congrès de Gand, 1875. — Plusieurs 
membres trouvent que ce fruit est acide et manque de sucre. 

« Congrès de Marseille, IS76. — Point de renseignements nou- 
veaux. 

€ Congrès de Paris, 1878. — M. Rodigas la reconnaît comme 
belle et bonne et priera M. Pynaert d'envoyer des spécimens 
et des greffes. 

€ Belle de Lippe,— La Commission des Études,après la session 
de Gand, avait reçu des fruits envoyés par M. Rodigas et 
n'avait pas formulé une appréciation très satisfaisante (Congrès 
de Marseille). 

I Voici cette appréciation donnée au Congrès de Paris : chair 
mi-fine, peu sucrée, d'une acidité agréable, peu parfumée. 

€ Autre grief contre la Belle de Lippe, elle est originaire de 
France et probablement connue sous un autre nom. 

c Je termine en vous faisant remarquer que la Belle de Fumes 
est figurée dans le volume de 1873 de vos Bulletins, mais elle 
n'est pas décrite ; on se contente de la recommander vivement 
et on promet de plus amples renseignements que je n'ai pu 
trouver dans les années suivantes. Si j'ai mal cherché, je fais 
amende honorable. Quant à la Belle de Lippe, elle est mieux 
traitée; les renseignements sont complets sauf trois points : on a 
oublié de dire si la chair est fine, si elle est juteuse ou abon- 
dante en eau et si elle est assez sucrée. 



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- 338 — 

€ Je croîs, Monsieur, qu'après ces explications, vous nous 
trouverez moins coupables envers les fruits de nos voisins et 
amis, fruits que nous sommes tout disposés à mettre à l'étude 
quand nous les verrons s'introduire en France. 

€ Excusez cette longue lettre, j'ai abrégé autant qu'il m'a été 
possible de le faire. 

€ Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance de ma considération 
la plus distinguée. 

€ L. delà Bastie, 
Vice-Président de la Société Pomolo^que de France, n 

Belvey, le 2 octobre 1879. 

J'aurais bien mauvaise grâce à ne pas remercier M. de la 
Bastie et de sa lettre et de sa grande courtoisie. Je regrette 
toutefois de ne pas pouvoir applaudir à l'application actuelle 
des règles qu'il invoque. On voit que les renseignements n'ont pas 
fait tellement défaut, et de septembre 1875 au commencement 
d'août 1879 il n'y a pas déjà de bien longues années. Qui donc 
afSrme que ces fruits ne se propagent pas en Belgique et depuis 
quand les membres de la Société pomologique habitant par delà 
les frontières de la belle France ne comptent-ils plus pour rien ? 

Je veux bien reconnaître avec mon honorable contradicteur 
que les renseignements auraient pu être plus complets, mais 
on voudra avouer cependant que le rejet des fruits précités 
porte en soi une marque d'inconséquence peu justifiable. 

En effet l'année dernière, en 1878, j'ai eu l'honneur de siéger 
comme vice-Président au Congrès de Paris. A ce Congrès, 
tenu au milieu de septembre, les deux variétés ont été con- 
servées à l'étude, et ces mêmes fruits sont exclus au mois 
d'août 1879, alors qu'il a été impossible non seulement de cueil- 
lir déjà les fruits d'automne, mais de s'en faire seulement la 
plus vague idée. Qu'était-ce donc pour les fruits d'hiver? Je 
demande si pour cette année, exceptionnellement tardive et en 
général mauvaise pour les fruits, il n'aurait pas été plus ration- 
nel de faire prévaloir au Congrès non des règles trop sévères, 
mais une équitable bienveillance. Ém. Rodigas, 



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- 339 - 



La culture en pots des arbres fruitiers. 

Nous croyions en avoir fini — au moins pour le moment — 
avec cette question à laquelle les Bulletins ont déjà consacré 
maints articles et qui a pris 76 pages de notre Traité des Serres- 
mrgers. Après les notices sur les cultures modèles de notre 
zélé confrère M. Jacques Puls, qui ont paru dans ces Bulletins 
en 1876 et 1877, nous pensions avoir épuisé les formules élo- 
gieuses sur les résultats obtenus, quitte à revenir plus tard 
et avec quelques détails circonstanciés sur les procédés mis 
en œuvre. 

Ajant visité cet été, à plusieurs reprises, les installations 
nouvelles de notre excellent confrère qui a fait construire une 
serre spéciale pour la culture des raisins muscats, et où — soit 
dit en passant — il a déjà obtenu cet automne des grappes splen- 
dides dont la dimension n'a jamais été dépassée en Belgique, nous 
avons pu constater que la culture en pots des Pêchers et Brugno- 
niers non seulement a été maintenue à la hauteur où elle était 
arrivée dès 1877 (1), mais que celle-ci a reçu encore des perfec- 
tionnements remarquables depuis lors. Cette série de Pêchers et 
de Brugnoniers élevés en pots et conduits sous forme de pyra- 
mides constitue bien, au point de vue arboricole ou pomologique, 
une des plus jolies collections qui existent en Belgique et peut- 
être en Europe, sans en excepter même l'Angleterre ; comme 
vigueur, les arbres ne laissent rien à désirer, et comme fertilité, 
c'est encore bien autre chose. C'est le propriétaire ici qui est 
resté un tant soit peu en défaut si, devant un succès pareil, 
on voulait chercher la petite tête. Car M. Puls n'a pas été assez 
sévère et n'a pas su se résigner à enlever ce qu'il aurait fallu 



(1) Les Bulletins (T arboriculture pour ISTl présentent à la pagre 125 
la gravure d'un Brugnonier cultivé en pots et portant 45 fruits. Cet 
exemple était signalé à cette époque comme déjà extrêmement remar- 
quable. 



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^ 340 — 

de fruits noués, pour permettre aux autres de prendre toute 
Tampleur et le développement dont ils sont capables. Tous les 
arbres ont donné des fruits en quantité au moins suffisante pour 
pouvoir être considérés comme fertiles ; quelques-uns et notam- 
ment les Brugnoniers se sont montrés prolifiques à l'exagération. 
Parmi ceux-ci, il y a eu un pied qui a de beaucoup dépassé la 
mesure. On lui a compté cent vingt fruits, ayant atteint leur 
maturité. C'est de la prodigalité, cela! 

Ce succès constant, progressant et se consolidant avec les 
années, dans un système de culture que nous avons été 
un des premiers à faire connaître et qui — on peut expri- 
mer ce regret — ne s'est pas généralisé parmi les ama- 
teurs, peut-être par suite des critiques peu justifiées qui lui 
ont été faites dans le principe, mérite mieux qu'une simple 
mention dans les Bulletins et c'est pourquoi nous avions le 
projet d'y revenir. Beaucoup d*amateurs en Belgique ignorent 
encore les améliorations obtenues et les comptes rendus et 
rapports passent souvent sous leurs yeux sans laisser dans leur 
esprit une impression suffisante. C'est ce que nous faisait 
observer fort justement un d'entre eux, grand amateur lui- 
même, après une visite faite il y un mois au jardin de notre 
confrère gantois. « J'ai parfaitement bien lu, > disait-il, « les 
articles relatifs à ce jardin modèle; mais à vrai dire, je ne 
croyais pas que c'était aussi beau ! » 

Nous avions donc l'intention de nous occuper encore de la 
culture en pots des arhres fruitiers; seulement nous tenions la 
question en réserve pour le moment et Theure où nous aurions 
eu quelques loisirs, lorsque nous est arrivée la lettre suivante de 
M. le comte de Castillon. Nous avons demandé à M. le comte 
DE Castillon la permission de lui répondre par la voie de nos 
Bulletins^ et celle de reproduire sa lettre. On y verra 
qu'en France aussi, on commence à se préoccuper des effets 
désastreux des gelées printanières et combien de services la 
culture en pots est appelée à rendre aux semeurs de fruits. 



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— 341 -^ 

Voici la lettre de M. le comte de Castillon. 

€ Je m étais procuré, dès sa publication, votre excellent ^mê^^ 
SU7' les SerreS'Verçers (2® édition). Je Tavais lu avec le plus 
vif intérêt, mais comme un sujet de pure théorie, car je ne 
croyais pas avoir à en faire l'application. Le rigoureux et triste 
printemps de cette année, qui m'a laissé deux pêches sur tous les 
plein-vents de mon jardin, a tourné mes idées vers la culture des 
arbres fruitiers en pots et en serre froide, pour assurer leur 
fructification. 

« D'un autre côté, comme tous les visiteurs de la dernière 
Exposition universelle, j'avais été frappé des résultats obtenus 
par M. Chappelier dans cette culture, au moj'en de ses tuteurs 
spirales, ce qui me confirme encore davantage dans ma 
nouvelle résolution. 

« Or, je lis, à la page 327 de votre ouvrage « Les Serres- 
verçers > que votre savant collègue M. Burvenich avait ima- 
giné, il y a quelques années, d'appliquer la forme en spirale 
au Poirier et au Pommier, ce qui lui avait donné d'excellents 
résultats. Pourriez-vous me dire à quelle époque remonte 
la première application qu'il ait faite de cette méthode ? 
M. Chappelier s'en donne comme l'inventeur et dit avoir 
exposé à Bruxelles en 1864 des arbres élevés sous cette forme 
(voir la Mevue Horticole du l*'' avril 1879, page i28). A qui 
revient la paternité légitime de ce perfectionnement de culture ? 
€ Cuique suum » . 

« Je désirerais enfin savoir d'une façon bien précise, comment 
le Pécher et l'Abricotier se comportent sous la forme en spirale 
qui paraît tout d'abord très rationnelle, au moins pour le 
Pêcher, en modérant la sève de cet arbre qui tend toujours à se 
porter au sommet : mais comment l'Abricotier qui a une végé- 
tation si capricieuse, si irrégulière et si opposée à celle du 
Pêcher, s'en accomode-t-il ? En un mot, quelle est la forme que 
Texpérience vous a fait juger la meilleure pour la culture en pot 
du Pêcher, de l'Abricotier et du Prunier et le meilleur mode de 
traitement des petites branches? La variété des formes est une 



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bonne chose, mais pour une culture sérieuse, la meilleure forme 
est la seule à adopter. » 

Comte de Castillon, 
Collaborateur de la Revue horticole, au château 
de Castelnau-Picampau, par Le Fousseret, 
Haute-Garonne (France). 

€ P. S. La culture en pots me sera très utile pour mes expé- 
riences d'hybridation Avec elle je n'aurais pas perdu à sa S"** 
feuille un hybride de Prunier et d'Abricotier dont je pleure 
encore la mort prématurée ! Les arboriculteurs ont aussi leurs 
peines et leurs chagrins, malgré le c ô fortunatos ! i du poëte. 
Vous conseillez (S. V., page 305) de ne pas employer des pots 
plus grands que O'^SS. Mais combien d'années peut-on laisser 
les arbres sous toute autre forme qu'en miniature? Les vases de 
M. Chappelier ont 0°*35 de hauteur, 0°°27 de diamètre à la base 
et 0'°42 dans le haut. » 

Nous commencerons par les tuteurs spirales. Ceux-ci consti- 
tuent en réalité une heureuse application et surtout pour les 
vignes cultivées en pots. Non pas que les autres essences, 
Pêcher, Abricotier, Prunier, Cerisier, tout aussi bien que le 
Poirier et le Pommier, ne puissent également y être conduits 
avec avantage. Au lieu d'être conduits en cordons verticaux, 
ces arbres recevraient alors la forme en cordon spirale, qui, au 
point de vue théorique doit être au moins aussi favorable que 
le cordon simplement oblique. 

Le résultat ne me parait pas douteux si les tours de spire ont, 
tout au moins pour le Pêcher, un peu plus d'écartement que 
ceux adoptés pour les arbres à fruits à pépins et si l'on augmente 
dans une proportion analogue le diamètre des spirales. 

L?^. forme en cordon spirale ne se distingue, au point de vue cul- 
tural, presque pas du cordon oblique. Les arbres qui admettent 
cette dernière forme, pourront donc être parfaitement conduits 
en cordon spirale. On donnera aux tours de spire le même écar- 
tement qu'on accorde aux cordons dans la forme oblique. 



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— 343 — 

M. Chappblier est-il Tinventeur des tuteurs spirales ? C est 
bien possible et en ce cas nous Ven félicitons. Il a mis par là en 
pratique une excellente idée. Mais qu'il soit le premier inventeur 
du cordon spirale^ nous nous permettrons d'en douter. Tous 
ceux qui possèdent quelques notions générales en horticulture, 
penseront comme nous que l'idée de conduire en cordon spirale 
la tige des arbres cultivés en pots devait éclore tout naturelle- 
ment dans l'esprit de tous ceux qui ont cultivé des plantes 
grimpantes en pots. C'est si rationnel que personne ne revendi- 
quera cette idée comme la sienne propre. 

Lorsqu'on 1861, notre collègue M. Fr. Burvenich, attaché à 
cette époque à l'établissement Yan Houtte, commença à utiliser 
pour quelques essais de cultures en pots, les cordons de poiriers 
et de pommiers invendus de la saison, il trouva tout simple de 
les contourner en spirale et les jeunes arbres ainsi traités, se 
mirent immédiatement à fruits. Le résultat était prévu et c'est 
pourquoi, supposons-nous, notre collègue n'a pas cru devoir 
attacher son nom à cette innovation. Mais comme le dit fort 
bien M. le comte de Castillon, dans un genre de culture comme 
celui-ci, la question n'est pas seulement de savoir si telle forme 
est bonne, c'est la meilleure forme que l'on doit avoir en vue. Il 
n'est guère possible de répondre catégoriquement à cette ques- 
tion, parce que la forme dépend de la dimension qu'on veut 
laisser prendre aux arbres. Ainsi la forme en cordon spirale 
pourra convenir aux arbres miniatures et à ceux à développe- 
ment moyen. Pour ceux qu'on aurait l'intention de laisser 
s'étendre et se former comme ceux de M. Puls, la pyramide 
conviendra mieux. C'est la forme que notre confrère a adoptée. 
Aujourd'hui ses pêchers ont à peu près 2 mètres de hauteur, le 
vase non compris, avec un diamètre à la base de 1"*50. Si nous 
ajoutons que ces pyramides sont régulières, bien garnies, sans 
vides, mais aussi sans bois surabondant, d'une santé et d'une 
vigueur irréprochables, on comprendra sans peine que tous ceux 
qui les ont vues ont été aussi émerveillés de leur bel et imposant 
aspect comme végétation que de leur abondante fertilité. 



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— 344 — 

A ces pyramides on pourrait appliquer ce que nous avons 
écrit dans nos Serres-vergers (^) concernant Teffet ornemental que 
dans les parcs et maisons de campagne, il serait possible 
d'obtenir d'arbres fruitiers, élevés en pots ou cuvelles et dont la 
couronne serait aussi régulière et la verdure aussi riche et 
aussi fraîche que celle des arbustes exotiques, orangers, lauriers, 
myrtes et grenadiers, dont on décore pendant Tété Tavenue du 
château ou les allées des parterres. 

Nous n'avons rien dit de Taspect des pyramides de pêchers, 
telles que celles de M. Puls au moment de leur floraison au 
printemps. Mais n'anticipons pas, nous allons y arriver. 

La productivité des arbres dépend naturellement de leur force 
et de leur vigueur. En partant de ce principe, les pyramides sont 
évidemment préférables aux arbres de formes plus restreintes. 

Les arbres de M. Puls ont aujourd'hui six ans de plantation. 
Leur développement dépasse, nous devons le reconnaître, ce 
que nous croyions possible d'obtenir d'arbres cultivés en pots. 
Dans les cultures de ce genre que jadis nous avons admirées 
en Angleterre, nous n'avons jamais vu quelque chose de com- 
parable aux pêchers de notre confrère. Il va de soi que des 
pyramides de 2 mètres de haut sur 1"*50 de large demandent 
des pots ou des vases de plus de 0°*35 de diamètre dont pour- 
raient se contenter des arbres auxquels on se propose de ne 
laisser prendre qu'une hauteur de 1"50 et une largeur propor- 
tionnée. Les pots dans lesquels se trouvent actuellement les 
pêchers de M. Puls ont 0"42 de diamètre à leur partie supé- 
rieure et une hauteur de 0^45. Ils ne sont pas aussi évasés dans 
leur forme que ceux préconisés par M. Chappelier. Notre avis, 
au surplus, est que ces détails sont de minime importance. En 
Angleterre, quelques spécialistes recommandent de munir les 
pots d'ouvertures latérales, sur tout le pourtour vers la base, afin 
de faciliter l'émission des racines en dehors des vases, dans le sol 
de la planche où ils sont enterrés. Notre confrère n'a pas pris 

(1) Page 289. 



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— 345 - 

cette précaution. Les pots qu'il emploie sont simplement troués 
dans le fond de quatre ouvertures, comme cela se fait pour les 
grands pots dans la culture ordinaire. 

M. le comte de Castillon, dans la lettre qu'il a bien voulu 
m'adresser, parle de la serre froide, dans laquelle il se propose de 
cultiver ses arbres en pots. Même dans notre pays, les pêchers 
et les autres arbres fruitiers cultivés en pots n'exigent pas une 
serre spéciale, fût-ce même une serre froide. Un simple abri 
vitré au début de la végétation leur suffit. L'emploi de l'expres- 
sion serre froide peut induire en erreur. 

Dans les deux articles consacrés précédemment aux cultures de 
M. PuLS, nous n'avons pas parlé de la façon d'abriter la floraison 
des arbres au printemps. C'est un oubli que nous allons réparer. 

La serre-verger proprement dite, c'est à dire destinée exclu- 
sivement aux arbres fruitiers cultivés en pots, est un luxe dont 
notre excellent confrère s'est passé jusqu'ici. Ses pêchers 
occupent la plate bande au pied d'un espalier de pêchers couvrant 
un mur de 75 mètres de longueur devant lequel on établit chaque 
printemps un abri vitré mobile. Les pots sont espacés de 2 mètres 
sur une ligne à 1°»50 d'écartement du mur. Les arbres, espaliers 
et pyramides, restent exposés à toutes les intempéries jusqu'à 
l'époque, fin février ou commencement de mars, où leurs boutons 
commencent à se gonfler. L'abri est enlevé aussitôt que les 
fruits sont noués et les arbres achèvent leur développement 
normal à l'air libre. 

La serre ne doit donc servir uniquement qu'à favoriser la 
fécondation des fleurs et à soustraire les bourgeons aux con- 
séquences néfastes des gelées tardives et des vents desséchants 
du Nord et de l'Est qui régnent souvent au printemps. L'in- 
fluence de l'abri vitré pendant cette période est remarquable 
et se maintient durant tout le cours de la végétation. On combat 
sans difficulté, sous l'abri vitré, l'apparition des pucerons, et la 
cloque y est inconnue. 

Quant à la floraison, en serre ou sous abri vitré, des pêchers 
déjà un peu adultes, c'est un spectacle devant lequel les plus 



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— 346 — 

indifférents restent en admiration. Il est peu de plantes orne- 
mentales, uniquement cultivées pour la richesse de leur floraison, 
qui puissent rivaliser avec le Pécher. Toutes ses branches se 
couvrent d'une profusion de fleurs, offrant toutes les teintes d'un 
rose tendre plus ou moins vif et se succédant pendant quinze 
jours à trois semaines, avec un éclat qui diminue seulement au 
moment où les fleurs vont se passer. On comprend que Tamateur 
véritable puisse s'extasier en présence d'un espalier de forme 
irréprochable en pleine floraison ; mais une rangée de pyramides 
dont la charpente disparaît sous les flocons de fleurs aux 
larges dimensions est faite pour passionner un artiste ! Au prin- 
temps prochain, M. Puls sera heureux de convier nos confrères 
à jouir de ce coup d'œil. Éi. Pynaert, 

Artichauts rafELnés. 

M. Jules Rouby, horticulteur à Bourg-la-Reine, nous com- 
munique la note suivante sur une expérience qu'il a faite l'été 
dernier, dans son jardin, afin de perfectionner l'artichaut. 
Nous nous empressons de la mettre sous les yeux de nos 
lecteurs. Réd. 

L'artichaut, tel qu'il arrive sur nos tables, est un produit 
très peu rafSné par la culture. Indépendamment du goût un peu 
âpre qu'il laisse à la bouche, ses parties comestibles ne repré- 
seiitent pas en poids le quart des parties immangeables. 

L'idée m'est venue de développer les premières aux dépens 
des secondes, et je suis heureux de vous annoncer que j'y ai 
pleinement réussi. 

Le moyen d'arriver au même résultat est d'ailleurs, à la 
portée de tout le monde. 

Dès que l'artichaut émerge du fond de la plante, on le coiffe 
d'une bourse de gros linge que l'on recouvre ensuite de paille 
en ayant soin de fixer cette double enveloppe autour de la tige 
avec un lien quelconque. 

Ce qui se passe alors n'est pas difiicile à deviner. 



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— 347 — 

Au lieu de verdir, l'artichaut, poussant à l'abri de la lumière, 
se décolore peu à peu, en sorte qu'au moment de la cueillette on 
le trouve blond comme la harhe de capucin ou Tintérieur des 
salades attachées. Il est, en outre, si tendre, que ses parties 
comestibles sont plus que doublées, ce qui, naturellement, 
diminue d'autant les autres. 

Quant à la qualité, elle est à ce point améliorée, que quiconque 
n'a pas mangé d'artichaut ainsi traité, ne saurait soupçonner 
l'exquise finesse de goût dont ce produit potager est susceptible. 

Voilà les heureux résultats de mon expérience horticole de 
Bourg-la-Reine, résultats que chacun peut obtenir, comme vous 
voyez, avec un bien léger surcroît de soins. 

La dépense à faire est peut-être encore de moindre impor- 
tance, car les bourses dont on coiffe les artichauts, se trouvant 
protégées par la paille qui les recouvre, doivent servir pendant 
plusieurs campagnes. 

Que les maraîchers et les jardiniers amateurs appliquent 
donc ma méthode, et je leur prédis qu'ils en seront pleinement 
satisfaits. 

Après avoir goûté des artichauts raffinés par cette méthode, 
les consommateurs ne voudront certainement plus entendre 
parler des chardons à demi sauvages qu'on leur a servis jusqu'à 
ce jour. Jules Rouhy, 



Meubles rustiques et économiques. 

Un de nos confrères du Cercle d* Arboriculture, M. Paul 
Lagae, de Courtrai, a eu l'idée de tirer parti des fûts à pétrole 
et d'en faire des meubles de jardins. Ces petits meubles, tels que 
nous les avons vus, ne sont pas dépourvus de cachet et présen- 
tent deux qualités sérieuses, la solidité et l'économie. A ce titre, 
nous leur ouvrons volontiers la publicité de nos Bulletins 
comme à toute innovation utile. M. P. Lagae a bien voulu nous 
transmettre les renseignements suivants. Réd, 



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- 348 - 

Lom d'un entretien que j'eus le plaisir d'avoir avec vous, 
je vous fis part de l'idée qui m'était venue d'utiliser les fûts 
vides à pétrole ou naphte, à la construction de petits meubles 
rustiques économiques de jardins. 

En effet, les fûts vides à pétrole trouvent difficilement ache- 
teur en Belgique, il en est»de même de ceux ayant contenu 
d'autres matières. 

La grande quantité que l'on en importe encombre le marché, 
de là leur dépréciation ; déjà il s'en réexpédie de grandes quan- 
tités en Amérique sur des navires prenant de vieux rails comme 
lest. 

Or, comme les types de ces différents petits meubles rus- 
tiques vous paraissaient mériter l'attention et que même vous 
m'engagiez à divulguer mon idée, en lui donnant toute la publi- 
cité possible, je désire donner à cet égard quelques indications 
aux lecteurs des Bulletins. 

Le fût à pétrole fait de bois de chêne comprend ordinairement 
15 douves dont l'une est plus large que l'autre ; il est composé 
évidemment aussi de 2 fonds qui trouvent très bien leur emploi 
pour ce genre de constructions. 

Je confectionne donc de ce bois, des tables ordinaires, des 




Fig. S2, S3, 54. — Meobles de jardin. 

tables avec grattoirs, pouvant se placer à l'entrée d'une maison. 



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— 349 — 

d'une serre, des chaises de 2 formes distinctes, le petit tabouret 
indispensable pour les dames et les carreaux ou bordures pour 
parterre. 

Cette dernière construction surtout est d'une utilité incontes- 
table ; en effet les bordures pour parterre, plates-bandes, outre 
qu'ils ^ont un embellissement dans un jardin,' conservent la 
régularité des massifs qu'ils contournent comme aussi des 
chemins qu'ils bordent. Ils sont parfois des objets fort coûteux, 
quand on les prend en fer, en fonte ou en pierre. 

Le prix des modèles les plus simples en fer est de 20 à 25 c«* 
pièce, et ceux en pierre de 10 à 15 c«» ; en outre ils sont très 
fragiles et ne résistent à aucun choc. 

Les bordures faites en bois de ces fûts n'offrent aucun de ces 



Fig. 55. — Bordures en bois. 

désavantages et leur coût est bien moindre ; leur résistance est 
incomparable, et deux couches de bonne céruse blanche appli" 
quées sur le bois de chêne dont ils sont faits, augmentent la 
durée de leur conservation et un simple lavage leur rend leur 
éclat blanc. 

En outre, le bois étant imbibé d'essence minérale ou de produits 
chimiques, ils dégagent des émanations qui éliminent les insectes 
nuisibles des plantes qu'ils entourent. 

Les rapports que j'ai eus avec M. Omer Van Lierde pour la 
construction d'un abri serre pour vignes établi dans mon jardin 
et dont je ne puis assez exprimer toute ma satisfaction, m'ont 



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— 350 — 

CDgagé à lui abandonner Texploitation de ce mode de fabrication, 
d'autant plus qu'il s'occupe déjà avec tant d'intelligence d'autres 
constructions horticoles économiques. 

M. Van Leerde a cru utile de prendre un brevet pour ce 
genre de construction qu'il compte perfectionner encore et 
en 1880 il exposera ses différents modèles. 

Je vous laisse le soin d'apprécier s'il convient de divul-. 
guer par la voie des Bulletins, cette innovation, persuadé néan- 
moins qu'elle peut trouver sa place à côté du support fraises, 
des cornets et porte fleurs, d'un modèle de corbeilles parterres et 
autres petites industries. Paul Lagae. 



Mélanges et nouvelles. 

Une recette d'actualité. — Toutes les ménagères ont pu 
remarquer que cette année le« pommes de terre, à peu d'excep- 
tions près, sont compactes, peu farineuses, ne fendillent pas à la 
cuisson et conservent après l'ébullition un noyau vitreux et 
aqueux. 

Le moyen d'obvier à cet inconvénient paraît être bien simple : 
on introduit les pommes de terre avec la quantité de sel néces- 
saire dans le pot et on ferme hermétiquement celui-ci par le 
couvercle entouré sur les bords d*un linge humide. 

Les pommes de terre produisent ainsi la vapeur suffisante 
pour ne pas brûler et se débarrassent plus facilement de lear 
surabondance d'eau. 

Préparées de cette façon les pommes de terre laissent au fond 
une certaine quantité d'eau qu'il faut décanter. 

Elles sont d'un goût et d'un aspect parfaits. 

Une autre ménagère a fait la remarque que ce procédé n'est 
pas nouveau et non plus sans défauts puisque en ne cuisant pas 
la pomme de terre à Veau mais simplement dans la vapeur, 
elle reste malsaine. Il est connu en effet que les tubercules 
contiennent certains principes toxiques que l'ébullition à grande 
eau leur enlève. 



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— 351 — 

Les arts et les fleurs. •— Sur Tinvitation de radministration 
supérieure, la municipalité viennoise vient de décider que les 
tombes des grands maîtres Mozart, Gluck, Haydn et Beet- 
hoven seront désormais et pendant toute Tannée parées de 
fleurs naturelles qui devront être entretenues et renouvelées 
aux frais de la ville. 

Le Beurré Dubuisson a donné cette année dans un jardin à 
Wondelgem près de Gand de bons et de nombreux fruits, très 
beaux, à peau nette, sans tavelures ni crevasses. L'arbre est 
cultivé à haute tige et exposé à tous les vents. La maturité 
se montre ici plus précoce qu'à Tournai. Déjà maintenant 
(10 novembre) quelques fruits ont pu être dégustés. Les qualités 
de cette poire n'ont pas été surfaites . 

Poiriers très fertiles. — Parmi les variétés qui se sont 
montrées particulièrement productives, il nous faut citer 
Calebasse Tougard et Baronne de Mello. 

La Société horticole Néerlandaise constituée en mai 1878 
par les jeunes Néerlandais que l'étude de l'horticulture amenait 
à Gand, continue ses travaux avec une louable persévérance et 
rencontre de vives sympathies justifiées par l'activité déployée 
par ses membres effectifs. 

Le Beurré Ghaboceau est décidément un très bon fruit. 
Nous avons reçu de M. A. De Deyn, président de la Société 
arboricole de Steenhuyze-Wynhuyze, des échantillons de cette 
jolie poire qui nous ont permis de corroborer Tappréciation déjà 
faite dans le Bulletin. 

La Duchesse d'Angoulëme a rarement en Belgique la 
finesse, l'arôme et le sucre qui en forment une des meilleures 
poires dans son pays d'origine. 

On remarque cette année que dans certains terrains sa qualité 
est notablement supérieure à ce qu'elle est d'autres années. 

Un de nos amis nous dit en avoir mangé des fruits exquis pro- 
venant d'un terrain sablonneux hors de la porte de Bruges à Gand. 

Les poires en 1879. — Le manque de chaleur et les pluies 
abondantes qui ont marqué l'année 1879, ont influé diversement 



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1 



— 352 — 

sur la qualité des poires. Dans les localités où d'habitude le 
fruit est excellent, on se plaint de manque de sucre et de 
parfum. 

Ces observations sont parfaitement justifiées, mais ce qui se 
comprend moins, c'est que dans d'autres situations certaines 
variétés semblent avoir gagné de finesse. Par exemple, la poire 
S^'Liévin n'a rien valu à Audenarde, son pays d'origine, et à 
Gand, en terrain léger, sablonneux, on ne Ta jamais mangée si 
bonne que cette année. Cette question est fort complexe et 
mérite d'être approfondie. 

L'Avenir horticole. — Nous avons sous les yeux le rapport 
publié par cette jeune et vaillante Société. Ce rapport 
contient l'historique de celle-ci et résume les travaux accom- 
plis. Ceux-ci ont droit à nos éloges. Ils témoignent chez les 
sociétaires d'un vif désir de s'instruire mutuellement et d'uti- 
liser au mieux les rares loisirs que leur laissent leurs études. 
U Avenir horticole mérite d'être encouragé sérieusement par 
tous ceux qui ont à cœur l'éducation de la jeunesse et les 
progrès de notre horticulture. R. 

Plus de guerre 1 — Il y a quelque temps le conseil d'État de 
Genève reçut une petite charrue emblème de la paix. Cette œuvre 
d'art était envoyée par le Universel peace Union de Philadelphie 
pour être exposée dans la salle Alabama. L'histoire de cette petite 
charrue est très curieuse. 

Dans un Meeting tenu en 1876 — Universel peace Union — en 
faveur de la paix, quelques ex-offîciers firent don de leur épée 
en jurant de ne plus prendre part à une guerre. Un membre du 
meeting fournit les fonds nécessaires pour en confectionner une 
charrue qui figura aux expositions de Philadelphie et de Paris 
et maintenant elle est offerte en présent à la Suisse. 

Les hannetons. — Les larves de hannetons (vers blancs) sont 
si abondantes dans les environs de Berlin, qu'elles menacent de 
détruire un des plus beaux parcs de la ville, le bois de Humboldt 
(Humboldt's Haine). Un crédit de 24,000 marks est demandé 
pour entreprendre leur destruction. 



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- 353 — 
Raisin Black Alicante (vrai). 

Micante, plus généralement connu en Angleterre 

. de Black Alicante^ n'est point une variété nouvelle, 

^isin cultivé depuis longtemps. Toutefois on rencontre 

vraie variété destinée à la culture en serre, où elle 

premier rang, tant au point de vue de la longue con- 

\\Jie des dimensions énormes de la grappe. 

lités du raisin Alicante sont appréciées fort différem- 

te grande différence d'appréciation de sa valeur pro- 

I qu'on applique à tort le nom d'Alicante à différentes 

le département de Tarn et Garonne on donne par 
[nom d'Alicante au Grec rouge (voir le ViçnoUe, Mas et 
pi. 25, 1874). Dans le nord-est, on donne le nom 
au Grenache noir, raisin d'Espagne, introduit depuis 
ps dans le midi de la France (voir le Viçnotle, pi. 201, 

Robert Hogg, dans son ouvrage The fruit manual, 
., p. 272, donne une quantité de synonymes et indique 

variétés qui sont substituées à Y Alicante vrai, 
dse donc qu'une bonne et exacte description pour faire 
ner le vrai Black Alicante, et quelques mots sur la 
en serre de cette variété sont les deux points qui inté- 
^nt le plus le lecteur, 
variété est déjà reconnaissable dès le bourgeonnement, 
lières jeunes feuilles sont fortement duveteuses au point 
aître blanches avec un rebord rouge, 
leuille, lorsqu'elle a pris son développement^ n'est que très 
chancrée, le sinus pétiolaire est arrondi et les deux lobes 
çurs se touchent. La face supérieure est glabre, la page 
eure fortement aranéeuse^ ce qui rend la feuille épaisse 
ucher. Avant la chute de la feuille, celle-ci prend la teinte 
lentée sur la planche ci jointe. 

34 



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GooQle 



- 354 — 

La grappe est très grosse, serrée, conique; le grain très gros, 
ellipsoïde, d'un beau noir bleuâtre foncé mat, pruiné, ferme. 

Le pédoncule est très fort, c'est le plus robuste parmi ceux 
des variétés que je possède, avec le if" Pearson qui en est un 
semis. Ce pédoncule est recouvert de duvet. Les pédicelles 
sont courts, robustes, recouverts de verrues rouges au point 
d'attache du grain. 

La grappe figurée pèse I^^SIO gram., des grappes irrégulières 
pesaient plus. Elle a été cueillie le 15 novembre. 

Le bois de Tannée est également très caractéristique, il est 
brun marron et couvert de laine blanche. 



Le tout n'est pas de posséder la variété ; le point le plus 
important, sous notre climat, c'est de savoir la cultiver. Nous 
allons indiquer le système que nous considérons comme le 
meilleur et nous le diviserons d'après les diverses périodes de la 
végétation et non d'après l'époque de l'année. 

1" Période. — Cette période commence depuis que les boutons 
se gonflent et dure jusqu'au moment où la grappe se montre 
dans les premières feuilles. La chaleur dans la serre doit être 
de 15 degrés centigrades le jour et de 10<* la nuit. Très peu 
d'air est nécessaire. 

2me période, — Depuis que la grappe s'est montrée jusqu'à ce 
qu'elle fleurisse. On donne une température de 20*» centigrades 
le jour et 15'' la nuit. 11 est à remarquer que ces températures 
sont données abstraction faite de la chaleur produite par les 
rayons solaires. A cette époque, lorsque le soleil luit^ la 
température peut s'élever jusqu'à 20" c. ; pendant cette période, 
on donne un peu plus d'air. 

3me période. — Depuis que la grappe fleurit jusqu'à la fin de 
la formation de la baie. 24° c. le jour ; au soleil, on peut aller 
jusqu'à 30° c. Durant cette période, on doit avoir le plus grand 
soin de la ventilation, afin d'avoir les fleurs sèches. Il est 



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— 355 — 

très avantageux de féconder avec du pollen de FrankefUkaUr^ 
parce que c'est la variété où le pollen est le plus abondant. La 
nuit, la température peut descendre jusqu'à 18° c. 

4"« Période. — Depuis la fin du premier gonflement de la 
baie jusqu^à la parfaite formation du fruit. Le jour, la tem- 
pérature doit être de 25° c. et peut s'élever au soleil à 33° c, 
pour s'abaisser la nuit à 19° c. On doit donner pendant cette 
période beaucoup d'air. 

6™« Période. — Maturation du fruit. 21° c. le jour, et avec 
soleil 27° c. ; la nuit, la température peut tomber jusqu'à 17° c. 
Pendant le jour on aère abondamment. Très peu d'air la nuit, 
lorsque la température le permet, est favorable à la coloration 
du fruit. 

La 6""° ou dernière période est celle de la conservation des 
grappes sur l'arbre. La température n'est plus le jour que de 
15° c. et ne peut s'élever au soleil qu'à 24°. Pour la nuit, une 
température de 13° c. est suffisante. Mais on doit donner le plus 
d'air possible le jour, et tâcher de tenir la serre sèche, car 
l'humidité serait la perte inévitable et rapide des fruits. 

Quant à l'arrosage, il doit varier suivant que la .plantation 
est intérieure ou extérieure. 



De ce qui précède il ne faut pas conclure que les températures 
indiquées'doivent être uniformes pour toutes les vignes, nos 
indications s'appliquent à tous les raisins tardifs et de conser- 
vation, c'est à dire aux vignes pour serre chaude. 

Pour le Franhenthaler et les variétés qui mûrissent à la même 
époque, en un mot ce qu'on peut appeler les raisins de serre 
froide, une température de 4° centigrades en moins à toutes les 
périodes est plus favorable. /. Puis. 



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— 356 — 

CERCLE D'ÂÎIBORICULTURE DE BELGIQUE. 

Admissions. 

2"« Section, — Membre associé. 
aezel (Ch.), jardinier diplômé, hospice civil, rae de Bruxelles, 
Loavain; présenté par M. Van Huile. 

3™« Section. — Membres protecteurs. 
M"* de Biesmes (Vic»«)» à son château à Cruishautem ; pré- 
sentée par M. Van Huile. 
M"* Thiriar-Delette (Veuve), propriétaire, Rodimont St. Paul ; 
présentée par M, Grégoire. 
MM. 
Collignon (R.), ingénieur, Seilles (Liège) ; présenté par M. Fr. 

Burvenich. 
Crabbe (Ad.), notaire, Ternath; présenté par M.Fr. Burvenich. 
De Clercq (Cam.), au château de M"« Patin, à Vormezeele; pré- 
senté par M. Burvenich. 
Delà Housse (Ch.), jardinier à Roucq (Nord, France); présenté 

par M. Mulié, 
De Meester (J.), propriétaire, place d'Egmont, à Malines; pré- 
senté par M. J. De Smet. 
De Wolf(Hipp.), arboriculteur à Haasdonck (Waas) ; présenté 

par M. Hutsebaut. 
Dubois-Quême, propriétaire, Charleroi, Ville Haute; présenté 

par M. Fr. Burvenich. 
Gendebien,pharmacien,Engis (Liège); présenté par M.VanHulle. 
Heerma Van Vorp, au petit Courtrai, Mont-St. Amand, lez- 

Gand; présenté par M. Van Huile. 
Lebègue (A. N.), directeur de TOffice de publicité, 46, rue de la 

Madeleine, Bruxelles ; présenté par M. Van Huile. 
Mestdagh (Léon), rue du Paradis, Gand; présenté par M.Peeters. 
Michel Carolus, jardinier au château d'Engihoule, Engis (Liège); 
présenté par M. Antoine. 



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— 357 — 

Respilleux (B. J.), curé, S* Waast ; présenté par M. Pr. Bur- 

venich. 
Stoel (F. N.), propriétaire de THôtel Baesjou (Bossche Veer- 

huis), la Haye (Holl.) ; présenté par M. Hermans. 
Temmerman, jardinier chez Mad. Rombaut, Nederbrakel; 

présenté par M. Van Huile. 
Van de Can (G.), à Haçselbrouck (Rosoux-Goyer) ; présenté par 

M. Marchandise. 
Van der Hoef (D. M.), horticulteur, à Oegstgeest, près Leide 

(Holl.); présenté par M. Witte. 
Van Sonsbeek (Weled.), huize de Gunne, à Heins (Pays-Bas); 

présenté par M. Harsem. 
Vendelmans (Ed.), propriétaire, à Gierle, près Turnhout; pré- 
senté par M. Hermans. 



Taille des arbres qu'on transplante. 

On a beaucoup embrouillé la discussion sur cette question et 
il semble qu*on ait voulu à dessein ne pas comprendre ce que 
l'un des membres les plus zélés du Cercle, notre excellent ami 
M. J. M. De Smet, a dit et écrit sur cette intéressante matière. 

Les choses les plus simples deviennent compliquées du 
moment où on s'écarte des principes et où on abandonne les idées 
générales pour entrer dans les combinaisons, les exemptions et 
les exceptions. C'est ce qui a été le cas pour le sujet sur lequel 
nous revenons aujourd'hui. 

Nous commencerons par poser un principe, notamment 
quHl y a toujours avantage à ne pas faire de fortes amputations 
aux arbres qu'on transplante. 

La science n'a-t-elle pas suffisamment démontré qu'en principe 
toute taille prive l'arbre de ses parties les plus vives, de ses 
meilleurs réservoirs de matières élaborées. Ces matières vitales 
contribuent dans l'ordre normal au premier développement 
printanier de tous les organes, mais elles viennent particu- 



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- 358 — 

liërement en aide partout où les appelle an trouble quelconque 
dans l'économie de l'arbre. 

Nous avons acquis la preuve qu'il y a un plus grand 
affluent de sucs élaborés vers les racines chez l'arbre déplanté 
que chez celui qui est resté à demeure. La nature cherche 
toujours à rétablir Téquilibre partout où il a plu à la fantaisie de 
l'homme de rompre cette harmonie. Lorsqu'à un arbre muni de 
puissantes racines qu'on ne dérange pas, on enlève une grande 
partie de bois, la nature provoque une profusion de nouvelles 
ramifications» et l'équilibre se rétablit (voir les chap. restaura- 
tion, rajeunissement, rapprochement, ravalement, taille en 
porte-manteau, taille en manche à balais, etc.). 

Lorsqu'au contraire on enlève et dérange les racines, toutce que 
l'arbre renferme de matières élaborées se porte vers les racines 
pour cicatriser les plaies et provoquer la formation de nouveaux 
organes d'absorption, en lieu et place de ceux qui sont perdus. 

Mais quittons ces dissertations plus ou moins scientifiques, 
pour arriver à des exemples que nous ne prendrons pas chez ces 
expérimentateurs privilégiés qui plantent des vergers de douze 
manières difiérentes et concluent avec une désinvolture imper- 
turbable dans une question dont ils jugent comme un aveugle 
des couleurs. Non, nous prendrons nos exemples dans la vie 
usuelle, car il n'est pas donné à tout le monde de faire de ces 
études comparatives de haute école. 

Nous nous sommes souvent adressé au gros bon sens des 
gens de la campagne et franchement nous aimons parfois beau- 
coup leur raisonnement. 

Nous le préférons même à celui d'hommes de science qui 
nous appellent « les partisans de la non taille, > et si nous étions 
méchant, nous les payerions en retour en leur appliquant 
l'épithète â^équilïbmtes à cov/p de hache. 

Dernièrement, nous nous adressions à un brave paysan qui 
plantait une haie d'aubépines ; nous demandions s'il n'allait pas 
les couper rez-terre, et d'un ton sérieux, il nous répondit : oui. 
Monsieur, quand les plantes auront poussé pendant une année 



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— 359 — 

en pleine liberté, alors elles auront pris possession de leur 
terre, elles seront enracinées et fourniront des jets vigoureux. 
Si je coupais ma haie maintenant, j'obtiendrais des jets 
insignifiants, mes plants s'enracineraient mal et Tavenir en 
serait compromis. 

Nous avons adressé successivement, à la même époque, la 
même question à des campagnards, plantant de jeunes plants 
forestiers pour bois taillis, et nous avons obtenu exactement la 
même réponse. Chose incroyable peut-être, mais un jour, un 
simple jardinier nous a dit, que ce n'était pas bien de scier la 
couronne de forts sujets de poiriers, pommiers et autres^ pour 
la remplacer par un ou plusieurs greffons; le sujet, selon lui, 
s'enracine mieux, lorsqu'on lui laisse son bois, et le greffage a 
plus de succès Tannée suivante. S'il avait jamais osé dire une 
chose pareille devant M. Hutsebaut ! 

Autre histoire : un propriétaire avait un splendide marron- 
nier d'Inde à fleur blanche double, le tronc avait 0™25 de 
diamètre à 1 m. de terre. Il voulut le transplanter à tout prix, 
parce que cet arbre était un beau spécimen dont il voulait con- 
server la jouissance. Savez-vous ce qui lui fut répondu par son 
jardinier, disciple de l'école de MM. Hutsebaut et C^®? « L'arbre 
pour être déplanté doit nécessairement éprouver de graves 
avaries aux racines. Or (cet or ! vaut de Tor), il est juste et 
équitable qu'il perde aussi des branches en conséquence et avant 
de revoir ce bel arbre, objet de vos rêves, il faut vous résigner 
à le contempler pendant sept ans, défiguré et d'une forme à 
tenter les cigognes habituées de nicher sur une vieille roue de 
charrette hissée sur ud poteau, à venir s'installer dans votre 
arbre. » Inutile d'ajouter que devant de pareilles conditions 
M. X. ne tint plus à son marronnier et le laissa mettre en 
bûches non sans maugréer quelque peu contre l'impuissance de 
Tart du jardinier. 

Malheureusement ce ne sont pas seulement un grand nombre 
de jardiniers qui continuent à croire à cette nécessité des coups 
de hache à administrer en guise de billet de changement de 



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— 360 — 

domicile à tout arbre quelque peu grand qu'on transplante. Mais 
on rencontre par ci par là des gens sensément sérieux qui 
défondent cette abominable martyrisation. 

Il est bien entendu que nous ne nous récrions pas contre la pra- 
tique de profiter de ce qu'un arbre est couché pour lui enlever 
une branche mal placée, ou raccourcir une autre trop développée 
en proportion des autres. C'est là une taille de circonstance, 
c'est profiter d'une occasion qui ne se présentera plus pour 
régulariser, sans trop de peine, la couronne de Tarbre ; mais ces 
opérations ne se font nullement en vue de favoriser la reprise. 

Lorsqu'on taille sévèrement un arbre qu'on transplante, on 
court le risque qu'il repoussera mal. Si le contraire arrive, il ne 
faut pas encore crier victoire, car un sujet transplanté et qu'on 
taille court, se raccommodera moins bien de la perte qu'il a subie 
aux racines, même quand il fait des pousses passables. Un arbre 
non taillé, au contraire, prendra solidement possession du sol, 
alors même que la première année il ne développe que quelques 
petites feuilles. Dans ce dernier cas, tout ce que l'arbre possède 
de vie'dans ses tissus et tout ce qu'il élabore par ses quelques 
feuilles et par ses écorces, passe au profit de la racine, les 
organes aériens ne prenant aucun développement, ne formant 
aucune partie nouvelle. 

Qu'il peut y avoir certains cas où tailler et ne pas tailler 
conduisent au même résultat, nous ne le contestons pas. Les 
arbres à bois très mou et dont toutes les parties, même les plus 
âgées, renferment assez de sucs élaborés, peuvent s'enraciner 
parfaitement^ même quand on leur enlève toutes leurs branches. 

Les saules et les peupliers nous fournissent cet exemple; 
mais n'oublions pas de mentionner qulls reprennent aussi, 
quand on leur coupe toutes leurs racines. Cela n'exclut toutefois 
pas, qu'un peuplier, planté avec toutes ses branches, reprend 
bien et pousse admirablement, lorsque l'année suivante on le 
soumet à la taille. 

Nous laisserions une grande imperfection dans cette notice, si 
nous n'insistions pas sur la taille ordinaire qu'il est bon d'appli- 



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- 361 — 

quer aux arbres, Taûnée après leur transplantation. Leur bois 
plus ou moins épuisé par la migration des matières organisa- 
trices qull renfermait, est devenu maigre, et il est bon d'y 
provoquer la production de pousses nouvelles en raccourcissant 
les rameaux terminaux. 

Pour finir, nous ferons au sujet des nombreux articles qui 
ont paru sur la question en litige, une réflexion qui mérite 
d'être méditée par les écrivains horticoles. 

Il est d*usage dans notre presse, que tous ceux qui approuvent 
la manière de voir d'un auteur et qui applaudissent des deux 
mains à ce qu'il avance sur un sujet quelconque, gardent t de 
Conrard le silence prudent, » tandis que les rares contradicteurs 
élèvent tous la voix; il y a plus, des écrivains improvisés 
surgissent pour se jeter dans la mêlée. 

Si cette masse d'hommes capables en arboriculture que nous 
comptons en Belgique, devait donner ici son avis, on serait sur- 
pris de l'écrasante condamnation de l'équilibre à coups de hache. 

Aussi nous n'hésitons pas à demander le plébiscite, mais 
entre hommes compétents. 

Alors on verra arriver en grand nombre, à. l'appui de notre 
manière de voir, des preuves pratiques comme celles que donnait 
encore naguère M. De Vos, de Hazerswoude, dans ce Bulletin, 
page 294, lorsqu'il disait, pour prouver à l'évidence que la for- 
mation des racines a lieu surtout par l'effet des matières élabo- 
rées contenues dans le bois : 

« Annuellement je reçois de France en automne des plantes 
emballées dans la mousse qui sont mises eii jauge. Au prin- 
temps avant la moindre feuillaison, on remarque une telle abon- 
dance de jeunes racines que cela fait plaisir à voir. » 

Pourrait-on sans indiscrétion demander à M. De Vos s'il en 
serait de même au cas où on aurait coupé tout le bois aux jeunes 
plantes, et dans l'affirmative^ à quoi il pense que cette masse do 
racines doit sa naissance? 

Cette question est inutile. M. Db Vos nous renseigne suffi- 
samment quand il dit : 

35 



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— 362 - 

t II y a chez tous les arbres (aussi chez les transplantés) 
assez de matières vitales en réserve pour provoquer le déve- 
loppement de ces racines... » Et si par une taille très courte on 
met les trois quarts de cette réserve par terre ??? 

M. De Vos termine son article en concluant avec nous en 
disant : 

€ Chaque fois que, pour une raison ou Tautre, nous avons 
un motif de prévoir une végétation faible chez les sujets à 
transplanter, nous les plantons avec leur bois pour leur faire 
subir une bonne taille (flink doorsnijden) Tannée suivante. » 

Comme on le voit, avec quelques adhérents comme M. De Vos, 
la cause de la non taille lors de la transplantation des arbres, 
surtout de ceux qui subissent par là un grand dérangement et 
dont par conséquent on ne doit attendre qu*une faible végéta- 
tion, serait bientôt gagnée. Les arbres qu*on transplante et qui 
n'en éprouvent guère d'interruption de végétation, sont -^ nous 
nous permettons de le supposer — Texception, et nous défendons 
la règle générale. Fr, Burvenich. 



Les Bobinia. 

Le Jardin zoologîque de Gand renferme un grand nombre 
d'arbres et d'arbustes d'ornement dont plusieurs ont acquis un 
développement considérable. V Araucaria imbricata qui se 
trouve auprès de l'aiglerie, le Séquoia gigantea offert il y a 
des années à ce Jardin par M. Al. Dâllière^ sont connus parmi 
les plus beaux exemplaires du continent. Indépendamment des 
Conifères, nous y cultivons bien des espèces qui sont dignes 
d'attention, telles sont entr'autres les Boiinia qui y trouvent 
précisément les conditions qu'ils préfèrent, notamment un sol 
frais et léger. 

Le genre BoMnia n'est point riche en espèces, il n'en compte 
que troiS; savoir : le RoUnia pseudo Acacia Linn., le RoHnia 
çluiinosa Curt. et le RoUnia rosea Duham. 



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- 363 — 

Le Faux Acacia, répandu aujourd'hui dans l'Europe entière, 
est originaire de Virginie d'où il fut introduit au commencement 
du XYII™* siècle, en 1601 d'après les uns, en 1635 d'après les 
autres; il est remarquable par Télégance de son feuillage et ses 
nombreuses fleurs blanches très odorantes. 

Le Robinier visqueux, introduit seulement à la fin du XVIII"« 
siècle, du Sud des États Unis d'Amérique, est également an bel 
arbre d'ornement qui atteint une hauteur de dix mètres et est 
facilement reconnaissable à ses rameaux visqueux et brun 
foncé. Ses fleurs sont disposées en grappes plus serrées . que 
celles du Faux Acacia ; leur couleur est rouge pâle ; la floraison 
est un peu plus tardive bien que cet arbre fleurisse souvent une 
seconde fois au mois d'août. 

Le Robinier rose est un arbrisseau introduit de la Caroline 
vers le milieu du XYIII'^* siècle. En Europe, il ne dépasse guère 
une hauteur de trois mètres, bien que, dans sa patrie, il semble 
dépasser souvent une hauteur double. Ses fleurs qui se suc« 
cèdent durant tout Tété, sont disposées en grappes pendantes et 
lâches; elles sont roses. 

Tandis que le Rolinia psmdo Acacia est utilisé pour la for- 
mation de groupes et de massifs, les deux autres sont employés 
plus spécialement pour être isolés dans les pelouses ; c'est ainsi 
qu'on peut les voir au Jardin zoologique de Gand. 

Les trois espèces comptent des variétés ; cependant sous ce 
rapport, l'espèce type introduite la première en Europe, se 
trouve le plus richement dotée. Karl Koch, dans sa Dendro- 
loçie(^), en cite un très grand nombre. La collection la plus 
complète, citée dans le Catalogue de Pbtzold, se trouve dans 
l'Arboretum du prince Henri des Pays-Bas, à Muskau. Voici 
une liste des variétés les plus remarquables du Rotinia pseudo 
Acacia. 

B. p. arçentea. Variété à feuilles allongées, striées de blanc, 
forme très remarquable. 

(1) Première pai*tie, p. 55. 



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— 364 — 

S. p. aurea. Les feuilles de cette variété sont d*an beau jaune 
à leur naissance, plus tard, ainsi qu'il arrive à beaucoup de 
panachures, cette couleur ne se maintient qu'à la pointe des 
feuilles. Cette variété est très recoromandable. 

B. p. Bessoniana. D'un port trapu et raide, cette variété se 
distingue par ses petites feuilles découpées à leur sommet. 

R. p. comigera. Cette variété se distingue par sa vigoureuse 
croissance et ses fortes épines. 

R. p. crispa. Arbre vigoureux ; les folioles sont entièrement 
crispées, les stipules épineuses sont nulles. Le feuillage de cette 
variété a un cachet tout particulier. 

R, p. cylindrica. Cette variété se distingue par ses gros et 
courts rameaux et ses folioles allongées, d'un vert bleuâtre. 

R. p. formosa. Caractérisé par la couleur rosée de ses grappes 
de fleurs. 

R. p. inermis. C'est le Robinier parasol croissant en boule; 
il est sans épines et n'atteint pas une grande hauteur. De Can- 
DOLLB, LouDON et d'autrcs l'appellent R, p, umbraculifera. 

R. p. Unearis. Feuillage extrêmement léger, les folioles 
sont très longues et très étroites. 

R, p. monophylla. Cette variété présente avec la précédente, 
un vrai contraste; le plus souvent les folioles sont réduites à un 
très petit nombre, parfois même réunies en une seule feuille 
elliptique et allongée. 

R. p. nigra nana. Rameaux nombreux et effilés, feuillage 
presque filiforme ; couronne serrée. Cette variété se distingue 
de toutes les autres. 

R, p. pendulifolia. C'est le Robinier pleureur. Les sommets 
des rameaux sont inclinés ainsi que les feuilles. 

R. p. prœcox. Comme son nom l'indique, cette variété 
fleurit une des premières; ce caractère toutefois dépend de 
l'exposition à laquelle la plante est située. 

R, p. pyramidalis. Cette forme très caractéristique ne data 
que d'une vingtaine d'années. Elle contraste particulièrement 
avec la plupart des autres. 



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— 365 — 

-B.p. SophoraefoUa. Folioles arrondies, petites, différant fort 
peu de la variété AmorphaefoUa, 

R. p. spedosa. Forme à végétation vigoureuse, feuilles gran- 
des, rameaux élancés ; cette variété est dépourvue de stipules 
épineuses. 

-B. p, spectabilis. C'est une des variétés les plus anciennes ; 
ses feuilles se distinguent par ses grandes folioles planes et par 
l'absence des stipules épineuses. 

R. p, siricta. C'est le Robinier hérissé. 

R. p. tragacanthoides. R. faux tragacanthe. 

R. p. tortîcosa. Cette variété a les rameaux nombreux et tor- 
tueux^ ce qui donne un aspect tout particulier à la couronne. 
Elle se reproduit assez régulièrement de graines. 11 en existe 
deux sous-variétés : le tortuosa elegans et le iortuosa micro- 
phylla. 

R. p. volubilis. Cette forme accentue considérablement le 
caractère de la précédente. Cependant ses folioles sont réfléchies, 
ce qui donne à l'arbre un aspect fané. 

L'espèce glutinosa a des variétés plus répandues dans 
les pépinières que dans les jardins. Telles sont R, glutinosa 
alhiflora^ aux fleurs blanches visqueuses et calice rosé ; R. gluti- 
nosa horrida, au feuillage plus fin et plus allongé, aux rameaux 
courts et noirs ; R, glutinosa heterophylla, se distinguant fort 
peu du type. 

Le RoMnier hybride, Robinia ambigua Poïr,, semble être un 
hybride du pseudo-Acacia et du glutinosa ; il tient le milieu 
entre ces deux espèces. * 

Le Robinier rose oiïre însqu'ioi plus de stabilité : on en cite 
une variété française à feuilles plus grandes, et une variété 
américaine dont les fleurs dépassent les proportions de toutes 
les autres du genre. 

Ém. Rodigas, 



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~ 366 



Parcs et Jardins. 

Notre Bulletin ne peut évidemment rendre compte de tous 
les ouvrages qui paraissent sur rhorticulture. Mais quand un 
travail de Timportance de celui dont le titre figure en tête de 
cet article, sort de presse et vient augmenter le nombre relati- 
vement restreint des livres traitant de Tarchitecture horticole, 
nous considérons comme un devoir de nous en occuper ; pour 
le livre de M. F. Duvillers, il y a un motif de plus, puisque 
l'auteur est belge et par conséquent notre compatriote. 

Au surplus, depuis longtemps nous apprécions hautement 
Tarchitecture des jardins et sommes convaincu de Tinfluence 
salutaire que cet art, bien compris, doit exercer sur l'avenir de 
l'horticulture. Nous saluons donc avec bonheur tout ce qui 
paraît d'utile en cette matière, surtout quand ce sont des 
ouvrages propres à agir sur le public en général. 

Sous ce rapport^ voici une publication que nous avons à 
signaler. C'est la seconde et dernière partie d'un superbe 
ouvrage in-folio dont le premier volume date déjà de 1871, et 
qui a pour titre t Les farcs et jardins. » C'est l'œuvre de 
M. F. DuviLLERS, architecte-ingénieur-paysagiste à Paris. 
L'auteur dont le portrait accompagne ces lignes, bien qu'habi- 
tant la France depuis sa jeunesse et ayant surtout travaillé 
dans ce pays, est cependant assez connu chez nous^ en Bel- 
gique, où il est né et où il a encore toute sa famille. Aussi 
est-il resté Belge du fond du cœur et se plaît-il à le prouver 
à ses anciens compatriotes. Parti jeune, il s'est mis résolument 
à Tœuvre et à force de travail et de persévérance, il a su se 
créer, dans ce grand centre de Paris et aux environs de cette 
capitale, une position qui fait honneur à son initiative et à 
sa nationalité. C'est à ce double titre que, tout en signalant 
Timportant ouvrage que M. Duvillers vient de publier, nous 
croyons aussi pouvoir faire figurer son portrait dans ce recueil. 



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— 367 — 

Voici d'ailleurs ce que nous lisons dans le Panthéon de V In- 
dustrie de 1877, n<» 99, sur le compte de l'auteur : 

« M. DuviLLERS, architecte, ingénieur, paysagiste, dessina- 
teur et ordonnateur de parcs et de jardins, dont nous publions 
aujourd'hui le portrait, est sans contredit Thomme qui s*est le 
plus illustré de nos jours dans cet art charmant. 

« M. François Joseph Duvillers est né à Arc-Ainières (Hai- 
naut), et il habite Paris dès sa plus tendre jeunesse. Après avoir 
suivi avec autant de zèle que de succès les cours du Muséum et 
de l'Ecole des mines, et avoir acquis des connaissances fort 
étendues dans les sciences exactes, M. Duvillers se voua entiè- 
rement à la profession d'architecte-ingénieur, pour laquelle il 
s'était toujours senti une vocation prononcée. 

« En menant de front l'étude de l'agriculture, delà botanique, 
de la minéralogie, de la géologie et de l'entomologie, il s'initia 
promptement aux secrets qu'il est nécessaire de connaître pour 
exercer avec succès la profession qu'il avait embrassée, et il 
devint bientôt d'une supériorité remarquable dans la pratique 
de cet art difficile. 

« M. Duvillers a fondé plusieurs écoles. lia été reçu membre 
de la Société royale d'Horticulture en 1832. membre de la 
Société asiatique de France en 1838, membre à vie de la 
Société botanique de France en 1864, etc. Il a vulgarisé les tra- 
vaux hydrauliques à l'aide d'un nouveau système de drainage 
et d'irrigation applicable aux parcs paysagistes, et c'est à lui 
qu'on doit ces fameux essais de transplantation des arbres sécu- 
laires qui produisirent une si grande sensation dans le monde 
agronomique en 1854, notamment à l'occasion des opérations 
qui eurent alors lieu au château de Maisons. » 

Et plus loin : 

« M. Duvillers, qui avait publié un grand nombre de brochu- 
res et de plans du plus vif intérêt, se rendant aux instances qui 
lui étaient faites depuis longtemps, se décida à réunir toutes ses 
compositions, dont le nombre s'élevait à plus de 2,000, et il en 
fit un choix qu'il publia sous le titre suivant : 



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— 368 — 



F. J. DUVILLERS, 

Architecte-payeagi.ste. 



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— 369 — 

Les Parcs et les Jardins ^ créés et exécutés far F. Duvillers. 

« Ce magnifique ouvrage, grand in-folio, sur beau papier Jésus, 
avec texte, dédicace, liste des souverains qui ont souscrit, table 
du texte et des gravures, ne contient que des études sortant de 
son cabinet et des plans exécutés par lui-même» 

« La signature fac-similé de ses clients se trouve sur chaque 
planche, de même que le nom des localités où l'on peut visiter les 
propriétés désignées, afin de se renseigner sur la composition 
qui convient le mieux au terrain qu'on se propose de faire 
transformer en parc ou en jardin. > 

Enfin plus loin encore on lit dans le même journal : 

< Ce magnifique ouvrage aété l'objet des éloges ofiSciels les plus 
flatteurs, notamment de la Société botanique de France, de la 
Société centrale d'Agriculture, de l'Académie des Sciences, sec- 
tion des Beaux-Arts, de la Société d'encouragement pour l'in- 
dustrie nationale, etc., etc. 

t La Revue des Deux Mondes lui a consacré un article très 
élogieux, et, à propos des travaux exécutés par M. Duvillers 
au château de Maisons (Seine-et-Oise), la Revue horticole n'a 
pas été moins aôlrmative sur le talent transcendant de ce célè- 
bre architecte-ingénieur. Enfin, l'abbé Moignot a consacré un 
long et savant article à Tœuvre de M. Duvillers. » 

Ces citations nous dispensent de faire ressortir nous-même les 
mérites de l'auteur. Nous connaissons celui-ci personnellement 
et nous le répétons, c'est un homme d'un caractère charmant et 
excessivement serviable, menant dans sa riante demeure à 
Paris, en compagnie de son adorable fille unique, une vie 
entièrement consacrée à ses études favorites. Nous connaissons 
moins ses œuvres : ses parcs et jardins exécutés ; mais d'après 
ce que nous en avons appris, tous sont à la hauteur du maître 
qui les a conçus et tracés. Ce dont nous pouvons juger le 
mieux, c'est du livre ou plutôt des livres de M. Duvillers, ce 
grand et important travail qui a dû lui coûter bien des veilles 
et encore plus d'argent. 

L'ouvrage renferme, à part le portrait de l'auteur superbe- 



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- 370 - 

ment gravé, 80 plans de parcs et jardins créés et exécutés pour 
la plupart par lui-même, la majeure partie en France, plus un 
certain nombre en Suisse, en Espagne, au Caucase et en Russie. 
Ces plans sont coloriés et accompagnés de coupes du terrain ; 
c'est de la fine gravure sur acier. Qaant à leur confection 
même, quant au dessin et au tracé proprement dit, on a suivi 
un système qui, nous n*en doutons nullement, doit avoir fait 
ses preuves et produit ses effets. Parmi ces plans, plusieurs 
nous plaisent beaucoup. Sur la plupart nous voudrions entrer 
dans quelques détails. Mais on le comprend, cela nous mène- 
rait beaucoup plus loin que ne le comporte Tespace dont nous 
pouvons disposer. Force nous est donc de remettre cet examen 
à une meilleure occasion. 

Signalons néanmoins dès à présent encore un point, celui-ci 
notamment, que M. Duvillers donne pour chaque plan qu*il 
a figuré la composition des principaux massifs, c'est à dire les 
noms des arbres et arbustes employés et Tindication du résultat 
qu'il en attend. Cette partie n'est pas la moins intéressante de 
l'ouvrage que tous les vrais amateurs consulteront volontiers et 
voudront acquérir. 

Le prix est fixé comme suit : 

1« et 2« parties, gravures coloriées 260 francs. 
!• et 2- . . noires 200 » 

Chaque partie se vend séparément à 130 ou à 100 francs 
suivant qu'on désire les planches coloriées ou noires. 

Ces prix ne sont pas élevés quand on considère que c'est un 
ouvrage de luxe, très consciencieusement fait. 

H. J. Van Huile. 



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— 371 — 

Le Ftelea trifoliata, comme succédané du 
houblon. 

Notre ami et collègue M. Ch. Baltbt, de Troyes, Thorticul- 
teur bien connu et Tun des pomologues les plus éminents, a 
publié dans V Avenir républicain de l'Aube une lettre fort inté- 
ressante sur les avantages que l'on pourrait tirer, dans la 
fabrication de la bière, d'un arbre peu connu, le Ptelea trîfo- 
liata. Nous croyons que nos lecteurs nous sauront gré de nous 
voir reproduire cette lettre. Réd, 

Monsieur le Rédacteur, 

Yous me transmettez plusieurs lettres qui vous sont adres- 
sées, demandant des renseignements sur la culture du Ptelea^ 
et les moyens de se procurer des plants de cet arbuste. Voici , 
à la hâte, quelques notes sommaires. 

Le Ptelea est un des végétaux les plus robustes pour notre 
sol et notre climat ; il ne demande, en outre, aucun soin de 
culture. Une fois planté, il suffit de l'abandonner à lui-même; 
on peut le laisser touffu comme un noisetier ou le faire monter 
à demi-tige, à la façon des cerisiers francs qui croissent dans les 
vignes de nos environs, ou branchu comme les aubépines, les 
sumacs et les lilas de nos jardins. 

Point de fumure^ jamais de taille^ aucun échalas... quelle 
différence avec le houblon, la plante industrielle la plus coûteuse 
à élever, par la richesse absolue du sol, les fumures qu'elle exige, 
l'acquisition, le montage et le démontage des perches nécessaires 
à l'expansion des tiges. 

Une plantation de Ptéléas pourra être installée dans le pre- 
mier terrain venu, léger ou compacte, sec ou humide, en plaine 
ou en côte, au soleil ou à l'ombre. Il est peu de plantes aussi 
accommodantes. On établira des lignes ayant 3 mètres d'inter- 
valle. Les sujets y seront espacés de 3 mètres. Le groupement 
par massifs aurait l'inconvénient de nuire à la fructification des 



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— 372 — 

sujets placés aa centre. En acceptant les lignes droites, on pour- 
rait, suivant les circonstances, doubler les rangs à 1"*50 l'un 
de Tautre, les plants en quinconce; un chemin de 4 mètres 
séparerait les doubles rangées. 

Le Ptelea n*ayant pas encore été soumis à une culture spéciale, 
nous ne saurions dire s'il est favorable ou antipathique à d'autres 
cultures parallèles ou dérobées; l'avenir le dira. En tout cas, il 
ne s'agirait ici que d'un revenu supplémentaire. 

La fructification devient à la quatrième ou cinquième année 
de plantation, assez abondante pour pouvoir être livrée à la 
brasserie. La graine, pourvue d'une aile circulaire comme celle 
de rOrme, vient par bouquets à l'extrémité des rameaux. Jus- 
qu'alors, elle n'a été employée que pour la propagation de 
l'espèce ; les pépiniéristes qui font le commerce de jeunes plants, 
livrent le Ptelea par centaines et par milliers aux prix les plus 
modestes de nos espèces indigènes. 

La graine vaut encore 10 fr. le kilog. dans le commerce. Le 
plant est relativement meilleur marché ; on le vend de 15 à 
80 fr. le mille, suivant son âge. Il est bon à mettre en place à 
Vêi^Q de un ou de deux ans. 

Le semis des graines se fait au printemps, dans une terre 
ameublie. Semer assez clair pour obtenir un plant trapu ; s'il 
a atteint 0<°20 à l'automne, il est bon à planter; sinon, on le 
laisse une année en nourrice avant sa plantation définitive. 

Il suffira d'un coup de charrue ou d'un simple bêchage dans 
l'emplacement des lignes quelque temps avant la plantation. On 
plantera après les gelées, par un temps doux, en scellant la terre 
au pied du petit plant. 

L'odeur aromatique des feuilles et des tissus ligneux ou 
herbacés des rameaux font supposer que si le fruit manquait, 
les autres parties de la plante j suppléeraient, à la façon du 
groseillier cassis. C'est probablement à ce parfum qu'est due 
l'absence d'insectes sur le feuillage. 

Voisin, botaniquement parlant, de l'Ailante et du Quassia, on 
pense que notre arbuste aurait peut-être des propriétés médici- 



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— 373 — 

nales ignorées jusqu'ici; aussi M. Ponsard, l'infatigable cher- 
cheur, après avoir substitué avec succès les samares de Ptelea 
aux cônes de houblon, dans la fabrication de la bière, a-t-il 
fait des recherches pour en faire un succédané du quassia et du 
quinquina. 

Tout cela est à Tétat d'expériences. Mais étant donnés les 
résultats que nous avons pu constater avec plusieurs collègues 
de la Société horticole, vigneronne et forestière, dégustant com- 
parativement les bières de houblon et de Ptelea ^ et tenant compte 
des prix de revient, nous avons confiance dans l'avenir 
industriel de cet arbrisseau de l'Amérique du nord ; son accli- 
matement en Champagne est depuis longtemps un fait accompli. 
Il s'y élève à la hauteur de trois mètres environ, et fructifie 
abondamment. 

M. Ponsard en possède de grandes quantités dans son parc 
d'Omey. Un certain nombre de propriétaires le possèdent dans 
leur jardin, sans le savoir. Il en existe plusieurs sujets dans nos 
squares troyens; si les ouvriers chargés de leur entretien 
n'avaient pas la funeste habitude de tailler les ptéléas — sans 
savoir pourquoi — nous aurions pu renouveler Fessai si heureux 
du savant président du Comice agricole départemental de la 
Marne, en le confiant à nos brasseurs. 

Nous avons donc la conviction qu'il y a là un service rendu à 
Tagriculture et à la consommation. Ces découvertes ne sont pas 
suffisamment encouragées; à côté du blé, de la pomme de 
terre et de la vigne, il y a des richesses inconnues dans le règne 
végétal au profit de l'homme, de son alimentation, de son 
hygiène, de son industrie. 
Veuillez agréer, etc. Charles Baltet. 



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- 374 



Les fruits belges à rExposition de 1880. 



Nos lecteurs le savent déjà, la partie pomologique de l'Expo- 
sition nationale de 1880 promet d'avoir une importance majeure. 
La Commission organisatrice ne néglige aucun moyen pour 
arriver à ce résultat qui témoignera une fois de plus de la 
richesse et de la variété des produits de notre agriculture. 

Des concours sont ouverts non seulement pour les fruits 
nationaux proprement dits, mais aussi pour ceux qui avant ou 
après 1830 ont obtenu leur naturalisation. Au milieu des masses 
de fruits de toute essence répandus aujourd'hui dans toutes 
nos campagnes, il fallait un indicateur sûr, pour retrouver la 
voie dans un véritable dédale. Un membre de la Commission, 
M. Ch. Gilbert, président de la Société de pomologie d'Anvers, 
auteur d'une brochure publiée naguère sous le titre de Les fruits 
lelges, s'est chargé de dresser des listes qui concordent autant 
que possible avec l'énoncé des principaux concours du pro- 
gramme de la section de pomologie. En outre, il a fait un relevé 
des variétés introduites avant et après 1830, ce qui permettra à 
ceux qui prendront part à l'Exposition de former des lots de 
fruits dans les termes du programme. 

Le travail de M. Gilbert contient les listes des fruits 
gagnés dans chacune de nos provinces, ainsi que les listes 
générales des poires et des pommes obtenues en Belgique 
avant et après 1830. L'auteur n'a pas la prétention d'avoir 
fait un travail absolument complet; il a soin de dire lui- 
même que le relevé des variétés introduites est approxi- 
matif. Néanmoins, les listes dressées sont tellement nombreuses, 
que les pomologues lui doivent une réelle reconnaissance 
et que les exposants n'auront aucune peine à grouper leurs 
collections. 



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— 375 — 

Les poires gagnées en Belgique après 1830 sont au nombre 
réellement considérable de 488. 

Les pommes sont relativement peu nombreuses, il n'j en a 
que 30. 

Les raisins ne sont représentés que par six variétés, dont 
quatre obtenues à Bruxelles : la Bruxelloise, le Chasselas 
Félix Muller, le Frankenthaler De Coster et le Semis De Qoes ; 
et deux obtenues à Gand : Narcisse Oaujard et le Qros doré. 
L*auteur cite 2 abricots, 10 cerises, 20 pèches et brugnons, 
11 prunes. 

La liste des fruits gagnés en Belgique avant 1830 compte 
472 poires et 29 pommes, 3 cerises, 3 pêches et brugnons et 
8 prunes. 

Ce relevé est complété par une liste de fruits dont l'époque 
d'apparition n'est pas indiquée jusqu'ici. 

Le relevé des variétés par provinces donne les chiffres 
suivants : 

Fruits gagnés dans la pro 



Tince d'Anvers . . 


. 95 


» Brabant . . . 


. 803 


» FI. Occidentale. 


3 


» FI. Orientale . 


. 21 


> Hainaut . . . 


. 134 


Liège. . . . 

> Limbourg . . 
» Luxembourg . 

> Namur . . . 


. 25 
5 

2 



Parmi les fruits introduits avant 1830, M. Gilbert men- 
tionne 114 poires, 63 pommes, 6 cerises, 17 pêches et brugnons 
et 6 prunes. 

Ces quelques chiffres démontrent suffisamment les larges 
voies ouvertes à l'initiative des exposants de la section de 
pomologie. Ém. Sodigas. 



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— 376 



La plus précoco des pêches. 

La question des pèches précoces a excité aux Etats-Unis un 
très grand intérêt, en vue de l'aident à faire des premières 
pèches de la saison. 

Les pêches anglaises sont justement réputées pour leur matu- 
rité hâtive ; cependant les Early, qui semblaient être Tapogée 
de la précocité, sont surpassées par la variété américaine 
Amsden ou Pêche de juin, recommandée par la Société d'Horti- 
culture du comté de Jaspar (Missouri), à Tattention des jardi- 
niers comme la plus précoce de toutes les pêches et la meilleure 
des variétés hâtives. 

En voici la description : 

Fruit de grosseur mo;yenne, un peu plus gros que la Pêche 
précoce de Halle^ rond, un peu aplati. Couleur rouge foncé d'un 
côté. Chair blanc verdâtre, tendre, juteuse, fondante, douce 
et délicieuse. 

Fleurs grandes. 

Arbre vigoureux et productif. 

Comparée aux excellentes pêches hâtives Earîy Béatrice et 
Early Halle pendant Tannée 1874, très défavorable aux fruits 
précoces, sur le même terrain et à une exposition tout à fait 
identique, la pêche Amsden a mûri du 3 ou 13 juillet, Early 
Béatrice du 11 au 22 juillet, Early Halle au V"" août. 

Un de nos correspondants qui a récolté cette année des fruits 
de cette variété, nous écrit d'Orléans : 

t Vous ne vanterez jamais assez la pêche Amsden^ c*est la 
plus belle et la meilleure des précoces. La description qui en a 
été donnée, est très exacte. > 

Fr. Burvenich. 



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— 377 — 
C'est l'hiver; donnez-vous du mouvement. 

Le Landman, organe hebdomadaire de la Société provinciale 
d'Agriculture de la Flandre Occidentale, contient, dans son nu- 
méro du 23 novembre dernier, un articulet intitulé les prome- 
nades d'hiver, que nous reproduisons. 

A première vue, cet article semblera offrir plus d'intérêt à 
ceux qui ont le temps de faire des promenades que bien à la 
plupart des lecteurs de nos Bulletins, lesquels, s'occupant de 
jardinage par profession ou par goût, ne songent guère à la pro- 
menade. Mais en y réfléchissant, on s'aperçoit bien vite que 
ces lignes sont également utiles au jardinier; que celui-ci 
veuille donc les lire. 

Promenades d'hiver. — On n'aime guère la promenade en 
hiver ; et pourtant, c'est le meilleur moment de l'année pour en 
retirer le plus de profit. 

Comme l'air frais fait du bien à nos poumons, comme il 
fait plaisir à nos narines ! Combien une promenade en hiver, 
par une marche rapide, nous met de bonne humeur! Comme nos 
joues se colorent, comme nos yeux étincellent, comme nos 
muscles semblent devenus plus forts. Un homme bien portant 
qui se sauve grelottant dans un omnibus, quand il n'a à faire 
qu'une demi lieue^ mérite d'être pris de migraine, de rhume, de 
toux, de mal de gorge, etc. Il prend toutes ces misères dans 
cet omnibus où Tair est vicié; une course dans un phaëton 
ouvert n'est bonne qu'à moitié : l'air y est bon, mais le mouve- 
ment corporel fait défaut et par suite tout le bien qui en résulte 
pour le sang, les muscles et les nerfs. 

L'humidité au printemps et la fatigue en été rendent la 
promenade peu utile et peu agréable ; mais en hiver, la prome- 
nade est la source de la santé. 

La promenade d'hiver garantit contre le froid aux pieds ; elle 
active la circulation du sang ; elle fortifie les nerfs mille fois 
mieux que les médicaments et elle surpasse tous les moyens 
d'assainissement du corps. 



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- 378 — 

Une promenade en hiver aiguise l'appétit — qu'on n'achète 
à aucun prix — et pour activer la digestion, elle vaut mieux que 
les pillules de mille pharmacies. 

Faites une bonne promenade quand il gèle, et vous en ferez 
Texpérience. La bouche close, les épaules en arrière, la tête 
relevée et ne pas oublier que les jambes sont faites pour mar- 
cher ! Il 7 a du talent à savoir se promener. » 

Après cette lecture, on pourrait se demander : et moi, jardi- 
nier, qu'ai-je à faire des promenades hivernales? Les jours sont 
si courts et mes occupations si multiples, que je n'ai pas à 
songer à la promenade ! Quand pourrais-je me promener, peut- 
être le dimanche une couple dlieures pour courir bien vite à la 
maison, car le ciel s'éclaircit, il va geler, il faut que je chauflFe ! 

Nous le savons trop bien, tel est le cas pour la plupart des 
jardiniers. Mais précisément parce qu'ils ont trop à faire, ils 
font d'abord presque tout à la hâte, ce qui est bien du mouve- 
ment, mais en même temps du mouvement trop tendu. Et 
puis, après s'être mis en nage, ils se reposent sans arrière pensée 
en dépit du froid, du courant d'air et de Thumidité, sans prendre 
la peine de remettre les vêtements enlevés pour le travail. 

Est-il donc étonnant que beaucoup de jardiniers, même 
jeunes encore, souffrent de rhumatisme? On nous dira : c'est 
l'affaire du médecin. Eh bien, consultez-le. Mais en attendant, 
soignons nous-mêmes notre santé afin de prévenir les indis- 
positions. Pour cela, le mouvement en hiver est indispen- 
sable, et si le jardinier se donne assez de mouvement, celui-ci 
n'est pas toujours suffisamment réglé et modéré. Si nous n'avons 
pas le temps de faire des promenades, travaillons avec un peu 
moins d'ardeur, mais sans interruption. Et s'il nous arrive 
d'être en transpiration, évitons le froid et surtout l'humidité : 
tenons nous en mouvement. H, J, Van Huile. 



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TABLE DES MATIERES 

DU VOLUME 1879. 



Pages. 

Alîeante (Le Raisin), par J. Pals 353 

Amadou et les champignons (L*) 137 

Arboriculteurs célèbres (Les). Gabriel Luizet, par Éd. Pynaert . . 208 

Arbres d'ornement (Les), par 0. Klipp 237 

Arbres fruitiers (Culture en pots des), par Éd. Pynaert .... 339 

Art des jardins (L') de Éd. André, par Ém. Rodigas 128 

Arts et les fleurs (Les) ... 351 

Artichaut de Laon, par Pr. Burvenich 195 

Artichauts rafSnés, par Jules Rouby 346 

Aspergerie sous cloches, par Pottier 153 

Asperges foi'cées, par A . Stappaerts 44 

Auvents (Les effets des), par H. J. Van Huile 163 

Avenir horticole (L') 352 

Azalea indica Louisa Pynaert, par Ém. Rodigas 17 1 

Beurré Chaboceau 351 

Beurré de Naghin, par Jules Burvenich 129 

Beurré de Naghin (Un faux), par Ch. Baltet . . , . . . . 16)^ 

Beurré Dubuisson (Le) 351 

Beurré Henri Courcelles, par Éd. Pynaert 78 

Bibliographie : L'art des jardins de Éd. André, par Ém. Rodigas 128, 155 
— Praktische aanwijzingen over den snoei derfruit- 

boomen de Fr. Burvenich, par Ém. Rodigas . . 222 

Bibliographie pomologique par Éd. Pynaert 63 

Black Alicante (vrai), par J. Puis 353 

Bords du Dedemsvaart (Les), par H. J, Van Huile 178 

Brugnon Galopin, par A. Bivort 193 

Butte de M. A. Mas, par Ém. Rodigas 335 

Carolina superba (Fraise nouvelle), Kitley 292 

Cercle d'Arboriculture de Belgique. Admissions . . .9, 67, 131, 356 

Cercle d'Arboriculture de Belgique. Comité central 4 

Cercle d'Arboriculture de Belgique. Conseil d'Administration . . 4 



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— 380 — 

Pages. 
Cercle d'Arboriculture de Belgique. Conseil d* Administration. 

Séance du 1 novembre 1879 323 

Cercle d'Arboriculture de Belgrique. Rapport sur la situation et les 

travaux du Cercle en 1878, par Emile Rodigas 34 

Cerisier et les oiseaux (Le), par E. Miler 173 

C'est l'hiver ; donnez-vous du mouvement, par Van Huile . . . 377 

Charbon de l'oignon (Le), par O. Klipp 306 

Choisissez vos arbustes, c*est le moment, par H. J. Van HuUe . . 230 

Chicorée Barbe de Capucin, par Fr. Burvenich 205 

Comice agricole de Grammont (Le) 94 

Comité central du Cercle d'Arboriculture de Belgique 4 

Communications diverses 73 

Concours de jardins fruitiers (Projet de). . 69 

Concours en Néerlande (Question mise au concoui's), par H. J. Van 

Huile i 59 

Concours national de jardins fruitiers et de vergers, par Ém. 

Rodigas 255 

Congrès agricole de Liège, par Ém. Rodigas 158 

Congrès Pomologique de France (21"^» session du), par Ch. Baltet . 233 
Conférences publiques sur la culture et la taille des arbres fruitiers 61 
Conseil d'Administration du Cercle d'Arboriculture de Belgique . 4 

Conservation des fruits d'été, par Th. Buchetet 226 

Conservation des fruits d'été, par D. Muot 166 

Conservation des fruits (De la), par Ch. Joly 43 

Conservation des raisins, par Ch. Baggio 80 

Corbeilles parterres (Modèles de) 175 

Cornets et porte fleurs, par É m. Rodigas 11,121 

Cloque du Pêcher (Étude sur la), par Oct. Burvenich 51 

Cultures de TAnjou (Les), par A, Pottier 216 

Culture du Fraisier, par A. Baguet 326 

Culture en pots de la Vigne, par Oct. Burvenich 295 

Culture en pots des arbresTruitiers (La), par Éd. Pynaert . . . 339 
Culture maraîchère et fruitière de TAnjou, par 0. Klipp. ... 125 

Culture potagère (Essais en), par Fr. Burvenich 99 

Dedemsvaart (Les bords du), par H. J. Van Huile ...... 178 

Der Obst Garten, par Ém. Rodigas 95 

Deux poiriers nouveaux, par Miler 334 

Écoles d'horticulture de l'État, par Ém. Rodigas 288 

École d'horticulture de l'État, à Gand. Examens d'admission . . 288 

Effets des auvents, par H. J. Van Huile 163 

Emploi de la tannée en culture (De V), par A. Pottier . . . .141 
Emploi de la tannée dans la culture des asperges (sur 1'), par J. Moen8206 

Épouvantail pour les lièvres (Un), par Fr. Burvenich 328 

Essais en culture potagère (Les), par Fr. Burvenich .... * 99 
Établissement horticole et pomologique de M. Grégoire, à Saint- 
Nicolas, par Éd. Pynaert 15 

Étude sur la cloque du Pêcher, par Octave Burvenich .... 51 



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— 381 — 

Pages. 

Bxamens d^admission à TÉcole d'horticaltnre de l'État à Qand. . 288 

Excursion du Cercle en Néerlande (Projet d') 132 

Excursion du Cercle en Néerlande, par Ém. Rodigas 183 

Exposition belge de 1880, par Pr. Burvenich 250 

Exposition d'Anvers, par Ém. Rodigas 96 

Exposition de Brème (Allemagne), par Ém. Rodigas 96 

Exposition de Bruges, par Ém. Rodigas 96, 126 

Exposition de Bruxelles, par Ém. Rodigas 96 

Exposition de fraises à Gand^ par Ém. Rodigas . . . 144, 210, 161 

Exposition de Gand, par Ém. Rodigas 96 

Exposition de La Haye (Néerlande), par Ém. Rodigas .... 96 
Exposition de Lille (France), par É m. Rodigas. , I . ... 96 

Exposition de Saint Nicolas, par Ém. Rodigas 96 

Exposition de Tournai, par Ém. Rodigas 96 

Exposition d'horticulture à Nancy (Une), par Éd. Pynaert . . . 277 

Exposition horticole à Maestricht, par Ém. Rodigas 253 

Exposition nationale de 1880 220 

Exposition universelle le l«^ Octobre (Lapomologie à), par Éd. 

Pynaert 22 

Faut-il élaguer les grands arbres qu'on transplante, par Jean Marie 

DeSmet 71,105 

Floralies de Tournai, par Ém. Rodigas 283 

Fraises nouvelles et peu connues, par Éd. Pynaert 289 

Fraisier (Culture du), par A. Baguet 326 

Fruits belges à l'Exposition de 1880 (Les), par Ém. Rodigas . . 374 

Gare à l'humidité, par H. J. Van Huile 16 

Grands arbres (Faut-il élaguer les) qu'on transplante, par J. M. De 

Smet 71,105 

Guigne bonne Alostoise, par Fr. Burvenich 225 

Hannetons (Les) 352 

Hiver de 1878-1879 (L^, par Ém. Rodigas 159 

Honneur au travail, par Ém. Rodigas 20 

Honneurs bien octroyés, par H. J. Van Huile 88 

Hordebise (M. J. N.) 175 

Huile de noix (L') 123 

Inauguration du monument élevé à la mémoire de Louis Van Houtte, 

par Ém. Rodigas 256 

Laurier rose (Le), par Maurice Mortier 113 

Louis Vilmorin (Fraise nouvelle) Robine 293 

Madame Bal (Fraise nouvelle) De Jonghe 291 

Mas (Buste de M. A.), par Ém. Rodigas 335 

Meubles rustiques et économiques, par Paul Lagae < 347 

Mieux vaut tard que Jamais 244 

Modèles de corbeilles parterres 175 

Monument Van Houtte 64 

Monument élevé à la mémoire de Louis Van Houtte, par 
Ém. Rodigas 256 



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382 



Nëcro1of<ie : Adolphe Timothée Wiringer, par Fr. BarTenich . . 239 

— Adolphe Timothée Wiringer, par Ém. Rodigas. r . 192 

— Charles Louis Âlberdienst, par Ém. Rodigas ... 128 

— Emile Rodembourg, par Ém. Rodigas 192 

— Karl Eoch (Le professeur), par H. J. Van Huile . . 190 

— Prince Henri des Pays-Bas, par H. J. Van Huile . . 66 

Nouvelle chaudière (Une), par Ém. Rodigas 89 

Nouvelles variétés d'Ormes (Trois), par Éd. Pynaert 57 

Nouveau système de palmettes, par J. M. De Smet 76 

Obst Qarten (Der), par Ém. Rodigas . 95 

Ormes (Trois nouvelles variétés), par Éd. Pynaert 57 

Palmettes (Nouveau système de), par J. M. De Smet 79 

Parcs et Jardins, par H. J. Van Huile .366 

Pêche Albert Victor Nectarine (La), par Éd. Pynaert 97 

Pêcher (Le) et TOranger dans l'Amérique du Nord, par 0. Klipp. • 109 

Pêches (La plus précoce des), par Fr. Burvenich 376 

Plantation des asperges (Quelques conseils sur la), par Éd. Pynaert. 84 
Plantation tardive des arbres verts (Encore la), par H. J. Van Huile 157 

Plantes d*appartements, par Ém. Rodigas 31 

Plantez tard vos arbres verts^ par H. J. Van Huile 124 

Plus de guerre I 352 

Poire Beurré Giflfard, par Fr. Burvenich 5 

Poires en 1879 351 

Poires japonaises, par Fr. Burvenich 65 

Poirier Rival Dumont (Le), par Éd. Pynaei*t 321 

Poiriers nouveaux (Deux), par É. Miler 334 

Pois sabre (Le), par Fr. Burvenich 223 

Pommes Belle de Fumes et Belle de Lippe (Les), par Ém. Rodigas. 281 
Pommes Belle de Fumes et Belle de Lippe (Encore les), par L. de la 

Bastie et Ém. Rodigas 336 

Pommiers à cidre dans TOise, par E. S 287 

Pomologie à TExposition universelle le 1 octobre(La),par Éd. Pynaert 22 

Presse culturale en Néerlande, par H. J. Van HuUe 145 

Primeurs de harîcots, par Fr. Burvenich 92 

Projet de concours de jardins fruitiers 69 

Projets d'excui*sion 70 

Projet d'excursion du Cercle en Néerlande 132 

Prune Pond's Seediing, par Fr. Burvenich 33 

Ptelea trifoliata (Le), comme succédané du houblon, par Ch. Baltet. 871 
Quelques conseils sur la plantation des asperges, par Éd. Pynaert . 84 
Quelques plantes peu connues pour la mosaiculture, par Éd. 

Pynaert 150 

Question mise an concours en Néerlande, par H. J. Van Huile . . 59 

Raisin black Alicante vrai, par J. Puis 353 

Raisin Golden Queen, par Éd. Pynaert 161 

Rapport sur la situation et les travaux du Cercle d'Arboricultore 

de Belgique en 1878, par Ém. Rodigas 34 



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— 383 — 

PagM. 

Rapport sur le concours de rédaction ouvert en 1878, par le Cercle 

d'Arboriculture de Belgique, par Ém. Rodigas 49 

Recette d'actualité (Une) . 350 

Reddition des comptes de 1878 68 

Remède contre les chenilles, par Ém, Rodigas 95 

Remise des médailles aux lauréats du concours de rédaction en 1878 75 
Renouvellement d'un tiers du Conseil d'Administration .... 75 

Repiquage en feuille d'amande, par Pr. Burvenich 110 

Robinia (Les), par Ém. Rodigas 362 

Séance du Conseil d'administration le 1 novembre 1879. . . . 323 

Secrétaire Rodigas (Fraise nouvelle) Mulié 291 

Session (21«n«) du congrès pomologique de France, par Ch. Baltet . 233 

Société horticole néerlandaise (La) 351 

Songez à vos légumes, l'hiver est devant la porte, par H. J. Van 

Huile 302 

Support fraises à point d'arrêt, par Éd. Pynaert 245 

Surprise (Fraise nouvelle) Myatt . 292 

Taille des arbres qu'on transplante, par Fr. Bui*venich . . . 357 
Taille des arbres qu'on transplante (La question de la), par 

C. De Vos 294 

Taille des arbres transplantés (A propos de la), par J. Hutsebaut . 133 

Taille des choux, par Victor Châtel 135 

Victor Hage (Fraise nouvelle) Mulié 291 

Vigne (Culture en pots de la), par Oct. Burvenich 295 

Vigne (Les grandes et les petites formes de la), par A. Stappaerts . 7 

Visite au château de Beirvelde, par H. J. Van Huile 329 

Visite aux pépinières de Boskoop, par H. J. Van Huile .... 196 

Viticulture anglaise (La), par Oct. Burvenich 114,138 

Westland(Unejournéedansle), par Éd. Pynaert 307 

Planches coloriées. 



Planches. 

7. Brugnon Galopin. 

10. Fraises nouvelles et peu con- 
nues. 

8. Guigne bonne Alostoise. 

9. Monument Van Houtte. 

4. Pêche Albert Victor Nectarine. 

5. Poire Beurré de Naghin. 



Planches. 

1. Poire Beurré Gifbrd. 
3. Poires japonaises. 

1 1 . Poirier Rival Dumont. 

2. Prune Pond's Seedling. 

12. Raisin Black Alicante. 
6. Raisin Golden Queen. 



Flanches noires. 

Portrait de F. J. Duvillers 368 

Portrait d'Adolphe Timothée Wiringer 240 

Portrait de Gabriel Luizet 209 



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— 384 — 
Figures. 

FignrM. !*■««•• 

34. Aspergerie sous cloche (Une) 153 

12. Arbre obtenu par la taille ordinaire du scion 76 

39. Artichaut de Laon 195 

35. AzaXetL Louisa Pffnaert . Hl 

55. Bordures en bois 349 

4d. Bouture de vigne à un œil ^S 

81, 32, 33. Cache pots 123 

15. Cadre pour les raisins 80 

23. Carotte hâtive de Luc 101 

24. Carotte rouge de Carentan 101 

21. Chaudière de Wright (Coupe verticale de la) 91 

20. Chaudière de Wright (Vue extérieure de la) 90 

40. Chicorée Barbe de Capucin 205 

25. Chou de Milan de Pontoise 102 

10. Cloque du Pêcher (La) 54 

29. Corbeille à bouquets 121 

5 Corbeille à dentelles doubles et colorées 14 

2. Cornet à feuilles de Fougère 13 

1. Cornet à rebord gaufré 12 

4. Cornet à rebord dentelle et lithographie 14 

3. Cornet avec arabesques et fleurs 14 

8. Culture antipode de Jacinthes* 32 

41. 42, 43, 44, 45. Déplanteuse Henri Chatenay . . . 217, 218, 219 

9. Forcerie d'Asperges 45 

11. Jeune plant à rabattre • • ... 76 

52, 53, 54. Meubles de jardins 348 

51. Mode de formation et de conduite de la Vigne en espalier dans 

le Westland 312 

86, 37, 38. Modèles de corbeilles parterres 175, 176, 177 

14. NouveUe palmette candélabre .77 

26. Oignon jaune de Danvers 104 

13. Palmette nouvelle à trois branches ... * 77 

50. Plan des murs d'entrefend dans le Westland 309 

18. Plantation en planches (Vue à vol d'oiseau) 87 

19. Plantation en terrain sec 87 

16. Plantation en lignes isolées . • 86 

27. Plants en feuilles d'amande (Les) 110 

22. Plantule de Haricot 93 

46. Pois sabre 223 

7. Portrait de J. Altmann 21 

28. Serre à vignes adossée 118 

48. Support en place 245 

47. Support fraises Pelletier 245 

6. Terrain mis en billons 17 

17. Vue à vol d'oiseau d'une aspergerie en lignes 86 



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